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00:00Il est 10h à Paris, bienvenue. Si vous nous rejoignez, dans Parlons-en, à la une de l'actualité, l'Ukraine, toujours sous le feu russe.
00:09Un pompier a été tué à Kharkiv la nuit dernière. Sept autres personnes ont été blessées à Kiev, selon les autorités locales.
00:16Hier, Donald Trump a annoncé des sanctions contre le pétrole russe. Une première depuis son retour au pouvoir.
00:22A la une, également, le chef de la diplomatie américaine attendu en Israël ce jeudi. Avec une mise en garde, selon Marco Rubio, les projets d'annexion israélienne de la Cisjordanie menacent la trêve à Gaza.
00:36Et puis le point sur l'enquête. Cinq jours après le casse du siècle, les voleurs de bijoux courent toujours.
00:42Mais déjà, la présidente du musée a été sommée de s'expliquer hier face au Sénat. Elle a reconnu des faiblesses dans le système de surveillance extérieure et proposé une mesure choc.
00:51Donc, installer un commissariat au sein même du musée. Alors, quelles leçons tirer de cet événement hors norme ? On en parle pendant les 45 prochaines minutes.
01:00Avec Colombe Brossel, sénatrice PS de Paris, membre de la commission de la culture au Sénat.
01:06Avec Luc Larriba, journaliste, auteur du roman graphique Trafic d'œuvres d'art et l'enquête au cœur de l'OCBC aux éditions de la Martinière.
01:14Avec Yvan Navarro, co-secrétaire général de la CGT Culture.
01:18Et avec nous également par visioconférence, Sofiane Aboubecker, présidente de l'Union des métiers de la sécurité.
01:25Bonjour à toutes et à tous. Merci d'être avec nous. Bienvenue. C'est Parlons-en.
01:29Nous avons été mis en échec. Ce sont les mots très forts de la présidente du Louvre hier au Sénat.
01:47Cinq jours après ce que la presse qualifie de casse du siècle, les voleurs courent toujours et les questions s'accumulent.
01:54Comment le musée le plus visité au monde a-t-il pu à ce point être pris en défaut ?
01:59Quel avenir pour la protection de notre patrimoine ? Fiasco, sécuritaire, humiliation nationale selon l'ERN.
02:06Tout a été dit ou presque sur ce vol.
02:08Pourquoi fascine-t-il autant en France comme à l'étranger ?
02:12Et que retenir de la tempête politico-médiatique qu'il continue à susciter dans le monde entier ?
02:17Ce sont les questions qui nous occupent aujourd'hui dans Parlons-en.
02:20Je vous propose pour commencer notre débat et nos échanges d'écouter un extrait de la prise de parole de Laurence Descartes.
02:27C'était hier lors de son audition au Sénat.
02:31Les vidéos ont fonctionné absolument.
02:32A l'intérieur, est-ce qu'il y en avait à l'extérieur ?
02:34Alors c'est là notre faiblesse.
02:36Malheureusement, du côté de la galerie d'Apollon, la seule caméra qui est posée est posée en direction de l'ouest
02:44et donc ne couvrait pas le balcon concerné par l'effraction.
02:50Je souhaite aussi solliciter le ministère de l'Intérieur pour étudier si l'installation d'un commissariat de police au sein du musée serait envisageable.
02:58Cette demande se justifie, eu égard à l'institut même du Louvre.
03:01Notre musée reçoit 30 000 visiteurs par jour, 2300 personnes y travaillent au quotidien.
03:07Il est une ville dans la ville qui accueille déjà un détachement de la 43e compagnie de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris.
03:14D'abord, Colombes-Brossel, merci d'être avec nous.
03:17Vous faites partie des sénateurs et sénatrices qui ont longuement interrogé la présidente du Louvre hier,
03:22plus de deux heures sous le feu des critiques,
03:25deux heures lors desquelles tout presque a été passé au crible.
03:29Dispositif de sécurité, responsabilité, rumeurs sur des dépenses excessives pour une salle à manger,
03:34nombre d'emplois de gardiens, questions sur les anciennes vitrines,
03:38sur le destin du futur grand projet du Louvre.
03:41Est-ce que vous avez été globalement convaincue par ces explications ?
03:46Si on doit faire un bilan de cette première prise de parole publique de la présidente directrice du Musée du Louvre,
03:53on a eu globalement des réponses techniques, notamment sur le déroulé du cambriolage.
03:57J'ai vu un certain nombre d'informations contradictoires dans la presse.
04:00Elle est revenue longuement sur le sujet.
04:03On a eu, là aussi, de manière technique, un certain nombre d'éléments de réponse à des interrogations qui existaient,
04:10que ce soit sur la question des emplois,
04:12que ce soit sur la question du déploiement du fameux schéma directeur de sûreté du Louvre.
04:16Bref, comment est-ce qu'on déploie à l'intérieur du Louvre des mesures de sécurisation à la hauteur des enjeux ?
04:24Alors, on verra, avec le rapport qui a été avancé, dont la publication, pardon, a été avancée de la Cour des comptes,
04:31si tout ce qui nous a été dit est conforme à ce qui est avancé par la Cour des comptes.
04:39Il y a un sujet sur lequel nous n'avons eu aucune réponse,
04:42et sur lequel les sénateurs, d'ailleurs, de façon assez transpartisane,
04:46ont posé la question à Laurence Descartes, c'est la question du budget.
04:50Quand on regarde le projet de loi de finances pour 2026, la dotation pour le Louvre est en baisse de 5 millions.
04:58Or, Laurence Descartes est venue hier nous dire que le schéma de déploiement des équipements de sûreté,
05:04notamment d'un centre hyperviseur, de déploiement de caméras de nouvelle génération,
05:10bref, de sécurisation, était de l'ordre de 80 millions d'euros en termes de besoins de financement,
05:17que pour démarrer très vite, il fallait 10 millions d'euros pour la première tranche,
05:21qu'il avait été demandé en Conseil des ministres hier matin d'accélérer le déploiement,
05:27et il n'y a aucune information sur les engagements du ministère de tutelle,
05:32du ministère de la Culture, de la ministre de la Culture,
05:35pour accompagner financièrement le déploiement de tout ce schéma de sécurité et de sûreté du Louvre.
05:42Donc il reste quand même une très grosse inconnue.
05:45Elle n'a pas répondu à votre question qui portait précisément sur ce budget-là, le budget de la culture.
05:50Elle n'a pas répondu à cette question, et d'autres de mes collègues ont posé la question en disant
05:53« Mais est-ce que nous, sénateurs, on peut vous aider ? »
05:56Y compris dans le débat budgétaire, aucune réponse.
05:58Alors le budget 2026 qui s'annonce en baisse pour la culture avec 300 millions d'euros d'économie en l'État,
06:04donc ça représente effectivement une baisse autour de 4 à 5%.
06:07On reviendra sur… c'est entre les mains de qui aujourd'hui, justement, ce budget ?
06:14Peut-être pas de Laurence Descartes, justement.
06:16Je voudrais vous donner la parole, Yves Navarro, vous avez suivi…
06:19Yvan, excusez-moi, Yvan Navarro, vous avez suivi, comme nous tous ici, l'audition de Laurence Descartes,
06:26co-secrétaire général de la CGT Culture, votre réaction à la prise de parole, aux justifications de la directrice du Louvre ?
06:34D'abord, ce que je voudrais dire, c'est que le ton était bon.
06:38Le ton de la présidente était le bon.
06:40C'est-à-dire qu'il était à la mesure de la gravité de la situation.
06:43Il faut quand même le dire, je veux dire un mot quand même pour les personnels du Louvre,
06:46qui sont particulièrement touchés par cette affaire.
06:49Tous les personnels du ministère de la Culture et de l'ensemble des musées,
06:52on est 30 000 agents quand même, et toute la communauté professionnelle aujourd'hui
06:54est quand même ébranlée par cette affaire.
06:58Donc, de ce point de vue, sur la forme, elle a fait le job.
07:02Maintenant, la question du budget que vous avez souligné tout à l'heure, Madame, est tout à fait juste.
07:07Qui sont les responsables de cette situation aujourd'hui ?
07:10De quoi on parle, en fait, quand on parle du ministère de la Culture,
07:12et notamment des 35 musées nationaux ?
07:16On parle vraiment de l'épaisseur du trait dans les dépenses de l'État.
