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  • il y a 10 mois
Elle a d'abord été une figure incontournable de la génération climat, avant de devenir députée d'un territoire rural dans la Drôme. Pour Marie Pochon, l'écologie ne doit pas parler qu'aux bobos des villes. Elle doit aussi convaincre la France des campagnes.

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Transcription
00:00Elle a d'abord été une figure incontournable de la génération climat
00:04avant de devenir députée écologiste d'un territoire rural dans la Drôme.
00:08Pour elle, l'écologie ne doit pas parler qu'aux bobos des villes,
00:11elle doit aussi convaincre la France des campagnes.
00:27Bonjour Marie Pochon.
00:28Bonjour.
00:29Alors, il n'y a pas que l'engagement politique pour changer la vie des gens.
00:32Vous, au début, vous avez choisi une autre voie.
00:34On va voir cela en images.
00:35C'était en 2018.
00:38Bonsoir.
00:39On a beaucoup réfléchi ces derniers temps.
00:41Et on va attaquer tout simplement l'État français en justice.
00:45Pour inaction face au dérèglement climatique.
00:50Car pour l'instant, nos présidents, ils parlent beaucoup.
00:53Mais ils ne font pas grand-chose.
00:55Et nous, depuis toutes ces années, on ne leur met pas assez la pression.
00:57Nous aussi, on peut gagner et forcer l'État français à réduire ses émissions drastiquement.
01:01Alors, on ne vous voit pas, Marie Pochon, dans cette vidéo.
01:10Mais vous en êtes en grande partie à l'initiative.
01:14Vous étiez derrière l'affaire du siècle, derrière notre affaire à tous.
01:18Dans cette vidéo, on vient de voir McFly et Carlito, Juliette Binoche, Elie Semoun et Marion Cotillard.
01:22Il y avait plein d'autres vedettes mobilisées.
01:24L'idée, c'était de poursuivre l'État en justice pour inaction climatique.
01:28Tout à fait.
01:28Pour carence fautive en matière climatique.
01:30C'est-à-dire que l'État avait pris des engagements, que ce soit internationaux ou en matière de protection des droits humains.
01:35Et finalement, ne mettait pas tout en œuvre pour tenir ses engagements.
01:39Et donc, il était dans une situation d'illégalité au regard de ses propres obligations.
01:43Et donc, nous l'attaquions en justice devant le tribunal administratif.
01:45On ne l'a pas fait seul.
01:46On l'a fait avec d'autres associations.
01:48Et puis, on l'a fait surtout avec plus de 2 millions de Français.
01:51C'est à ce jour la plus grande pétition de notre histoire.
01:57Je ne sais pas si la pétition contre la loi Duplomb a peut-être dépassé.
02:02Mais c'était une aventure qui était très collective et qui était immense pour moi.
02:07Une militante, effectivement, climat, écologiste.
02:09À ce moment-là, on avait le sentiment d'avoir du pouvoir sur les choses.
02:14J'ai trouvé ça formidable.
02:16Vous dites ça parce que ça a pris du temps.
02:184 ans, mais vous avez obtenu la condamnation de l'État pour une action climatique.
02:21À l'époque, ça a soulevé beaucoup d'espoir.
02:23Mais pour quels résultats, rétrospectivement, quels résultats ça a produit ?
02:28Concrets.
02:29C'est compliqué de revenir sur ces images parce qu'à ce moment-là, c'était une bouffée d'espoir.
02:34Puis par ailleurs, l'affaire du siècle, ça prenait place aussi dans des immenses mobilisations de la jeunesse à travers le monde.
02:40On avait des marches climat qui s'organisaient partout en France avec des centaines de milliers de personnes.
02:45Il y avait quelque chose qui était en train de se passer à ce moment-là, d'une prise de conscience collective.
02:50Là, on voit que...
02:51Mais concrètement, les résultats... Parce que vous vous êtes tournée ensuite vers les tribunaux à nouveau pour que l'État paye une astreinte financière pour sa condamnation.
03:00Mais vous n'avez jamais obtenu gain de cause, finalement ?
03:03On a demandé des astreintes qui sont symboliques.
03:06On n'a pas demandé des milliards et les milliards d'euros qui seraient nécessaires aujourd'hui pour conduire les efforts d'atténuation et d'adaptation au changement climatique.
03:15Moi, ce que je constate, c'est une sorte de backlash en matière écologique, que ce soit en France, du fait des gouvernements successifs.
03:23Mais également un peu partout dans le monde, on le voit avec Trump au pouvoir aux États-Unis.
