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Monsieur de Fontenelle a résisté toute sa vie à la passion et aux sentiments amoureux, mais à un âge avancé il fait la rencontre d'une jeune femme qui lui fait découvrir ce sentiment qu'il a toujours souhaité ignorer : l'amour.
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00:00:00I'll see you next time.
00:05:24like manger des asperges
00:05:25semblent pour vous
00:05:25une forme avancée du bonheur.
00:05:27Vous parlez du bonheur
00:05:28comme si j'en connaissais
00:05:29les secrets.
00:05:31N'est-ce pas la vérité ?
00:05:33Je crois en effet
00:05:36que les secrets du bonheur
00:05:37ne vous sont pas inconnus.
00:05:40Vous appelez secrets
00:05:41de simples précautions.
00:05:43Confie-moi une.
00:05:45Mais la plus simple,
00:05:46il faut se ménager
00:05:47en toutes circonstances.
00:05:51Oui, la mesure
00:05:52du bonheur
00:05:53qui nous a été donné
00:05:55est assez petite,
00:05:57ma chère nièce.
00:06:03Ils ont prudent
00:06:04de ne rien perdre.
00:06:07Et était-ce dans vos précautions
00:06:08que de ne pas vous marier ?
00:06:12Veuillez m'excuser.
00:06:17Pertinente question.
00:06:21Dans les nœuds de l'hymène,
00:06:23à quoi bon m'engager ?
00:06:25Je suis un.
00:06:27Cela doit suffire.
00:06:29Si j'étais deux,
00:06:31mon état serait pire.
00:06:33C'est bien assez de moi
00:06:35pour me faire enragir.
00:06:37Votre science des épigrammes
00:06:38vous tire de toutes les situations.
00:06:41Il n'empêche que vous savez
00:06:42vous faire adorer des femmes.
00:06:44Peut-être.
00:06:45Mais on les épouse.
00:06:47Et puis on les connaît.
00:06:48Le mariage est chose naturelle,
00:06:49pourtant.
00:06:50Non, pardon, je pense.
00:06:52Je dis,
00:06:53l'idée a bien dû vous venir,
00:06:55de vous marier.
00:06:57Quelquepois, oui,
00:06:58le matin.
00:06:58Voltaire aurait dit
00:07:14au roi de Prusse que vous étiez
00:07:15l'esprit le plus universel
00:07:17que le siècle de Louis XIV est porté.
00:07:20Un compliment n'étant pas dans sa manière,
00:07:22ils ont déduit qu'il a dû lui arriver
00:07:24quelque chose de fâcheux.
00:07:26Le froid, peut-être.
00:07:31Je m'étonne toujours
00:07:32comme les séances à l'académie
00:07:33ne vous fatiguent pas davantage.
00:07:35Pourquoi voulez-vous ?
00:07:37Je n'y ai plus d'ennemis.
00:07:38Je n'ai plus d'ennemis.
00:08:08Je leur ai pardonné
00:08:09et cela m'a fait beaucoup de bien.
00:08:11Non, aujourd'hui,
00:08:13je ne les blâme
00:08:15que d'être tous morts.
00:08:17Portez-vous toujours aussi aimablement,
00:08:20cher enfant.
00:08:21Eh bien, moi, c'est monsieur
00:08:30que je trouve trop aimable.
00:08:32Il n'en veut à personne
00:08:33et se contente de tout.
00:08:36Je me demande parfois
00:08:37si ce sont là
00:08:38les manifestations
00:08:38d'une bonté immense
00:08:40ou de pas de bonté du tout.
00:08:42Deux fois,
00:08:47j'ai peine à lui ôter la poussière.
00:08:52Il me fait peur.
00:08:54Je crois monsieur de Fontenelle
00:08:55encore plus impressionné
00:08:56que vous par son oncle.
00:08:57Je comprends.
00:08:59Être le neveu du grand Corneille,
00:09:01c'est une situation tout de même.
00:09:03Pour vous aussi, madame.
00:09:04Oh, petite nièce
00:09:08du neveu de Corneille,
00:09:09c'est une place discrète.
00:09:10Mais, qu'est-ce que vous faites?
00:09:36Monsieur en avait assez.
00:09:37Comment il en avait assez?
00:09:39Ah oui, il ne veut plus le voir,
00:09:40ce coffre.
00:09:4160 ans, à ce qui paraît.
00:09:42Mais il est plein.
00:09:43Ah ben, pour sûr, madame,
00:09:44qu'il est plein.
00:09:46On sent bien quand on le porte.
00:09:48C'est tout ce que monsieur
00:09:48a point voulu lire
00:09:49qui est là-dedans.
00:09:50Mais qu'est-ce que tu racontes, Simon?
00:09:51Ce sont les journaux de monsieur
00:09:53qui sont dans ce coffre.
00:09:54Ah ben, je dis point non.
00:09:55Je dis qu'il n'a jamais
00:09:56voulu les lire.
00:09:57Qui vous a raconté
00:09:58ces sornettes?
00:10:00C'est...
00:10:01C'est lui.
00:10:03Qui ça, lui?
00:10:04Ben...
00:10:07Monsieur de Fontenelle.
00:10:09C'est amusant,
00:10:10mais cela ne tient pas debout.
00:10:11Pourquoi ne les aurait-il pas lus?
00:10:13Monsieur aimerait pas
00:10:14qu'on répète
00:10:15ce qu'il nous a dit
00:10:16qu'à nous.
00:10:17Répète quand même,
00:10:17madame te le demande.
00:10:20Ben...
00:10:21Il les a point lus
00:10:22parce qu'il se doutait
00:10:23qu'on disait pas
00:10:23du bien de lui là-dedans.
00:10:24Même qu'on l'attaquait.
00:10:25Après tout,
00:10:33cela est assez
00:10:33dans sa manière.
00:10:35Ne jamais aller au-devant
00:10:36de ce qui peut
00:10:37gâter votre humeur.
00:10:39C'est tout, lui,
00:10:40en effet.
00:10:41Débarras!
00:10:42Allez!
00:10:43Et vous repasserez le balai!
00:10:44Sous-titrage Société Radio-Canada
00:10:53Sous-titrage Société Radio-Canada
00:11:23Sous-titrage Société Radio-Canada
00:11:53Quelle voix!
