00:00Il avait ému la France et décroché le César du meilleur premier film avec Petit Paysan, c'était il y a 8 ans.
00:06Hubert Charuel revient avec sa co-scénariste Claude Lepa pour Météor, présenté à un certain regard au Festival de Cannes.
00:13Retour à la diagonale du vide, mais cette fois il est question d'amitié, de poubelles nucléaires et de rêves lointains.
00:20Paul Kircher qui joue un ado désœuvré dans le Grand Est. Est-ce que c'est leurs enfants après eux deux, Maroussia ?
00:27Ça pourrait, en tout cas ce que ça raconte, surtout c'est un appétit du cinéma français pour filmer la région, la province.
00:35Il y a eu aussi récemment Connemara, aussi une adaptation de Nicolas Mathieu, il y a eu Vindieu, il y a eu...
00:41Alors ça a commencé même il y a 10 ans, c'était la famille Bélier, alors tout ça ce sont des registres différents.
00:46Mais en tout cas on va comme ça filmer les zones qu'on voit un petit peu moins en France, un peu isolées, etc.
00:53Donc ça rentre complètement dans cette veine en effet, et c'est vraiment une histoire d'amitié, je dirais, fusionnelle, sur un trio.
01:00Trois jeunes hommes qui veulent s'émanciper, chacun de manière assez différente, c'est-à-dire l'un par le travail, l'autre plutôt par des débits, un autre par le miracle, tout simplement.
01:11Et on va les suivre comme ça, et ce que fait Hubert Charuel, je crois, c'est qu'il essaye de poétiser en fait sa région.
01:17Je voudrais vous montrer un extrait, je vous propose des images, on voit comme ça une espèce d'attraction qu'il donne à son film.
01:26On est dans un bowling, ça c'est le lieu vraiment clé de ces films-là, le lieu de détente.
01:32Et vous voyez que la caméra prend l'élan en fait de la boule de bowling pour relier, pour réunir comme ça les trois amis.
01:39Et puis il y en a un, Idir Azougli, qui est un acteur incroyable d'ailleurs, qui vient tout d'un coup être un petit peu isolé,
01:48parce que lui va prendre un chemin un petit peu différent, voilà, de cette boule.
01:52Donc tout ça est raconté dans cette mise en scène, vous voyez, bleuté, tous les plans sont comme ça recouverts d'une espèce de filtre,
02:00un goût comme ça pour les paysages nocturnes, isolés.
02:05Est-ce qu'il y a même une note un peu fantastique dans le film ?
02:08Ah oui, bien sûr, il y a deux ou trois plans où on se demande si le film ne va pas basculer dans le fantastique,
02:14comme il y a des moments où on se demande s'il ne va pas basculer dans le film dossier, dénonciation, du nucléaire, de l'industrialisation.
02:23Parce que bon, il faut dire qu'ils vont travailler du coup dans une sorte de déchets.
02:26C'est ce que tu disais dans l'ordre, la poubelle nucléaire, et il s'agit de traiter des trucs radioactifs et tout ça,
02:33de descendre à 500 mètres en profondeur, et il y a comme ça quelques plans.
02:37Mais ce qui est intéressant, c'est de prendre le film du point de vue de la mise en scène.
02:40C'est-à-dire que le film essaye énormément.
02:42Alors c'est le contraire de Marche ou Crève.
02:44Je veux dire, Charuel, c'est quelqu'un qui a le cinéma dans la peau et qui, à chaque séquence, essaye des choses différentes.
02:51Alors le problème, c'est que je trouve que le film manque d'unité.
02:54Il y a trois films en un.
02:57Et en effet, même dans ses références, tu parlais, Philippe, de moments fantastiques.
03:03Il y a un moment, justement, dans cette centrale de déchets qui m'a rappelé Gagarine.
03:07Oui, complètement.
03:07Genre, complètement, on a l'impression d'entrer dans un univers complètement autre.
03:11Mais en fait, le film s'ouvre sur, et je trouve que c'est l'un des meilleurs extraits du film,
03:15ce qui s'ouvre sur une espèce de, presque de road trip amicale, de deux paumés sympathiques, un peu flamboyants,
03:23et en même temps très attachants, j'ai vraiment l'impression qu'on va être sur un espèce de quasiment film Cohen à la française.
03:28Puis finalement...
03:28Et ça, ça marche, oui.
03:29Moi, je trouve que le début est formidable.
03:31Genre, vraiment, j'étais complètement envoûtée.
03:33Le début, il y a plein de potentialités qui sont excitantes.
03:35La bande de potes désespérées, les qui décollent, je crois.
03:38Il y a l'envie, bien sûr, il fait une poésie.
03:40Il rêve de partir à La Réunion pour ouvrir un chenille.
03:43Il y en a un qui vole un chat pour le vendre.
03:44Il y a un côté un peu flamboyant, comme tu dis.
03:47Et en fait, très vite, moi, le film me pose un peu un problème moral,
03:49où le scénario vient remettre cette jeunesse sur les rails en les obligeant à trouver un travail,
03:54à arrêter la drogue et l'alcool.
03:56Et en fait, il y a une manière comme ça d'évacuer de l'histoire les personnages qui ne sont pas méritants.
04:03En fait, il y a le personnage de Paul Kircher qui, lui, est volontaire dans cette démarche.
04:06Et les autres qui n'existent que de manière périphérique, voire très, très périphérique.
04:10Tout un tas de figurants qui sont un peu comme ça des espèces de losers de la campagne
04:14à qui on n'accorde ni le droit à un nom de personnage, ni vraiment à des scènes.
04:17– Pourquoi c'est les plus beaux personnages ?
04:20– Oui, mais ils sont très évacués du film.
04:21– C'est un peu lointain.
04:22Moi, ça m'amuse, ils volent un chat au lieu de « Save the cat ».
04:25Ce grand chat.
04:27– Le film se perd un peu, du coup, parce que le début est très fort.
04:31Et le film se perd un peu, parce qu'il y a trop de thèmes, il y a trop d'envie.
04:35Et je veux dire, c'est 8 ans après « Petit Paysan », il faut quand même le dire.
04:37« Petit Paysan » était un film extrêmement bien tenu,
04:40même s'il avait des moments de surréalisme, de fantastique et tout ça.
04:44Il y avait une ligne très forte.
04:45Là, c'est le deuxième film, il essaye de faire autre chose.
04:48– Sous-titrage ST' 501
Commentaires