07:19Et pour autant, on est soumis à des salves budgétaires constantes depuis 3 ans,
07:24et qui sont les responsables de cette situation ?
07:26J'imagine que vous pouvez évidemment le deviner.
07:28Donc, on aurait aimé que lors de cette commission puisse intervenir aussi la ministre,
07:34parce qu'on a tendance aussi à dire que les établissements culturels,
07:37tels que le Louvre, sont autonomes et donc responsables d'eux-mêmes.
07:40En réalité, ils sont sous tutelle de l'État,
07:43et les collections nationales sont bien les collections de la nation
07:45dont la responsabilité échoua à l'État.
07:48Et donc, pour cette raison, c'est à l'État de donner,
07:51de rendre compte, en fait, de la situation.
07:52Donc, sur la question budgétaire,
07:54évidemment, on a vraiment un vrai problème.
07:58Nous, très clairement, au ministère de la Culture,
08:00et nous, on tire la sonnette d'alarme depuis très longtemps,
08:03on demande un plan d'urgence culturel,
08:05pour le service public culturel de l'État,
08:07et aussi des collectivités territoriales,
08:09puisque vous savez qu'il y a 1200 musées en France
08:12qui mériteraient aussi une attention immédiate
08:15de l'ensemble des collectivités.
08:18On y reviendra un peu plus tard dans notre débat.
08:22Je voudrais aussi donner la parole à Luc Larriba.
08:24Je rappelle le titre de votre roman graphique,
08:26Trafic d'œuvres d'art.
08:28Donc, une enquête au cœur de l'OCBC aux éditions de la Martinière,
08:32l'OCBC, ou Office central de lutte contre le trafic des biens culturels,
08:36fer de lance de la protection du monde culturel en France.
08:40Hier, la présidente a donné donc plus de détails
08:43sur le déroulé des faits minute par minute.
08:46Elle parle d'une nouvelle forme de criminalité
08:48à laquelle personne n'est préparé.
08:51C'est le constat que vous faites également ?
08:52Une nouvelle forme de criminalité, je ne pense pas.
08:55Ça fait 50 ans que l'OCBC existe.
08:58Ça fait 50 ans qu'ils mènent des enquêtes,
09:00que ce soit sur des vols chez des particuliers,
09:03dans les musées, dans les institutions.
09:05Toutes ne sont pas mises à jour,
09:06comme c'est le cas aujourd'hui avec ce qui s'est passé au Louvre.
09:11Mais un vol dans une église, dans une bibliothèque,
09:13que ce soit la BNF ou une bibliothèque de province
09:16ou dans le plus grand musée du monde,
09:18pour eux, cette affaire est traitée pareil.
09:20Après, c'est juste la pression qu'ils vont ressentir,
09:23la pression médiatique, la pression politique
09:25qu'il va y avoir sur ça,
09:26qui peut être, pas un frein,
09:28mais qui peut orienter d'une manière ou d'une autre leur enquête.
09:33C'est un travail de fond qu'ils vont faire,
09:35qu'ils font déjà depuis des années.
09:39Ils font des opérations fortes,
09:41qui sont souvent liées à des stratégies mises en place
09:44par l'OCBC depuis des années,
09:46pour prévenir, mais aussi pour créer des réseaux
09:48avec différentes polices internationales, européennes,
09:53aussi, pour pouvoir traiter les filières
09:56où est-ce que vont les objets quand ils sont disparus.
09:58Donc, cette criminalité-là,
10:02elle n'est pas surprenante pour vous, cette forme de vol ?
10:04Non, elle n'est pas surprenante,
10:05mais même, on peut remonter très loin dans l'histoire,
10:07sur le vol d'objets dans les musées,
10:10sur le pillage des terres,
10:12que ce soit en France, en Égypte, en Syrie, en Grèce,
10:15où vous voulez,
10:16c'est une criminalité qui existe.
10:18C'est juste qu'aujourd'hui, voilà,
10:19il y a un focus qui est mis dessus,
10:21de par ce qu'on a au riolage.
10:23Mais c'est une criminalité très importante.
10:26Elle est au même titre que le trafic de drogue
10:28ou le trafic d'armes.
10:29Alors, on va voir comment lutter contre cette criminalité.
10:31Justement, Sofiane Aboubeker est avec nous également,
10:34président de l'Union des métiers de la sécurité.
10:37Hier, Laurence Descartes a défendu un projet choc,
10:41celui d'installer un commissariat de police
10:43au cœur même du musée.
10:45Est-ce qu'on en est là, aujourd'hui ?
10:48Je ne vois pas l'utilité, aujourd'hui,
10:51d'avoir un commissariat de police
10:53au sein du musée du Louvre,
10:55non option, le fait qu'il y aurait 30 000 visiteurs par jour.
10:58Qu'il y ait une brigade de sapeurs-poupiers,
10:59comme elle explique, c'est normal,
11:01parce qu'on parle de la protection du patrimoine,
11:03on parle de l'assistance aux personnes.
11:05Ça, ça ne me choque pas,
11:06mais mettre en place un commissariat
11:07au sein du musée du Louvre,
11:10non, ça, je ne vois pas.
11:11Je pense que ça relève plutôt d'une tentative
11:14de transférer vers le ministère de l'Intérieur
11:15une responsabilité sur les questions de sécurité.
11:18Donc, quelle est la responsabilité
11:20de la direction du musée, selon vous,
11:23après toutes les défaillances
11:24qui ont été mises au jour
11:26ces dernières heures et ces derniers jours ?
11:29Moi, je ne peux que m'interroger
11:30quand la présidente directrice du Louvre
11:33nous dit hier que les caméras
11:35et la protection périmétrique
11:37n'étaient pas de niveau.
11:38Je rappelle juste que les moyens technologiques
11:39existent pour mettre en place,
11:41même de façon temporaire,
11:42et absolument pas sur la façade des bâtiments,
11:44en utilisant le domaine public.
11:45On parle quand même du musée du Louvre,
11:47le premier musée au monde,
11:48un symbole patrimonial mondial.
11:51Aujourd'hui, on a la possibilité
11:52de mettre en place à l'extérieur
11:54une protection périmétrique,
11:55même temporaire,
11:56avec des caméras
11:57qui permettraient de pouvoir détecter
11:59des anomalies.
12:01Ça n'a pas été le cas.
12:02On nous parle aussi
12:03d'un schéma directeur de sûreté
12:05dont la définition a pris quelques années.
12:08Là encore,
12:09on est face à, pour moi,
12:11une aberration administrative.
12:14On le sait,
12:14le temps administratif est extrêmement long
12:15et le moindre projet
12:16prend 3 à 5 ans.
12:18Ce n'est pas acceptable.
12:21Colombe Brossel,
12:22le camion des voleurs
12:22était donc garé en bas,
12:24à contre-sens,
12:25en toute impunité,
12:27manifestement.
12:28Selon Laurence Descartes,
12:30ce n'est pas de la compétence du Louvre,
12:31mais de la préfecture de police de Paris.
12:34Que faut-il comprendre
12:35quand on entend ça ?
12:37Qui est responsable du fiasco,
12:39selon vous ?
12:39Je le redis,
12:41il y a une chaîne de responsabilité
12:42et il y a une chaîne de causalité.
12:44Ce n'est pas exactement la même chose.
12:46Les chaînes de causalité,
12:47elles ont été, je crois,
12:48je trouve en tout cas,
12:50relativement bien expliquées hier
12:52sur ce qui fonctionne
12:53en termes de sécurité au Louvre.
12:55Il faut aussi dire ce qui a fonctionné.
12:56Je rebondis sur ce que vous disiez.
12:57l'intervention des agents du Louvre
13:00a été déterminante
13:02pour mettre à l'abri les visiteurs.
13:05Rappelons que c'est le casse du siècle,
13:07mais que personne n'a été blessé
13:09ni atteint.
13:11Et c'est important.
13:12Voilà.
13:12Donc, il faut aussi saluer
13:14ce qui a fonctionné
13:15et qui a reposé sur les agents
13:17et ce qui n'a pas fonctionné.
13:18Et en effet,
13:19pour dire les choses rapidement,
13:20il manque et de la sécurisation
13:22à l'intérieur du Louvre
13:24avec de la vidéoprotection
13:25et de la sécurisation
13:27sur les abords du Louvre.
13:28Donc, Laurence Descartes
13:29a bien décrit hier
13:30qu'il y avait une caméra,
13:31mais qui n'était pas orientée
13:32dans le bon sens.