00:11:55Merci, monsieur.
00:11:56Restez, c'est-à-dire...
00:11:56Non, mais vous m'avez imaginé
00:11:57pour ne pas rester ici.
00:11:59Mais excusez-moi.
00:12:01Vous l'avez effrayée?
00:12:02Mais non!
00:12:03C'est une petite sauvage.
00:12:04Voilà tout.
00:12:07Qui était-ce?
00:12:08Nous vous attendions
00:12:08pour souper.
00:12:09Je ne dois plus souper.
00:12:11Et pourquoi donc?
00:12:12Ça paraît que
00:12:13mon âge exige
00:12:15la tempérance.
00:12:16C'est la belle affaire.
00:12:17Qu'est-ce que l'âge
00:12:18quand la gloire le surpasse?
00:12:20Allez-y, bon.
00:12:20Accepteriez-vous néanmoins
00:12:21quelques fricons filles.
00:12:23Allez par ici.
00:12:26Monsieur de Fontenelle
00:12:27vous a repérée
00:12:28comme étant
00:12:29les plus spirituels
00:12:29de l'Assemblée.
00:12:31Les plus spirituels
00:12:32du salon de Mme Geoffrin.
00:12:35C'est Mme Geoffrin.
00:12:37Monsieur de Fontenelle
00:12:38nous surpasse tous,
00:12:38Valière.
00:12:40Dites-lui plutôt
00:12:40quelle conversation
00:12:41était la vôtre
00:12:41pendant le souper.
00:12:43De quoi disputiez-vous?
00:12:45Nous pensions
00:12:46qu'il est bien difficile
00:12:47pour une femme
00:12:47de déceler le sentiment
00:12:49sous une conduite galante.
00:12:52Monsieur de Valière
00:12:53soutenait
00:12:53que c'était
00:12:54un nouveau procès
00:12:54fait à la sincérité
00:12:55des hommes.
00:12:56Alors,
00:12:57qu'en pense
00:12:57le siècle passé?
00:12:58Ma foi,
00:12:59je n'observe point
00:13:01les sentiments
00:13:01comme je le fais
00:13:03des planètes.
00:13:04Vous n'avez pas
00:13:04à observer
00:13:05ce qui vous est
00:13:06simplement donné
00:13:06de ressentir?
00:13:07Certes,
00:13:08mais il est présomptueux
00:13:09d'avancer
00:13:10que j'ai déjà ressenti
00:13:11quoi que ce soit.
00:13:13Voilà 80 ans
00:13:14que j'ai relégué
00:13:14le sentiment
00:13:16dans mes poésies.
00:13:20Et vous appelez
00:13:21ça avoir vécu.
00:13:23Je crois avoir été
00:13:23empressé
00:13:24comme il convenait
00:13:25auprès des femmes.
00:13:26Mais l'amour...
00:13:28J'entends mal.
00:13:31Je parlais
00:13:32de l'amour.
00:13:34Lui et moi
00:13:34sommes des choses
00:13:36incompatibles.
00:13:37On dit pourtant
00:13:38que votre roman préféré
00:13:39n'est autre
00:13:39que la princesse de Clèves.
00:13:40Le style
00:13:44en est insurpassable.
00:13:46Il en est de plus vif.
00:13:48Il n'en est pas
00:13:48de plus simple.
00:13:50Donc de plus grand.
00:13:52Mais la princesse
00:13:53c'est une histoire d'amour.
00:13:54Qui n'a pas lieu.
00:13:56Quelle sagesse.
00:13:58Puisque vous soutenez
00:13:58que les sentiments
00:13:59vous sont étrangers,
00:14:01je suppose
00:14:01ce sont les idées
00:14:02qui en vous faveur?
00:14:03Pas davantage.
00:14:04Défendre des théories
00:14:05signifie riposter,
00:14:06se plaindre,
00:14:07accuser,
00:14:08soupçonner.
00:14:09J'aime trop
00:14:11mon repos.
00:14:13Et puis,
00:14:14pourquoi polémiquer?
00:14:18Tout est possible
00:14:19et tout le monde
00:14:21a raison.
00:14:22Allons, allons.
00:14:24Je sais certaines idées
00:14:25qui ne vous laissent
00:14:25pas indifférent.
00:14:27Si je vous disais
00:14:28que M. d'Alembert
00:14:29est venu nous lire hier
00:14:31son discours préliminaire
00:14:32à l'encyclopédie
00:14:32et que le chevalier
00:14:35de Jocourt
00:14:35nous a montré
00:14:36d'admirables planches
00:14:36dans les métiers.
00:14:37C'était d'un ennui.
00:14:39Mortel.
00:14:40Vous m'avez l'air
00:14:40encore bien vivant,
00:14:42il me semble.
00:14:43Mais enfin,
00:14:43que cherchez-vous
00:14:44avec cette encyclopédie?
00:14:46À instruire les médiocres
00:14:47de choses
00:14:48qu'ils n'entendront point?
00:14:50Qu'y a-t-il de plus ridicule
00:14:51que de parler de philosophie
00:14:52avec des ouvriers?
00:14:55Le divertissement
00:14:56et le jeu,
00:14:56voilà ce que le peuple attend.
00:14:58Pareils propos
00:14:59vous feront attendre
00:15:00à la porte de l'académie,
00:15:01j'en réponds.
00:15:02Déjà qu'il vous faudra
00:15:03faire oublier
00:15:04vos ouvrages libertins.
00:15:06Et moi,
00:15:06j'entends bien
00:15:06être de l'académie.
00:15:08Mes ouvrages sont lestes,
00:15:09j'en conviens,
00:15:10mais les composés
00:15:11est d'un aussi dur labeur,
00:15:12croyez-moi.
00:15:14Une simple page
00:15:14me prend
00:15:15trois ou quatre heures.
00:15:18Vous finirez bien
00:15:18par attraper
00:15:19tout ce temps perdu.
00:15:20Mais je suis plus modeste
00:15:21que vous ne l'imaginez,
00:15:22monsieur.
00:15:23Vous n'aurez pas
00:15:24osé vous le dire,
00:15:25monsieur.
00:15:27Toutes ces femmes
00:15:28qui se disputent
00:15:29le vieux Fontenelle
00:15:30dans l'espoir
00:15:30qu'il va mourir
00:15:31dans leur salon.
