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  • il y a 10 mois
Quelques instants après l'annonce de l'Élysée, Sébastien Lecornu a expliqué, sur X, "accepter - par devoir - la mission" "qui m'est confiée par le président de la République de tout faire pour donner un budget à la France pour la fin de l’année et de répondre aux problèmes de la vie quotidienne de nos compatriotes".

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00:00Qu'a décidé Emmanuel Molle, l'information vient de tomber par communiqué, c'est bien Sébastien Lecornu qui est nommé Premier ministre.
00:09Sébastien Lecornu est reconduit à Matignon, c'est ce qu'annonce à l'instant même l'Elysée. Sébastien Lecornu succède donc à Sébastien Lecornu.
00:19Marie Chantré, cette piste effectivement a été évoquée largement ce matin par les informations du service politique de BFMTV.
00:27C'est donc lui, c'est confirmé ce soir, il se succède à lui-même.
00:31Absolument, situation assez inédite, folle. Sébastien Lecornu qui a donc démissionné lundi soir dernier après avoir nommé un gouvernement qui n'a tenu que 14 heures, on s'en souvient.
00:44Et puis cette folle semaine et cette donc renomination de Sébastien Lecornu, 38 ans, lui qui est dans le gouvernement d'Emmanuel Macron depuis quasiment le début à différents postes.
00:55Son dernier poste avant d'être nommé Premier ministre il y a une semaine, c'était d'être ministre des Armées, très proche du chef de l'État.
01:02C'était une hypothèse qui tenait l'accord très sérieusement depuis 48 heures, 48 petites heures.
01:09Vous vous en souvenez peut-être, cette hypothèse est montée.
01:11L'entourage de Sébastien Lecornu a fermement démenti ces rumeurs à l'époque en expliquant que pas du tout, ce n'était pas du tout le projet.
01:19Lui-même a fait un 20 heures pour dire que sa mission était terminée, qu'il était un moine soldat et qu'il n'avait pas la passion du job, si je me souviens exactement ses propos.
01:29Mais donc ce soir, il est renommé, semble-t-il, il va falloir comprendre ce qui s'est exactement passé ces dernières heures.
01:35Il y a eu peut-être des points de blocage ou quelques crispations.
01:40Mais finalement, Emmanuel Macron a fait son choix et pour lui, il existe un compromis possible.
01:47Pour Sébastien Lecornu, le plus dur commence, c'est-à-dire au Parlement, trouver des voies de passage.
01:52Et oui, ça y est, il est 22 heures et Sébastien Lecornu a été renommé Premier ministre par Emmanuel Macron.
01:59On va bien sûr vous livrer toutes les coulisses de cette décision.
02:02On va décrypter tout cela.
02:03Mais d'abord, première réaction, Éric Coquerel, vous êtes le président LFI de la Commission des finances de l'Assemblée nationale.
02:08On reviendra dans le détail sur ce que ça implique.
02:10Mais Sébastien Lecornu renommé, comment vous réagissez à cela ?
02:13Ne rien changer pour ne rien changer.
02:15Voilà comment je réagis.
02:17Moi, c'est à plusieurs jours que je pensais que ça allait être lui, il y a des mercredis.
02:20Et je pensais encore plus depuis hier, parce que moi, j'avais des informations comme quoi,
02:23lundi après-midi, le Conseil des ministres est prévu pour transmettre le budget en temps et en heure par rapport aux 70 jours à l'Assemblée nationale.
02:31Et que c'est le budget qu'il a préparé, reprenant le budget Bérou, avec quelques modifications.
02:36Donc à partir de là, un, c'était clair, de toute façon, ça je le croyais depuis longtemps.
02:39Et je pense que l'illusion aurait dû, j'allais dire, s'arrêter pour mes partenaires, les groupes partenaires.
02:46Mais c'était clair que ce ne serait pas un groupe de gauche, puisque c'est le même budget qu'il allait être repris.
02:49Et je pensais que le chef de l'État n'avait pas d'autre solution.
