Un acte de vandalisme sur des câbles de signalisation a eu lieu à Alixan (Drôme) tôt ce lundi matin, perturbant l'intégralité du trafic sur la ligne grande vitesse Sud-Est.
00:00D'être venu ici au centre de crise opérationnelle des opérations ferroviaires, un endroit que vous commencez à connaître maintenant.
00:09Écoutez, on est là ce soir par rapport, bien sûr, vous l'imaginez, aux événements qui se déroulent sur le réseau ferroviaire dans notre pays,
00:16qui ont commencé hier soir et puis surtout cette nuit à travers un incendie probablement criminel
00:26qui a impacté très fortement le réseau dans notre pays, d'autres difficultés que nous avons eues également sur du vol de câble un petit peu plus tard dans la matinée
00:36et tout cela a causé une perturbation sur le réseau significatif puisque très probablement, même si le chiffre n'est pas exact,
00:44il y a environ 50 000 voyageurs exclusivement TGV Sud-Est qui ont été impactés, sans parler des nombreux voyageurs également TER
00:53qui, dans leur train du quotidien, ont eu du retard ou n'ont pas vu leur train arriver.
00:58Donc je me suis immédiatement, comme vous l'imaginez, avec Mathieu Chabanel qui est le responsable de SNCF Réseau,
01:08mobilisé pour avoir le maximum d'informations et puis surtout pour que les équipes puissent intervenir, ce qu'elles ont fait.
01:15On a 3 200 collaborateurs SNCF Réseau avec une grande compétence.
01:20Ils se sont rendus immédiatement sur le terrain, ils ont travaillé toute la journée pour pouvoir permettre aux circulations de reprendre
01:27et puis certains trains ont continué à circuler, pas sur la ligne à grande vitesse mais la ligne traditionnelle,
01:34environ 70% des trains qui étaient prévus, mais vous l'imaginez avec beaucoup de retard et un plan de transport adapté.
01:42La bonne nouvelle de la soirée, c'est que depuis quelques instants sur la ligne à grande vitesse Sud-Est,
01:48un train circule maintenant de nouveau, donc c'est la preuve que les équipes ont bien travaillé.
01:56Il va jusqu'à environ 21h avoir un service qui va être encore un petit peu dégradé,
02:02des trains un petit peu retardés ou à vitesse réduite.
02:06Une circulation à peu près normale à partir de 21h et demain matin, une circulation totalement normale
02:13avec le plan de transport qui était prévu, qui sera respecté.
02:17Vous dire, pour avoir échangé également avec les opérateurs concernés, principalement SNCF Voyageurs,
02:23mais également sur ces tronçons les compagnies Tranitalia et Renfe,
02:29que toutes les personnes qui ont été impactées seront remboursées, c'est bien la moindre des choses.
02:33Et puis, vous dire également, mais on n'avait pas attendu ces événements,
02:38qu'avec une tasque force qui est composée du ministère des Transports au ministère,
02:44du ministère de l'Intérieur et puis de SNCF Réseau,
02:47nous travaillons en permanence pour sécuriser ce réseau ferroviaire
02:51qui est, on va le dire, vulnérable dans notre pays,
02:55pour la bonne et simple raison que nous sommes avec l'Allemagne,
02:58le pays qui a le plus grand linéaire en Europe de voies ferrées,
03:01avec plus de 28 000 kilomètres.
03:03Et vous imaginez qu'il est compliqué de pouvoir en permanence sécuriser ce réseau
03:10en termes de présence humaine, en termes de moyens technologiques
03:13pour éviter toute dégradation, comme cela semble être le cas
03:17avec ce qu'on a connu au sud de Valence cette nuit.
03:21Pour autant, il y a pratiquement une centaine de millions qui sont investis chaque année
03:24pour pouvoir mettre en place des GPS trackers,
03:27pour pouvoir mettre en place des surveillances à travers des drones,
03:32pour pouvoir mettre en place un certain nombre d'alarmes
03:36qui font que dès qu'il y a un certain nombre de problèmes sur le réseau,
03:41les équipes se mobilisent immédiatement et se rendent sur place,
03:45comme ça a été le cas d'ailleurs cette nuit,
03:47où d'abord les équipes de SNCF Réseau sont arrivées très rapidement,
03:51la gendarmerie de Saint-Romand-sur-Isère.