13:33Bon.
13:34Moi, je veux bien
13:35qu'on rejette la faute sur...
13:37C'est forcément la faute
13:37à la bureaucratie
13:38qui fait que le projet
13:40prend beaucoup de temps.
13:42Je redis.
13:43À quel moment ce projet
13:44est-il financé
13:46par le ministère de tutelle
13:48qui est le ministère de la Culture ?
13:49Il y a eu une phrase
13:50rapide pendant l'audition hier
13:52par l'administrateur du Louvre
13:54qui dit
13:54« En gros, on a commencé
13:56à déployer
13:57et à s'occuper du projet
13:58quand on a su
13:59qu'on aurait l'argent. »
14:00Ben non, je suis désolée.
14:01À un moment donné,
14:02on part du plus grand musée du monde
14:03qui est sous tutelle
14:05du ministère de la Culture.
14:06On est sur une responsabilité
14:07qui est politique
14:08de dire
14:09« Voilà quelles sont
14:10les orientations.
14:11Voilà ce que je demande
14:12en termes de sécurisation
14:13au plus grand musée du monde.
14:16Et donc, voilà les moyens
14:17que je dégage,
14:18moi, ministère de la Culture,
14:19pour que ce projet
14:20soit mis en place. »
14:21En fait, on a l'impression
14:22qu'on a inversé les choses
14:23et qu'on a attendu
14:26– et le « on »
14:27est un « on » poli
14:28parce qu'en fait,
14:29il y a une tutelle,
14:29c'est le ministère de la Culture.
14:31On a attendu
14:31d'avoir d'éventuelles sources
14:33de financement
14:33pour déployer le schéma
14:35de sécurité
14:36et de sûreté du Louvre.
14:37C'est l'inverse
14:38qu'il aurait fallu faire
14:39parce que, pour le coup,
14:41les défaillances
14:42ou les faiblesses
14:43en termes de sécurité
14:44à l'intérieur du Louvre,
14:45elles étaient connues,
14:47elles étaient documentées
14:48depuis des années.
14:50Le premier...
14:51Enfin, le schéma de sûreté
14:52dont on parle,
14:52on commence à en entendre
14:54parler au Louvre,
14:55à le faire voter
14:55par les instances du Louvre
14:57en 2019.
14:59On avait donc les moyens
15:00d'accélérer le déploiement
15:02de l'ensemble de ces travaux
15:04en termes de sécurisation.
15:05Mais Rachida Dattier,
15:06en tout cas,
15:07elle s'en est expliquée
15:08devant les deux chambres
15:10du Parlement
15:10ces derniers jours.
15:11La ministre de la Culture
15:12qui affirmait
15:13que les dispositifs
15:13de sécurité du Louvre
15:15n'ont pas été défaillants.
15:17Sous-entendu,
15:18les manquements,
15:19les failles seraient
15:20à chercher du côté
15:21des protocoles
15:22et non des moyens.
15:23Oui, j'ai trouvé
15:23que la façon
15:26dont Laurence Descartes
15:27le disait hier
15:28était plus sincère.
15:30En disant,
15:31en effet,
15:32sur l'ensemble
15:33de ces sept minutes,
15:35les choses ont fonctionné
15:36que ce soit
15:36d'un point de vue technique
15:37que ce soit
15:38d'un point de vue humain.
15:40Mais à la fin,
15:41il y a quand même
15:41eu un cambriolage
15:42au Louvre
15:43et un cambriolage
15:44d'ampleur.
15:45Donc,
15:46j'ai trouvé
15:46que la position
15:47de Laurence Descartes
15:48était plus humble
15:49de dire que
15:50si sur les sept minutes
15:51les choses avaient fonctionné,
15:52c'était un échec,
15:54un échec
15:54pour les équipes du Louvre,
15:56un échec de fait
15:57pour l'ensemble
15:58de ceux
15:58qui aiment ce musée
16:00et quelque part
16:01un peu
16:01un échec français
16:02en effet.
16:04Yvan Navarro,
16:05votre regard
16:06sur la demande
16:07de Laurence Descartes
16:07d'installer un commissariat
16:08dans l'enceinte du Louvre ?
16:11C'est intéressant
16:12ce qui a été dit.
16:13Effectivement,
16:13c'est transférer
16:14la responsabilité
16:15à notre ministère.
16:16Enfin,
16:16je veux quand même rappeler,
16:17c'est un peu insultant aussi
16:18pour les personnels
16:18du ministère de la Culture.
16:19Vous savez qu'on a
16:20des vrais métiers,
16:21nous,
16:21au ministère de la Culture.
16:22Il y a une filière
16:23qui s'appelle
16:23la filière de surveillance,
16:25accueil,
16:26qui est parfaitement
16:28compétente
16:29sur les questions
16:29de sûreté
16:30des collections nationales,
16:31des bâtiments
16:32et aussi
16:33la sécurisation
16:34des personnes.
16:35Cette filière
16:35a été attaquée
16:36ces 20 dernières années.
16:38Les effectifs
16:38ont baissé considérablement.
16:40Aujourd'hui,
16:40elle est à peu près
16:41à 3200 agents,
16:43tout compris,
16:43c'est-à-dire
16:44du plus petit,
16:46de la plus basse catégorie
16:47jusqu'à la plus élevée.
16:49Et nous,
16:49on sait qu'on a
16:50un besoin
16:51environ de 5500 agents.
16:52Donc,
16:53on a quand même
16:53un déficit énorme.
16:55Et ces gens-là
16:55sont totalement compétents
16:57pour assurer
16:57la sécurité,
16:58je vous l'ai dit,
16:58des personnes
16:59et la sûreté
17:00des collections.
17:02Je voudrais juste rajouter
17:03qu'on a aussi
17:04notre filière
17:04qui s'appelle
17:04la filière
17:04des métiers d'art
17:05qui a des compétences
17:06très élevées
17:08en matière
17:08de sécurisation
17:09des œuvres d'art.
17:10Ils étaient chargés
17:11jusqu'en 2019
17:12de l'entretien
17:14et de la maintenance
17:14des vitrines coffres
17:15qui étaient installées
17:16dans cette galerie
17:16et qui auraient été enlevées.
17:19Donc,
17:19je vous demande quand même
17:19de travailler un peu
17:21ce sujet,
17:21de le vérifier
17:22parce qu'il semblerait
17:23qu'il existe
17:25des dispositifs
17:25que nos filières
17:26sont capables
17:26d'entretenir
17:27et qui auraient
17:29amené les voleurs
17:30à partir
17:31dans les mains vides
17:31quand même.
17:32Puisque le dispositif
17:34consiste en quatre fracturations
17:35de la vitrine,
17:36les bijoux tombent
17:37dans un coffre
17:37et deviennent inviolables.
17:39Donc,
17:39au bout de quatre minutes,
17:39s'ils devaient partir
17:40puisqu'ils ont,
17:41évidemment,
17:41les agents ont fait pression,
17:43ils seraient partis
17:43une main devant
17:44et une main derrière.
17:44Je voudrais juste rajouter
17:45autre chose,
17:45c'est que les propositions
17:47de Laurence Descartes,
17:48elles sont insultantes,
17:49je le dis,
17:50pour les professionnels
17:51de la culture,
17:52mais elles ne sont pas du tout
17:53à la hauteur des enjeux
17:54puisqu'elles ne parlent que...
17:55Pour vous, c'est hors sujet
17:56de proposer un commissariat ?
17:58Ce n'est pas hors sujet,
17:58c'est insuffisant.
17:59Non, mais alors,
17:59il y a le commissariat,
18:00mais c'est très bien,
18:01ça ferait un peu plus
18:01de présence humaine.
18:02Nous, ce qu'on défend,
18:03c'est la présence humaine
18:04parce que c'est celle-ci
18:04qui est irremplaçable
18:05et c'est celle-ci
18:06qui a été déterminante
18:07dans la fuite des voleurs
18:08et dans le fait que
18:09la NACN n'a pas été incendiée
18:10parce que vous savez
18:11qu'il était prévu
18:12d'y mettre le feu
18:13mais des individus
18:15ont fait pression
18:16sur les voleurs
18:16et du coup,
18:17ils sont partis très vite.
18:19Non, elle propose
18:19de la vidéo,
18:20des badges,
18:21un système anti-intrusion,
18:22des dispositifs anti-béliers,
18:24un nouveau PC central.