02:51On revient dans un instant sur tout ce que ça implique. Bruno, qu'est-ce que ça dit Sébastien Lecornu, reconduit à matinée ?
02:56C'est quand même un sacré coup de théâtre, ce soir.
02:58Oui, d'abord, un, c'est...
03:01Ah, ici, moi, je crois que ça arrive une seule fois.
03:02C'est historique.
03:03Un Premier ministre renommé, comme ça, en dehors des...
03:07En dehors de la 4ème République.
03:08Oui, puis en dehors de...
03:09Je vous interromps juste, pardonnez-moi, réaction à l'instant sur ces réseaux sociaux du nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu qui le dit.
03:16J'accepte par devoir la mission qui m'est confiée par le Président de tout faire pour donner un budget à la France pour la fin de l'année,
03:23de répondre aux problèmes de la vie quotidienne de nos compatriotes.
03:26Il faut mettre un terme à cette crise politique qui exaspère les Français et à cette instabilité mauvaise pour l'image de la France et de ses intérêts.
03:34Il dévoile là quelques conditions en tirant les conclusions qui s'imposent ces dernières semaines.
03:40Tous les dossiers évoqués pendant les consultations menées ces derniers jours seront ouverts au débat parlementaire.
03:45Le rétablissement de nos comptes publics demeure une priorité.
03:48Toutes les ambitions sont légitimes et utiles.
03:50Mais celles et ceux qui entreront au gouvernement devront s'engager à se déconnecter des ambitions présidentielles de 2027.
04:00Très important passage, la nouvelle équipe gouvernementale devra incarner le renouvellement et la diversité des compétences.
04:09Et il termine par cette phrase « Je ferai tout pour réussir cette mission ».
04:13Évidemment, il dit beaucoup de choses dans ce premier communiqué.
04:18Il faut noter qu'il répète que ce gouvernement sera déconnecté des ambitions présidentielles de 2027.
04:24Et c'est ce qui, dans les dernières heures, notamment en plus de la question des retraites, a bloqué, notamment à l'intérieur du parti macroniste.
04:32Parce qu'évidemment, ça aura des conséquences sur la composition du gouvernement qui viendra maintenant très rapidement.
04:39M. Coquerel a indiqué, a parlé du budget, et c'est la date butoir.
04:43C'est pour ça que tout va très vite. Il n'a pas le choix, Emmanuel Macron n'a pas le choix.
04:46C'est une course contre la monde qui est engagée en raison des contraintes de l'échéance constitutionnelle sur le budget.
04:52Mais pourquoi lui ? Pourquoi ce choix ?
04:54Pourquoi ce choix ? Parce qu'Emmanuel Macron, vous savez, il fait deux secondes de promotion sur la tribune dimanche,
05:01nous avons titré quand il a été désigné le dernier soldat d'Emmanuel Macron.
05:07Sébastien Lecornu, c'est le dernier fidèle d'Emmanuel Macron.
05:10C'est le moine soldat. C'est l'homme fidèle.
05:13C'est celui qui connaît le mieux aujourd'hui intimement le président.
05:16Tous le disent dans ce qui reste de la majorité d'Emmanuel Macron.
05:21Et je pense aussi que ces derniers jours, au-delà de ce qui s'est passé dimanche,
05:28de ce première composition de gouvernement totalement ratée,
05:31alors est-ce que c'est Sébastien Lecornu ou est-ce qu'Emmanuel Macron qui a voulu trop en faire
05:36en nommant Bruno Le Maire, qui a servi d'étincelle pour que Bruno Rotaio s'en aille ?
05:43Mais ce qui est certain, c'est que peut-être aura-t-il été sauvé aussi par sa dernière émission de télévision
05:48où il a plutôt fait preuve de pas mal de sang-froid, il a un peu retourné les choses.
05:53Franchement, ça peut tenir à ça, Bruno Jolie, à un venteur réussi ?
05:56Oui, c'est pas ça. Mais par contre, à l'Élysée, ils se sont dit qu'il aurait dû communiquer beaucoup plus.