00:15:35Pauvre Vallière,
00:15:37il se croit
00:15:37à un esprit supérieur,
00:15:38mais la supériorité
00:15:39lui fait bien défaut.
00:15:40Et l'esprit lui manque.
00:15:43Venez,
00:15:44nous allons entendre
00:15:45la musique de près.
00:15:46Elle est bien
00:15:46assez insupportable
00:15:47de loin.
00:15:48Vous préférez la peinture ?
00:15:50Oh,
00:15:51la peinture,
00:15:52les murs sont enlédits
00:15:53par trop de portraits.
00:15:54La sculpture ?
00:15:56Je laisse
00:15:57les statues
00:15:57me regarder.
00:15:58Les arts
00:16:01vous touchent
00:16:01donc si peu.
00:16:03Je n'arrive pas
00:16:04à faire entrer
00:16:04tant de choses
00:16:05dans mon existence.
00:16:09Plus tard,
00:16:10peut-être.
00:16:12Votre force
00:16:12est de vous placer
00:16:13hors d'atteinte
00:16:13en toutes circonstances.
00:16:15Rien ne vous touche.
00:16:16Je vous admire.
00:16:19Bonsoir,
00:16:20cher Fontenelle.
00:16:21Pardon ?
00:16:22Je vous souhaitais
00:16:23le bonsoir.
00:16:28Au revoir.
00:16:52Look, Mr. de Fontenelle, there is no words murmuré that you can hear, with, as we have often noticed,
00:17:10more precisely than what they hear normally.
00:17:13This comes from what the pavilion is quite large.
00:17:16It's not like a corne of abundance, who, instead of its fruits, engrangerait the subjects and verbs
00:17:22by its vaste embouchure, for you to hear.
00:17:25You can see, Mr. de Fontenelle, you can see the corner at your ear.
00:17:29The smallest of the extremities glissent naturally.
00:17:33All right.
00:17:36How do you hear, Mr. de Fontenelle?
00:17:39Too far!
00:17:41Yes, I'm confused, because I...
00:17:43It's natural when we're talking about someone who is affected.
00:17:47So?
00:17:48I don't believe in my ears.
00:17:57What's that?
00:17:58We asked him to look for Mr. de Fontenelle.
00:18:01Who asked him?
00:18:03Ajuster...
00:18:05Enlever...
00:18:06Ajuster...
00:18:07Enlever...
00:18:08Voilà.
00:18:09L'appareil n'est-il point trop lourd, Mr.
00:18:11Monsieur!
00:18:12Monsieur!
00:18:13Madame Geoffrin vous envoie...
00:18:15Madame Geoffrin vous envoie quelque chose.
00:18:18Oh...
00:18:28Je lis beaucoup mieux.
00:18:32Ce portrait de votre ami Lefreynois, j'ai pu l'acquérir sans trop d'embarras auprès de ce qui lui reste de famille.
00:18:39Je l'ai fait dans l'intention de vous l'offrir.
00:18:41Persuadé que le visage de celui qui fut votre plus proche est si grand ami, vous rappellerez ces longs moments que vous passiez ensemble à ne rien dire.
00:18:49Et pourtant à vous comprendre, comme seuls savent s'entendre la discrétion et l'innocence.
00:18:54Oui.
00:18:55Voilà aujourd'hui, vingt ans qu'il est mort.
00:19:00Je m'en vais sur le champ, remercier Madame Geoffrin.
00:19:04Pourquoi ces moments que vous passiez à ne rien dire ?
00:19:08Monsieur Lefreynois était si peu bavard.
00:19:11Hum...
00:19:13Portrait respire la ressemblance.
00:19:16Regardez, on dirait qu'il va se taire.
00:19:20La belle compagnie que voilà !
00:19:28Et tout ce monde va m'accueillir ?
00:19:34Nous sommes toujours ravis de vous voir, Monsieur l'abbé.
00:19:37Pas bien.
00:19:38Pas bien.
00:19:39Pas bien.
00:19:40Pas bien.
00:19:45Je parle de cette lettre au marquis de Lafarque que le petit réservoir vient de publier.
00:19:49Eh bien.
00:19:50Comment ça, eh bien ?
00:19:52Que dit-elle cette lettre ?
00:19:54Vous vous moquez, on soutient partout qu'elle est de vous.
00:19:56M'a-t-on vu l'écrire ?
00:19:58Je le sens bien, moi, quelle est votre plume.
00:20:00Parler avec une telle insolence n'appartient qu'à vous ou à Voltaire.
00:20:03Une lettre qui décrit l'embarras du Seigneur au moment de la résurrection désigne son auteur.
00:20:08M'en direz-vous le nom à la fin ?
00:20:10Raillez, raillez, raillez.
00:20:11Je vois que sous couvert de montrer les choses de la science auxquelles les coeurs saints n'entendent rien, il est bien lisé d'y jeter le table.
00:20:17Qu'est-il besoin d'expliquer ce qui doit rester inexplicable ?
00:20:21Vous vous faites parfois songer à quelques navigateurs dont lesquels laisseraient passer l'eau, mais qui interdiraient qu'on écope.
00:20:28Pas d'égard, on dit que ce sont vos ouvrages qu'ont enfrenté Voltaire.
00:20:36Laissez dire.
00:20:39Car vous ne pouvez accepter que votre oeuvre apporte caution à cet empire.
00:20:43Que me reprochez-vous ? N'est-ce pas fait mes Pâques ?
00:20:45Si fait, mais vous ne pouvez ignorer que Voltaire parle de Dieu comme, comme, comme s'il n'existait pas.
00:20:50Comme quoi ?
00:20:51Quelle malice que tout doit me faire répéter ces choses, comme, comme s'il n'existait pas.
00:20:58Voltaire ne nie pas, il s'interroge.
00:21:02C'est votre histoire des oracles qui a fait le mal.
00:21:05Je ne me rejette pas dans mes erreurs que le spectacle de l'ignorance et de la sottise exploitée par la mauvaise foi.
00:21:12Certes, mais...
00:21:13Mais ce spectacle, me semble promis, a un grand avenir.
00:21:17Bah justement, des esprits faibles et impurs ont pu en déduire que Dieu n'existait que parce que nous voulions y croire.
