00:00Aujourd'hui, France Music Airlines vous propose un petit tour d'avion avec deux légendes du cinéma,
00:05Meryl Streep et Robert Redford.
00:09En 1985, sortez au cinéma Out of Africa, film de Sidney Pollack,
00:14adapté du roman autobiographique La Ferme Africaine, de l'écrivaine danoise Karen Blixen.
00:19Une magnifique histoire d'amour se déroulant au Kenya,
00:22entre une Meryl Streep jouant le rôle d'une noble délaissée par un mari volage
00:26et un chasseur aventurier incarné par Robert Redford.
00:30Une romance interdite, qui obtient pas moins de 7 Oscars en 1986,
00:35dont celui de Meilleure Musique, une bande originale signée John Barry,
00:39compositeur anglais à qui l'on doit la musique de quelques 11 James Bond, dont Goldfinger.
00:49On lui doit aussi le thème culte que vous connaissez certainement de la série Amicalement Votre.
00:56Ou encore la musique de Midnight Cowboy.
01:05Dans Out of Africa, John Barry, en revanche, nous rappelle son amour pour la musique symphonique.
01:10Il écrit là une partition classique, intemporelle, qui incarne plusieurs choses.
01:15Tout d'abord, l'amour des deux personnages, mais aussi leur beauté, ainsi que celle des paysages kenyans.
01:21En parlant de paysages, rappelons-nous de cette scène mythique, ce moment où l'avion justement s'envole.
01:27On peut entendre des notes de cordes derrière, qui évoquent tout autant, avec leur note tenue, l'horizon infini du paysage,
01:33mais aussi peut-être le moteur de l'avion, qui ronronne.
01:36Et puis, par-dessus, vous entendez un appel de corps, qui lui aussi est immense.
01:40Il est construit sur un très grand intervalle, une sixte ascendante.
01:43Puis, John Barry nous fait entendre une harmonie très romantique, très amoureuse, pourrait-on dire.
01:52Au lieu de jouer un accord de Mi majeur qui s'enchaîne sur un accord de La majeure, très classique,
01:57bien John Barry fait enchaîner un accord de Mi majeur avec un accord de La mineure, un peu plus sombre.
02:03Et c'est ça qui apporte tout l'amour dans cette partition.
02:06C'est un procédé, le quatrième degré minorisé, qu'on retrouve dans plein de chansons d'amour.
02:09« Don't Look Back in Anger » d'Oasis, « Crip » ou encore « No Surprises » de Radiohead.
02:24Vous voyez comment l'harmonie choisie par John Barry nous dit quelque chose,
02:27de l'amour entre les deux personnages qui ne parlent pas dans cette scène.
02:30Mais ce thème n'est pas le seul que Barry compose pour « Out of Africa ».
02:34Poursuivons notre vol.
02:39Ce que l'on a entendu précédemment n'était que l'introduction, la rampe de lancement, selon John Barry, de toute sa musique.
02:46La rampe de lancement du thème principal du film, incarné là encore par des corps.
02:51Une mélodie magique, la clé, selon John Barry, de toute la musique de son film.
02:55Un thème, pour John Barry d'ailleurs, c'est la base de toute bonne musique.
02:59C'est à partir d'une bonne mélodie que tout le reste vient.
03:01Mais John Barry n'est pas le seul compositeur à l'honneur dans « Out of Africa ».
03:15On peut entendre également des musiques traditionnelles kenyanes,
03:19et puis celle d'un compositeur plus ancien, plus classique.
03:22Lui a vécu au 18e siècle.
03:24Vous avez entendu au début de la séquence ces quelques notes de clarinette.
03:31Elles proviennent tout droit d'une pièce du 18e siècle.
03:34C'est le mouvement lent du concerto pour clarinette en A majeur de Mozart.
03:38Et oui, si vous avez vu le film, vous savez que le personnage joué par Robert Redford, Dennis,
03:47écoute souvent du Mozart sur un vieux gramophone qui l'emporte avec lui.
03:51Un thème poignant, là encore, signé Mozart donc.
03:54Une musique qui touche au cœur, comme celle de John Barry,
03:57à qui je laisse le mot de la fin et ce témoignage qui explique certainement
04:00le succès de sa musique et de celle de Mozart d'ailleurs tout autant.
04:05On a beau étudier, on a beau passer des années sur les bancs des facultés
04:09à étudier la musique et apprendre des choses, de grands principes,
04:13moi, celui que j'ai toujours poursuivi, c'est celui d'écouter et de me mettre à la place du spectateur.