06:02Ils ont regretté qu'il n'ait pas pris beaucoup plus les Français à témoins
06:06et surtout qu'il s'engage beaucoup plus nettement.
06:10Beaucoup diront, et notamment à gauche, qu'il ne s'est pas engagé assez nettement,
06:12mais il a dit beaucoup de choses ce soir-là.
06:14Et il a été précis.
06:14Il a fait un peu moins de politiques politiciennes que pouvaient en faire
06:19ceux qui ont essayé avant lui, cette mission impossible.
06:22Et l'entourage du Président qui le dit, le Président donne carte blanche au Premier ministre.
06:30Que comprendre derrière cette carte blanche ?
06:33Les retraites.
06:33Il faut, pardonnez-moi ?
06:34D'abord les retraites.
06:35D'abord les retraites, je pense aussi.
06:37La composition du gouvernement aussi.
06:38Et tout va se sceller aussi là-dessus parce que les regards se tournent vers le PS.
06:42Enfin, pardon, mais ça n'engage pas à grand-chose de donner la carte blanche
06:45à quelqu'un qui est le proche parmi vos proches.
06:49C'est-à-dire qu'on voit bien ce qui a pu présider à cette décision d'Emmanuel Macron.
06:52Sébastien Lecornu a un premier avantage.
06:54Il connaît le budget qui va être présenté lundi.
06:56Il y travaille depuis un long moment.
06:58Il a même commencé à y travailler avant la chute de François Bayrou
07:01parce qu'il savait potentiellement qu'il pouvait être nommé.
07:04Il y a un autre avantage, c'est que Sébastien Lecornu a un style.
07:09Il a une forme de méthode, une humilité tout en retenue
07:12qui a été saluée d'ailleurs par certains partis d'opposition
07:14et qui n'a pas laissé insensibles les Français
07:16parce qu'il a fait un bond de 11 points de popularité.
07:18Mais le problème, c'est ce qu'il incarne.
07:21Sébastien Lecornu est le symbole en étant le proche parmi les proches d'Emmanuel Macron,
07:26ministre sans discontinuer depuis 2017,
07:29d'être finalement l'incarnation inverse de ce qu'appellent l'opposition et les Français,
07:33la rupture.
07:34Et là, si vous voulez, quand Emmanuel Macron prend la parole en disant
07:37« je donne carte blanche à mon Premier ministre », ça n'engage à rien.
07:40Pourquoi ? Parce que Sébastien Lecornu est finalement l'avancée
07:43et juste dans la prolongation idéologique d'Emmanuel Macron.
07:48C'est peut-être ce que lui a obtenu et négocié pour…
07:52Parce qu'on parle quand même de quelqu'un qui a démissionné il y a 4 jours,
07:55qui hier encore disait « ma mission est terminée, elle s'arrête là ».
07:59Qu'est-ce qui a bien pu le faire changer d'avis ?
08:01Je crois que ce qui est très clair, c'est qu'il va devoir donner très vite
08:03des gages concrets de démacronisation, si vous me permettez cette expression.
08:07Qu'est-ce qui fait tomber le gouvernement en l'espace de 14 heures ?
08:10C'est qu'on a l'impression que c'est copié-collé
08:12et que c'est le bras armé, le prolongement du président de la République
08:17qui est à 15% de bonnes opinions dans les sondages
08:19et qui est massivement rejeté par les Français,
08:22qui n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale, loin s'en faut.
08:26Et donc il faut se démarquer de ça.
08:29Et c'est ça aussi le sens effectivement du message de la carte blanche.
08:33Ce n'est pas seulement les retraites, c'est de dire qu'il a carte blanche
08:35pour composer son équipe.
08:37Et son équipe, elle ne va pas être faite seulement de gens
08:39qui mettent 2027 de côté et qui n'auront pas d'aspiration présidentielle,
08:44mais de gens qui apporteront autre chose
08:46et notamment une distance politique vis-à-vis du président de la République.