03:53C'est un objectif que nous avons en commun,
03:57une mobilisation pour ce réseau,
04:00parce que je le disais tout à l'heure,
04:02c'est un point de vulnérabilité pour notre pays,
04:05comme pour d'autres pays,
04:07pour la bonne et simple raison que certains opposants,
04:11par exemple à différents projets,
04:15mènent des actions sur le réseau existant
04:19pour montrer leur mécontentement et pour causer du dégât.
04:23On sait qu'il y a malheureusement,
04:25avec du vol de câbles très régulièrement,
04:30un impact notamment par rapport au cuivre et aux métaux
04:35qui ont une valeur de plus importante dans notre pays ces derniers temps,
04:39à travers probablement aussi des puissances extérieures malveillantes
04:43face à notre pays qui peuvent utiliser cette vulnérabilité.
04:47Et je terminerai par là,
04:49on a besoin d'investir dans notre réseau ferroviaire.
04:51C'est un sujet que j'aborde souvent.
04:54On a eu une conférence de financement.
04:56Le Premier ministre a accepté de faire voter
04:58dans quelques semaines au Parlement une loi cadre
05:01qui pourra permettre d'investir 1,5 milliard supplémentaire
05:05chaque année sur le réseau ferroviaire français.
05:08Aujourd'hui, il y a 3 milliards d'investis.
05:10Dans le futur, ce sera 4,5 milliards,
05:13tout simplement pour permettre à l'avoir une meilleure performance du réseau,
05:17plus de trains, des trains qui arrivent plus souvent à l'heure,
05:21mais également pour pouvoir se protéger
05:23de tout ce qu'on a pu connaître ces derniers temps
05:25et de rendre ce réseau moins vulnérable.
05:28Voilà les différents points que je voulais voir avec vous.
05:31Et puis, je suis à votre disposition pour répondre à vos questions,
05:33si vous en avez.
05:34– Bonjour, là, c'était un incendie criminel.
05:40Cet été en Bretagne, des câbles sectionnés.
05:43À Lille, d'autres câbles dérobés.
05:44On a l'impression que ça arrive tout le temps.
05:46Vous n'arrivez pas à lutter contre ces actes malveillants ?
05:49– Ça arrive assez régulièrement, vous l'avez dit,
05:51mais avec des motivations qui sont probablement très différentes.
05:55Avec des...
05:55Quelquefois, des revendications qui sont plus ou moins clairement exprimées
06:01sur des projets que certains ne souhaitent pas voir se développer.
06:05Pour d'autres, c'est purement mercantile.
06:07Des actes de délinquance avec, je vous l'ai dit,
06:10notamment le cuivre qui est devenu une denrée rare
06:13et assez chère dans notre pays.
06:15Et d'autres probables motivations qui peuvent exister.
06:21La surveillance 100% humaine, malgré les 3200 agents,
06:27n'est pas possible sur 28 000 kilomètres de réseau.
06:31Mais à la fois l'évolution, avec des technologies assez nouvelles
06:36et innovantes et efficaces au niveau de la surveillance,
06:40que ce soit par drone, que ce soit à travers des trackers,
06:44le GPS, et puis des protections aussi, des clôtures sur certains endroits
06:49qui sont particulièrement sensibles, peuvent permettre de réduire au maximum
06:54ces risques.
06:55En tout cas, je vous l'ai dit, c'est environ 100 millions d'euros
06:59qui sont spécifiquement investis chaque année là-dessus.
07:02Et puis, si demain, j'arrive à faire voter cette loi à cadre au Parlement
07:06qui donnera 1,5 milliard supplémentaire, en plus des 3 milliards,
07:10pour rénover notre réseau en France, pour le régénérer et pour le moderniser,
07:15cela ne nous permettra jamais d'être totalement à l'abri d'actes volontaires
07:20comme ceux-là, mais en tout cas, qu'ils aient beaucoup moins de conséquences
07:23que ce qu'ils peuvent avoir aujourd'hui.
07:24Parce qu'on sait que simplement, quelquefois, un petit poste d'aiguillage
07:28qui est incendié peut avoir un impact sur des centaines de milliers de voyageurs.
