- il y a 4 mois
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00:00Un agriculteur condamné pour avoir nourri ses vaches trop tôt et déjà en porter plainte pour une nuisance sonore.
00:05Non mais cette histoire est absolument incroyable et je pense aux auditeurs qui sont peut-être sur la route.
00:09On leur souhaite d'ailleurs de bonnes vacances de la Toussaint.
00:11Ils sont tranquillement en train de nous écouter.
00:14Écoutez attentivement, gardez quand même les mains sur le volant et ne tombez pas de votre siège.
00:20Faible avec les forts, fort avec les faibles quand on dit que ce pays marche sur la tête.
00:25Un agriculteur de la Somme est poursuivi en justice pour avoir nourri ses vaches trop tôt le matin.
00:33Une amende pour tapage nocturne de 68 euros, mais il est dans l'attente puisqu'il y a eu une procédure, d'un nouveau jugement.
00:41Cela fait suite à une plainte déposée par une voisine il y a un an.
00:45Cette dernière lui reproche d'avoir trois jours durant nourri ses vaches avant l'aube, ce qui l'aurait réveillé.
00:52Alors à la barre, et c'est nos confrères d'ici Picardie et de 20 minutes qui relaisent cette information,
00:58l'agriculteur a également expliqué que sa voisine était de la région parisienne.
01:02Et il dit, je cite, elle pense qu'il n'y a pas de bruit à la campagne, mais la campagne ce n'est pas le paradis sans bruit, a-t-il lâché lors de l'audience.
01:10Il a été soutenu par la FDSEA.
01:13Et la FDSEA explique que le prévenu, vous imaginez, on parle d'un agriculteur,
01:18le prévenu avait, je cite, prévu une journée assez conséquente pour réaliser ses chantiers de récolte de pommes de terre et de betterave,
01:25ce qui l'a obligé à nourrir ses bêtes avant de l'entamer.
01:29Il a été interrogé par nos amis de la matinale de CNews avec Anthony Favalli,
01:33Olivier Berthe, l'agriculteur qui est désormais prévenu parce qu'il nourrit ses vaches trop tôt.
01:38Écoutez.
01:39C'est trois jours, je suis accusé pendant trois jours d'avoir nourri mes bêtes trop tôt le matin.
01:44D'habitude, j'ai deux sites, en fait, j'ai deux exploitations, deux bâtiments avec des bêtes.
01:49Et d'habitude, je fais 5, 6 heures du matin chez moi.
01:55Et puis, je viens après à l'autre exploitation, vers 8 heures, 8 heures et demie.
01:58Et puis, comme on fait travailler les entreprises, l'entrepreneur nous dit,
02:067 heures demain à la pièce, donc on ne refuge jamais le travail.
02:09Et puis, lui, il faut qu'il se l'organise chaque journée.
02:12Donc, 7 heures, j'ai donné à manger à mes bêtes entre 6 heures et 7 heures.
02:18Et ça l'a dérangé.
02:21Elle est allée à la gendarmerie, portée plainte.
02:22Et la plainte a monté directement en justice, quoi.
02:28Alors, je précise que j'ai peut-être lié deux histoires,
02:32parce que ça arrive régulièrement à l'histoire de l'amende des 68 euros.
02:34C'est une autre histoire, puisque Olivier Berthe encoure une amende de 450 euros
02:40après la plainte d'une voisine qui ne supportait plus le bruit des tracteurs à l'aube.
02:46Histoire absolument ahurissante.
02:49Patrick Legras est avec nous.
02:50Patrick Legras, vous êtes porte-parole de la coordination rurale.
02:55Merci d'être avec nous, agriculteur.
02:57Fier de son agriculture, fier de ses terroirs.
03:01Mais il va falloir faire attention, ne nourrissez pas trop tôt les vaches,
03:05sinon vous pouvez être derrière, non pas les barreaux, mais sanctionné lourdement.
03:10Ça dit quoi de la société, Patrick Legras ?
03:12Aujourd'hui, comme on a toujours dit, et c'est pour ça qu'on se voit la coordination rurale,
03:17c'est qu'on est normé, super normé, ratanormé,
03:21pour emmerder, parce qu'il n'y a pas d'autre terme, celui qui bosse.