08:51C'est fondamental pour que les mêmes causes ne produisent pas
08:53les mêmes effets pour Sébastien Lecornu en tant que ministre.
08:55Infobé FM de Lola Baye qui nous indique à l'instant
08:58que les Républicains se réuniront demain à 11h pour un bureau politique.
09:03À 8h30 un peu plus tôt, il y aura une visio-conférence
09:06avec l'ensemble des parlementaires faites par Bruno Rotaillot.
09:09Éric Coquerel, il va y avoir une déclaration de politique générale.
09:11Est-ce que déjà, ce soir, vous pouvez nous dire
09:13oui ou non, la France insoumise déposera une motion de censure
09:16contre Sébastien Lecornu ?
09:17C'est clair qu'on va déposer une motion de censure dès lundi.
09:20Parce qu'en plus de ça, le discours de politique générale
09:22va venir après la transmission du budget.
09:25Il faut bien comprendre une chose, c'est qu'Emmanuel Macron,
09:27il n'a pas d'autre choix.
09:28Parce que d'abord, je ne suis pas certain que pour appliquer sa politique,
09:31parce qu'il veut continuer à appliquer sa politique,
09:33on ne peut pas comprendre sinon pourquoi il a bafoué
09:36le suffrage universel en juillet dernier.
09:38Pourquoi ? À trois reprises, face au Parlement,
09:42il continue à imposer les mêmes hommes, la même politique.
09:44Donc il y aura une motion de censure LFI dès lundi.
09:46Oui, qui sera déposée.
09:47On va proposer à nos partenaires, comme on l'avait fait,
09:50de la déposer avec nous.
09:51On va la déposer.
09:51Pourquoi ?
09:52Parce qu'il faut arrêter tout de suite,
09:54j'allais dire, ce énième coup de force.
09:57Sauf qu'Emmanuel Macron, à mon avis, n'a plus du tout,
10:00j'allais dire, les munitions pour le tenter.
10:02Et que si vous me demandez aujourd'hui mon point de vue,
10:05sauf si le Parti socialiste,
10:06mais on a vu que peut-être que même dans l'ex-socle commun,
10:10il pourrait y avoir des défections,
10:12décide de sauver le macronisme,
10:13je ne vois pas comment ce gouvernement ne serait pas censuré la semaine prochaine.
10:17Enfin, les Français, je vois l'image derrière vous,
10:20est-ce que vous vous rendez compte deux secondes
10:21de ce qu'on est en train de dire à la population ?
10:23Ça fait une semaine qu'on amuse la galerie,
10:25qu'on fait croire qu'il va y avoir un gouvernement de gauche,
10:28il n'en a jamais eu l'intention d'une manière très politicienne.
10:31Et on nous repropose les mêmes, la même politique,
10:34une politique de ce territoire au niveau budgétaire.
10:36Je veux dire, c'est d'un point de vue démocratique,
10:38c'est quelque chose dans ce pays qui se passe,
10:40qui vraiment dépasse l'entendement.
10:42Il n'y a pas une démocratie où il se passe ça.
10:44Je ne sais pas si on se rend compte quand même.
10:46Bruno, je dis, quelle est la différence
10:47entre la situation dans laquelle nous sommes ce soir
10:50et celle dans laquelle nous étions il y a une semaine,
10:54dimanche dernier,
10:55à l'époque où Sébastien Lecornu était encore Premier ministre ?
10:59Ça, c'est un peu plus dégradé, Alice.
11:01Il faut quand même voir les choses objectivement.
11:04Le coup de théâtre dimanche soir d'un gouvernement
11:06flingué par l'un de ses membres qui vient d'être nommé
11:10parce qu'on lui a caché la nomination du ministre armé
11:14qui s'appelle Bruno Le Maire
11:15et qui est l'une des figures les plus critiquées de la Macronie
11:18par la droite et bien d'autres.
11:22Ça a entraîné une crise politique.
11:26Enfin, une crise politique qui était...
11:28Sur l'échelle de Richter, on est très très haut quand même.