00:21:23Mon ami, l'ignorance se démontre moins par les choses qui sont et dont la raison nous est inconnue que par celles qui ne sont point.
00:21:34Et dont nous trouvons la raison.
00:21:38Car non seulement nous ne possédons pas les principes qui mènent au vrai, mais nous en avons d'autres qui s'accommodent très bien avec le faux.
00:21:48...
00:21:52Monsieur l'abbé, restera-t-il à dîner ?
00:21:54Plaît-il ? Dans votre servante ?
00:21:56Qu'y a-t-il ?
00:21:57Le dîner !
00:21:58Eh bien !
00:21:59Désiré-vous des asperges ?
00:22:01Oh, j'en raffole.
00:22:04J'en raffole.
00:22:05Moi aussi.
00:22:06Ça au beurre est qualité.
00:22:08Je préfère à l'huile.
00:22:10Au beurre, elle garde de leur verleté. Et à l'huile, le goût en sort davantage.
00:22:14Elle se digère tout aussi bien au beurre.
00:22:16Ma nièce ne les apprécie qu'à l'huile.
00:22:18Bon, mais que dois-je faire ?
00:22:20Une moitié à l'huile, une moitié au beurre.
00:22:27Je connais bien votre manière, savez-vous.
00:22:29Jamais rien de véhément.
00:22:30Votre impertinence est des plus doux à peine visibles.
00:22:33Point d'éclat, point de taca.
00:22:35Ainsi, ce papa fait des idées les plus terribles, les plus terribles.
00:22:39Je ne professe point d'idées.
00:22:42Je constate et je souris.
00:22:45C'est bien suffisant.
00:22:46Et vous vous mêlez tous sans en avoir l'air, voilà la vérité.
00:22:49Raisonnement, raisonnement, c'est votre unique défense.
00:22:52Moi, je maintiens qu'il est mauvais de raisonner sans cesse,
00:22:54que c'est le moyen le plus insidieux de s'écarter peu à peu
00:22:57du chemin qui nous a été tracé.
00:22:59Par qui ?
00:23:03Vous voyez, vous raisonnez encore.
00:23:05Ça, je me demande si toutes mes parrières seront jamais suffisantes
00:23:08pour votre salut.
00:23:11Et si ?
00:23:12Ah!
00:23:25Françoisse!
00:23:29Les asperges, toutes à l'huile.
00:23:31Non, non, dites-moi à l'entrée du jardin.
00:23:44Enfin, vous voilà !
00:24:03Nous n'attendions que vous pour souper.
00:24:05Attends des nouvelles de ce bon abbé Chalon ?
00:24:08Il est à nouveau sur pied, si l'on peut ainsi dire, de quelque chose de rond.
00:24:15Vous ne cessez de le redoyer.
00:24:16Je me demande ce qu'il vous a fait.
00:24:18Il me fait peur !
00:24:19Le voilà !
00:24:29Chère Fontenelle, je ne crois pas vous avoir présenté Isabelle.
00:24:34La fille de ma soeur du comte Della Torre.
00:24:36Elle est arrivée de Florence la semaine passée.
00:24:41Ah, des asperges !
00:24:49On dit, monsieur, que vous n'avez pu résister à un mot cruel dont l'abbé Chalon fut l'innocente victime.
00:24:54La cruauté n'est pas ma façon, monsieur.
00:24:56Mais si cela est vrai, ce que j'ai dit semble avoir remis les asperges à la mode.
00:25:04Monsieur le philosophe, il paraît que vous refusez de croire à l'amour.
00:25:09Plaît-il.
00:25:10N'est-il point vrai que l'amour existe ?
00:25:15J'avoue qu'à 7 minutes, je ne doute plus.
00:25:20On m'a dit une charmante désenterie qui vous concerne, chère Fontenelle.
00:25:25À quelqu'un qui souhaitait faire un placement d'argent, il a été déconseillé de le faire sur votre tête,
00:25:30sauf à fond perdu, car vous rajeunissez en vieillissant.
00:25:34L'autre jour, j'ai voulu faire déplacer un meuble de famille, un vieux secrétaire qui avait toutes les apparences du neuf.
00:25:39Eh bien, à peine l'a-t-on touché qu'il s'est effondré.
00:25:42Il était vermoulu.
00:25:46Vieillir me fait peur.
00:25:47Pour les femmes, la disgrâce des sens, c'est une horrible chose.
00:25:53Une sottise.
00:25:55Pour éviter à nos sens de vieillir, il faut veiller à leur fonctionnement régulier.
00:26:00Les entretenir, en quelque sorte.
00:26:02À suivre vos conseils, on tomberait vite dans l'excès, il me semble.
00:26:06L'homme de qualité sait tempérer ses audaces.
00:26:08Je crains, mademoiselle, que nos discours vous ennuient.
00:26:13Les vôtres, vous voulez dire ?
00:26:15Quand la beauté et la jeunesse s'accordent si magnifiquement, a-t-on envie d'entendre des propos desséchés ?
00:26:22A-t-on d'ailleurs envie d'entendre quoi que ce soit ?
00:26:26Les paroles retardent toujours les actes.
00:26:29Oh non, ce n'est pas possible.
00:26:31Grand-pense, votre nièce ?
00:26:34Elle va vous le dire elle-même, Baron Grimm.
00:26:36Je n'en suis pas encore à me laisser des conseils qu'elle en me donne.
00:26:40Ce qui n'empêche pas d'en faire le tri.
00:26:42De reconnaître la vérité dans ce qui est généreux, sensible, dévoué.
00:26:47En un mot, dans ce qui vient du cœur.
00:26:50Tous les êtres possèdent un cœur, me direz-vous.
00:26:53Eh bien, non.
00:26:54La science nous le cache encore, mais certains en sont réellement dépourvus.
00:26:59Vraiment ?
00:27:00J'en connais personnellement.
00:27:01Dans quelques contrées lointaines, je pense.
00:27:03Point du tout, ici même.
00:27:05Nous direz-vous.
00:27:06À quoi bon ? Il s'est déjà reconnu.
00:27:08Je suis résolu à faire à l'Académie une communication sur l'intelligence de l'asperge.
00:27:24Qui est un légume particulièrement savoureux, mais aussi commande à manger.
00:27:30En somme, fait pour nous plaire, mais avec une discrétion qui enchante.
