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  • il y a 5 mois
Revoir la prise de parole de Sébastien Lecornu ce matin depuis Matignon après avoir présenté sa démission au président Emmanuel Macron - VIDEO

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Transcription
00:00Je suis heureux. Les deux interventions s'entrechoquent. Sébastien Lecornu en direct de Matignon.
00:04Une nouvelle fois aux Françaises et aux Français avec quelques mots spontanés au moment où j'ai remis la démission du gouvernement.
00:13Être Premier ministre est une tâche difficile, sans doute encore un peu plus difficile en ce moment,
00:20mais on ne peut pas être Premier ministre lorsque les conditions ne sont pas remplies.
00:23Depuis trois semaines pourtant, j'ai bâti, tenté de bâtir les conditions pour lesquelles nous pourrions faire adopter un budget pour la France,
00:33pour l'État, mais aussi pour la sécurité sociale et répondre à quelques urgences importantes qui ne peuvent pas attendre 2027, l'élection présidentielle.
00:42Je ne veux pas toutes les citer, mais on le sait. Sécurité du quotidien, les questions liées au pouvoir d'achat et au travail,
00:47la Nouvelle-Calédonie, les armées, dans un contexte international difficile, étant autre sujet.
00:55Depuis trois semaines, ma parole a été rare et j'ai tenté de construire un cheminement avec les partenaires sociaux,
01:03forces patronales, forces représentant les syndicats salariés, notamment sur des sujets qui ont pu faire l'objet de blocages
01:10depuis maintenant de nombreuses semaines, voire pour certains sujets. Je pense au travail retraité, pardonnez-moi,
01:18pénibilité aux femmes, aux carrières longues, des sujets qui sont parfois bloqués depuis plus de 20 ans
01:22et sur lesquels nous étions en train d'avancer sur des solutions concrètes, sur l'assurance chômage,
01:30sur le financement de notre sécurité sociale et permettre au fond des deux manifestations qui s'étaient tenues dans le pays
01:36tout au long de ce mois de septembre d'être capables de refaire vivre le paritarisme et la démocratie sociale.
01:42Ce temps, je l'ai aussi consacré avec les formations politiques du socle commun pour bâtir une feuille de route,
01:48mais aussi évidemment de l'opposition, puisque c'est elle qui décide en grande partie du sort et de l'avenir
01:53non seulement du gouvernement, mais aussi du pays à travers l'adoption ou non d'un budget.
01:58Ces consultations officielles, parfois plus discrètes, nous ont permis d'avancer sur un certain nombre de sujets.
02:08Je l'avais dit vendredi matin, dans le secret du bureau, les langues se délient et les lignes rouges deviennent oranges
02:14et parfois vertes, avec parfois évidemment quelques lignes qui bougent sur l'assurance chômage,
02:22sur la question de la justice fiscale ou encore sur la question des retraites.
02:29Avec néanmoins toujours ce sentiment que la ligne se recule à chaque fois que nous avancions,
02:34mais de cela aussi, j'y reviendrai dans un instant.
02:37Et puis j'en suis arrivé à la conclusion vendredi dernier qu'au fond, le Parlement devait toujours avoir le dernier mot,
02:44que l'article 49 à ligne A3 de la Constitution était un moyen de contraindre sa majorité,
02:49dans l'esprit du constituant, notamment de Michel Debré et du général de Gaulle,
02:54et que cela ne servait à rien de donner l'impression que les débats n'iraient pas jusqu'au bout.
03:01En ce lundi matin, les conditions n'étaient plus remplies pour que je puisse exercer ces fonctions de Premier ministre
03:08et permettre au gouvernement d'aller devant l'Assemblée nationale demain.
03:12Pour trois raisons. La première, c'est que précisément ces formations politiques ont fait mine parfois de ne pas voir
03:20le changement, la rupture profonde que représentait le fait de ne pas se servir de l'article 49 à ligne A3 de la Constitution.
03:28C'est-à-dire qu'au fond, il n'y avait plus de prétexte pour une censure préalable.
03:32En tout cas, il n'y avait plus de prétexte pour faire que les parlementaires refusent de faire leur métier de parlementaire,
03:39c'est-à-dire de discuter la loi, de l'amender, et le cas échéant, de voter ou non un texte.