11:31Et évidemment, peut-être que ça a aussi clarifié un peu les choses
11:39au niveau du socle commun.
11:40On voit bien que ce socle commun est en voie quand même de dislocation,
11:44mais il tient quand même encore un peu
11:45parce qu'on voit bien que ce soir,
11:47les députés LR sont d'accord pour un Lecornu 2,
11:50peut-être sans participation,
11:53peut-être avec participation,
11:55Horizon, peut-être avec participation.
11:57Mais alors, eux, c'est moins les personnalités et les postes,
12:01c'est plus la question des retraites.
12:03Donc, la situation s'est dégradée.
12:05Pour Sébastien Lecornu,
12:07en tous les cas, il aura les coups défranches
12:09sur la composition du gouvernement.
12:11Et ça, c'est un élément qu'il n'avait sans doute pas
12:13le week-end dernier lorsqu'il a composé son premier gouvernement.
12:16Anne-Charlène, je vous donne la parole dans une seconde.
12:18On se file tout de suite à l'Élysée.
12:19Vous avez retrouvé Léopold Audebert.
12:20Léopold, vous avez de nouvelles informations.
12:22Alors que donc, on vient de l'apprendre il y a quelques minutes,
12:24eh bien, le président de la République
12:25a nouveau nommé Sébastien Lecornu, Premier ministre.
12:31Oui, c'est une hypothèse qu'on vous donne
12:33depuis pas mal de jours sur BFMTV
12:36parce que le bruit et également toute l'orchestration
12:40laissaient penser qu'il y avait forcément quelque chose
12:43qui se tramait dans la tête du chef de l'État.
12:47Quand on refait le fil des événements, d'ailleurs,
12:48on se demande si ce n'est pas le président de la République lui-même
12:51qui a demandé à son Premier ministre de l'époque
12:54peut-être de démissionner quand Sébastien Lecornu
12:58dit qu'il est un moine soldat.
13:00Il faut l'entendre dans tous les sens du terme.
13:03Effectivement, on vous indiquait à quelques instants
13:05que l'entourage du chef de l'État explique ce soir à BFMTV
13:09qu'Emmanuel Macron donne, je cite,
13:11« carte blanche » à Sébastien Lecornu.
13:14Il faut le comprendre sous deux axes.
13:16Le premier, c'est évidemment l'axe des négociations.
13:19La main pour tenter, après ses consultations, de voir où aller.
13:25Et puis, le deuxième axe, Bruno en parlait,
13:27effectivement, c'est la nomination du gouvernement.
13:30Qui à l'intérieur ?
13:31Mais en fait, quand Emmanuel Macron parle de carte blanche,
13:34c'est une carte blanche concertée puisque, comme je vous le disais,
13:38Sébastien Lecornu revendique effectivement ce côté moine soldat
13:43et il applique finalement en discussion avec Emmanuel Macron
13:47ce qui lui est aussi demandé.
13:49Voilà pour l'épilogue pour l'instant de cette histoire.
13:53A voir maintenant comment les choses s'accélèrent
13:55et ce que dira Sébastien Lecornu
13:58et s'il y a donc un Conseil des ministres lundi pour ce budget.
14:01Merci beaucoup Léopold Odebert et à tout à l'heure.
14:06Ce qui est frappant ce soir à Anne-Charles Benza,
14:08c'est tout d'abord que le service politique de BFMTV
14:11avait la bonne piste, la bonne information.
14:13Depuis 48 heures en plus.
14:14Et qu'en fait, ça donne l'impression que finalement,
14:16Emmanuel Macron savait exactement ce qu'il voulait faire
14:19depuis le début et où il allait.
14:21Alors moi, il y a même une formalité juridique
14:23qui m'interroge ce soir.
14:25C'est pourquoi lundi, accepter la démission du Premier ministre ?
14:29Parce qu'accepter la démission, c'est un acte
14:32qui s'appelle un décret de fin de fonction
14:33que le Président de la République, quoi qu'on en dise,
14:35n'est jamais obligé de publier.
