00:00Monsieur le Premier Ministre, bonjour.
00:02Et monsieur le Premier Ministre, au revoir.
00:06Comme vous le savez, on oppose souvent bonjour et au revoir,
00:09alors que dans la langue française, dire bonjour,
00:11quand on quitte une personne n'est pas incorrecte, tu pars déjà.
00:14Alors bonjour et à bientôt, écrivait Jules Verne.
00:18Alors bonjour monsieur le Premier Ministre,
00:20et nous l'espérons dès demain, au revoir monsieur le Premier Ministre.
00:24En montant à cette tribune, c'est l'Himalaya,
00:27d'un pays que vous avez endetté, au-delà de tout, que vous gravissez.
00:33C'est la terrasse depuis laquelle vous regardez votre œuvre collective,
00:37celle de l'inaction, celle de l'absence de courage politique,
00:41celle de la soumission à l'Union Européenne,
00:44celle de l'aveuglement idéologique.
00:47A n'en pas douter, lorsqu'on vient de vous entendre,
00:50le plus dur quand il faut finir, est de commencer.
00:52Missionné pour bricoler un budget se basant sur le plan de votre prédécesseur François Bayrou,
01:00vous allez en réalité éteindre la lumière du macronisme.
01:04Monsieur le Premier Ministre, vous nous aviez promis la rupture,
01:07tant sur la forme que sur le fond,
01:09et nous aurons la continuité, et sur la forme, et sur le fond, et sans rien résoudre.
01:15Même conseiller ministériel, même premier déplacement,
01:19même pratique, même politique, même ministre.
01:23La France s'interroge d'ailleurs sur l'idée lumineuse du retour de Bruno Le Maire
01:27la semaine dernière au gouvernement, l'homme de la ruine, réfugié en Suisse,
01:31qui aura à la seule évocation de son nom,
01:33plongé le pays dans une crise toujours plus profonde.
01:36Une crise politique qui permit à feu Bruno Retailleau
01:40de s'offusquer de l'idée de siéger à côté de Bruno Le Maire,
01:45pourtant issu du même parti politique que lui,
01:47alors qu'il roucoulait depuis de longs mois entre Manuel Valls et Elisabeth Borne.
01:53Sur la rupture gouvernementale, on repassera.
01:59Entre ministres épuisés, recyclés, débauchés,
02:03qui trouvent sur ce radeau de la méduse l'espoir d'exister encore un peu,
02:07et technoternes à la déconnexion arrogante du pays réel,
02:12ce gouvernement ressemble à celui de l'an 1 du macronisme,
02:15et comme dans l'évangile, les premiers seront les derniers.
Commentaires