00:00Parce que quand on aime la politique et quand on est un intervenu politique, on adore intervenir Jean-Luc Mélenchon parce qu'il a une culture formidable, que c'est un animal politique,
00:09qui a aussi de son côté, c'est de la stratégie, il l'a théorisé, il a dit pour moi les médias c'est la première ou deuxième peau du système et donc quand on est dans une politique de conflictualité, on antagonise.
00:18On sent qu'avec vous en particulier il y a quelque chose quand même, il n'est pas comme ça dans toutes les internes.
00:22Non c'est vrai, il est venu quand même.
00:23Oui il est venu un mois avant et ça s'est très bien passé.
00:27Il est parti en hurlant dans le couloir, c'est vrai ?
00:29On n'y était pas, on était tous les deux, on continuait avec les auditeurs.
00:35Il est parti en hurlant dans le couloir.
00:36Vous y étiez vous ? C'était le matin, vous étiez sur France en fer ?
00:40Oui, Benjamin Biolet, vous venez de sortir de l'ascenseur.
00:42En fait j'ai sorti de l'ascenseur et j'ai entendu tonner la voix de Jean-Luc Mélenchon.
00:46Quelqu'un lui a dit à bientôt, il a dit non !
00:53Quand il n'est pas content, il n'est pas content, ça je vous le confirme.
00:57Ça a été raconté dans un article de presse que dans ce couloir, après avoir quitté votre studio, il vous a fait le reproche, Jean-Luc Mélenchon, c'est ce qu'il a raconté dans ce papier, d'être le fils d'eux.
01:06C'est-à-dire d'être, oui, le fils de la famille du Hamel parce que vous êtes issu d'une grande famille des médias.
01:12L'expression exacte qu'il aurait utilisée dans le papier, c'est « gosse de riche ».
01:15Oui, ce qui n'est pas mieux.
01:16Cette critique, est-ce que vous l'entendez ou est-ce que vous ne pouvez plus la supporter ?
01:22Bon, d'abord, sur Jean-Luc Mélenchon, il ne m'a jamais, pour le coup, autant certains parfois en plateau ont eu la tentation.
01:27Jean-Luc Mélenchon, je l'ai interviewé des dizaines de fois, il n'a jamais fait la moindre référence à ma famille dans des interviews.
01:31Donc ça, pour le coup, là-dessus, moi, je n'ai rien à lui reprocher.
01:33Ensuite, sur la critique, bon, il y a deux choses.
01:36Donc, je comprends que parfois, certains Français soient exaspérés de voir des du Hamel partout
01:46parce que c'est des gens qui peuvent avoir dans leur quotidien des difficultés,
01:48qui peuvent se dire qu'il y a vraiment des gens pour qui c'est facile et d'autres pour qui ça ne l'est pas.
01:52Aussi des gens qui, peut-être, veulent faire du journalisme et se disent « Ah, lui, vraiment, il a eu des portes qui ont été ouvertes ».
01:56Donc, que parfois, et puis dans un moment aussi où il y a une crise autour d'un ascenseur social qui ne fonctionne pas bien,
02:03je peux comprendre que certains, que ça suscite des crispations.
02:06Et moi, j'essaie de montrer au quotidien, avec Nicolas, avec Sonia, que je fais mon boulot.
02:10Ça ne veut pas dire que je fais tout bien, mais j'essaie de le montrer.
02:12Là où ça m'agace, c'est quand ça vient, et vous parliez tout à l'heure, vous citiez, Léa,
02:17parfois des réactions que j'ai pu avoir au début de ma carrière, quand ça vient de gens de la profession,
02:20qui, là, savent très bien comment ça fonctionne, qui savent très bien qu'à un moment donné, bien sûr, qu'on peut être aidé.
02:24Est-ce que ça m'a aidé d'être le fils, le neveu au tout début ?
02:28Je ne pars pas avec les mêmes chances dans la vie que si mes parents faisaient un autre métier, et que si, voilà, évidemment.
02:33Mais maintenant, ça fait quasiment dix ans que je fais ce boulot.
02:35Et vous avez le sentiment, aujourd'hui, de devoir prouver plus que les autres ?
02:38Non, non, et puis surtout, je vais vous dire, Hugo, je trouverais ça d'une indécence absolument folle,
02:43d'aller ce soir dire, oh là là, qu'est-ce que c'est terrible d'avoir des parents.
02:46J'ai eu une chance dingue, j'ai parlé politique de la Ve République depuis que je suis tout petit.
02:51Qu'est-ce qu'il fait, là ? Attendez, excusez-moi. Guillaume, vous partez ?
02:53Non, non, je reste, mais c'est juste pour montrer à Jean-Luc Mélenchon, au revoir, c'est avec les cinq doigts, comme ça.
02:58Comme ça, au revoir.
02:59Au revoir.
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