14:38Donc, il aurait pu lui proposer justement
14:40d'avoir carte blanche sur son gouvernement
14:41en admettant que le gouvernement de dimanche soir
14:43a été une erreur, lui donner carte blanche
14:45sur le programme pour éviter
14:47cette espèce de démission-renomination.
14:50Néanmoins, c'est vrai que ça nous est arrivé,
14:51une fois sous la Ve République,
14:52mais on avait changé d'Assemblée entre-temps.
14:54Quand c'était Georges Pompidou en 1962
14:56qui avait été démis par l'Assemblée nationale,
14:58donc le général de Gaulle, là, pour le coup,
14:59est obligé d'accepter la démission
15:01et il le renomme parce que l'Assemblée a changé.
15:03Là, si on n'a pas changé d'Assemblée,
15:05il va quand même clairement falloir nous faire comprendre
15:07ce qu'on a changé.
15:08Et c'était pareil sous la Quatrième République.
15:10Schumann 1, Schumann 2, Cueil 1, Cueil 2, Cueil 3,
15:14Clément... Enfin, pas Cueil, mais Clément Sour,
15:15on en a eu trois.
15:16Donc, on en avait plusieurs,
15:17mais à chaque fois, on changeait quelque chose.
15:19Alors, est-ce qu'on va changer d'équipe et de programme ?
15:21C'est vraiment la question qu'il va falloir se poser ce soir.
15:23Marie Chanterelle.
15:24Non, sur la question que vous posez, Anne Charlène,
15:26sur pourquoi il a accepté le lundi
15:28la démission de Sébastien Lecornu,
15:30il y a une phrase, je ne veux pas faire l'exégèse
15:32de la psychologie trop poussée,
15:34mais le communiqué...
15:34Il nous faut une émission spéciale toute l'année.
15:35Il nous faut une émission spéciale.
15:36Le communiqué de Sébastien Lecornu ce soir
15:39commence par ces mots.
15:40J'accepte tirer par devoir
15:42la mission qui m'est confiée par le chef de l'État.
15:46Comprendre par devoir, pas par envie,
15:49franchement, c'est peut-être le sous-texte aussi.
15:52C'est que le moine soldat qu'il est
15:53n'a sans doute pas eu le choix
15:56que d'accepter d'être renommé
15:58parce que pour le chef de l'État,
16:00c'est la seule solution qui vaille
16:01et peut-être la seule issue pour...
16:03pour peut-être, avec cette carte blanche
16:07laissée par le président de la République,
16:09est-ce possible ?
16:10Est-ce que vraiment, Emmanuel Macron
16:12peut aujourd'hui lâcher ?
16:14L'histoire nous le dira.
16:15Mais dans ces conditions-là,
16:17c'est peut-être le seul qui est en capacité
16:19d'avoir un accord de non-censure
16:22avec le Parti Socialiste
16:23et Jordan Bardella qui réagit.
16:24Exactement, on va l'avoir,
16:26la réaction s'affichée à l'antenne,
16:28Marie, de réaction de Jordan Bardella.
16:31Et les mots sont forts, évidemment,
16:32ils condamnent ce choix de Sébastien Le Corneau.
16:34Ils jugent le président de la République
16:36plus que jamais isolé, déconnecté à l'Élysée,
16:39jusque-ci d'une mauvaise plaisanterie,
16:40une honte démocratique
16:41et une humiliation pour les Français.
16:42Sans suravenir du côté du Rassemblement national,
16:44immédiatement, cet attelage
16:46sans aucun avenir, dit Jordan Bardella,
16:48dont l'unique raison d'être
16:49est la peur de la dissolution,
16:52c'est-à-dire du peuple.
16:55Finalement, la France insoumise
16:56et le Rassemblement national
16:57disent à peu près la même chose ce soir.
16:59Nous, on demande la démission
17:00d'Emmanuel Macron en priorité.
17:02Parce que le problème,
17:04ce n'est pas à l'Assemblée qu'il est.