03:27Pour autant, ce genre de décision du tribunal permet aussi de construire des jurisprudences,
03:34permet de construire des protections collectives pour les Françaises et les Français et pour les habitants du monde entier au travers du droit.
03:41Et je crois que la question du droit environnemental et du droit qui protège non seulement l'environnement,
03:46mais en fait notre santé, notre avenir à toutes et tous, je crois que c'est un combat qui est absolument essentiel.
03:51Et je crois que ça fait beaucoup de sens avec ma position actuelle et mon mandat actuel ici à l'Assemblée.
03:56Alors, avant de battre le pavé pour le climat à Paris, dans ses grandes marches pour le climat,
04:00vous avez vécu dans un petit village de la Drôme.
04:02Votre père en est encore le maire aujourd'hui et votre mère y est aujourd'hui vigneron bio.
04:08Là, on voit votre papa avec l'écharpe tricolore. Vous êtes un peu la synthèse de vos deux parents, finalement.
04:14Vous avez pris l'engagement politique du côté de votre père et la sensibilité écolo du côté de votre mère ?
04:19Je crois que c'est l'engagement pour l'intérêt général, l'engagement pour le collectif.
04:24Je crois que mon père a toujours porté ça. Il était également chef d'établissement dans l'éducation nationale.
04:29Et donc, il y avait quelque chose... Ouh là !
04:31Ça, c'est vous, ado, dans ce village.
04:33Oui, à Chavannes, où j'ai grandi.
04:35Et effectivement, il portait en tout cas cette notion d'engagement pour l'intérêt général.
04:41Et ça fait plusieurs mandats, effectivement, qu'il est maire, mais tout comme mes grands-pères avant lui.
04:47Et ma maman m'a beaucoup aussi appris d'une grande résilience de sa part en tant qu'agricultrice.
04:52C'est pas facile dans ce milieu-là.
04:54Et puis, elle nous a élevés avec quatre enfants.
04:57Et oui, je leur dois beaucoup en termes d'attachement à la fois à notre territoire, à la Drôme, aux enjeux agricoles.
05:08Je suis très engagée sur ces questions-là.
05:10Mais également à l'engagement pour le bien de Gaumont.
05:13Et le fait d'avoir grandi dans un village, justement, en pleine campagne, comme ça, dans la Drôme, est-ce que ça a été structurant pour vous, d'un point de vue personnel, peut-être d'un point de vue politique aussi, dans la conception de l'écologie que vous portez aujourd'hui ?
05:27Alors, forcément, c'est structurant que de grandir dans un petit village, de pas grandir dans les mêmes milieux que beaucoup de mes collègues que j'ai rencontrés ici.
05:35Moi, je suis une des seules de mon village à avoir même passé le bac ou à avoir continué des études supérieures.
05:41Et puis, forcément, ça structure aussi une manière de penser l'écologie politique.
05:45Moi, je suis écologiste, qui prenne en compte, qui considère la vie et les aspirations, les préoccupations des gens qui n'habitent pas les cœurs de villes et les centres urbains.
05:57On va voir deux photos de deux personnalités qui incarnent deux formes d'écologie un peu différentes, justement.
06:02Et de qui vous vous sentez la plus proche entre José Bové et Sandrine Rousseau ?
06:08C'est souvent des questions qu'on pose, en vérité, mais parce que les gens ont envie de trouver les différences entre nous, de dire que la famille écologiste est très éparpillée, etc.
06:17Et vous portez quand même... Oui, allez-y.
06:19Je crois qu'au contraire, en vrai, on a tellement en commun.
06:21On est une famille politique qui est très... Alors, pas homogène, on a une biodiversité comme beaucoup de partis politiques,
06:27mais je crois qu'on a une vision du monde qui est très structurée.
06:30On a une histoire qui est tellement ancrée sur les territoires, pour le coup.
06:34Les combats de José Bové sont bien évidemment connus, mais en fait, l'écologie politique est née d'une histoire de lutte contre des projets qui étaient imposés verticalement,
06:43qui étaient destructeurs du climat et destructeurs pour les environnements des personnes qui étaient concernées un petit peu partout dans le pays.
06:49Et ça, ça fait partie de notre histoire commune.
06:53Alors, bien évidemment, qu'il y a des manières de porter le combat écologiste qui sont un peu différentes quand on est élu dans le 13e arrondissement de Paris
07:01ou dans ce qu'on appelle la province.
07:06Pour autant, je crois qu'on poursuit un but qui est similaire.
07:09Mais vous évoquiez votre conception de l'écologie, une écologie des campagnes, un peu réconciliée en tout cas, la France des campagnes avec l'écologie.
