00:00Allez, place à vos signatures européens avec, comme tous les vendredis, Catherine Ney. Bonjour Catherine.
00:05Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:06La France s'enfonce dans une crise politique gravissime 15 mois après la dissolution.
00:10Alors c'est à la fois une crise économique et politique avec un gouvernement démissionnaire qui n'a pas de cap
00:15et il flotte dans l'air comme un vent régicide.
00:18Et carrément, vous dites ça Catherine ce matin ?
00:19Mais oui, vous l'avez remarqué, dans quelques jours, un président de la République sera mis au cachot
00:23par les juges qui l'ont pourtant absout des crimes dont il l'accusait depuis des années.
00:27C'est quoi ça ? Sinon une réminiscence des grandes heures de la terreur.
00:31Et hier Emmanuel Macron était au Panthéon où sur un ton sépulcral qui s'accordait au lieu,
00:36il a rendu hommage à Robert Badinter, artisan lyrique de l'abolition de la peine de mort.
00:41Mais comme c'était trans, c'est justement au moment où une majorité de Français, 86%, ont envie de lui couper la tête.
00:47Enfin, symboliquement, qu'il s'en aille dans les manifs de l'extrême gauche.
00:51On promène une guillotine menaçante maintenant, mais déjà des gilets jaunes défilés avec sa tête au bout d'une pique.
00:57Et un samedi soir, on a bien craint qu'ils envahissent l'Elysée.
01:00Et puis cette semaine encore, Mélenchon, entouré de sa garde des votes, prônait sa destitution.
01:05Mais curieusement, il avait choisi un ton sobre, mielleux, fatigué, tellement pas dans son registre,
01:11éruptif d'habitude qu'on ne l'a pas entendu.
01:14Oui, il jouait Robespierre, mais en sucre candide.
01:16Et dans son propre camp, certains songent à organiser le départ du Président.
01:21Oui, un plan de sortie, concocté par Édouard Philippe, après les municipales.
01:26Partir la tête haute lui enjoint le point à la une, ça c'est du jamais vu,
01:30qu'il parte de son plein gré la tête haute, sous-entendu pour qu'elle ne tombe pas dans le panier.
01:35Mais le Président ne démissionnera jamais, jamais, vous entendez jamais, disent ses conseillers.
01:40Et ce soir, il devrait donc nommer un nouveau Premier Ministre.
01:43Allez, en marche.
01:44Et bien justement, le nouvel hôte de Matignon risque d'être le démissionnaire.
01:49Sortir pour mieux revenir, un aller-retour Vaudville.
01:53Mais les Français ont découvert Sébastien Lecornu au moment où il s'en va.
01:56D'ailleurs, sa mission est terminée.
01:58Mercredi soir, il a fait un tabac sur France 2.
02:01Merci au service public de m'avoir invité, a-t-il dit, comme si Léa Salamé lui accordait une faveur.
02:07Et on a aimé son ton, à la fois fermé fluide, sans effet de manche,
02:11une autorité simple, passible, humble.
02:14Le moine soldat, comme il s'appelle lui-même, a pris 14 points dans les sondages.
02:18Alors, c'est vrai, il a rencontré beaucoup de monde, pris son temps,
02:21mais tout de même sans réussir à construire un accord.
02:23Alors, on reste dans le grand flou.
02:27Et c'est en retour à Matignon, paré de cette popularité si fraîche,
02:31n'est sûrement pas un bouclier contre l'émotion de censure.
02:33Alors, justement, il y a 15 mois, Emmanuel Macron avait 10 sous pour clarifier.
02:36On se souvient du terme employé.
02:38On n'en finit pas d'en mesurer les conséquences désastreuses.
02:40Oui, mais tout de même, quel artiste ?
02:42Parce que l'hémicycle est une œuvre d'art, au fond.
02:45C'est le tableau de Géricault, c'est le radeau de la Méduse, tiré d'un fait divers.
02:49Vous savez, après le naufrage d'une régate,
02:50les survivants avaient pendant des jours surnagé sur une planche de bois,
02:54au milieu d'une mer houleuse et sans rivage,
02:56où ils s'étaient entretués et même cannibalisés pour survivre,
02:59avant le sauvetage qui les avait sortis de l'enfer.
03:02En fait, il y avait une fin qu'on ne voit pas cette fois.
03:05Comment ramener le calme dans l'hémicycle ?
03:07Pousse, le paillé a besoin d'un budget avant la fin de l'année.
03:10Mais comment faire quand dans l'hémicycle, il y a trois tiers,
03:13dont chacun déteste les deux autres,
03:15et qu'au sein même de chaque tiers, on se divise déjà ?
03:17Alors, le Président de la République va recevoir cet après-midi à 14h30
03:20les chefs de partis, à l'exception de LFI et du RN.
03:23Oui, du RN, crédité maintenant de 36% d'intention de vote
03:26et qui réclame une dissolution.
03:28Marine Le Pen qui a voté contre Barnier, contre Bayrou,
03:31votrera contre le nouveau Premier ministre, quel qu'il soit.
03:34Et là, elle a bien prévenu.
03:35Donc, le Président ne la reçoit pas.
03:36Le Président veut garder la main,
03:38mais que va-t-il dire à ceux qui le reçoivent ?
03:41Les appeler à la raison quand lui a démontré
03:43qu'il était bien déraisonnable ?
03:44Il faut imbulger, mais à quel prix ?
03:47Suspendre la réforme des retraites ?
03:49S'enfoncer encore dans la crise économique pour ménager la gauche ?
03:52Qui est tout de même, rappelons-le, à l'origine des grands maux dont souffre le pays ?
03:57Le passage de la retraite de 65 à 60 ans a été la rupture la plus dévastatrice,
04:02d'autant plus qu'une génération entière qui s'est vue outroyée d'un trait de plume,
04:06cinq années de loisir.
04:08On a démontré là, puisqu'on était vieux à 60 ans,
04:11on pouvait même partir en pré-retraite à 55 ans.
04:14Et la deuxième faute majeure, ça a été les 35 heures
04:17qui ont acté la fin de la culture du travail comme valeur centrale.
04:21Alors oui, un Premier ministre de gauche, peut-être,
04:24mais alors pour quoi faire ?
04:26Signature Europe 1, Catherine Né.
04:28Merci beaucoup Catherine.
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