18:25Tout ça dans le cadre
18:26de commandes
18:26de nouveaux marchés publics
18:27à des prestataires extérieurs
18:29qui vont devoir payer,
18:30qui vont coûter hyper cher.
18:31Alors évidemment,
18:31c'est très bien
18:32pour le PIB de la France
18:33mais ce n'est pas ça
18:34qui va ranger des choses
18:36au sein du musée,
18:37de ce musée-là
18:37et d'autres musées.
18:38Nous, ce qu'on demande,
18:39c'est la revitalisation
18:40des filières ministérielles
18:42et de la présence humaine.
18:44Et là-dessus,
18:45évidemment,
18:45sa réponse est catastrophique.
18:47Ça veut dire
18:47qu'elle nie complètement
18:48le savoir-faire
18:48des agents de sécurité intérieurs
18:50des musées
18:52et les savoir-faire
18:53de nos métiers culturels.
18:55Ça, c'est un vrai problème
18:56dans sa réponse,
18:56une grosse insuffisance.
18:57Sofiane Aboubecker,
18:59vous partagez cette analyse ?
19:02Alors, moi,
19:03je pense que la présence humaine,
19:05elle est utile
19:05lorsqu'on la couple
19:10avec un système
19:11de sécurité électronique
19:12qui est en capacité
19:13de pouvoir fonctionner
19:14de façon pérenne.
19:16Je rappellerai une chose
19:17sur la question budgétaire.
19:1980 millions d'euros
19:21estimés
19:22selon la présidente
19:23directrice du Louvre.
19:24Le casque, aujourd'hui,
19:25a été estimé
19:26à 88 millions.
19:27Les deux journées
19:28de fermeture,
19:29le travail d'enquête,
19:30on est très largement
19:31au-dessus de 100 millions.
19:32Donc, encore une fois,
19:33moi, ce que je constate,
19:34c'est que la sécurité
19:36de cet établissement
19:37a été une variable
19:39d'ajustement budgétaire
19:40vraisemblablement
19:40puisque, comme l'expliquait
19:41la sénatrice
19:42en plateau,
19:44le plan,
19:45le schéma directeur
19:46grosso modo
19:47de sûreté
19:47n'aurait pas été déployé
19:49parce qu'il n'y avait pas
19:49les crédits budgétaires.
19:50Enfin, ça,
19:50ça me paraît quand même
19:51profondément inquiétant,
19:54voire plus
19:56dans la mesure
19:57où,
19:58quand un schéma directeur
19:59est mis en œuvre,
20:00les crédits budgétaires,
20:01ils doivent suivre,
20:02en fait.
20:02dans le monde réel,
20:04là,
20:04on parle du fonctionnement
20:05quand même
20:06d'un établissement public,
20:07mais dans le monde réel,
20:09des choses comme ça
20:09ne pourraient pas se produire.
20:11Les budgets auraient été
20:12prévus en amont.
20:13Je pense que là,
20:14il y a vraiment
20:15un besoin
20:16de refonte
20:17du mode de fonctionnement
20:18des établissements publics.
20:20Et en plus,
20:21pardonnez-moi,
20:22mais transférer,
20:23encore une fois,
20:23la responsabilité
20:24en disant
20:24c'était le ministère
20:25de tutelle,
20:26etc.,
20:26à quoi ça sert
20:27d'avoir un directeur
20:28d'établissement
20:28dans ce cas-là ?
20:29C'est complètement différent.
20:31Un établissement
20:32privé ne pourrait pas
20:33fonctionner de cette sorte
20:33et les responsabilités
20:35auraient également
20:36été extrêmement fortes
20:38à ce moment-là.
20:39Luc Lariba,
20:40vous confirmez
20:41ce constat
20:42dans les établissements
20:43privés.
20:44On n'aurait pas pu
20:45accéder,
20:46voler si facilement ?
20:47Pas forcément.
20:48Les bibliothèques,
20:49les églises,
20:50je prends souvent
20:51le cas des églises.
20:51Aussi dans les autres pays.
20:53Aussi dans les autres pays.
20:54Mais le cas des églises,
20:56des musées de province
20:57ne sont pas forcément
20:58rattachées au ministère
20:59de l'État,
21:00encore moins les églises,
21:00et on vole encore
21:03plus facilement.
21:04Mais ça fait des années
21:05qu'il y a ce problème
21:06de sécurité
21:07qui est lié soit
21:08à des musées,
21:08soit à des instituts
21:10privés,
21:11soit à des bâtiments
21:11publics.
21:13Le point d'interrogation,
21:14il est là.
21:14Comment y arriver ?
21:15Est-ce que c'est des moyens ?
21:16Est-ce que c'est des moyens
21:16humains ? Est-ce que c'est
21:17des moyens financiers ?
21:18Est-ce que c'est des moyens
21:18techniques ?
21:19C'est surtout quand on s'attaque
21:21au Louvre,
21:22qui est quand même
21:22un bâtiment historique,
21:24on ne peut pas le sécuriser
21:25comme ça.
21:25C'est quand même un bâtiment
21:26qui date du XVIe siècle,
21:28si je ne me trompe pas.
21:29Donc ça va être très dur
21:31de revoir toute la sécurité
21:33technique de ce bâtiment-là
21:34et la protection des oeuvres
21:35à l'intérieur.
21:36C'est la raison pour laquelle
21:37dans le détail,
21:39le plan sécurité
21:40sera présenté début 2026.
21:43On entend bien
21:43que c'est trop tard.
21:44Pourquoi ça prend
21:45tant de temps ?
21:48Il a été dit hier
21:49que c'était,
21:51et il y a une vraie part
21:53de réalité
21:53dans ce qui a été dit
21:55par la présidente
21:56directrice du Louvre,
21:57que c'était d'abord,
21:58je rebondis sur ce que vous disiez,
22:00on ne sécurise pas,
22:02y compris techniquement
22:03le Louvre,
22:03comme on sécurise
22:04n'importe quel bâtiment neuf
22:06comme les locaux
22:07de France 24.
22:08Il y a évidemment
22:08une dimension patrimoniale.
22:11Les locaux sont extrêmement
22:12pour les téléspectateurs.
22:13Je vous rassure.
22:14On a d'autres problèmes.
22:15Disons-le aux téléspectateurs.
22:17Non, mais il y a
22:18une dimension patrimoniale.
22:20Il y a faire intervenir
22:23des kilomètres
22:23et des kilomètres de câbles
22:24pour remettre à niveau
22:25l'électricité
22:26parce que pour mettre
22:28des caméras de vidéos
22:28surveillance et protection,
22:30il faut d'abord
22:31refaire l'électricité.
22:32Tout ceci,
22:32tout le monde est capable
22:33de comprendre que
22:34dans le Louvre,
22:35c'est à l'évidence
22:36un peu plus compliquée
22:37qu'ailleurs
22:37et qu'il y a ensuite
22:38des dispositions
22:41en termes de marché public
22:42qui prennent le temps
22:44que prennent l'élaboration
22:46et la réponse
22:46à des marchés publics.
22:47Mais je le redis,
22:49la question,
22:49c'est que le premier
22:50schéma directeur,
22:51il en est fait état
22:53en 2019
22:53et qu'il n'y a
22:56budgétairement
22:57dans les crédits
22:58alloués au Louvre
22:59et cette année,
23:02c'est une évidence
23:03parce que les crédits
23:04sont formellement
23:05en baisse
23:05dans le projet
23:05de loi de finances
23:06mais c'est également vrai
23:07si on repart
23:09sur les années antérieures,
23:10il n'y a pas
23:10de ligne budgétaire
23:11spécifique,
23:13dédiée,
23:14d'augmentation
23:14de dotation au Louvre
23:15pour mettre en place
23:16ce schéma directeur.
23:18Et donc,
23:18on voit bien
23:18qu'on est à la frontière
23:20certainement.
23:22C'est pour ça
23:22qu'on a besoin aussi
23:23du rapport
23:24de la Cour des comptes
23:25qui a fait un travail
23:25d'analyse poussée
23:27et détaillée
23:27mais on est à la frontière
23:29d'une forme
23:32de lenteur,
23:33une forme
23:34de non prise de conscience
23:35peut-être de l'urgence
23:36et puis
23:37d'avoir privilégié
23:39d'autres types
23:40de projets.
