00:02Il s'appelle Anders Thorstensson, je ne sais pas si je le prononce bien, Thorstensson.
00:06Virginie Fulpin, il est suédois cet homme, c'est l'entraîneur d'un petit club de foot de village qui vient d'être sacré champion de Suède.
00:14Imaginez que votre enfant joue au foot dans le club de votre village d'un millier d'habitants, il se fait des copains, il apprend le sport collectif, la vie d'équipe.
00:22Puis l'âge adulte arrivant, il quitte le nid, il part travailler, fonder une famille.
00:25Trois décennies plus tard, il rentre au bercail, il devient l'entraîneur de son club d'enfance, repart un petit peu vivre ailleurs, revient et devient champion national au nez et à la barbe des grandes écuries du pays.
00:37Vous allez me dire que Noël est encore loin pour écouter des contes.
00:41Et pourtant, c'est exactement ce qui vient d'arriver à Anders Thorstensson en Suède.
00:45Vous avez dû parler aussi un petit peu.
00:46Oui, un petit peu.
00:47Il est trop tôt pour prononcer ce moment.
00:48Je ne pense pas bilingue en suédois.
00:50Et ce n'est pas le mot caché.
00:51Le club, c'est...
00:51Le club, c'est...
00:52A nos auditeurs et nos auditrices.
00:54Le club, c'est Mialbi et l'homme n'en croit pas ses yeux parce qu'il dit je suis né dans ce village.
00:59C'est là que j'ai touché mon premier ballon et nous voilà champions.
01:02Et votre homme du jour n'est même pas un professionnel du football.
01:04Pas du tout, lui.
01:05Il a d'abord été officier dans l'armée, puis directeur de lycée.
01:09Mais il n'est jamais parti très loin de son village d'origine, attaché à ses racines.
01:13Alors quand les dirigeants du club de Mialbi lui ont proposé un CDI pour entraîner l'équipe il y a deux ans,
01:18il n'a pas réfléchi longtemps avant d'accepter.
01:20Loin d'imaginer où ça allait le mener.
01:22Mais jamais loin du petit stade désuet où joue l'équipe 6 000 places dans des tribunes balayées par les vents de la mer baltique.
01:28L'industriel local gère les finances et Anders Torstensen s'occupe de l'humain et du sportif.
01:34Après l'armée et l'éducation, il sait s'occuper des hommes.
01:37Oui, et d'ailleurs, il ne s'occupe pas que des entraînements.
01:39Non, il aime la vie de groupe comme il aime son village.
01:41Alors tous les matins, il rassemble ses joueurs autour d'un copieux petit déjeuner.
01:45Il expose le but de l'entraînement du jour.
01:47Un entraînement sur un terrain qui surplombe la mer, juste à côté du camping.
01:50Les joueurs habitent pour la plupart dans la ville voisine.
01:53Ils viennent en covoiturage, ils se déplacent en bus pour les matchs.
01:56Parce qu'Anders Torstensen leur rappelle tous les jours de ne pas se prendre pour ce qu'ils ne sont pas.
02:01Et que leur force, c'est de pouvoir être les meilleurs dans tout ce qui est gratuit.
02:04Et en plus, il y a une vraie philosophie de Vino.
02:07Il prend tout avec distance, surtout depuis un an.
02:09Quand il a été hospitalisé et que les médecins lui ont diagnostiqué une leucémie.
02:13Pas une forme grave, il préfère le dire.
02:14Il souffre de peu de symptômes.
02:17Ce qui fait qu'il peut être chaque jour sur le terrain.
02:19Mais Ander Torstensen ne veut surtout pas donner de leçons de courage.
02:22C'est juste qu'il y a des cas bien pires que le sien.
02:24Alors, il veut profiter de cette chance, avec des guillemets, pour vivre presque normalement.
02:30Presque, parce qu'il va se retrouver avec le club de son village à disputer le tour préliminaire de la Ligue des Champions l'été prochain.
02:36Quand même en rappelant à ses joueurs que ce n'est pas la peine de s'en vanter non plus.
02:39Ils peuvent quand même s'en vanter un petit peu.
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