03:47Et cette rupture, je le dis, elle a été soulignée par un certain nombre d'observateurs, d'acteurs de la vie politique,
03:52certains opposants d'ailleurs qui le demandaient historiquement,
03:56mais elle n'a pas permis ce choc de se dire, on peut faire différemment et on peut construire les choses différemment.
04:03La deuxième des choses, c'est que les partis politiques continuent d'adopter une posture
04:11comme s'ils avaient tous la majorité absolue à l'Assemblée Nationale.
04:16Et au fond, je me suis retrouvé dans une situation dans laquelle j'étais prêt à des compromis,
04:20mais chaque parti politique veut que l'autre parti politique adopte l'intégralité de son programme.
04:26C'est vrai des formations parfois du socle commun, c'est vrai aussi des oppositions.
04:30Or, nous l'avons dit, pas de coalition large, c'est un choix qui a été fait par les différentes formations politiques de l'opposition,
04:37de ne pas venir avec le socle commun au gouvernement, mais de permettre les débats et d'organiser ensuite les compromis,
04:42sachant que les compromis ne sont pas la compromission.
04:45Mais pour cela, évidemment, il faut changer d'état d'esprit et ne pas vouloir appliquer l'intégralité de son projet et de son programme.
04:53La troisième des choses, c'est que la composition du gouvernement au sein du socle commun n'a pas été fluide.
05:00Et a donné lieu au réveil de quelques appétits partisans, parfois non sans lien, c'est d'ailleurs très légitime,
05:07avec la future élection présidentielle.
05:10Je le dis, ou je le redis, si ce moment est le moment le plus parlementaire de la Ve République,
05:19en aucun cas il faut revoir vivre ici les mauvais moments de la Ve République.
05:24Et que donc, par définition, la construction d'un gouvernement se fait en fonction de la Constitution,
05:30sur proposition du Premier ministre, nommé par le Président de la République.
05:36Le dernier message que je veux dire aux Français, c'est qu'au fond, et c'est un message véritablement d'espoir et d'optimisme,
05:43de caractère, je ne le suis pas toujours, mais suffirait de peu pour que ça fonctionne.
05:48J'avais dit ici même, on va y arriver, et je veux le redire, dans le secret des échanges que j'ai pu avoir,
05:53il suffirait de peu pour que l'on puisse y arriver.
05:56En étant plus désintéressé, pour beaucoup, en sachant aussi faire preuve d'humidité,
06:03peut-être aussi un peu parfois d'effacement de certains égaux,
06:08et je me suis employé, en tout cas je l'espère, à le faire.
06:11Ensuite, toujours avoir le sens de l'intérêt général et du fond.
06:15Ce qui compte, c'est ce qu'on va faire, en ayant l'humilité de considérer que certaines choses peuvent être faites avant 2027,
06:21d'autres choses seront faites ensuite, pendant le débat de l'élection présidentielle.
06:26Et au fond, il y a beaucoup de lignes rouges, dans la bouche de beaucoup, en tout cas de certains, pas de tous, pas de tous.
06:33Il y a rarement des lignes vertes.
06:35Or, le principe même de bâtir un compromis entre les formations politiques,
06:39c'est d'être capable justement de conjuguer des lignes vertes,
06:42et de tenir compte d'un certain nombre de lignes rouges.
06:45Mais on ne peut pas être dans les deux extrêmes,
06:48et certaines formations politiques de l'opposition l'ont compris,
06:52et je tiens à les remercier.
06:53Désormais, il faut que l'on puisse avancer, en tout cas,
06:56que celles et ceux qui veulent trouver un chemin pour le pays puissent avancer.
07:00Et le dernier point, et je le dis avec respect,
07:04moi qui suis un militant,
07:07qui, au fond, gravit les marches de la méritocratie républicaine,
07:12grâce à l'élection, comme maire, comme président de département,
07:15comme sénateur, je suis un militant,
07:17et j'ai du respect pour celles et ceux qui s'engagent.
07:20Mais il faut toujours préférer son pays à son parti,
07:23et il faut savoir écouter ses militants,
07:25mais toujours penser aux Françaises et aux Français.
07:28Merci à toutes et à tous. Je vous remercie.
07:30Sébastien Lecornu, donc, ministre démissionnaire,
07:36premier ministre démissionnaire, qui vient de prendre la parole.
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