00:27:36Il suffit d'ailleurs de savoir comment poussent les asperges.
00:27:40Elles passent la tête pour d'abord voir si elles ne dérangent pas.
00:27:49Et puis alors, se sachant attendues, elles viennent tout entières.
00:28:00Aucun autre légume ne possède cette élégance.
00:28:04À vrai dire, Monsieur, ça n'est pas précisément sur l'Académie et les asperges qu'on vous attendait.
00:28:10Sur quoi d'autre ?
00:28:11Eh bien, sur ce qu'affirme Monsieur de Vallière. L'absence de cœur.
00:28:16Vous avez du mal entendre.
00:28:17Comment cela ?
00:28:19Monsieur de Vallière pense que cela n'existe pas parce que le cœur comme le cerveau sont des organes qui lui sont encore étrangers.
00:28:25J'ai cru comprendre que, pour l'instant, il ne s'intéressait qu'à la partie comprise entre la hanche et le genou.
00:28:34Bénissons l'Esprit, Monsieur. C'est lui qui vous tuera.
00:28:42Alors ne songez plus à l'Académie. Vous voilà déjà immortel.
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00:55:43If this is your wish, I will give you your excellent study.
00:55:50There are other things you promised to me.
00:55:54I... I don't see.
00:55:58How did you get away from love?
00:56:02So, sir, remember your promises.
00:56:08You understand my embarrassment.
00:56:10What is embarrassment?
00:56:12Rien.
00:56:13Eh bien...
00:56:17On se dévoile toujours trop.
00:56:19Quel danger!
00:56:21Il ne faut pas raconter sa vie.
00:56:24Après, les gens vous demandent des comptes.
00:56:27Ils estiment que je la les regarde.
00:56:31Alors...
00:56:34Eh bien...
00:56:36Dans ma dix-septième année, une jeune fille de quinze ans,
00:56:39une lointaine parente était venue passer la belle saison chez nous.
00:56:44Un soir que nous nous promenions, j'ai osé lui donner un baiser.
00:56:50Dans son regard, j'ai vu une...
00:56:52une confiance qui m'a ému bien plus que...
00:56:56que le baiser lui-même.
00:56:59Cet instant de grâce n'a été gâché par...
00:57:02par aucune parole.
00:57:04C'est la seule fois de ma vie où j'ai ressenti quelque chose.
00:57:08N'avez-vous jamais revu cette jeune fille?
00:57:14Je n'ai pas voulu.
00:57:17C'est pour cela que je ne l'ai jamais oublié.
00:57:20Mais après...
00:57:22Ce souvenir a suffi à me garder des ravages du cœur.
00:57:27À ne point fixer le mien.
00:57:30Ce qu'il me fallait, je l'ai trouvé.
00:57:33La sérénité de complicité aimable et bien vécue.
00:57:38Pour le reste...
00:57:41Regardez le calendrier.
00:57:44Vous verrez qu'il faut à l'amour bien du talent pour résister.
00:57:48En lieu et place de l'émerveillement perpétuel,
00:57:52vous trouverez l'exactitude et la régularité des jours.
00:57:57Un vertige.
00:58:02Il faut que la présomption domine
00:58:05pour répondre favorablement à la seule question qui vaille.
00:58:11M'aimerez-vous encore demain?
00:58:14J'aimerais qu'il m'arrive quelque chose d'heureux.
00:58:20Pourquoi est-ce si difficile?
00:58:24Ça ne doit pourtant pas demander à Dieu un effort bien considérable.
00:58:30Qu'espérez-vous?
00:58:33Ce que vous avez refusé.
00:58:36Vous vous y êtes déjà brûlée.
00:58:39Mais comment, enfin, pourrait-elle voir autrement sa vie
00:58:43qu'accordée à celle de l'homme qui sera l'aimée?
00:58:46T'en as fait une croyance assez répandue,
00:58:49en dépit des dégâts qu'elle cause.
00:58:51Vous parlez comme un impie.
00:58:54Ne mêlez pas Dieu à cela.
00:58:56Le diable, alors.
00:58:58C'est souvent son homme d'affaires.
00:59:00Pour ne pas vous déplaire, il faudrait donc renoncer.
00:59:03Le cœur ne doit point faillir.
00:59:07Souhaitez-vous cela pour moi?
00:59:09Ne cherchez-vous point de conseil?
00:59:12On ne se marie pas avec la solitude.
00:59:15N'est-ce pas préférable un homme qui serait indigne de vous?
00:59:19Vous possédez assez d'intelligence pour être jamais seul, ne?
00:59:23Ou pas envie de connaître cette chose exquise et rare qu'on nomme liberté?
00:59:28Et de jouir par la même de cette autre merveille qu'on appelle la paix?
00:59:34Je dois partir.
00:59:39Regardez, le soir est déjà tombé.
00:59:42En effet.
00:59:49Bonsoir, Monsieur de Fontenelle.
00:59:54N'aimez-vous pas mon prénom?
00:59:56Vous ne le prononcez jamais.
00:59:59Je vous l'apprivage.
01:00:08Je voudrais ne pas me rappeler votre conseil, Monsieur.
01:00:11Mais...
01:00:13Peut-être est-il déjà trop tard.
01:00:25Bonjour, Françoise.
01:00:27Comment un autre homme ce matin?
01:00:28Comme hier, Madame.
01:00:30Et comme avant-hier.
01:00:31Il s'entonne, se fait raser et poudrer une heure durant, exige des rubans à son habit.
01:00:35Et il ne ressent plus aucune douleur.
01:00:37Il prétend même que son ouïe ne l'a jamais fait souffrir.
01:00:40Voulez-vous mon avis?
01:00:42Monsieur se moque de nous.
01:00:45Et le pire, c'est que son appétit a redoublé.
01:00:49Il redemande de tout.
01:00:50J'en suis à me demander si c'est la signe de bonne santé ou de quelques dérangements.
01:00:54Et je ne saurais vous dire à quelle heure il se couche.
01:00:59Et je ne saurais vous dire à quelle heure il se couche.
01:01:17Pense-t-il seulement à dormir?
01:01:19Sait-il encore où est sa chambre?
01:01:20Sait-il encore où est sa chambre?
01:01:46Je me demande s'il ne confond pas la nuit et le jour.