23:41Est-ce qu'il fallait
23:42attendre
23:42ce grand projet
23:43de rénovation
23:46du Louvre ?
23:46On va dire ça
23:46comme ça
23:47avec le projet
23:48à 800 millions d'euros
23:49qu'il a donc fallu
23:50construire
23:51y compris budgétairement
23:52pour intégrer
23:54les 80 millions d'euros
23:55de sécurisation
23:56du Louvre ?
23:56C'est un choix politique
23:57qui a été fait.
23:58Ce n'est pas uniquement
23:59le choix
23:59de la présidente
24:00directrice
24:00du Louvre
24:01toute seule
24:02dans son bureau.
24:04Manifestement
24:04aujourd'hui
24:06cinq jours après
24:07le cambriolage
24:08au Louvre
24:08la réponse est non.
24:10Et donc la question
24:11c'est comment on accélère ?
24:12Moi je suis ravie
24:13de savoir
24:14qu'en Conseil des ministres
24:15hier matin
24:16le président de la République
24:17a demandé une accélération
24:18formidable
24:20on aurait mieux fait
24:21d'accélérer avant
24:22plutôt que d'accélérer maintenant
24:24et je dis
24:25quels sont les moyens
24:26opérationnels
24:27financiers
24:28budgétaires
24:29qui vont être donnés
24:30au Louvre
24:31pour pouvoir mettre en oeuvre
24:32deux façons accélérées
24:33fin 2025
24:34c'est maintenant
24:35ou début 2026
24:37C'est toute la question
24:38de l'échéance
24:38Et oui
24:39Parce qu'une fois
24:40qu'on a dit ça
24:40qu'est-ce qu'on fait ?
24:41Qu'est-ce qui est faisable
24:41tout de suite
24:42maintenant dans l'immédiat ?
24:44Pour le coup
24:44ça a été relativement bien détaillé
24:50par la présidente
24:52directrice du Louvre
24:53hier
24:53et par ses équipes
24:55il y a plusieurs tranches
24:57de travaux
24:57les premières sont prêtes
24:58à commencer
24:58la première tranche
24:59de travaux
25:00c'est 10 millions d'euros
25:01et après
25:04il y a un schéma
25:05de déploiement
25:05qui est calé
25:07Est-ce qu'on ne peut pas
25:08accélérer ce plan ?
25:09Est-ce qu'il n'y a pas
25:09des mesures
25:09qu'on peut prendre
25:10dans l'immédiat
25:11pour mieux protéger
25:12le patrimoine français
25:13que ce soit au Louvre
25:14ou ailleurs
25:14dans toutes nos institutions
25:15culturelles d'ailleurs ?
25:18Alors exactement
25:18vous avez raison
25:19de le rappeler
25:19il ne s'agit pas seulement
25:20du Louvre
25:20il s'agit de 35 musées
25:22musées nationaux
25:23en tout cas
25:23qu'il convient de sécuriser
25:25la première chose à faire
25:25déjà c'est
25:26la copie du budget
25:27le cornu Bayrou
25:28il faut la réviser
25:30complètement
25:30c'est-à-dire que là
25:31on est sur une
25:32sur une réduction
25:33de 20%
25:34du programme patrimoine
25:35qui concerne les musées
25:36et qui du coup
25:38reporte tous les projets
25:39de rénovation
25:39du schéma directeur
25:40donc ça déjà
25:42il faut revenir en arrière
25:43il faut arrêter de se dire
25:44qu'on va faire des économies
25:45sur la culture
25:45Donc il n'y a pas
25:45de mesure concrète
25:46qu'on peut prendre
25:47avant que ça passe ?
25:49Alors il y a une autre
25:49mesure concrète
25:50c'est de complètement
25:51changer le logiciel
25:52de management
25:53au sein des institutions
25:55au sein de l'état
25:56d'ailleurs en général
25:57il faut arrêter
25:59maintenant
25:59de considérer
26:01que les décisions
26:01se prennent en haut
26:02sans les personnels
26:03si les personnels
26:05étaient associés
26:05avaient été associés
26:06depuis notamment
26:07je vous ai parlé
26:07des anciennes vitrines coffres
26:09à la rénovation
26:10de la galerie
26:11d'Apollon
26:11en 2019
26:12aujourd'hui
26:13tous les bijoux
26:14seraient encore
26:14en possession
26:15de l'état
26:15donc il y a
26:16une vraie problématique
26:18déjà dans la façon
26:19dont on travaille
26:20au sein du ministère
26:20de la culture
26:21entre le haut management
26:23et les cadres supérieurs
26:25et les personnels
26:25qui sont sur le terrain
26:26ils connaissent leur métier
26:27et c'est eux
26:28qu'il faut écouter
26:28et à un moment donné
26:29il va falloir arrêter
26:30d'être dans cette espèce
26:31de strata
26:33hermétique
26:34dans laquelle
26:36les gens ne se parlent pas
26:37parce qu'ils considèrent
26:37qu'ils ne font pas partie
26:38de la même classe sociale
26:39on est tous
26:40au sein du même bateau
26:41quand on est au sein d'un musée
26:43on doit tous travailler ensemble
26:44et là il y a une vraie difficulté
26:45parce que
26:46je le sais
26:47en tant que représentant
26:48des personnels
26:48on voit bien
26:49les difficultés qu'on a
26:50à faire remonter
26:51mais on passe notre temps
26:51à tirer la sonnette d'alarme
26:52et on ne nous écoute pas
26:53et il faut que des catastrophes
26:54arrivent comme celle-là
26:55et il pourra y en avoir d'autres
26:56si on continue
26:57à travailler de cette façon-là
26:58donc la première chose à faire
26:59c'est déjà
26:59c'est changer
27:00le logiciel de travail interne
27:03et associer les personnels
27:04aux décisions
27:05qui sont structurelles
27:06pour les établissements
27:07et pour le ministère en général
27:08Sofiane Aboubeker
27:10vous, quelles solutions
27:10vous prenez dans l'immédiat
27:11pour mieux protéger
27:12le patrimoine français ?
27:15une fois il n'est pas coutume
27:17mais je vais rejoindre
27:17le représentant
27:19de la CGT Culture
27:20sur plateau
27:20il y a un problème
27:21de management
27:21il y a un problème
27:22de conception
27:23il y a un problème
27:24de dialogue
27:24au sein de l'Etat
27:26et au sein des établissements
27:26publics
27:27qui est créant
27:28et que l'on voit aujourd'hui
27:29ceci étant dit
27:30en matière de sûreté
27:32de sécurité
27:33pour protéger
27:34cet établissement rapidement
27:35on a des solutions
27:36qui existent
27:37quand on n'a pas
27:38les technologies
27:38et vraisemblablement
27:39sur le Louvre
27:39pour des questions techniques
27:40les technologies
27:41ne peuvent pas être déployées
27:42en l'Etat
27:42on rajoute des moyens humains
27:44en fait
27:44ça c'est la base
27:45on le voit
27:46dans toute matière
27:48que ce soit en matière
27:49de sûreté
27:50c'est-à-dire en matière
27:50de lutte contre le vol
27:51ou contre les agressions
27:52ou en matière de sécurité
27:53c'est-à-dire la protection
27:54des incendies
27:54et des assistances aux personnes
27:55quand il y a
27:57un problème technique
27:58on met de l'humain
27:59et là je rappelle quand même
28:00la galerie d'Apollon
28:01c'est environ 600 m²
28:024 agents
28:03du musée du Louvre
28:06de la division
28:06Récueil et Surveillance
28:07étaient placés
28:08est-ce que c'était suffisant
28:09pour protéger les collections
28:11vraisemblablement pas
28:12qu'est-ce qu'on pourrait mettre d'autre
28:13on pourrait très bien
28:14faire appel
28:15à ce qu'on appelle
28:15des agents de sûreté renforcés
28:17c'est-à-dire des agents
28:17armés
28:18à l'intérieur du musée
28:20pour protéger
28:20les collections sensibles
28:21c'est ce qui se fait
28:22notamment
28:23lorsque des joaillers
28:24explosent des pièces
28:26voilà
28:26les grandes maisons de joaillerie
28:27quand elles explosent des pièces
28:28par Laurence Descartes
28:30donc ça
28:30ça n'arrivera pas
28:31on le sait
28:32oui mais si ça n'arrivera pas
28:34dans ce cas-là
28:35il faut mettre d'autres moyens
28:36et les moyens
28:37il n'y a pas
28:38de souci
28:38je pense qu'il faut avoir
28:42un vrai débat là-dessus
28:43la directrice
28:44la présidente directrice
28:45ne peut pas rejeter
28:45une mesure de bon sens
28:46encore une fois
28:47et c'est une mesure
28:49de bon sens
28:49pour protéger
28:50des collections
28:50en réalité
28:51armés
28:52les surveillants
28:53pour vous
28:54c'est une mesure
28:55de bon sens
28:55pour protéger
28:56les collections
28:56écoutez oui
28:58au bout d'un moment
28:59quand on n'a pas
29:00les moyens
29:00les moyens suffisants
29:01pour pouvoir
29:02protéger ces collections
29:03on parle quand même
29:03d'un trésor national
29:05le coût aujourd'hui
29:06encore une fois
29:07le coût de ce casse
29:09du siècle aujourd'hui
29:09va être très largement
29:11supérieur à 200 millions
29:12d'euros
29:12si on met tout bout à bout
29:13plus les travaux d'enquête
29:15plus la justice
29:15etc
29:16le préjudice
29:18d'image que l'on a
29:19au niveau mondial
29:20est quand même
29:21incommensurable
29:22il y a un moment
29:23il faut qu'on mette
29:24les moyens sur la table
29:25et les moyens sur la table
29:26ça passe notamment par là
29:27Justement la dernière
29:28question là-dessus
29:30c'est celle de savoir
29:31entre les mains
29:32de qui se joue
29:33l'avenir du Louvre
29:34aujourd'hui
29:34vous avez évoqué
29:35la promesse
29:37d'Emmanuel Macron
29:37hier en conseil des ministres
29:39d'accélérer
29:40les mesures
29:41est-ce que ça se joue
29:42où actuellement
29:43c'est à l'Elysée
29:45qui a entre les mains
29:47ce dossier là ?
