00:00Et on va continuer à parler de politique française avec notre rendez-vous comme chaque semaine avec reporter Le Média de l'écologie et Léa Gued ce matin.
00:08Bonjour Léa.
00:09Bonjour Damien.
00:09On va parler de politique française ensemble car vous nous parlez évidemment de ce nouveau gouvernement annoncé dimanche qui se maintient pour l'instant
00:16et de la nouvelle ministre de la transition écologique parce que cette fois il y en a une dans ce gouvernement, ce n'était pas forcément le cas avant.
00:21Elle s'appelle Monique Barbu, c'est une personnalité peu connue du grand public. Qui est-elle ?
00:26Oui, Monique Barbu, 69 ans, donc qui succède à Agnès Pannier-Runacher. Ce qui est souvent mentionné en fait dans son parcours, c'est qu'elle a présidé WWF.
00:34Vous savez, c'est une très grande ONG internationale, le Fonds mondial pour la nature. Elle l'a présidé de 2021 à 2023.
00:41Mais ce qu'il faut vraiment retenir de son parcours, c'est qu'elle a un profil très international, très économique.
00:48En fait, justement, elle est économiste de formation et dès le début de sa carrière, donc en 1981, elle a rejoint l'Agence française de développement, l'AFD.
00:55Donc c'est l'agence qui se consacre aux investissements dits de développement durable dans les pays étrangers.
01:01Donc elle a eu plusieurs postes de direction au sein de l'AFD jusqu'en 2003.
01:05Ensuite, pendant six ans, elle a présidé le Fonds pour l'environnement mondial.
01:09Donc là aussi, c'est plutôt dans l'aspect financement du développement durable.
01:13Donc c'est une organisation indépendante qui finance des projets pour la préservation de la biodiversité et l'environnement au niveau mondial.
01:20Et alors l'autre aspect très important de son profil, c'est celui de la négociation.
01:23Ben oui, dès 1992, en fait, à Rio, elle était membre de la délégation française pour le sommet de la Terre.
01:29Et ensuite, elle a eu plusieurs rôles, en fait, au sein des Nations Unies.
01:32En 2003, elle a rejoint le programme des Nations Unies pour l'environnement,
01:36où elle dirigeait la division technologie, industrie et économie, donc toujours cet aspect très économique.
01:42Puis elle a été secrétaire exécutive de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification.
01:48Donc elle a vraiment ce profil de postes internationaux et de diplomatie environnementale.
01:53Globale et puis avec un rôle au niveau institutionnel français aussi.
01:57Oui, alors récemment, elle a été l'envoyée spéciale d'Emmanuel Macron sur le climat.
02:01Elle l'a représentée au One Planet Summit.
02:03Donc vous savez, c'est cette grande réunion internationale pour tenter.
02:06Alors là encore, on parle de financement, de trouver des financements pour la transition écologique.
02:11Donc elle y était en 2021 sur l'édition consacrée à la biodiversité.
02:14D'accord, mais Emmanuel Macron, il n'est pas connu pour avoir énormément œuvré en faveur de l'écologie,
02:20en tout cas sur cette dernière période de mandat.
02:24Qu'est-ce qui est attendu de la part de Monique Barbu au sein du nouveau gouvernement Lecornu ?
02:28Alors justement, ce qui est attendu, on peut le voir même dans l'intitulé de son poste.
02:32Elle est ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.
02:40Voilà, c'est vraiment cet aspect-là, parce qu'en fait, ce qu'on attend d'elle, c'est qu'elle porte la voix de la France dans les négociations à la COP30,
02:47qui approche vraiment à grands pas, puisque c'est dans moins d'un mois au Brésil, donc la conférence mondiale sur le climat.
02:53Et ce qui est attendu d'elle, visiblement, c'est ça, c'est qu'elle représente la France à la COP30.
02:57Et plus généralement, qu'est-ce qu'on peut espérer de sa nomination ?
03:00Alors c'est difficile à dire, parce que si on regarde au niveau international, donc dans le contexte de la COP30,
03:05globalement, le contexte n'est pas génial.