03:25Par contre, non seulement on bosse, mais on n'arrive même pas à vivre de notre travail.
03:29Ça dérange qui ? Ça ne dérange que des gens, et comme on dit toujours, des bobos parisiens,
03:33ou des gens qui viennent à la campagne pour acheter une propriété qui est moins chère qu'à Paris,
03:38mais ils veulent en avoir les avantages sans en avoir les inconvénients.
03:41Et ça, ça montre bien que, en plus, alors ça c'est une constatation,
03:47mais en plus, quand vous voyez que la loi donne raison contre les agriculteurs,
03:52donc contre ceux qui bossent, qui sont dans le cru,
03:55parce que les vaches, c'est les faire à Paris, c'est compliqué,
03:57qui sont du cru, et que la loi donne raison à ces gens qui se plaignent
04:02parce qu'ils ont été dérangés à 6h du matin,
04:05bon ben c'est tout, là on est tous pareil, on est tous dans les champs,
04:07et la semaine prochaine, il va pleuvoir, mais ce qu'on va lui faire à cette dame suivant le problème,
04:12et ben on va aller la voir, et on va foutre le bordel,
04:14parce que ça on sait faire, le 7h du matin, à 10h du soir,
04:17puisque c'est la norme, on va faire ça 2 jours ou 3 jours,
04:20et bien elle va comprendre.
04:23On est dans un système aujourd'hui, on ne fait que t'emmerder celui qui bosse.
04:27C'est extraordinaire, mais vous avez été...
04:28Non mais attendez, alors je ne vous incite pas à aller emmerder cette voisine,
04:32bien au contraire, moi je suis pour, évidemment, des relations saines et conflues.
04:38Vous avez bien fait, Patrick Legras, de préciser, quand vous avez parlé des Parisiens,
04:42bobos parisiens, parce que ce n'est pas tous les Parisiens qui sont comme ça,
04:46mais c'est très intéressant de voir, et c'est notamment ce qui s'est passé depuis le Covid,
04:50vous avez des gens qui ont découvert la campagne,
04:54qui ont découvert les terres françaises,
04:56qui se sont dit, ça pourrait être plutôt sympa d'y vivre,
04:58en revanche, quand le coq fait trop de bruit,
05:00quand vous, agriculteurs, vous travaillez trop tôt,
05:03ça commence à leur poser un problème.
05:04Moi, ce que je trouve fascinant, c'est que la justice s'intéresse à ce dossier.
05:08Ils n'ont pas autre chose à faire, les juges,
05:10que d'aller juger un conflit de voisinage comme celui-ci,
05:15mais ce n'est même pas un conflit d'ailleurs, il faudrait dire,
05:17mais attendez madame, vous avez des agriculteurs qui travaillent,
05:20tant mieux, allez l'aider plutôt que de...
05:22Réveillez-vous à 6h ou 5h du matin pour aider cet agriculteur, Patrick.
05:28Non, mais il n'y a pas d'insulte, il n'y a pas de...
05:31Ce n'est pas volontaire, ce n'est pas répétitif,
05:34c'est vraiment 2 ou 3 jours,
05:35voilà, mais non, mais on a aujourd'hui une administration
05:38qui est sensible à l'ensemble des gens qui ne font pas grand-chose
05:42ou qui n'ont rien d'autre à foutre, c'est ça le drame.
05:44Et par contre, depuis 2 ans en agriculture,
05:45on demande de regarder les problèmes que l'on a,
05:48là par contre, ça passe toujours plus tard,
05:50c'est-à-dire qu'ils n'en ont rien à foutre,
05:51donc on a bien une volonté politique
05:53de ne s'occuper que des conneries, des bêtises,
05:58au lieu de s'occuper des vrais problèmes des Français qui bossent.
06:00Je répète, les vrais problèmes des Français qui bossent.
06:03Et puis il y a une autre chose,
06:04c'est vraiment que moi quand je pense à cette affaire-là,
06:07on pourrait se dire que c'est anecdotique,
06:09mais au contraire, ça dit tant de notre société.
06:11J'ai le souvenir d'il y a 2 ans d'un ministre,
06:15Premier ministre, qui sur une botte de foin
06:17nous disait la préférence agriculturelle.