17:05Le problème, c'est avant tout à l'Élysée,
17:07de par le rôle institutionnel
17:08du président de la République
17:08et en plus, la manière dont
17:10Emmanuel Macron l'exerce.
17:12Donc, c'est la différence avec
17:13le Rassemblement national.
17:15La preuve, c'est que le Rassemblement national,
17:16grâce au Rassemblement national,
17:17Emmanuel Macron n'a pas vu
17:19la motion de destitution
17:20passer au bureau.
17:21C'est eux qui l'ont empêché.
17:22Mais je voudrais revenir
17:23sur la raison, à mon avis,
17:24pour laquelle il a accepté
17:26la démission de M. Lecornu.
17:30C'est que sinon,
17:31ce gouvernement,
17:32vu sa composition,
17:34aurait été censuré
17:35dès cette semaine.
17:36Les réactions du dimanche soir
17:37ne laissaient pas de doute.
17:39Et donc, le problème
17:40d'Emmanuel Macron,
17:41il est très clair,
17:42c'est d'éviter une censure
17:43par 49-2
17:44parce qu'il pense que
17:45s'il entame la discussion budgétaire
17:47avec les deux semaines
17:49de décalage qu'on a eues,
17:50il peut atteindre
17:50cette fameuse limite
17:52des 70 jours
17:53et passer son budget
17:53par ordonnance.
17:54Donc, son pari,
17:55il est là.
17:55éviter la censure
17:56par 49-2.
17:58Je pense que,
17:58vu la composition,
17:59ça, c'est une interrogation.
18:01Par contre,
18:01pourquoi il y a eu
18:02la composition de ce gouvernement
18:03qui ne pouvait,
18:04à mon avis,
18:05qu'hériter toutes les...
18:06Pardon, mais ce n'est pas
18:07cohérent du tout
18:08puisque plus on se rapproche
18:09du 31 décembre,
18:09plus le 47 devient...
18:11plus l'ordonnance
18:11devient probable.
18:13Donc, enfin,
18:13je ne vois pas...
18:14C'est bien ce que je vous dis.
18:15C'est-à-dire,
18:16l'ordonnance,
18:17si vous voulez,
18:17c'est une façon
18:17de passer le budget sans vote.
18:19Alors, justement,
18:19à l'instant,
18:20Jean-Luc Mélenchon,
18:20de votre parti,
18:22la France Insoumise,
18:23de votre mouvement,
18:23comme on dit,
18:24réagit à l'instant.
18:25Je cite Jean-Luc Mélenchon.
18:26À chaque tour du manège,
18:28le pompon reste au même endroit.
18:30Ceux qui ont été le décor
18:31de cette comédie
18:32en sont pour le ridicule.
18:33Ça, c'est sans aucun doute
18:34pour les socialistes.
18:35Macron ne peut faire
18:37autre chose que du Macron.
18:39Thierry Arnaud,
18:39quand le chef de l'État
18:41fait savoir ce soir
18:41par son entourage
18:42qu'il donne, je cite,
18:43carte blanche
18:44à Sébastien Lecornu,
18:46est-ce qu'il faut le croire ?
18:48Il n'a pas le choix.
18:49Je pense qu'il a bien compris
18:50la nature radioactive
18:52de sa personne
18:53et de son action.
18:55Et donc,
18:55tout ce qui porte son empreinte,
18:57et c'est évidemment
18:58le cas de cette soirée
19:00qu'on a vécue ensemble
19:01il y a une semaine
19:01lorsque le gouvernement
19:02est tombé,
19:03c'est précisément
19:03parce qu'il portait
19:04à ce point l'empreinte
19:05d'Emmanuel Macron
19:06qu'il est tombé aussi rapidement
19:07et que sa base politique
19:09était aussi étroite.
19:11Donc,
19:12qu'il le fasse
19:12de gaieté de cœur,
19:14probablement pas,
19:14que ça ait à l'encontre
19:15de sa nature profonde
19:17et de son instinct politique,
19:18ça ne fait peu de doute
19:19qu'il ait le choix.
