00:00Quelle est votre analyse politique de cette situation qui est complètement inédite ?
00:04Je sais que ma question est large, mais malgré tout, on voit votre visage.
00:09J'hésite entre... Est-ce que vous êtes désemparé ?
00:13Est-ce que vous avez encore de l'espoir ?
00:15Est-ce que vous mettez encore une pièce sur ce gouvernement Le Cornu 2 ?
00:19D'abord, je n'aurais jamais cru voir ça de toute ma vie, mais ça arrive.
00:25Je voulais faire juste une remarque.
00:26Est-ce que le président de la République ne nomme pas le gouvernement ? Il nomme chacun des ministres ?
00:31Oui, chacun des ministres, donc il a de fait un droit de regard.
00:37Quand on est en cohabitation, la question ne se pose pas.
00:41Les domaines, depuis que François Mitterrand a bien géré la première cohabitation,
00:47les domaines du président et du premier ministre sont bien définis.
00:50Il y a le domaine réservé, puis il y a le domaine du gouvernement.
00:53Et en général, la question des ministres se joue sur un ou deux postes.
01:00Les affaires étrangères, par exemple.
01:02Sans doute l'intérieur, où le président ne peut pas laisser l'intérieur à n'importe qui.
01:08Mais voilà, les choses sont...
01:09À part ça, c'est le premier ministre qui décide.
01:11Là, on n'est pas en cohabitation.
01:13Si vraiment le président de la République avait voulu mimer une cohabitation,
01:20il n'aurait pas nommé Sébastien Cornu à Matignon.
01:24Il aurait nommé quelqu'un qui avait une autonomie politique, une aura personnelle.
01:29Voilà, ce n'est pas ce qu'il a fait.
01:31Donc après, on peut parler de carte blanche, quelle que soit la couleur de la carte.
01:35Évidemment, ça rend les choses un peu plus compliquées.
01:38Mais effectivement, le nœud du problème n'est pas là.
01:41Le nœud du problème, c'est que, oui, il y a le Parlement.
01:45Et derrière le Parlement, il y a l'opinion publique.
01:47C'est-à-dire que chacun des partis est tenu, encore une fois, par sa base électorale.
01:52Et que la marge de manœuvre des états-majors des partis, elle est assez mince.
01:56On voit bien pour LR.
01:57C'est que non seulement il y a la base électorale, mais en plus, il y a la base militante et la base des parlementaires.
02:05Donc on voit bien que c'est pareil pour le Parti Socialiste.
02:09Le Parti Socialiste a une base militante qui est fracturée,
02:13une base d'élus qui est fracturée,
02:17et un électorat qui est assez volatile pour ce qu'il en reste, comme pour LR.
02:21Donc, quelles que soient les stratégies ou les calculs des états-majors des partis,
02:29eux-mêmes fracturés,
02:31l'incertitude, elle est totale sur la suite.
02:36Alors maintenant, il me semble qu'on aurait pu et on pourrait avancer
02:41d'abord si on liquidait cette espèce d'épine dans le pied qui s'appelle la réforme des retraites.
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