06:19Mon oeil, aujourd'hui l'agriculteur,
06:21il pose plus de problèmes,
06:24et on va penser Mercosur,
06:26plutôt que se dire comment on va faire
06:27pour aider notre agriculture française,
06:29comment on va faire pour avoir plus d'agriculteurs
06:31qu'on en a perdu sur ces 20 ou 30 dernières années.
06:35En fait, Patrick Legras,
06:37vous êtes, je rappelle, porte-parole de la coordination Graal,
06:39c'est l'un des principaux syndicats d'agriculteurs.
06:43Vous êtes un problème, Patrick Legras.
06:44Voilà, vous êtes un problème.
06:45C'est-à-dire, avant d'avoir plus d'agriculteurs,
06:49il faudrait déjà arrêter l'hémorragie,
06:51parce qu'il n'arrive plus à revenir.
06:53Et vous devez bien vous douter que si la personne
06:54se lève à 5h ou 6h du matin pour faire du travail
06:56parce qu'entrepreneur vient,
06:58ce n'est pas pour emmerder le voisin,
06:59c'est bien pour essayer de faire son travail.
07:01Donc autant des voisins qui foutent le bim,
07:04parce qu'il n'y a pas d'autres mots en faisant la fête,
07:06voilà, à la rigueur, ça peut être compréhensible.
07:08Mais là, elle dit en plus, c'est pour le travail.
07:11Donc c'est ça qu'on ne comprend pas.
07:12Et il ne devrait même pas y avoir de suite.
07:15Au niveau de la marée chaussée,
07:16de la gendarmerie, il ne devrait même pas y avoir de suite.
07:19C'est parce qu'il y a des ordres qui viennent de plus haut.
07:21Parce que l'agriculteur est un élément pollueur,
07:24c'est un élément négatif de la société,
07:26de tous ces bobos parisiens.
07:28C'est le seul problème.
07:29Et c'est général.
07:30C'est général.
07:31Regardez ce qui se passe autour de nous.
07:33Aujourd'hui, vous salissez une route,
07:34vous faites un chantier,
07:36gendarmerie, prune, comme vous dites,
07:37c'est 40 ou 135 euros.
07:39Là, vous savez, il a fait 7.
07:40Mais on est gênant.
07:42Et ceux qui gênent, c'est ceux qui travaillent.
07:43C'est ça dans la société, dans la telle envie.
07:45Vu que vous êtes avec nous, Patrick Legras,
07:47on a commencé par la crise politique
07:50qu'on est en train de vivre.
07:52Les Français qui sont affligés,
07:55qui ont honte, qui sont désespérés.
07:58L'agriculteur que vous êtes,
07:59le porte-parole de la coordination rurale.
08:01On a vu, par exemple, une ministre, Annie Gennevar,
08:04oublier son parti,
08:05rester ministre de l'agriculture.
08:07Peut-être qu'elle-même,
08:08je n'ai pas pu échanger avec elle,
08:09j'imagine que ce n'est pas pour le plaisir d'être ministre,
08:14mais qu'elle se dit, aujourd'hui,
08:15c'est un défi existentiel.
08:17Il faut un peu de stabilité au ministère de l'agriculture.
08:21Je sais qu'Alexandre Devecchio n'est pas du tout de cette avis.
08:23C'est la radio, on ne voit pas la tête.
08:24Moi, je me pose la question, je me pose la question.
08:27Patrick Legras, vous...
08:29Annie Gennevar, qui était très connu pour ses compétences en matière d'agriculture.
08:32Écoutez, vous pouvez avoir des ministres qui, ensuite, sont plébiscités.
08:35Madame la ministre, vous avez confiance en Madame Gennevar, Patrick Legras, ou pas ?
08:40Madame la ministre a eu des échanges avec le secret de l'art général,
08:45pas plus tard qu'hier, pour les problèmes de dermatose.
08:49Moi, je ne vais pas juger de la compétence, de la confiance,
08:51puisque c'est des gens qui passent et qui rapassent
08:54ou qui prépassent très rapidement, surtout en ce moment.
08:56Mais aujourd'hui, ce que l'on souhaite,
08:59c'est régler les problèmes financiers des agriculteurs.