01:01:49Lui, qui ne s'est jamais agité de sa vie, on dirait que rien va assez vite.
01:01:53Mathieu et Simon se plaignent de ce qui les a transformés en courants d'air.
01:01:57Tout ça n'est pas bon, madame, je vous le dis.
01:01:59Je vous le dis.
01:02:00Je vous le dis.
01:02:01Je vous le dis.
01:02:02Je vous le dis.
01:02:03Je vous le dis.
01:02:04Les visites de la jeune Isabelle semblent avoir sur vous un effet souverain, mon oncle.
01:02:05Hum hum.
01:02:06Êtes-vous j'inquiète?
01:02:07Je vous le dis.
01:02:08Je vous le dis.
01:02:09Je vous le dis.
01:02:10Les visites de la jeune Isabelle semblent avoir sur vous un effet souverain, mon oncle.
01:02:31Hum hum.
01:02:32Êtes-vous inquiète?
01:02:33Non point.
01:02:34Mais vous qui avez toujours accueilli, avec la même humeur tranquille, les gens et les choses,
01:02:38il semble que la jeune Isabelle puisse se flatter de provoquer le changement dans vos habitudes.
01:02:43Je suis attentif à ses travaux, elle entend la science à merveille et pratique le raisonnement et la déduction comme peu de gens.
01:02:58Voudriez-vous que je fusse absent quand l'intelligence, la finesse, l'esprit et la beauté se sont donnés rendez-vous?
01:03:05Je vous assure qu'il m'est plus agréable d'écouter et de regarder Isabelle que tous les académiciens réunis.
01:03:21L'autre jour, chez la marquise de Villemin, une femme qui devait pas voir dans les 40 ans,
01:03:26se mise à nous observer comme si elle s'inquiétait qu'Isabelle fût si jeune ou que je fût si vieux.
01:03:33Quelle tristesse que de se trouver entre deux âges.
01:03:40Vous avez changé, mon oncle.
01:03:43En bien.
01:03:44C'est comme...
01:03:46Pardonnez-moi, j'allais dire une sottise.
01:03:50Allez, allez.
01:03:53Eh bien, c'est comme si, soudainement, vous vous découvriez un cœur.
01:04:03Je vous ai blessée, je suis impardonnable.
01:04:22Je suis confuse.
01:04:23Quelle étrange glisserie.
01:04:24Cet air frais.
01:04:25Il est possible que cela porte un nom?
01:04:26Ne le prononcez pas.
01:04:27Ne le prononcez pas.
01:04:28Ne le prononcez pas.
01:04:30Quand on me demande...
01:04:31Eh bien, monsieur, comment va votre encyclique ?
01:04:32Comment va votre encyclique ?
01:04:36J'ai l'impression qu'on me transperce le cœur.
01:04:37Voulez-vous la vérité ?
01:04:39Nous sommes persécutés par des coquins qui espèrent de nous la résignation.
01:04:42Et Voltaire, qui nous conseille d'aller continuer en pays étranger.
01:04:45Mais quelle idée se fait que vous ne le prononcez pas ?
01:04:46Ne le prononcez pas.
01:04:47Quand on me demande, eh bien, monsieur, comment va votre encyclopédie ?
01:04:48J'ai l'impression qu'on me transperce le cœur.
01:05:03Voulez-vous la vérité ?
01:05:05Nous sommes persécutés par des coquins qui espèrent de nous la résignation.
01:05:08Et Voltaire qui nous conseille d'aller continuer en pays étranger.
01:05:11Mais quelle idée se fait-il donc du courage ?
01:05:13Oui, nous continuerons, mais à poursuivre nos ennemis.
01:05:18Et nous retournerons à notre profit la bêtise de nos censeurs.
01:05:21Il est heureux de vous entendre parler ainsi, monsieur Diderot.
01:05:25D'Alembert disait ici même l'autre soir que vous vous sentiez découragé.
01:05:29D'Alembert subit plus que moi les assauts des imbéciles.
01:05:32Mais il est vrai que le repos me tente.
01:05:36Je rêve parfois d'une vie tranquille, au fond de ma province,
01:05:40alors tout s'apaiserait.
01:05:44Et je pourrais voir dans les cœurs un peu d'innocence.
01:05:48Mais il faut être utile aux hommes.
01:05:53Et travailler.
01:05:55Je me demande pourtant si l'on fait pas autre chose que les amuser.
01:05:59Quelle différence y a-t-il entre le philosophe et le joueur de flûte ?
01:06:02On ne peut changer les hommes, monsieur.
01:06:05Et tantôt ils se tourneront vers votre philosophe,
01:06:08tantôt ils préféreront le joueur de flûte.
01:06:11Vous croirez entendre, monsieur de Fontenelle.
01:06:13Votre remarque me flatte, monsieur.
01:06:14Moi, je crois que les hommes sont faits de plusieurs petits récipients.
01:06:18Celui de la raison, celui de l'imagination, celui de l'esprit.
01:06:23Et qu'il y a aussi une grande marmite de pure bêtise.
01:06:27Ah !
01:06:29Voilà bien la preuve que tous les êtres ne se ressemblent pas.
01:06:33Et que pour certains d'entre eux, le destin n'est plus que dans la grande marmite.
01:06:39Eh bien, moi, j'avance que tous les êtres humains doivent être considérés de la même façon.
01:06:43Vous ne pouvez quand même pas prétendre qu'ici-même, nous sommes tous pailles.
01:06:48Et laissez donc le Seigneur seul juge de ce que nous sommes et de ce que nous valons.
01:06:54De qui parlez-vous ?
01:06:56Je suis surpris, monsieur, de ne pas vous avoir entendu blasphémer plus tôt.
01:07:01Et voulez-vous que je me rattrape ?
01:07:04Taisez-vous.
01:07:06Je vais vous dire ma manière de penser, monsieur.
01:07:10Le châtiment est terrible.
01:07:15Je veux vous entendre en confession au plus tôt.
01:07:18En confession.
01:07:23On dit, mademoiselle, que vos travaux sont du plus grand intérêt.
01:07:30Monsieur de Fontenelle me prodigue des encouragements.
01:07:33Je voudrais y joindre les miens.
01:07:35Et...
01:07:36Je voudrais tout autant que vous ne refusiez pas que je vous entende chanter.
