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00:00Il est 16h15, Elisabeth Assayag est avec nous, Georges Fenech, Eliott Deval, Gauthier Le Brette, Olivier Guenek,
00:05Pascal Pierre Garbarini nous a rejoint, il est avocat pénaliste, je vous rappelle que Nicolas Sarkozy a été condamné à 5 ans de prison,
00:11une peine politique, c'est la question qu'on peut se poser, mais on aura tout à l'heure ce débat.
00:14Moi ce qui m'intéresse dans un premier temps, c'est la pure analyse judiciaire.
00:18Et je posais la question il y a un instant à Gilbert Collard, qu'est-ce que vous feriez si vous étiez l'avocat de Nicolas Sarkozy ?
00:26Je vous pose la même question, Pascal Pierre Garbarini, quels sont ses moyens de défense d'ici le 13 octobre ?
00:32Déjà, en premier lieu, il convient qu'il relève appel immédiatement, c'est-à-dire cet après-midi, le greffe est ouvert,
00:41il faut qu'il relève appel de la décision qui a été rendue, ça c'est pour le fond de l'affaire,
00:47c'est-à-dire pour contester la condamnation dont il fait l'objet, c'est-à-dire l'association de malfaiteurs, ça c'est le premier point.
00:54Ensuite, il est convoqué à compter du 13 octobre, donc le 13 octobre, d'après ce que j'ai compris, il va être mis sous écrou,
01:02c'est-à-dire qu'il va rentrer en prison.
01:04À compter de cette date du 13 octobre court le délai de 4 mois dans lequel la cour d'appel doit se réunir pour examiner à nouveau l'affaire sur le fond,
01:18c'est le premier délai, qui ne commence à courir qu'à compter de la mise en détention.
01:22Qu'est-ce que vous appelez la cour d'appel sur le fond, le nouveau procès ?
01:25Le nouveau procès.
01:26Il n'y a que 4 mois ?
01:274 mois.
01:27Pourquoi ?
01:284 mois parce qu'il est détenu.
01:30Ah donc il sera jugé sur le fond une deuxième fois entre le 13 octobre et le 13 février ?
01:36Absolument, sauf, c'est-à-dire il doit comparaitre le 13 février, maintenant c'est une obligation à ce qu'il y ait une réunion, si je puis dire une audience devant la cour d'appel,
01:50et la cour d'appel souvent n'a pas son calendrier qui est prévu pour juger cette affaire, donc elle renvoie pour un nouveau délai de 4 mois.
01:59Donc ça peut durer ?
02:01En général, ça peut durer 8 mois.
02:03C'est énorme 8 mois en prison ?
02:05Bien sûr, alors ça c'est sur le fond.
02:07En revanche, le 13 octobre, il a la mise sous écrou, dès le 13 octobre, il a la possibilité de faire une demande de mise en liberté,
02:18qui sera jugée devant cette cour d'appel, qui va ensuite examiner le fond.
02:23Donc il faut que ses avocats, mais ils vont vraisemblablement le faire, préparent d'ores et déjà la requête pour qu'elle soit déposée.
02:31Il est incarcéré le 13 octobre à 14h, à 16h il dépose la requête au greffe de la cour pour demander la mise en liberté.
02:39Les observateurs ont souligné que les chefs d'inculpation tombaient, ou de mise en examen, pardonnez-moi, tombaient.
02:47Il y en avait 3 sur 4 qui sont tombés, notamment la corruption et puis le financement illégal.
02:53Et malgré cela, la peine est particulièrement forte.
02:57Et cette peine est assortie en plus de l'exécution provisoire.
03:02Quelle est votre réaction, votre analyse judiciaire de ce jugement ?
03:06Alors c'est compliqué, c'est compliqué puisque moi je ne connais pas le dossier, je ne le connais qu'au travers des articles de presse que j'ai lus.
03:16Mais déjà on va parler de la peine.
03:20Moi ce qui me scandalise en tant qu'avocat, c'est se prononcer de l'exécution provisoire.
03:26En fait, à quoi ça sert d'aller en appel ?
03:31Puisque déjà on te met en prison.
03:32Mais c'est la loi, ça c'est ce que disait Gilbert Collard tout à l'heure, c'est les parlementaires qui ont fait n'importe quoi.