07:17Quand vous avez Sandrine Rousseau qui explique qu'elle en a, je cite, « rien à battre de la rentabilité des agriculteurs »,
07:24est-ce qu'elle ne vous tire pas un peu une balle dans le dos d'une certaine France ?
07:27Moi, je suis forcément en désaccord avec... Je suis fille d'agricultrice.
07:31Je suis forcément en désaccord avec une phrase comme celle-ci.
07:34Pour autant, je crois que la force d'un mouvement écologiste, c'est qu'on puisse incarner de multiples manières la bataille.
07:43Il n'y a pas de fracture. Cette fracture, elle est dessinée par des opposants politiques.
07:47Et je pense qu'il ne faut pas donner des bâtons pour se faire battre sur ce sujet-là.
07:50Donc ça ne correspond pas à une réalité sur le terrain ? On ne vous reproche pas la politique portée par votre parti ?
07:58Oui, pendant très longtemps. Les grandes figures de l'écologie politique, c'était Sandrine Rousseau, c'était Yannick Jadot, c'était Julien Bayou.
08:06C'était des personnalités qui étaient globalement vues comme parisiennes et qui peuvent porter des discours qui sont vues comme donneuses de leçons.
08:13Et je crois qu'il faut partir d'en bas, d'où qu'on soit.
08:17Et moi, c'est ce que j'essaye de faire, c'est de partir des revendications des Dromoises et des Dromoises pour les porter à l'Assemblée nationale.
08:22Je crois que c'est mon travail.
08:24Une de vos propositions, c'est que l'État finance le permis de conduire des jeunes qui vivent à la campagne.
08:30C'est vrai qu'on n'attend pas ça d'une députée écolo.
08:32Ça ne fait pas très écolo sur le papier, mais c'est ça aussi, l'écologie qui répond aux besoins des gens qui ne vivent pas dans les villes.
08:39Je pense que dans ma famille politique, en tout cas, il y a parfois eu une tendance à être plus environnementaliste que de penser à la question sociale.
08:46Donc, effectivement, moi, j'essaie de trouver des solutions pour qu'à la campagne, on puisse également avoir le droit de se déplacer, pouvoir se rendre chez le médecin, pouvoir avoir un nouvel emploi, par exemple, ou voir des amis.
08:59Je crois que c'est une nécessité impérieuse.
09:01Et pour cela, il faut se replacer à la place, effectivement, des gens qui n'ont pas forcément autant d'options qu'à Paris, Lyon ou Marseille.
09:08J'aimerais qu'on revienne sur la question de la rentabilité des agriculteurs, parce qu'elle a été au cœur d'une loi que vous avez portée à l'Assemblée.
09:13C'est une loi, en 2024, qui visait à imposer des prix planchers pour permettre aux agriculteurs d'avoir un revenu décent.
09:20Elle a été adoptée en première lecture à l'Assemblée.
09:23Elle s'est un peu perdue dans les méandres du Sénat.
09:26Est-ce que ce n'est pas un peu frustrant, une fois de plus, que ce qui est vécu comme une grande victoire un jour, se révèle peut-être finalement une défaite, un peu comme ce dont on parlait au début de l'émission ?
09:36Alors, elle ne s'est pas déjà perdue dans les méandres du Sénat.
09:39Il y a une volonté du gouvernement de ne pas avancer sur ces sujets-là, de la juste rémunération des agriculteurs.
09:44C'est quand même la première des revendications qui a été portée lors des mobilisations agricoles.
09:48C'était le plus grand depuis 30 ans.
09:49Moi, je n'avais jamais vu ça.
09:51Et en fait, tout ça a été relégué au caland grec, tout comme la révision des galimes, dont on attend encore des nouvelles.
09:58Et pendant ce temps-là, il passe la loi du plomb.
10:00Et là, par contre, il y a urgence.
10:01Pour autant, moi, je ne vis pas ça comme une défaite.
10:03Je crois qu'à l'époque, lorsqu'on fait adopter cette proposition de loi contre l'avis du gouvernement,
10:08avec l'absence totale des députés, les Républicains, et l'abstention du Rassemblement national,
10:13je crois que l'on montre un début de considération au monde agricole.
10:18Et une vraie considération au monde agricole.
10:19Cette bataille-là, on la continue.
10:21Moi, je siège au sein de l'Observatoire des prix de formation et des prix et des marges.
10:26Et c'est un travail de longue haleine.
10:29Moi, j'espère que cette année, nous pourrons avancer sur Egalim 4,
10:33que nous pourrons avancer sur la fixation de prix qui soit rémunérateur pour nos agriculteurs,
10:39dont tout le monde se dit être très fier.