07:33– Justement, à ce propos, M. le ministre, là, les enquêtes de la gendarmerie
07:37sont terminées. Est-ce que vous avez les premiers éléments de l'enquête
07:40à nous partager ou pas ?
07:41– Ce n'est pas encore, je n'ai pas eu officiellement les premiers résultats de l'enquête.
07:48Je sais que les gendarmes, et tant mieux, et le ministère de l'Intérieur
07:51ont pris vraiment les choses en main.
07:54Ils ont conscience que ce n'est pas quelque chose d'anodin
07:58et qu'à la fois, ça a des répercussions sur une partie de notre pays,
08:03sur une économie, sur des milliers de Français
08:07qui voulaient simplement, pendant ces périodes de vacances scolaires,
08:11retrouver pour certains les enfants, les parents, les grands-parents,
08:15et que certains ont eu une journée gâchée,
08:18mais plus largement, quelquefois, des vacances gâchées.
08:22Et puis, je vous l'ai dit, ce sont des sujets trop graves
08:24pour les prendre à la légère.
08:25On a cette question de vulnérabilité que l'on doit régler,
08:28et je serai très attentif aux conclusions de l'enquête.
08:32Et je peux vous dire que mon collègue, le ministre Dunez à l'intérieur,
08:37va mettre tous les moyens nécessaires, ainsi que Gérald Darmanin,
08:40pour qu'on ait, au niveau de la justice,
08:43à la fois une élucidation la plus rapide possible,
08:46et puis des sanctions qui soient fermes et qui soient appliquées.
08:49Il y a eu plein d'enquêtes à chaque fois qu'il y a eu ces cas
08:52qui ont été soulevés par ma consoeur, par exemple,
08:54ou encore le cas juste avant l'ouverture des JO l'année dernière.
08:57On n'a jamais les conclusions des enquêtes.
08:59On a l'impression qu'il est aussi facile de voler des câbles
09:01que de rester en dehors des radars de la police dans ces enquêtes.
09:05On peut souligner que sur les événements,
09:08notamment qui ont eu lieu en Bourgogne,
09:09à la fin du mois d'août et au début du mois de septembre,
09:12qui ont eu un impact important,
09:14la gendarmerie a arrêté les personnes en cause
09:17et qu'elles sont aujourd'hui incarcérées.
09:18Donc voilà, le partenariat étroit entre les pouvoirs publics
09:22et SNCF Réseau aboutit aussi à ce que les enquêtes trouvent une fin
09:26et que les personnes puissent être arrêtées et ensuite incarcérées.
09:28Il y a, comme dans d'autres faits divers dans notre pays,
09:32pas une élucidation à 100%,
09:34mais il y a bien souvent et le plus souvent possible
09:38des situations qui sont élucidées,
09:40comme l'a dit Mathieu Chabanel,
09:42des personnes qui sont ensuite incarcérées,
09:44ce qui, en termes d'exemplarité, est important
09:46pour les autres actes malveillants qui sont prévus.
09:50– Est-ce qu'il y a de plus en plus d'actes de vandalisme ?
09:53– Écoutez, les actes de vandalisme, je dirais,
09:58en tout cas pour dépendre un petit peu à la fois de projets
10:02qui peuvent localement peut-être être rejetés
10:06ou prêtés à polémiques.
10:09Et puis nous sommes aussi, excusez-moi de le dire,
10:14très directement dépendants du cours de certains métaux.
10:18Et en l'occurrence, on a vu que pour le vol de cuivre,
10:21ça correspondait à la valeur du cuivre sur le marché des métaux.
10:26Donc c'est malheureusement quelquefois les circonstances qui font que.
10:31Et puis on ne peut pas non plus négliger des influences extérieures
10:35et des personnes qui sont toujours ravies
10:38que la France puisse avoir un certain nombre de déboires.
10:41En tout cas, on prend vraiment ce sujet à cœur.
10:43Je profite une nouvelle fois de l'occasion
10:45au nom du gouvernement et puis des compagnies ferroviaires,
10:50du gestionnaire des infrastructures,
10:52dire toute notre compassion par rapport aux personnes
10:55qui ont eu leur journée totalement bouleversée par ces événements,
10:59qui ont eu pour certains plus
11:01et qui ont dû trouver des moyens de substitution,
11:05de transport dans la journée différents
11:08pour pouvoir se déplacer.
