00:00Votre choix Elsa Vidal, on va reparler de Vladimir Poutine, le président russe a annoncé hier soir le test d'un nouveau missile nucléaire.
00:07Alors je vais me lancer, Bourevestnik, capable de voler sur 15 000 kilomètres, c'est une manière de capter l'attention de Donald Trump ?
00:15Oui, c'est une manière assez éprouvée, on en a vu de nombreux exemples depuis le début de la guerre.
00:21Vladimir Poutine aime beaucoup quand il n'est pas au centre de la négociation, utiliser la peur pour faire revenir vers lui toute l'attention de son homologue.
00:30Et jusque-là, il avait eu un certain succès, et surtout, cette annonce a eu lieu dimanche.
00:36Dimanche, pourquoi ? Parce que samedi, la veille, il avait été confronté à une forme de désamour de la part de Donald Trump.
00:44Donald Trump qui disait ne pas souhaiter vouloir perdre son temps dans une conversation sans fin, même s'il avait toujours une excellente relation avec Vladimir Poutine.
00:52Elle avait débouché sur rien, elle était donc très décevante.
00:56Et donc le lendemain...
00:57La réponse dimanche.
00:58La réponse du président russe, par un mode de communication politique à la télévision, en chef de guerre, treillis à l'appui,
01:07il est venu réaffirmer que le bourrévesnik, l'oiseau porteur de tempête...
01:14Bourrévesnik, ça veut dire oiseau porteur de tempête ?
01:17Donc un oiseau mythique, que c'était donc un missile unique, qu'il était absolument inarrêtable, et qu'il avait une portée illimitée.
01:29Ce qui faisait trembler, en principe.
01:31Missile à propulsion nucléaire capable, on le disait, de parcourir 14-15 000 kilomètres.
01:36Ce missile est-il une menace pour nous ?
01:39Alors, réponse en deux temps de mon côté.
01:40Politiquement, oui.
01:42Politiquement, ça témoigne quand même, ce lancement en grande pompe à la télévision en uniforme,
01:48d'une crispation dans les relations de la Russie avec l'Occident,
01:51d'une crispation qui va vers un affrontement armé.
01:54Et c'est d'ailleurs ce que nous dit, à mot à peine couvert, Dmitry Peskov.
01:59La Russie œuvre sans relâche pour assurer sa propre sécurité.
02:04Le développement de nouveaux systèmes d'armes s'inscrit précisément dans le cadre de cette mission.
02:10Assurer la sécurité est un enjeu vital pour la Russie,
02:13notamment dans le contexte du sentiment militariste que nous entendons actuellement,
02:18principalement de la part des Européens.
02:21Eh oui, si la Russie s'arme à nouveau, c'est de la faute des Européens,
02:25parce que nous sommes dangereux pour la Russie.
02:27Donc le climat n'est pas bon.
02:29Maintenant, militairement parlant,
02:30militairement parlant, le bourré Viesnik est unique, c'est vrai.
02:35Ce n'est pas nécessairement le signe qu'il soit meilleur que les missiles développés par les autres.
02:39Parce que la question des missiles à longue portée,
02:42avec finalement un carburant nucléaire, c'est de ça dont il s'agit,
02:45eh bien tout le monde y a pensé dans les années 70,
02:48et les Américains ont jeté l'éponge.
02:50On va se dire, non, en fait, c'est beaucoup trop dangereux.
02:52C'est dangereux de le tester, c'est dangereux de le développer,
02:55et ça peut être dangereux à l'usage.
02:56C'est pour ça qu'on l'appelle le Tchernobyl volant à la place du kérosène.
03:00Vous avez de l'uranium, un combustible quand même nucléaire,
03:03et à l'usage, il y a eu quand même plusieurs accidents,
03:0613, le dernier en 2019, qui a contaminé très largement toute une région,
03:12et tué cinq hommes sur une base militaire.
03:14Mais en fait, l'essentiel de ce missile n'est pas là.
03:17Non, l'essentiel de cette histoire de missiles,
03:20c'est dans la réponse de Donald Trump à Vladimir Poutine,
03:23et je pense qu'elle doit être notée parce qu'elle est unique, à mon sens, et à ce jour.
03:27L'essentiel, c'est bien que Donald Trump, jusque-là plutôt sensible à l'argument nucléaire,
03:31comme Joe Biden, c'est un homme de la guerre froide, et il a craint longtemps la guerre nucléaire,
03:36et bien cette fois-ci, Donald Trump, il a répondu de manière plutôt froide et inflexible,
03:41dans Air Force One, à la proposition de guerre nucléaire, finalement, ou d'escalade de Vladimir Poutine.
03:49Je ne pense pas que la déclaration de Vladimir Poutine soit appropriée.
03:53Il devrait plutôt mettre fin à la guerre.
03:55Une guerre qui aurait dû durer une semaine, et qui en est maintenant à sa quatrième année.
03:59C'est ce qu'il devrait faire au lieu de tester des missiles.
04:03Et on peut comprendre...
04:04Cause toujours.
04:05Cause toujours, et on pourrait rêver que cette fermeté un peu nouvelle face à Vladimir Poutine
04:10puisse durer un peu plus qu'une semaine, ou deux semaines.
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