10:41Mais derrière, on n'est pas forcément là en hémicycle pour les défendants.
10:44On va passer à notre quiz à présent.
10:46On arrive au terme de l'émission.
10:47On va parler de votre terre d'élection.
10:49La troisième circonscription de la Drôme.
10:51Alors, c'est une circonscription très étendue.
10:54230 communes, j'ai vu, c'est énorme.
10:56240.
10:57240 même.
10:58Donc, je crois que vous la surnommez la Pampa, cette commune.
11:02Il s'agit donc de vérifier si vous connaissez bien votre Pampa à vous,
11:07si vous êtes capable de localiser les communes de votre Pampa.
11:10Alors, vous voyez, il y a quatre points sur cette carte.
11:13Vous allez devoir localiser les quatre communes que je vais vous donner.
11:18On commence avec Rochefourchat.
11:20Vous avez le choix entre les numéros 1 à 4.
11:22Où est-ce que vous nous la placez ?
11:24C'est difficile parce que c'est une toute petite commune, Rochefourchat.
11:27Vous la connaissez ?
11:27Avec trois habitants.
11:29Exactement.
11:29C'est pour ça que je l'ai choisi.
11:30Et j'hésite.
11:31La 1 ?
11:32La 1.
11:32C'est noté.
11:33On va vérifier.
11:34Et non, c'était la 3.
11:35Mais par contre, vous la connaissez bien, cette commune,
11:37parce qu'elle a effectivement trois habitants.
11:38Et je l'ai choisie parce que pendant des années,
11:40elle n'avait qu'une habitante.
11:42Tout à fait.
11:42Josette.
11:43Et c'était le plus petit village de France.
11:46Tout à fait.
11:46Allez, on passe à la suivante.
11:48J'ai choisi la bâtie des fonds.
11:50Bon, la bâtie des fonds, c'est la 1.
11:51On va vérifier.
11:52Bravo.
11:52Et vous savez pourquoi je l'ai choisi ?
11:54Parce qu'il n'y a que deux habitants.
11:56Et voilà.
11:57Dans votre commune, vous avez eu les deux plus petits villages de France
12:00pendant des années, en fait.
12:02Alors, je ne sais pas si il y a encore plus petits.
12:02Ça dit quoi de votre territoire ?
12:03Qu'est-ce que ça dit de mon territoire ?
12:05Ça dit qu'on est un territoire de petits villages
12:08qui, effectivement, ont du mal à fusionner
12:11et qui ont chacun une identité qui est propre.
12:14Et je crois qu'il y a un attachement à l'échelon village.
12:18Allez, le troisième village, Saint-Julien-en-Vercors.
12:21Le 4.
12:22Bien joué.
12:23On va vérifier quand même.
12:23Mais bon, Saint-Julien-en-Vercors.
12:25Et donc, il reste Ferracière, forcément le 2.
12:29Là, j'ai choisi ces deux villages
12:30pour illustrer un peu l'étendue de votre circonscription.
12:33J'ai mesuré, ça fait 3h15 de route, 239 kilomètres
12:36pour rallier ces deux communes
12:38qui font partie de votre même territoire.
12:40Comment vous faites en tant que députée
12:41pour aller sur le terrain et pour voir un peu tout le monde ?
12:43J'ai passé beaucoup de temps en voiture.
12:47Moi, c'est ma seule activité d'être députée
12:49et ça me prend bien plus qu'un temps plein.
12:50C'est un engagement politique
12:54qui me prend un peu toute ma vie.
12:56Mais c'est également passionnant.
12:57Je disais qu'il vous arrive de passer une nuit à l'hôtel
12:59sur votre circonscription.
13:00Tout à fait.
13:00Je pense que rares sont les députés...
13:01Parce que vous ne voulez pas rentrer chez vous le soir
13:02tellement il y a de route.
13:03Ou je dors chez des militants
13:04ou des élus locaux.
13:06Ça, ça m'arrive régulièrement.
13:08J'essaye d'être au maximum sur le terrain
13:10pour effectivement que chaque dromois
13:12puisse rencontrer sa députée
13:14et lui faire part de ses préoccupations.
13:16Merci beaucoup, Marie Pochon,
13:18d'être venue dans La Politique et moi.
13:19Merci.
13:19Merci.
13:19Merci.
13:20Sous-titrage Société Radio-Canada
13:21Sous-titrage Société Radio-Canada
13:23Sous-titrage Société Radio-Canada
13:25Sous-titrage Société Radio-Canada
13:27Sous-titrage Société Radio-Canada
13:29Sous-titrage Société Radio-Canada
13:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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