29:49C'est une bonne question
29:50j'ai un de mes collègues
29:51hier
29:52Pierre Ouzulias
29:53qui a posé la question
29:55en audition
29:55en disant
29:56mais en fait
29:58elles se prennent où
29:59les décisions
29:59sur le Louvre
30:00elles se prennent
30:01à l'Elysée
30:03elles se prennent
30:03au ministère de la Culture
30:05moi ce que je sais
30:06comme parlementaire
30:07c'est que dans quelques semaines
30:08je vais avoir à examiner
30:09et à voter
30:10pour ou contre
30:11un budget
30:12qui sera notamment
30:13un budget patrimoine
30:15et donc celui
30:16qui relève
30:18enfin
30:18dont relèvent
30:19les musées
30:20est-ce que ce budget
30:21sera en hausse ?
30:22est-ce que le budget
30:23pour le Louvre
30:24sera en hausse
30:24pour permettre
30:25d'accélérer
30:26à ce moment-là
30:27on verra
30:28si les décisions
30:30sont prises
30:30et si les responsabilités
30:32sont assumées
30:32parce qu'en fait
30:33oui le Louvre
30:35c'est le Louvre
30:35mais enfin
30:36c'est un établissement
30:37qui est sous la tutelle
30:38du ministère de la Culture
30:39et donc à un moment donné
30:41il faut que le politique
30:41assume ses responsabilités
30:43et on parlera
30:44dans un instant
30:45justement
30:45des éventuelles
30:47instrumentalisations
30:48politiques
30:48de ce dossier
30:50puisqu'il y en a eu
30:51il y en a dans la presse
30:52notamment
30:52juste pour finir
30:54sur la question
30:55des responsabilités
30:56et des solutions
30:57avec vous
30:58Luc Larriba
30:59qui connaissait très bien
31:00l'Office central
31:01de lutte contre le trafic
31:02des biens culturels
31:03qui est en première ligne
31:04avec la centaine
31:05d'enquêteurs
31:06actuellement déployés
31:07pour tenter
31:07de retrouver
31:09les malfrats
31:10quel regard vous portez
31:12sur tout ce qui a été dit
31:13notamment la question
31:14d'armer les surveillants
31:16est-ce que vous pensez
31:17que c'est pertinent
31:18pour lutter
31:19contre cette criminalité
31:21est-ce qu'on a affaire
31:23à ce type de profil
31:24vous faisiez la comparaison
31:26avec le narcotrafic
31:27tout à l'heure
31:28est-ce qu'on en est
31:30le narcotrafic
31:30se passe dans la rue
31:31le cambriolage
31:33dans un musée
31:33se passe dans un lieu fermé
31:35déjà des policiers
31:37des forces de l'ordre
31:38dans la rue
31:38n'ont pas forcément
31:39habilité à sortir
31:41leur arme
31:41et à tirer
31:42alors dans un musée
31:44je pense que ça fera
31:45encore plus des ordres
31:46l'OCBC travaille
31:48sur le fond
31:50et aussi sur la forme
31:51comme je le disais
31:52depuis tout à l'heure
31:53depuis des années
31:53sur des réseaux
31:55qui sont mis en place
31:56à l'étranger
31:56ou en France
31:57je pense qu'il faut
31:58le facteur le plus important
32:00à cet office
32:01c'est le temps
32:02c'est-à-dire qu'une fois
32:04ils sont pressés
32:04ils doivent intervenir
32:06ils doivent agir
32:06rapidement
32:07faire travailler
32:08leurs connaissances
32:09leurs compétences
32:09très rapidement
32:10mais en même temps
32:10ça peut prendre
32:11énormément d'heures
32:13de semaines
32:14de mois
32:14et peut-être d'années
32:15pour pouvoir arriver
32:16à des fins
32:17ça ne veut pas dire
32:18qu'ils ne vont pas y arriver
32:18donc vous vous êtes optimiste
32:20ou pas ?
32:21optimiste sur les retrouver
32:22à titre personnel
32:25je pense qu'on ne les retrouvera pas
32:26tous au même endroit
32:27dans le même état
32:28voilà
32:29c'est mon humble avis
32:30de les retrouver
32:31c'est possible
32:32comme ça peut être aussi impossible
32:33il y a des tableaux
32:34qu'on n'a jamais retrouvé
32:35au musée d'art moderne de Paris
32:36ils ont fini dans une poubelle
32:38selon les experts
32:39les bijoux sont de toute façon
32:40invendables
32:41en l'état
32:42ils sont invendables
32:43maintenant
32:44découpés
32:45retravaillés
32:46vous pensez qu'ils vont se risquer
32:47à le faire
32:48si on se met dans la tête
32:49des criminels
32:50comme vous avez beaucoup
32:51enquêté là-dessus
32:52pourquoi pas
32:53quelles sont les prochaines étapes
32:54pour eux
32:54ils sont en train de se
32:55je pense qu'actuellement
32:58ils sont en train
32:59les malfrats
33:00eux sont en train
33:00de se reposer
33:01les bijoux
33:02eux sont en train
33:03de voyager
33:03mais une fois de plus
33:04c'est mon humble avis
33:04on en vient
33:07à la dernière partie
33:08de notre débat
33:10consacré
33:11si vous voulez bien
33:11à la politisation
33:12de cet événement
33:13dans le débat public
33:14dès dimanche
33:15le rassemblement national
33:17a parlé
33:17je cite
33:18d'une humiliation nationale
33:19il y a aussi
33:20le journal Charlie Hebdo
33:21qui a titré
33:22on va peut-être
33:23la voir à l'écran
33:24la une
33:24du journal satirique
33:27qui a titré
33:28jusqu'où
33:28l'humiliation
33:29avec
33:29voilà
33:29on le voit
33:30ce dessin
33:31qui montre
33:33deux malfaiteurs
33:34qui emportent
33:35la pyramide
33:36du Louvre
33:37pour revenir
33:37sur ce déchaînement
33:39de passion
33:40dans la presse
33:41ces derniers jours
33:42avec vous
33:43Colombe Brossel
33:44humiliation
33:45est-ce que le mot
33:46est juste ?
