00:00Nous retrouvons l'invité d'ici matin pour revenir sur Azik Pelé sur l'actualité politique.
00:04Feuilleton qui nous occupe depuis le début de la semaine entre démission, risque de dissolution et nouvelle nomination à venir.
00:09L'Elysée devrait nommer effectivement un nouveau Premier ministre d'ici 48 heures après la fin de mission du démissionnaire Sébastien Lecornu.
00:17Une crise qu'on va tenter de décrypter avec une femme politique. Bonjour Geneviève Fioraso.
00:22Bonjour.
00:23Merci beaucoup d'être avec nous dans ce studio ce matin.
00:25ancienne députée de l'ISER, je le rappelle, ancienne ministre aussi sous François Hollande.
00:31La dissolution a donc été évitée, pour le moment en tout cas, semblant d'accord annoncé hier par Sébastien Lecornu.
00:38Qu'est-ce que vous en pensez-vous ? Est-ce que c'est une bonne nouvelle ?
00:41Que la dissolution soit plus à l'ordre du jour, pour l'instant, parce que ce que vous appelez un feuilleton, en réalité c'est une crise.
00:50Et puis chaque épisode nous surprend davantage, et pas forcément de façon positive.
00:56Je crois que le baron noir, c'est la bibliothèque rose par rapport à ce qui se passe actuellement.
01:01Le baron noir, une série, donc elle se passe en plus.
01:03Et voilà, une série un peu sombre.
01:05Et je pense qu'il faut que chacun reprenne ses esprits et le sens de ses responsabilités.
01:10Ce qui compte, c'est la France et les Français.
01:13Et la France en Europe, et la France dans le monde.
01:15Donc que la dissolution soit reportée, c'est une bonne chose.
01:18Et je souhaite que ça amène les parlementaires et le Parlement à se saisir d'abord de l'urgence du montage d'un budget.
01:26Parce que ça conditionne la vie des Français, ça conditionne l'emploi, la santé.
01:31Mais vous croyez-vous à un compromis possible ?
01:35Je crois que sur ce point, il y a une discussion parlementaire qui peut se faire en profondeur.
01:41Et je souhaite qu'elle se fasse.
01:42Alors elle se fera en dehors de ceux qui, aux deux extrêmes, hystérisent le débat.
01:50Et n'ont qu'une envie, c'est de passer aux élections présidentielles.
01:53Parce que le Rassemblement National dit qu'ils vont faire censure jusqu'à la dissolution.
01:58Qu'ils appellent de leur vœu depuis longtemps.
02:00Il y a de la place entre le Rassemblement National et LFI.
02:04Et je souhaite qu'on acquiert petit à petit cette culture du compromis.
02:08On est objectivement face à trois blocs.
02:11Personne n'a la majorité, même pas la majorité relative.
02:14Si on veut éviter une montée du Rassemblement National, clairement, puisque ce sont les projections qui s'avèrent,
02:23en cas de dissolution, il faut absolument que chacun acquière cette culture du compromis.
02:30Moi, je ne crois pas aux grands jours.
02:33On a vu ce que donnaient les grands jours et les matins et les réveils arrivent souvent à une dictature.
02:42Donc, si on remisait un peu le populisme, les messages, les postures, si on pensait un peu moins présidentielles,
02:49si on pensait un peu plus aux Français, à l'intérêt des Français et à l'image quand même de la France dans le monde,
02:54il n'y a plus beaucoup de démocratie dans le monde.
02:56Moi, je l'ai vu quand j'ai terminé, je suis allée dans 35 pays parce qu'il y a beaucoup d'accords de recherche.
03:02Heureusement, ça reste un domaine où l'universalité existe encore, même quand des nations font la guerre.
03:07Et j'ai vu à quel point il y avait peu de démocratie laïque.
03:10Je pense que presque une main y suffirait.
03:13Donc, défendons notre démocratie laïque et défendons l'Europe pour que nos valeurs progressistes puissent persister.
03:24Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas changer les choses.
03:26Je pense qu'il faut changer des choses dans la démocratie.
03:29Il faut davantage de justice sociale, un certain nombre de mesures, notamment fiscales.
03:34Pas sur la fiscalité de la production des entreprises, pas sur le patrimoine de production,
03:39mais sur la fortune personnelle des ultra-riches, je pense que là, il y a un signe très très fort à donner.
03:45Et je souhaite qu'on le donne vraiment.
03:477h48. Notre invité ce matin, c'est Geneviève Fiorazot, ancienne députée de l'ISER,
03:51ancienne ministre socialiste de la recherche et de l'enseignement supérieur,
03:54qui revient avec vous sur la crise politique, Soazic Pelé.
03:56Vous avez parlé d'un compromis qui devrait exister en dehors des extrêmes.
04:02Selon vous, qui êtes ancienne ministre socialiste,
04:05quelle est la place de la gauche tout de même dans ce gouvernement futur, dans ce compromis ?
04:12On sait que le PS appelle à occuper Matignon. Qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
04:16Ce qu'on voit surtout, c'est que les partis eux-mêmes sont traversés par des contradictions.
04:22C'est ça la difficulté.
04:23Il y a des fractures au sein même des partis.
04:25Voilà, il y a des fractures au sein, je mets de côté les deux extrêmes,
04:29mais au sein des partis, on va dire, racistes, ou même de droite,
04:36il y a des fractures.
04:37C'est évident et c'est ce qui empêche justement d'avoir des positions plus raisonnables
04:43et puis surtout davantage bénéfiques aux Français.
04:48Quand on fait des compromis, ça veut dire qu'on n'impose pas,
04:50comme ça avait été fait par le leader de la LFI,
04:52on ne dit pas, c'est 100% de mon programme et on appliquera 100% de mon programme.
04:57Je crois que ce type de posture, ça amène tout droit à des régimes pas tellement démocratiques.
05:02Donc c'est compliqué d'entendre le patron du PS dire aujourd'hui,
05:04il faut que ce soit moi à Matignon ?
05:07J'espère qu'il ne dit pas, il faut que ce soit moi à Matignon,
05:09parce que ça, ça veut dire que c'est un destin personnel.
05:12Et là, on est vraiment dans une réflexion qui doit être une réflexion collective
05:15et au service des Français.
05:16Donc moi, ça ne me gênerait pas du tout qu'un socialiste, quelqu'un de gauche,
05:22au contraire, c'est ma culture, c'est là que j'ai été formée,
05:26ce sont des valeurs que j'ai défendues, soit aujourd'hui Premier ministre.
05:31Mais je crois que l'urgence, c'est vraiment le budget.
05:33Et l'urgence, c'est d'avoir un débat parlementaire démocratique
05:37et peut-être d'instaurer une autre relation aux citoyens.
05:40Merci beaucoup Geneviève Fiorazot d'avoir été dans ce studio avec nous,
05:45ancienne députée de l'ISER, je le rappelle, et ancienne ministre.
05:48Merci beaucoup et bonne journée.
05:49Merci à vous et pensons à Robert Madinter aujourd'hui,
05:52parce que c'était une personnalité absolument formidable.
05:55Et il entrepanthéon aujourd'hui, on le rappelle.
05:57Merci à vous.
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