09:03Alors, Madame la ministre, aujourd'hui, c'est elle.
09:05Demain, ça sera peut-être quelqu'un d'autre.
09:07Je vous dis, la coordination rurale, c'est un syndicat apolitique.
09:10On juge sur pièce.
09:11Aujourd'hui, sur la dermatose, l'abattage total, on est contre.
09:14Au niveau de la coordination rurale.
09:16Et sur le reste, elle est bien gentille, Madame la ministre,
09:19mais sur tout ce qui a été défendu depuis deux ans par les agriculteurs,
09:22rien n'a avancé.
09:23Donc aujourd'hui, je pense que Madame la ministre de l'Agriculture,
09:26elle est comme les autres.
09:27Elle rame, elle rame beaucoup pour à la fois rester
09:30ou garder son statut ou essayer de faire quelque chose.
09:33Mais elle ne répond pas à l'urgence agricole
09:36qui est aujourd'hui au bord, non seulement du gouffre,
09:39mais de la révolte.
09:40Et je vous le dis, c'est dramatique.
09:41Mais on est dans le dur.
09:44Et c'est ce qui va se passer parce que la manière douce
09:47ou la manière d'explication ne passant pas,
09:50je pense qu'on va passer sur une manière beaucoup plus tragique,
09:52aussi bien pour les politiques que pour les agriculteurs.
09:54Et ce n'est pas faute de l'avoir répété ces dernières années,
09:57Patrick Legras.
09:59Toute dernière question, vous avez parlé des problèmes financiers
10:01des agriculteurs.
10:03Un agriculteur français, aujourd'hui, il gagne combien en moyenne ?
10:06Aujourd'hui, plus de la moitié des agriculteurs ne touche pas le SMIC.
10:11Et sur la moitié qui reste, il y en a à peu près 30%
10:14qui sont en très, très grosse difficulté financière.
10:18Donc, je ne vais pas vous dire, aujourd'hui,
10:20il y a comme beaucoup de grandes disparités.
10:22Mais aujourd'hui, tout le monde est au courant
10:24que la majorité des agriculteurs n'arrivent plus à nourrir leur famille.
10:27Non, mais vous imaginez, la moitié des agriculteurs...
10:30C'est parce que la femme travaille à l'extérieur,
10:32c'est parce qu'il y a d'autres revenus que l'agriculture,
10:35mais l'agriculteur, plus de la moitié des agriculteurs,
10:37n'arrive plus à subvenir à leur besoin de leur famille.
10:40Quand on sait que, je crois que c'est tous les deux jours,
10:42un agriculteur se suicide, Patrick Legras.
10:46Merci beaucoup, monsieur le porte-parole de la coordination rurale,
10:50vous qui défendez nos terres.
10:51Ça fait du bien de parler un peu d'agriculteurs et d'agricultrices,
10:54puisqu'on est en direct avec Leslie.
10:56Bonjour, Leslie.
10:58Bonjour.
10:59Ça me fait plaisir d'avoir une agricultrice,
11:01parce qu'on entend beaucoup d'agriculteurs.
11:03Je suis en ce moment dans mon tracteur.
11:04Comment ?
11:05Je suis en ce moment dans mon tracteur.
11:06Ce n'est pas vrai.
11:08Vous êtes dans quelle région ?
11:11Grand Est, la Haute-Marne.
11:13Et vous êtes dans votre tracteur depuis combien de temps ?
11:17Depuis ce matin, 7h30.
11:20Et vous allez terminer votre journée à quelle heure ?
11:24Hier soir, il était 9h, 9h30.
11:269h30.
11:28Vous imaginez, donc, vous faites quoi ?
11:2960-70 heures par semaine, quasiment ?
11:32Ça, je...
11:33Vous comptez même plus.
11:35Vous me permettez que je vous demande,
11:37parce qu'on parlait justement des problèmes financiers des agriculteurs,
11:39vous me permettez que je vous demande quel est votre revenu aujourd'hui ?
11:43On est donc avec mon mari, on est tous les deux agriculteurs.
11:48Sur l'exploitation agricole, je me dégage moins qu'un SMIC.
11:53Comment ? Je n'ai pas entendu.