33:47en tout cas
33:47c'est un choc
33:47c'est le plus grand
33:49musée du monde
33:50et donc
33:51tout le monde
33:52s'attendait
33:52à ce que le niveau
33:53de sécurisation
33:54du plus grand
33:54musée du monde
33:55empêche
33:56en 2025
33:57un cambriolage
33:59qui
34:00de l'extérieur
34:02donne une forme
34:03d'impression
34:04de simplicité
34:05c'est certainement
34:08la conjugaison
34:09de tout ça
34:10qui fait que c'est
34:10à ce point là
34:11un choc
34:11finalement
34:13ce qui transparaît
34:14en creux
34:15c'est
34:15ah bah c'est simple
34:16de cambrioler le Louvre
34:17c'est certainement pas le cas
34:18on en est tous conscients
34:19mais
34:20voilà
34:20cette forme de simplicité
34:22elle crée un choc
34:24et puis elle crée un choc aussi
34:26parce que
34:26il y a une dimension
34:28historique
34:29patrimoniale
34:30il n'y a pas un français
34:31qui ne connait pas le Louvre
34:32tous les français
34:33ne sont peut-être pas
34:34allés visiter le Louvre
34:35mais il n'y a pas un français
34:36qui ne connait pas le Louvre
34:37et on a des symboles
34:38dans notre pays
34:39la tour Eiffel
34:40est derrière vous
34:40elle en fait partie
34:41le Louvre en fait également partie
34:43donc c'est assez légitime
34:44que ça ait créé
34:45une forme de choc
34:46dans
34:47dans
34:48dans notre pays
34:49dans la population
34:50évidemment
34:51encore plus
34:52pour l'ensemble
34:53de ceux
34:53qui sont des amoureux
34:54ou des professionnels
34:55de la culture
34:56oui il y a une forme
34:57de certainement
34:58d'humiliation
34:59quand on est
34:59un agent public
35:01engagé
35:02au quotidien
35:04dans un musée de province
35:05comme dans le plus grand musée
35:07du monde
35:08pour faire vivre
35:09des collections
35:10pour donner à montrer
35:11pour sécuriser
35:12oui il doit y avoir
35:12une forme d'humiliation
35:13d'être ainsi
35:15voilà
35:17montré
35:19comme étant
35:19ceux qui ne peuvent pas faire
35:22donc c'est assez
35:23c'est assez normal
35:24que ça ait produit
35:25ce niveau de choc
35:26vous avez raison
35:27de rappeler
35:28que
35:28tous les jours
35:30toutes les semaines
35:31ou tous les mois
35:32il y a par ailleurs
35:33des oeuvres d'art
35:34qui sont volées
35:34ailleurs qu'à Paris
35:36et c'est aussi ce sujet là
35:38et voilà
35:39et je ne restais
35:40qu'en France
35:41mais
35:41et donc c'est aussi
35:42ce sujet là
35:43qui doit être
35:43au coeur de
35:44comment est-ce qu'on agit
35:46mais oui
35:47c'est normal
35:48qu'il y ait une forme
35:48de choc
35:49voire d'émotion
35:50pour l'ensemble
35:52de la France
35:53et puis
35:53parce que c'est le Louvre
35:56ça a fait l'actu
35:58pas uniquement
35:59de l'ensemble
36:00des médias français
36:00mais enfin
36:01ça a fait l'actu
36:02de l'ensemble
36:03des médias
36:03pendant plusieurs journées
36:06et c'est normal
36:07et c'est pour ça
36:08que par ailleurs
36:08la réponse
36:09elle doit être
36:09à la hauteur
36:10parce qu'une fois
36:12qu'on a posé le constat
36:13qu'est-ce qu'on en fait
36:14et c'est pour ça
36:15que la réponse
36:16elle doit être
36:16à la hauteur
36:17à la hauteur
36:17des événements
36:18bien sûr
36:18mais aussi
36:19à la hauteur
36:20du choc
36:20et de l'émotion
36:21que ça a provoqué
36:21oui mais justement
36:22on parle beaucoup
36:23on parle du casse du siècle
36:24on l'a intégré
36:26nous-mêmes
36:26dans notre bandeau
36:27il aurait fallu
36:27le mettre
36:28entre guillemets
36:28parce que c'est
36:29effectivement
36:29la presse
36:30qui parle
36:31de casse du siècle
36:32qui utilise ces termes
36:34Luc Larriba
36:36est-ce que vous pensez
36:37que c'est justifié
36:37de parler de casse du siècle
36:38non
36:39on a parlé du casse du siècle
36:42pour celui d'Albert Spaggiary
36:43à Nice
36:44en 1976
36:45on a parlé du casse du siècle
36:47pour le musée de Boston
36:48dans les années 90
36:49où c'était là aussi
36:50des tableaux
36:51je crois qu'on en avait parlé
36:52aussi pour le casse
36:53au musée de Nice
36:54où il y avait des tableaux
36:55qui avaient été volés
36:56le casse du siècle
36:57c'est une phrase
36:57c'est une phrase journalistique
37:00est-ce que ça mérite
37:02ce titre-là
37:03cette ampleur-là
37:04médiatique
37:04dans un sens
37:05oui
37:05moi ce que je vois
37:07à travers ça
37:07c'est que peut-être
37:08les gens vont prendre conscience
37:11que le vol d'oeuvres d'art
37:12le trafic des biens culturels
37:14est très important
37:16tout autant
37:16que d'autres trafics
37:17que sont le trafic d'armes
37:19ou le trafic de drogue
37:20c'est une criminalité organisée
37:22très puissante
37:22comme on peut la trouver
37:24dans un vol à l'étalage
37:26dans Paris
37:26ou ailleurs
37:27c'est juste qu'on s'attaque
37:28à une oeuvre d'art
37:29donc tout de suite
37:29quand on s'attaque
37:30à une oeuvre d'art
37:31ah ben oui
37:32sauf que là
37:34on s'attaque au Louvre
37:36effectivement
37:36oui bien sûr
37:37mais quand on s'attaque
37:38à une oeuvre d'art
37:39qui est dans un musée
37:40effectivement
37:41ça parle un peu plus
37:42mais il y a des oeuvres d'art
37:43qui ont disparu
37:44et qui ont disparu
37:45même dans les terres
37:47en Syrie
37:47en Égypte
37:48en Grèce
37:48dont on ne parle pas du tout
37:49et qui sont pourtant
37:50d'aussi grande valeur
37:52Sophia Nabou-Béquer
37:53vous vouliez intervenir ?
37:56oui tout à fait
37:57oui effectivement
37:58on parle quand même
37:59du Louvre
38:00promenuisé au monde
38:01donc il est logique
38:02aujourd'hui
38:03qu'on ait ce sentiment
38:04moi j'ai un sentiment
38:05de colère
38:06face à la chaîne
38:08de dysfonctionnement
38:08que l'on voit aujourd'hui
38:10encore une fois
38:11les enquêtes administratives
38:12et les enquêtes judiciaires
38:13permettront
38:13de faire toute la lumière dessus
38:16mais c'est à la fois
38:17un sentiment de honte
38:18et un sentiment de colère
38:19les médias mondiaux
38:20nous rayonnaient
38:21nos partenaires européens
38:22et internationaux
38:24voient dans ce symbole
38:26une nouvelle forme
38:28de déclassement
38:29de notre pays
38:30enfin ce n'est plus possible
38:31il faut que
38:31il faut que la classe politique
38:33dans son ensemble
38:33qui nous a quand même donné
38:34un spectacle catastrophique
38:36depuis ces derniers mois
38:37se ressaisisse
38:38et qu'on puisse être
38:39en capacité véritablement
38:40de mettre de véritables
38:41dispositifs
38:42de protection
38:43enfin je le rappelle
38:43la sécurité
38:44c'est la première délicité
38:46si on n'est pas capable
38:47d'assurer la protection
38:49de nos trésors nationaux
38:51quelle va être la suite
38:53en fait en réalité
38:54et c'est dans tout cela
38:55que ce casque du siècle
38:58moi je pense
38:58que c'est effectivement
39:00compte tenu
39:00de la dimension
39:01que ça a prise
39:02le terme adéquat
39:05que ce casque du siècle
39:06doit raisonner
39:07et doit faire prendre conscience
39:08que la sécurité
39:09ne peut pas être
39:10un, une barrière
39:11d'ajustement budgétaire
39:12et que quand on met
39:13en place
39:14des mesures de prévention
39:16et bien les mesures
39:16de prévention
39:17apportent la dissuasion
39:18lors des Jeux olympiques
39:19on a quand même sécurisé
39:20des Jeux olympiques
39:21de façon extrêmement
39:22extrêmement forte
39:24et bien quand il y avait
39:24des policiers dans la rue
39:25de façon extrêmement
39:28surprenante
39:28la délinquance
39:29avait essayé
39:29en matière de protection
39:30de nos trésors nationaux
39:31c'est la même chose
39:32Déclassement
39:33vous utiliseriez aussi
39:34ce mot ?