01:07:39Je ne peux, monsieur. Il n'y a personne pour tenir le clavecin.
01:07:43Si ?
01:07:45Moi ?
01:07:53Sous-titres par Jérémy Diaz.
01:07:54Sous-titres par Jérémy Diaz.
01:07:55Sous-titres par Jérémy Diaz.
01:07:57Sous-titres par Jérémy Diaz.
01:08:14I want to run away from a beautiful love that I expose myself to a refusal, to the darkness and the darkness, to the darkness and the darkness.
01:09:14— Nel ! À ce temps matinal !
01:09:36— Je dois voir votre nièce pour lui remettre ceci.
01:09:40— Elle est sortie. Mais pourquoi avez-vous pris vous-même la peine de...
01:09:45— Où est-elle ?
01:09:46— M. Diderot est venu la chercher. Voulez-vous me confier ce que vous avez là ?
01:09:50— Je la peux attendre. À tantôt.
01:09:54— Mais enfin, M. le Fontenelle, puisque je vous dis que M. Diderot n'est pas là !
01:10:08— Où est-il alors ? — Ah, il est... pour vous dire sincèrement, il est...
01:10:11— Où est-il là ? — Le lieu, je l'ignore, M. Mais il est... avec une personne.
01:10:16— Et que font-ils ? L'avez-vous vue, cette personne ? — Ah, celle-là, non. Je ne l'ai pas encore vue.
01:10:21— Mais enfin, vous avez bien une idée. Elle doit être jeune, non ?
01:10:26— Jeune et belle. Elles sont toutes jeunes et belles, monsieur.
01:10:31— Allez. Je vais l'attendre.
01:10:35— M. Fontenelle ! — Mais qui a-t-il ?
01:10:49— Ce n'est que peu de choses à vous dire, monsieur.
01:10:53— M. Fontenelle ! — Mais qui a-t-il ?
01:10:58— Ce n'est que peu de choses à vous dire, monsieur.
01:11:02Ce que vous faites... — Oui ?
01:11:06— Ce que vous faites est... — Bon.
01:11:09— Elle est... — Incomplet.
01:11:12— De quoi parlez-vous, non ? — De votre encyclopédie.
01:11:17— Qu'a-t-elle d'incomplet ? — Vous n'y traitez point des passions, du sentiment.
01:11:27— Qu'avez-vous à rire ? — C'est vous, monsieur de Fontenelle, qui parlez de sentiments.
01:11:36— Ah, et puis faites comme vous voulez. Je ne m'apprendrai à donner des conseils.
01:11:40— Eh bien, une colère du paisible Fontenelle, l'événement est unique. C'est un honneur.
01:11:45— J'envie vos emportements. J'aimerais vous ressembler.
01:11:48— Permettez que je vous renvoie le compliment, mais vous n'êtes pas sérieux.
01:11:51Qu'est-ce donc que je possède qui vous manquerait ?
01:11:53— Du courage.
01:12:06Sous-titrage ST' 501
01:12:23— Qu'avez-vous ? — Rien.
01:12:53— Vous semblez vous ennuyer.
01:12:55— Non, point du tout.
01:12:59— Je crois que j'abuse de votre bonté.
01:13:02C'est nous des bénissances que d'un peu d'intérêt pour un savant comme vous.
01:13:06— Vous ne dites rien.
01:13:12— Que pense monsieur Diderot de vos observations ?
01:13:17— Ma tante vous a dit, il m'a fait l'honneur de trouver de l'intérêt à ce que je fais.
01:13:28— Est-ce là ce qui vous contrarie ?
01:13:30— Je ne suis pas un contrarier.
01:13:33— C'est moi en effet qui devrais l'être.
01:13:37— Yarnet, vous repartiez alors que je chantais.
01:13:40— Non.
01:13:41Vous avez bien d'autres oreilles pour vous entendre.
01:13:44— Vous êtes de méchante humeur, tout cela par ma faute.
01:13:48— Aurais-je dû refuser l'invitation de monsieur Diderot ?
01:13:52Il s'est montré aimable et fort enjoué.
01:13:55— Je n'en doute point.
01:13:57Reprenez vos observations.
01:14:06— Pensez-vous que je ne puis oublier certains conseils ?
01:14:09— Si monsieur Diderot a charmé mon esprit, mon corps, lui, n'a pas failli.
01:14:15— Il aura été retardé en route.
01:14:17— Vous croyez donc que je ne vous dis pas la vérité ?
01:14:20— Hum.
01:14:21Pour ce que de bien connaître la vérité, je crois disposer d'une certaine avance.
01:14:25Bien inutile, je vous rassure.
01:14:28Les mises en garde que je vous ai adressées sont aujourd'hui dérisoires, dérisoires.
01:14:34— Qui avait-il des dérisoires à vouloir m'épargner erreurs et souffrances ?
01:14:40— Hum.
01:14:41Ce soir, je ne vois que trop la vanité de mes propos.
01:14:46Pas d'impulsion du cœur.
01:14:49Hum.
01:14:50Du raisonnement.
01:14:52Je suis laissé entraîner à penser que ce qui m'avait si bien convenu
01:14:56devait vous convenir aussi.
01:14:59Voilà les paroles d'un homme
01:15:02qui toute sa vie a peu changé de place
01:15:05et qui en a tenu si peu.
01:15:13— J'ai promis à M. Diderot d'aller lui rendre visite chez lui.
01:15:18Mais...
01:15:22j'aimerais continuer à étudier auprès de vous.
01:15:25— Vous aimeriez, mais vous ne le souhaitez point.
01:15:28— Je vous comprends mal.
01:15:33— Vous cherchez à me dire que vous voulez votre liberté.
01:15:37— Vous me blessez, monsieur.
01:15:39Je crains de vous blesser aussi.
01:15:41— Cela arrive quand on vise au juste.
01:15:45— J'ai de l'amitié pour vous.
01:15:47J'ai pensé cette amitié partagée.
01:15:49— Mais les parts étaient inégales.
01:15:52J'aurais dû le savoir.
01:15:54Vous entrez dans la vie quand je ne me décide pas à en sortir.
01:15:58Alors...
01:15:59— Mon cœur est honnête, monsieur.
01:16:01— Je serai toujours heureux d'avoir connaissance de vos travaux.