19:21En revanche,
19:22c'est clair
19:22qu'il ne l'a pas.
19:23Et donc,
19:23donner carte blanche,
19:25il fallait qu'il assortisse
19:27la nomination
19:28de Sébastien Lecornu
19:29d'un message
19:30en ce sens
19:30parce que sinon,
19:32inévitablement,
19:33on pouvait se dire
19:33que les mêmes choses
19:34allaient reproduire.
19:34et puis ça,
19:36il y a deux choses.
19:37Un,
19:37c'est vrai que le dernier gouvernement,
19:39c'était presque une caricature
19:40de macroniste
19:41et au fond,
19:44Bruno Retailleau
19:45s'est fait rouler.
19:46Bref,
19:47et plus la nomination
19:48de Bruno Le Maire,
19:49on ne sait pas exactement
19:50si on la doit plus
19:51à Emmanuel Macron
19:52qu'à Sébastien Lecornu,
19:53mais cette carte blanche
19:54correspond à ça.
19:55Elle correspond aussi
19:56à essayer
19:57d'habiller
19:59non pas une démacronisation
20:02parce que ça,
20:02c'est impossible,
20:03mais que de donner...
20:05C'est nécessaire en même temps.
20:06Non, mais essayer
20:06de donner à l'opinion
20:08qu'il a des marges de manœuvre,
20:10au fond,
20:10Sébastien Lecornu.
20:11Parce que Sébastien Lecornu,
20:12aujourd'hui,
20:13les gens le voient,
20:14alors pour l'instant,
20:14il le découvre,
20:16ils l'ont vu à la télé
20:16l'autre soir,
20:17il a fait une très belle audience,
20:19il lui a pris
20:20quelques points de popularité,
20:21il a donné une bonne impression,
20:23mais les gens se disent
20:24c'est macroniste.
20:25Alors précisément,
20:26le plus dur reste,
20:27à faire,
20:28Anne-Charles Bézina,
20:29l'avantage,
20:29c'est qu'il n'a pas besoin
20:31de faire ses cartons
20:31ou de les défaire,
20:32il est déjà matignon,
20:33il peut se mettre au travail
20:34dès ce soir,
20:35là, les prochaines heures,
20:36on va essayer de se projeter,
20:37qu'est-ce qui l'attend ?
20:38La première des priorités,
20:40c'est quoi ?
20:40La première priorité,
20:41c'est de composer un gouvernement
20:42parce que sans gouvernement,
20:43on ne peut pas avoir
20:44de conseil des ministres,
20:45c'est un peu le principe,
20:46son nom l'indique,
20:47et un conseil des ministres
20:47est nécessaire
20:48pour qu'un vrai premier ministre,
20:50nommé,
20:50avec ses membres du gouvernement,
20:53signe le projet de budget.
20:55Néanmoins,
20:55je voudrais aussi tordre
20:56une évidence,
20:57c'est que ça n'est pas
20:58parce qu'on partait
20:59du brouillon de Sébastien Lecornu
21:00qu'on était obligé
21:01de renommer Sébastien Lecornu
21:02non plus,
21:03c'est-à-dire qu'à l'heure actuelle,
21:05étant donné qu'il fallait
21:06sauvegarder le délai constitutionnel,
21:08on aurait déposé même
21:09un post-it sur le bureau
21:10de l'Assemblée nationale,
21:11ça aurait suffi
21:11à le conserver.
21:12Donc, l'idée,
21:13c'était de partir
21:13de la base de Sébastien Lecornu,
21:15mais on voit bien
21:15qu'ici, en fait,
21:16on essaye de jouer
21:22modifier ce budget
21:23puisqu'on sait bien
21:24que dans sa déclaration
21:25de politique générale,
21:26s'il veut élargir sa base,
21:27il est obligé
21:28de tenter des perches
21:29un peu ailleurs
21:30que sur les bases
21:31qu'il avait données
21:32dimanche dernier.
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