11:54Moins qu'un SMIC.
11:54Moins qu'un SMIC, Leslie.
11:56Vous êtes agricultrice depuis combien de temps ?
11:58Depuis plusieurs générations.
12:01C'est formidable.
12:03Vous restez avec nous, Charlie Sly, parce qu'on va en parler justement,
12:06après la pause sur Europe 1.
12:07Et vous allez me dire ce que vous en pensez de cette plainte pour nuisance sonore,
12:12parce que vous avez une voisine d'un agriculteur.
12:16Cet agriculteur a eu le malheur pendant trois jours
12:18de donner à manger à ses vaches un tout petit peu trop tôt.
12:23Boum ! La justice.
12:25Et la justice ne dit pas,
12:26bon écoutez, occupez-vous de vos affaires, aidez-le,
12:27plutôt que de l'emmerder.
12:29Pardonnez-moi, mais le président de la République avait dit
12:31qu'on va emmerder les non-vaccinés.
12:33Donc maintenant, j'ai le droit de lui dire emmerder.
12:35L'ARCOM ne va rien me dire.
12:36Vous êtes d'accord, Georges Renech ?
12:37Georges Pompidou disait arrêtez d'emmerder.
12:39Voilà, donc on a le droit d'employer emmerder.
12:42Vous êtes Pompidouli.
12:43On est en direct, bien sûr, chaque week-end.
12:46Et on a besoin de vous entendre, bien sûr,
12:47au 01-80-20-39-21.
12:50Vous savez qu'un agriculteur de la Somme
12:52est poursuivi en justice pour avoir nourri,
12:54écoutez bien ses vaches, trop tôt le matin.
12:57Il y a une voisine qui n'est pas contente.
12:58Ça fait du bruit, c'est trop tôt,
13:00donc elle porte plainte.
13:01Et il a déjà eu une première amende,
13:03il risque une seconde amende,
13:04si la décision de justice est validée.
13:06450 euros quand on sait qu'on a des agriculteurs aujourd'hui
13:09qui travaillent peut-être 60, 70 heures par semaine
13:12et qui gagnent moins du SMIC.
13:14Leslie est en direct avec nous depuis la Haute-Marne,
13:17depuis son tracteur,
13:18puisqu'elle nous disait avant la pause
13:20que depuis plusieurs générations,
13:21elle est agricultrice avec son mari
13:24et qu'elle se dégage moins d'un SMIC aujourd'hui.
13:28Cher Leslie,
13:29qu'est-ce que vous en pensez de ce qui se passe
13:31pour cet agriculteur de la Somme ?
13:33Je le trouve vraiment scandaleux
13:36et ça me rappelle l'histoire
13:37qu'on avait fait abattre un coq dans le village
13:40parce qu'il se chantait.
13:41Mais il me semble que,
13:43vous allez me contredire si je me trompe,
13:46mais les bruits,
13:49les odeurs de nos campagnes,
13:51il me semble que c'était quand même ancré maintenant
13:53dans notre patrimoine.
13:55Mais je ne vais pas vous dire,
13:58je ne vais pas vous contredire,
13:59cher Leslie,
14:00évidemment que c'est culturel,
14:03le bruit, les odeurs...
14:05Il est possible que ça a été en plus inscrit
14:06au patrimoine de l'UNESCO
14:08ou quelque chose comme ça.
14:08Les bruits, les odeurs ?
14:09Je ne sais plus exactement,
14:11mais je pense qu'elle fait référence
14:12à quelque chose comme ça,
14:15je suppose, Leslie, non ?
14:16Oui, c'est ça, c'est ça.
14:18Et je ne comprends pas
14:19qu'on puisse encore embêter des agriculteurs
14:21après tout ce qui se passe.
14:24Je veux dire, là,
14:24on louvait, par exemple,
14:26le nouveau ministre de l'écologie,
14:28de la transition écologique,
14:30c'est des personnes
14:31qui sont contre les agriculteurs.
14:32C'était une militante.
14:33C'est sûr que la nouvelle ministre
14:35est plus proche de Sandrine Rousseau
14:37que de vous, Leslie,
14:38ça c'est sûr, idéologiquement.
14:39C'est ça,
14:40et je sais que Sandrine Rousseau
14:42adore les agriculteurs.