01:16:04Nous nous verrons chez votre tante, si toutefois vous y paraissez encore, ce dont je doute.
01:16:11— Pourquoi cela ?
01:16:12— Parce que votre tête, votre esprit, votre corps seront ailleurs.
01:16:16Ils y sont déjà.
01:16:18On ne peut pas songer, les hommes.
01:16:20Vous-même l'avez reconnu.
01:16:22Il est si pénible de dire adieu.
01:16:26Je voudrais vous éviter cet embarras.
01:16:29Ce soir, vous êtes là pour la dernière fois.
01:16:35Et je l'ai su avant vous.
01:16:37J'insisterai, pour vous voir revenir, que je forcerai votre compassion.
01:16:44Ce serait me renier.
01:16:48Monsieur Diderot s'est montré enjoué, dites-vous.
01:16:55Il sera donc libertin quand vous le croirez galant.
01:17:01Vous serez ainsi rassurés en pensant que l'esprit l'emporte.
01:17:05Nous préférons toujours abdiquer dans le confort.
01:17:08C'est à cela qu'on reconnaît nos défaites ordinaires.
01:17:18C'est à cela qu'on connaît nos défaites ordinaires.
01:17:31C'est à cela qu'on connaît.
01:17:33C'est à cela qu'on connaît.
01:17:35C'est à ça qu'on connaît.
01:17:37Monsieur Delamotte est philosophe profond.
01:18:05Philosopher, c'est rendre à la raison toute sa dignité.
01:18:10Monsieur, il est plus agréable de vous entendre lire La princesse de Clèves.
01:18:15Mais vous connaissez ce roman par cœur.
01:18:18Le mot est juste.
01:18:22Madame Geoffrin vous rend visite.
01:18:26Bonjour, ma bonne amie.
01:18:27Que se passe-t-il ?
01:18:29Je vais vous expliquer.
01:18:32Votre avis me sera précieux.
01:18:33C'est au sujet d'Isabelle.
01:18:37Depuis un an, à peine l'ai-je vue sortir au matin de la maison et rentrer fort tard.
01:18:41Je sens bien tous les reproches qui peuvent m'être faits.
01:18:44Je ne me suis point alarmée, sachant comme elle se passionne pour les sciences.
01:18:48Mais je connais aujourd'hui les raisons de sa conduite.
01:18:52Eh bien, monsieur Diderot a fait se rencontrer ma nièce et l'un de ses libraires.
01:18:56Ce jeune homme est l'un de ceux qui continue à soutenir l'encyclopédie.
01:19:01Mais il part s'installer en Flandre, à Lille, et il a demandé Isabelle en mariage.
01:19:07Je ne sais que faire, mon bon ami.
01:19:09Vous qui lui fûtes si précieux.
01:19:11Qui l'avait aidé à sortir de son tourment par l'étude de la philosophie.
01:19:14Vous devez me conseiller.
01:19:18Lille.
01:19:19Très belle ville.
01:19:20Néanmoins, il ne se rebute à pointe encore.
01:19:32Il fit tout ce qu'il put pour la faire changer de dessin.
01:19:38Des années entières s'étant passées,
01:19:41le temps et l'absence ralentirent sa douleur
01:19:43et éteignirent sa passion.
01:19:47Madame de Clair vécue d'une sorte
01:19:49qui ne laissa pas d'apparence
01:19:51qu'elle put un jour revenir.
01:20:16Votre visite m'a enchanté.
01:20:19Je suis heureux de vous recevoir à Lille.
01:20:24Tout au service de la librairie.
01:20:27Je sais ce que je vous dois, monsieur.
01:20:30Je chercherai toujours de quelle façon
01:20:31vous exprimer ma reconnaissance.
01:20:33Je n'aurai plus à chercher longtemps, je pense.
01:20:38Qui voulez-vous dire ?
01:20:39Mon âge a fini par me rattraper.
01:20:42Vous vous portez à merveille.
01:20:44J'étais venue dans l'espoir que vous m'y pardonnerez.
01:20:50Je n'ai pas un remarqué d'offense.
01:20:52Je préférais vous entendre dire que je m'étais montrée en grade.
01:20:57Nous ne sommes pas assez parfaits pour être toujours affligés.
01:21:00Travaillez-vous en ce moment ?
01:21:05J'étudie notre langue française.
01:21:09Sujet inépuisable.
01:21:10Je m'étonne toujours de ce que tant de choses puissent loger dans si peu de mots.
01:21:19Regardez, il n'en faut que deux pour dire que le temps n'est pas à notre disposition.
01:21:27Et c'est des mots ?
01:21:29Trop tard.
01:21:38Au revoir, monsieur.
01:21:59Je ne chante plus, monsieur.
01:22:01Et pourtant, chaque fois que j'aimerais le faire, je pense à vous.
01:22:23Adieu, Isabelle.
01:22:27Hé !
01:22:29Rendrez.
01:22:44Il fut encore frais.
01:22:59Vous avez raison.
01:23:09Vous avez raison.
01:23:11Il y a l'inédient.
01:23:12Il y en a une plainte.
01:23:27Il y a l'injection.
01:23:29Nous après.
01:23:29Il y a l'inclin.
01:23:34I don't know.
01:24:04I don't know.
01:24:10Ah, vous vous remettrez.
01:24:11Vous êtes toujours remis de tout.
01:24:14C'est bien la preuve que la clémence divine est infinie.
01:24:19Tenez, l'autre jour, je visitais Mme Guimaud.
01:24:21Savez-vous qu'elle a passé les cent ans.
01:24:24Et comme dit-elle,
01:24:26M. l'abbé, je crois que la Providence, m'a oublié.
01:24:31Que peut-on répondre à cela ?
01:24:34Alors, c'était mieux qu'hier.
01:24:43J'ai autorisé l'abbé Chalon à le voir en le recommandant d'une pointe fatiguée.
01:24:46Mes respects, M. de Frontenelle.
01:25:03Que ressentez-vous ?
01:25:12Je ressens une... une difficulté d'être.
01:25:19Mais vous êtes mieux qu'hier, n'est-ce pas ?
01:25:22Je vous demande, comment cela va-t-il ?
01:25:26Comment cela va-t-il ?
01:25:32Cela ne va pas.
01:25:35Cela s'en va.
01:25:39Je me regrette.
01:25:41Je me regrette.
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