03:08Disons-le, les ambitions climatiques ne sont pas au beau fixe, les énergies fossiles continuent de brûler énormément,
03:15et ça n'a pas l'air d'être prêt de s'arrêter, malgré les ambitions affichées par certains États.
03:20Et puis au niveau européen, là, les États, les pays membres de l'Union européenne sont censés se mettre d'accord
03:26sur un objectif de réduction des émissions de CO2 d'ici à 2035.
03:32Ils doivent se mettre d'accord avant la COP30, on est à moins d'un mois, et ils n'ont toujours pas réussi à se mettre d'accord.
03:36– Et au niveau national ? – Au niveau national, la scène politique française, vous le savez, on en parle aussi sur votre antenne,
03:42elle est très fracturée. Et puis Monique Parbu, elle n'est pas rodée à la scène politique française,
03:47elle est rodée aux tractations internationales, pas aux tractations nationales.
03:51Donc c'est un contexte assez difficile, assez délétère, y compris vis-à-vis des écologistes.
03:56Et puis elle hérite d'un poste qui, globalement, a perdu beaucoup de marge de manœuvre ces dernières années.
04:02Un ministère qui a connu des coupes budgétaires pour la mission écologie,
04:05pour les agences nationales de l'environnement, comme l'ADEME ou l'Office français de la biodiversité.
04:10Des reculs aussi, dont on parle très souvent à Reporters,
04:13des reculs en matière de droit de l'environnement, en matière de politique climatique et environnementale,
04:18au niveau français comme au niveau européen.
04:21Donc elle est vraiment dans un contexte difficile où on peut s'interroger sur les pouvoirs
04:25dont elle disposera réellement pour appliquer une politique écologique ambitieuse.
04:29D'autant qu'en fait, elle aura à ses côtés un ministre délégué chargé de la transition écologique,
04:33Mathieu Lefebvre, qui lui est très pro-business, très liberté des entreprises et très pro-nucléaire.
04:39Alors que là, la ministre Monique Barbu, dès qu'elle est arrivée,
04:41elle a subi des attaques de la droite et de l'extrême droite
04:44pour des positions passées jugées anti-nucléaires, justement.
04:47Un portrait à retrouver donc sur le site de Reporters.
04:49Et puis sur un autre sujet, on part aux Etats-Unis,
04:52où le développement du centre spatial d'Elon Musk fait des ravages au Texas.
04:55Oui, on est dans le sud du Texas, précisément dans une réserve naturelle,
04:59celle de la vallée du Barrio Grande.
05:01Et c'est là que SpaceX, donc l'entreprise d'Elon Musk,
05:06a décidé d'installer ses fusées Starship.
05:08En fait, c'est Elon Musk, donc le milliardaire d'extrême droite,
05:11qui a décidé de faire de ce territoire, de cet écosystème très riche et très fragile,
05:17l'un des plus riches et des plus fragiles du continent,
05:20son terrain de jeu spatial pour tenter d'atteindre mars d'ici 2026.
05:25C'est une histoire que nous raconte notre journaliste Théo Quintard,
05:28avec les images de la photographe Brenda Bazan qu'on a vue à l'image.
05:32Nous sommes sur une mince bande côtière qui est entre les Etats-Unis et le Mexique,
05:37qu'on appelle Boca Chica.
05:39C'est un paysage de marée salée, de dune,
05:42qui a été transformé en une sorte de ville privée, de ville entreprise,
05:46où véritablement les pouvoirs de la municipalité et ceux de l'entreprise
05:50se retrouvent complètement imbriqués.
05:52Et c'est un environnement qui est vraiment dévoré par les lancements de fusées.
05:55Parce qu'un lancement de fusées, selon les associations environnementales,
06:00c'est la consommation de 2 millions de litres d'eau potable pour chaque lancement
06:04et 1 200 tonnes de carburant brûlé.
06:07On peut résumer, je pense, la situation sur place
06:10avec la parole d'un chef d'une population autochtone
06:13qui a été dépossédée de son territoire sur place,
06:17qui nous dit, eux, ils veulent aller sur Mars,
06:20nous, on veut simplement tenter de rester sur Terre.
06:23Merci beaucoup.
06:24Léa, tout ça est à retrouver sur le site de reporter,
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