11:10Et vous dire qu'on est mobilisés sur ces sujets.
11:14Les équipes d'SNCF Réseau ont été vraiment, je tiens à dire, formidables.
11:18Elles ont été sur le terrain toute cette nuit, toute la journée.
11:22Et de savoir qu'à l'heure où on parle de nouveau des trains circulent,
11:25c'est aussi une prouesse technique.
11:27Je tiens à le signaler.
11:28Puis remercier également les équipes du ministère des Transports
11:31qui ont travaillé étroitement, à la fois avec les opérateurs,
11:35pour qu'on puisse mettre en place des systèmes d'indemnisation,
11:39d'information vis-à-vis des usagers,
11:42ce qui est bien la moindre des choses dans les circonstances que l'on vit.
11:45– Vous l'avez dit, 28 000 kilomètres de ligne à surveiller,
11:48c'est impossible en permanence.
11:50Comment est-ce qu'on décide ?
11:51Où est-ce qu'on fait voler des drones ?
11:52Où est-ce qu'on met des patrouilles ?
11:53À quel moment on précise un petit peu cette surveillance ?
11:58– Oui, M. Chabanel, sans dévoiler un certain nombre de secrets pour autant,
12:02puisqu'il y a des points encore plus stratégiques que d'autres.
12:05Et vous imaginez bien qu'on ne souhaite pas les révéler.
12:09Mais M. Chabanel, sur la politique en général de SNCF Réseau,
12:13avec le soutien de l'État, peut vous en dire un mot, bien sûr.
12:16– Oui, naturellement. On est opérateur d'importance vitale.
12:19Donc on a un plan de sécurisation de nos infrastructures
12:22qui dépend de beaucoup de facteurs.
12:24La sensibilité des installations, le trafic des lignes en question.
12:29Et puis surtout, une gamme de solutions.
12:31C'est ça qui est intéressant.
12:32C'est qu'on peut avoir de la sécurisation physique,
12:34de la surveillance par drone, par caméra.
12:37Et donc, en fonction du lieu et de sa sensibilité,
12:40on va utiliser telle ou telle gamme de solutions
12:43avec la difficulté de l'étendue géographique,
12:46mais en essayant de cibler les points les plus sensibles du réseau.
12:50– Le problème étant que les câbles, ils sont par définition partout,
12:52tout au long des rails.
12:53Donc comment est-ce qu'on peut surveiller les câbles,
12:56les caténaires à l'aide de drones ou de patrouilles ?
12:59– Oui, effectivement, autant surveiller des points fixes,
13:04on peut avoir des mesures plus radicales, j'allais dire plus fortes,
13:08et notamment de la surveillance physique.
13:10Autant les câbles, ils sont le long des 28 000 kilomètres.
13:12Donc c'est pour ça que là, on utilise des patrouilles,
13:14on utilise des drones, on utilise du clôturage.
13:17Ce n'est pas une solution à 100%, mais dans de nombreux cas,
13:21et on ne communique pas là-dessus, vous le comprendrez pourquoi,
13:24des événements du type de celui qu'on a connu aujourd'hui sont déjoués.
13:28Voilà, donc malheureusement, il y a des événements qui passent au travers des mailles
13:34de notre filet de surveillance, mais de nombreux événements sont aussi déjoués
13:38avant qu'ils surviennent.
13:42Ça avait été le cas, vous vous en rappelez, la veille de l'ouverture des Jeux Olympiques,
13:47où un des quatre événements qui avaient été, actes de malveillance,
13:51qui avaient été programmés, avaient été déjoués par nos équipes.
13:56Et donc voilà, ce système de surveillance, il permet aussi d'empêcher
13:59de nombreux actes de malveillance sur le réseau.
14:02– Et investir dans notre réseau ferroviaire, ça peut être une des conclusions,
14:06c'est quelque chose d'indispensable, c'est quelque chose qui ne se voit pas beaucoup,
14:09qu'on ne valorise pas forcément, mais qui devient indispensable à la fois
14:16parce qu'ensuite la qualité du service est ou n'est pas au rendez-vous.
14:21Et c'est la raison pour laquelle je me bats, comme vous le savez,
14:24pour qu'on monte ce niveau d'investissement, investir dans le réseau
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