39:36En fait oui
39:37on est dans le sujet
39:37c'est à dire que moi
39:38je récuse évidemment
39:39totalement le terme
39:40d'humiliation
39:40mais plutôt de révélation
39:43en réalité
39:43cette situation révèle
39:44un déclassement
39:45de nos services publics
39:48ça c'est une réalité
39:49par contre
39:50il faudra quand même
39:51veiller à ne pas
39:51humilier non plus
39:52les personnels
39:53par des articles
39:56un peu trop
39:56parce qu'aujourd'hui
39:58tous les projecteurs
39:59sont rivés
40:00sur les agents du Louvre
40:02à un moment donné
40:02il faudra quand même
40:03veiller à ne pas trop
40:05les bousculer
40:06et s'agissant
40:07aucune vie n'a été blessée
40:08non non mais bien sûr
40:09exactement
40:10j'allais y venir
40:10donc c'est pour ça que
40:11s'agissant du niveau de réponse
40:12effectivement
40:13il doit être du plus haut niveau
40:14je rappelle que
40:15c'est l'apanage quand même
40:17des présidents de la république
40:18que de mener
40:19les grands projets culturels
40:20on a connu ça
40:20dans les années 80
40:21au Louvre
40:22à la bibliothèque nationale de France
40:23mais enfin il y en a eu d'autres
40:23et je pense que là
40:24aujourd'hui
40:25c'est au président de la république
40:26de prendre ses responsabilités
40:27pour relancer
40:28un nouveau plan Marshall
40:29pour la culture
40:30un plan d'urgence
40:31qui va donner des moyens
40:32budgétaires
40:33et des moyens
40:34pour les personnels
40:36tout de suite
40:36on aurait transformé
40:38la galerie d'Apollon
40:39en hockey chorale
40:40c'est sûrement pas
40:41la bonne réponse
40:42c'est sûrement pas
40:43la bonne réponse
40:43à chacun son métier
40:44nous on est capable
40:45au sein des musées
40:45de protéger les oeuvres
40:46en nous donnant
40:47les moyens budgétaires adaptés
40:48à la police
40:49de faire son travail
40:50à l'extérieur du musée
40:51ça c'est chacun son métier
40:52parce que encore une fois
40:53je vous dis
40:53le plan pour l'instant
40:55c'est tout sauf des agents
40:56or on a bien vu
40:58que dans cette affaire
40:58ce sont les agents
40:59qui saufent tout
41:00Deux petites questions
41:01pour finir
41:03Luc Larriba
41:04vous avez le sens du récit
41:05est-ce que vous comprenez
41:07malgré tout
41:08pourquoi ce cambriolage
41:10déclenche autant de fantasmes
41:11on ne peut pas s'empêcher
41:12de faire le rapprochement
41:14avec la série Lupin
41:16qui est d'ailleurs
41:17la seule série française
41:18qui est en tête
41:19des classements
41:20de vues sur Netflix
41:22et l'histoire d'Arsène Lupin
41:24qui commence par le cambriolage
41:26du musée du Louvre
41:27ça fait partie
41:27de notre imaginaire
41:28bien sûr
41:29mais on peut remonter
41:30plus loin
41:30on peut penser
41:30à l'homme de Rio
41:31avec Belmondo
41:32on peut penser
41:32à l'affaire Thomas Crown
41:34avec Steve McQueen
41:35on peut penser
41:35à plein de films
41:36donc il y a aussi
41:37ce récit national
41:38qui alimente
41:39bien sûr
41:39mais c'est dans les romans
41:42et dans le cinéma
41:42je pense que
41:43voilà
41:43c'est médiatique
41:45dans ce sens là
41:46c'est un peu
41:47le casse des pieds nickelés
41:49professionnel
41:51mais aussi
41:51branquignolesque
41:52avec tous les défauts
41:54qu'il y a eu
41:54il y a ce côté
41:55spectaculaire
41:56donc c'est pour ça
41:56que ça fait parler
41:57mais une fois de plus
41:59ça peut avoir lieu
42:00n'importe où
42:01et parfois pire
42:02Pour terminer
42:04Colombe-Brossel
42:06beaucoup de français
42:07disent
42:07malgré tout
42:08ne pas se sentir
42:09du tout concernés
42:10par ce vol
42:11ce qui les dérange
42:12c'est plutôt
42:13le prix du pain
42:14le prix de l'huile d'olive
42:14au supermarché
42:16et pas tellement
42:16les bijoux
42:17de la couronne
42:19est-ce que vous comprenez
42:19aussi
42:20ces français
42:21qui se demandent
42:22pourquoi on en parle
42:23autant
42:24finalement
42:24heureusement
42:25que ça n'a pas fait
42:27disparaître
42:28toutes les préoccupations
42:30de pouvoir d'achat
42:31de justice fiscale
42:32et justice sociale
42:34qui sont au top
42:36des préoccupations
42:37des français
42:37et ça ne les fera pas
42:39disparaître
42:40ça
42:40que personne ne l'imagine
42:41c'est d'ailleurs pour ça
42:43qu'on va s'occuper
42:44de travailler
42:44sur un budget
42:45au Parlement
42:46à l'Assemblée
42:47en ce moment
42:47et au Sénat
42:48dans quelques jours
42:49bien sûr
42:51les faits
42:53qui ne soient d'ailleurs
42:54médiatiques
42:54ou liés à une forme
42:55de roman national
42:56parce que oui
42:57quand même
42:57ça remue quelque chose
42:59il y a peu de symboles
43:00de notre pays
43:00aussi connus
43:02et par les français
43:03et à l'international
43:05que le Louvre
43:06et donc c'est normal
43:07que ça déclenche
43:09un certain nombre
43:10de choses
43:10en termes de récits nationaux
43:12est-ce que ça change
43:13le quotidien
43:14est-ce que ça remplit
43:15le frigo
43:15à la fin du mois
43:16la réponse est clairement non
43:18et donc on va continuer
43:18à faire notre travail
43:19de parlementaire
43:20aussi et surtout là-dessus
43:21Peut-être le mot de la fin
43:24Sofiane Aboubecker
43:27très rapidement
43:28si on devait garder
43:29qu'une seule mesure choc
43:30pour éviter
43:31un nouveau cambriolage
43:32laquelle vous retenez
43:35et je vous demanderai aussi
43:36concevoir
43:38un véritable plan de protection
43:39en fait
43:39c'est-à-dire mettre
43:40autour de la table
43:41des experts
43:42des experts à la fois
43:43de la partie publique
43:44et de la partie privée
43:45pour pouvoir avoir
43:47un plan de protection
43:47qui tienne la route
43:48et de le déployer
43:50dans un temps acceptable
43:51et ne pas attendre
43:5210 ans
43:54très rapidement
43:54proposer
43:56lors du vote
43:58du projet
43:59de loi de finances
43:59des crédits
44:00à la hauteur
44:01donc on a un plan
44:03chiffré à 80 millions d'euros
44:04des crédits
44:05à la hauteur
44:05qui permettent
44:06d'accélérer
44:07le déploiement
44:08du schéma
44:09de sûreté
44:10c'est la responsabilité
44:11du ministère
44:11de la culture
44:12et de sa ministre
44:13très rapidement
44:14un mot
44:15c'est évident
44:17je vais aller
44:19dans le sens
44:19de madame la sénatrice
44:21d'abord
44:22du budget
44:23pour la culture
44:24sanctualisation
44:25des budgets
44:25à des niveaux
44:27qu'on a connus
44:27auparavant
44:28il n'y a pas de baisse
44:29comme ils sont prévus
44:30dans le budget Bayrou
44:31et surtout
44:32revitalisation
44:33des filières
44:34et pas de suppression
44:34d'emplois
44:34donc abandon
44:35des mesures
44:35Bayrou
44:36de suppression
44:36d'un fonctionnaire
44:37d'un départ
44:38d'un fonctionnaire
44:38sur trois
44:38on va se quitter
44:39là-dessus
44:40on manque de temps
44:41malheureusement
44:42merci beaucoup
44:42à tous les quatre
44:44pour votre éclairage
44:45sur ce dossier
44:46parlons-en
44:46revient dans
44:47une quinzaine de minutes
44:48restez avec nous
44:48sur France 24
44:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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