14:45Alors, les bruits et les odeurs
14:47des campagnes sont-ils inscrits
14:48au patrimoine ?
14:49J'ai demandé à Tchad Tchépété.
14:51Oui, en partie.
14:52Depuis la loi du 29 janvier 2021,
14:56dite loi sur le patrimoine sensoriel
14:57des campagnes françaises,
14:59les sons et les odeurs
15:00caractéristiques des milieux ruraux,
15:02le chant du coq,
15:03le bruit du tracteur,
15:04l'odeur du fumier,
15:06font partie du patrimoine commun
15:08de la nation.
15:09C'est intéressant parce que c'est passionnant,
15:11Leslie.
15:11Donc, l'avocat développe cet argument.
15:13Évidemment.
15:14Mais c'est intéressant
15:15parce que les juges adorent
15:17aller chercher des textes extérieurs
15:19pour appliquer la loi
15:20comme ils le veulent,
15:21mais là, apparemment,
15:22ça ne leur a pas...
15:23Le texte ne leur a pas suffi
15:25pour annuler une procédure
15:26qui est parrainie absurde.
15:28Non, mais là,
15:28soyons sérieux,
15:29la procédure est absurde.
15:30Le juge aurait dû dire
15:31à cette dame
15:32de déménager
15:34si elle n'est pas contente.
15:36Parce qu'elle aura d'autres bruits
15:37si elle revient en région parisienne.
15:39Elle n'aura pas les tracteurs,
15:40elle aura les produits urbains.
15:41Il y aura d'autres bruits,
15:42la sécurité,
15:43beaucoup de choses
15:43dont devraient s'occuper les juges.
15:45Depuis la loi de 2021,
15:46ces symboles ruraux
15:47font partie de notre identité commune.
15:50C'est passionnant de savoir ça.
15:52Mais oui, c'est un argument
15:52de masse et de masseuse
15:53pour obtenir la relax
15:55de ce gentil agriculteur.
15:57Maintenant, ça dit des choses
15:58parce que si on est obligé
15:59d'inscrire notre identité
16:00dans la loi,
16:01c'est qu'on est déjà
16:02en train de la perdre.
16:03En vérité,
16:04tout ça relève du bon sens
16:05quand on va à la campagne,
16:06effectivement,
16:07le coq chante,
16:09les paysans se lèvent tôt,
16:11le tracteur passe.
16:12Les grenouilles passent.
16:13Donc, on est dans une perte
16:16totale d'identité,
16:17de culture.
16:18C'est ça dont ça témoigne
16:19et c'est ça qui est grave.
16:20Leslie, revenons à votre activité.
16:22Qu'est-ce que c'est ?
16:23Vous dites que vous êtes agricultrice,
16:25vous travaillez votre terre.
16:27Je suis céréalière.
16:29Céréalière.
16:30C'est-à-dire que je n'ai pas d'animaux,
16:31je fais que des céréales.
16:32J'entends.
16:33Et aujourd'hui,
16:36quelles sont vos contraintes ?
16:38On parle beaucoup,
16:39par exemple,
16:39du Mercosur.
16:40Est-ce que,
16:41par exemple,
16:41pour le Mercosur,
16:42c'est-à-dire cet accord
16:44de libre-échange
16:44entre les pays
16:45d'Amérique centrale,
16:47d'Amérique latine
16:47et la France,
16:49est-ce que c'est de nature
16:50à mettre en difficulté
16:52votre activité,
16:53chère Leslie ?
16:54Pas que moi,
16:56c'est en céréalière,
16:57mais aussi tous ceux
16:58qui produisent de la viande.
16:59Je trouve ça scandaleux.
17:01Ah oui,
17:02parce que c'est effectivement
17:03une difficulté.
17:05Et vous avez des enfants,
17:07Leslie ?
17:08Oui,
17:08j'en ai trois.
17:09Et ils souhaitent
17:10reprendre votre activité ensuite ?
17:15Vous avez tenté
17:16de transmettre
17:16cet amour de l'agriculture,
17:18cet amour des terres ?
17:19Ah bah oui,
17:20j'en ai un sûr,
17:21mais bon,
17:21je suis encore jeune
17:22pour partir en secrète.
17:23Non, je ne dis pas ça,
17:24je ne demande pas
17:24de partir en retraite,
17:25je voudrais savoir,
17:26comme vous...
17:27J'ai bien compris
17:27qu'il y avait des contraintes
17:29XXL aujourd'hui
17:30quand on est agriculteur
17:31et agricultrice,
17:33et que peut-être
17:33vous avez dit à vos enfants
17:34bah non,
17:35ne fais pas ce que je fais
17:36parce que c'est difficile,
17:39on travaille beaucoup,
17:39on gagne peu.
17:41Ils le savent,
17:42ils le savent,
17:43après on ne les pousse pas,
17:44non plus,
17:44on ne veut pas les pousser
17:45à être agriculteur.
17:47J'en ai un qui m'a dit
17:48clairement que jamais de la vie
17:50il faudrait être agriculteur.
17:51Ah, il vous l'a dit clairement.
17:54Oui,
17:54ah oui,
17:55mais l'autre par contre
17:57il veut faire ça,
17:59il m'a dit
17:59l'année prochaine
17:59je rentre au lycée agricole,
18:01voilà.
18:02Ah,
18:02quand même.
18:04Bon bah écoutez,
18:04c'est déjà quelque chose
18:06de positif.
18:07Georges Fenech,
18:08on ne peut que remercier
18:09Leslie d'avoir réagi
18:10et je le dis aux auditeurs
18:11qui nous rejoignent
18:12à 11h51,
18:13Leslie,
18:13elle nous appelle
18:14depuis son tracteur
18:15et elle a commencé
18:16à travailler
18:17à 7h,
18:187h du matin,
18:19c'est ça que vous m'avez dit.
18:20Bah avec mon mari,
18:21pareil,
18:22là il est dans mon champ,
18:22il vient le même champ que moi,
18:24moi je fais,
18:26je laboure le champ
18:27et lui s'aime
18:27juste après.
18:29Et qui a donné
18:30l'amour de l'agriculture
18:31à l'autre ?
18:32Est-ce que vous vous êtes
18:32rencontrée finalement
18:34sur un champ
18:34ou il y en a un des deux
18:35qui faisait une autre activité
18:36et boum,
18:37il a décidé
18:38de se lancer
18:38dans l'agriculture ?
18:39Non,
18:39en fait,
18:41moi je suis fille
18:42d'agriculteur
18:42et puis mon mari
18:43il a toujours été passionné
18:45aussi depuis son adolescence
18:46par l'agriculture
18:47et on était agriculteur
18:49avant de se rencontrer.
18:51C'est intéressant.
18:52Bah écoutez,
18:53c'est des belles histoires
18:53aussi qu'on peut découvrir
18:54sur Europe 1
18:56de 11h à 13h.
18:57C'était le bonheur
18:58et dans le prêt.
18:59Bah oui,
18:59c'est le bonheur
19:00et l'amour
19:00et dans le prêt.
19:01Bah c'est des bonnes nouvelles aussi,
19:02c'est bien d'avoir
19:03vos témoignages
19:04et c'est agréable
19:05de pouvoir échanger
19:07avec vous
19:08chère Lissi.
19:09Pour moi,
19:09les vrais écologistes
19:10ce sont les agriculteurs.
19:12Comment vous avez dit quoi ?
19:13Les vrais écologistes
19:14ce sont les agriculteurs
19:15qui savent entretenir la nature,
19:17qui connaissent la nature,
19:18qui la respectent.
19:19Mais on va suivre
19:20le dossier attentivement
19:21parce que je suis très attentif.
19:22Je vais voir ce que va...
19:23S'il est condamné
19:25à 450 euros d'amende
19:26par la justice
19:27parce qu'il a fait travailler
19:29trois jours durant,
19:30il a donné à manger
19:32trois jours durant
19:33à ses vaches
19:34un peu trop tôt
19:35et donc ça a fait du bruit
19:36et ça a dérangé la voisine.
19:38Excusez-moi,
19:38c'est juste pathétique.
19:40Je ne veux même pas vous dire
19:40que ce n'est pas incondable.
19:42C'est juste absurde.
19:43C'est glauchemer là.
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