03:39Mais bien sûr, parce que les parlementaires ont eu la vue courte, si je puis dire.
03:45Puisqu'en fait ils n'ont pas analysé, c'est-à-dire à quoi sert le second degré de juridiction.
03:49Une décision, la décision telle qu'elle aurait dû être, selon moi, dans le cadre d'une décision de culpabilité.
03:55C'est que si le tribunal décidait de reconnaître coupable M. Nicolas Sarkozy, il prononçait donc la culpabilité et avec une peine, très bien, 5 ans d'emprisonnement, point !
04:09Là, il relevait appel, il comparaissait libre devant les juges du second degré, les juges d'appel.
04:17Et à ce moment-là, si la cour d'appel maintenait la culpabilité, là, à ce moment-là, il allait en prison ou non.
04:23C'est ça le droit, c'est ça la justice.
04:25Là, il est d'ores et déjà pénalisé.
04:28Il est coupable aux yeux, entre guillemets, du monde.
04:33Il va en prison, c'est-à-dire, quelle humiliation !
04:36Et ensuite, je vais revenir sur l'infraction d'association de malfaiteurs,
04:40mais je suis tout à fait d'accord avec, bien évidemment, mon éminent confrère Gilbert Collard.
04:45Mais c'est scandaleux !
04:47C'est scandaleux !
04:48Qu'est-ce qui est scandaleux ?
04:50Le fait qu'il aille en prison.
04:52Oui, j'entends bien, mais l'association...
04:53Et puis, l'association de malfaiteurs est une infraction humiliante.
04:58L'association de malfaiteurs, c'est ce qu'on utilise dans le crime organisé, dans le narcotrafic.
05:04Dans le terrorisme.
05:05Dans le terrorisme.
05:06Je ne sais pas si vous vous rendez compte.
05:09L'association de malfaiteurs, ça veut dire qu'il y a eu une concertation frauduleuse de plusieurs personnes
05:14en vue d'une infraction précise, et cette infraction, il en est relaxé.
05:22Je vous signale qu'il y en a une autre.
05:23Georges Fenech.
05:24Il y a une autre association de malfaiteurs.
05:26Puisque M. Sarkozy est mis en examen pour une autre association de malfaiteurs,
05:31avec Carla Bruni, qui est elle-même mise en examen pour l'association de malfaiteurs.
05:35Dans l'affaire, où on aurait voulu extorquer l'éritre d'action de Zia Takiadine.
05:41Pour vous dire quoi ? Pour vous dire que c'est à toutes les sauces, quoi.
05:44Comment vous expliquez également, je crois que Claude Guéant est condamné à 6 ans de prison,
05:50et pour Claude Guéant, il n'y a pas l'exécution provisoire.
05:53État de santé.
05:54Ça, c'est état de santé.
05:55Alors pourquoi 6 ans ?
05:56Ça, ça a été dit, état de santé...
06:00Oui, fort heureusement, aujourd'hui, il y a des décisions où...
06:03C'est récent, où on parle d'éthique.
06:08En disant, compte tenu de l'état de santé de la personne,
06:11l'éthique commande de ne pas jeter la personne en prison.
06:14C'est récent, ça vient d'une récente décision d'une cour d'assises.
06:19Je vais donner la parole à Gilbert Collard, qui était un homme politique.
06:22Vous, vous n'avez pas d'engagement politique.
06:24Est-ce que vous y voyez, dans ce jugement,
06:27quelque chose qui heurte l'avocat que vous êtes,
06:31qui heurte le droit,
06:32et qui vous ferait penser qu'il y a un acharnement politique,
06:36ou un jugement politique, ce que beaucoup d'entre nous peuvent penser ?
06:40Comment en douter ?
06:42Comment en douter ?
06:44C'est-à-dire que les mises en examen de M. Nicolas Sarkozy
06:50poussent comme les champignons,
06:53donc c'est quand même une première interrogation.
06:56Moi, je veux bien qu'on lui reproche des faits qu'il aurait commis,
07:01mais je trouve quand même que la ficelle est grosse,
07:04ça c'est le premier point.
07:05Le deuxième point que je relève, encore une fois,
07:07c'est, j'insiste, c'est qu'on peut reconnaître quelqu'un coupable d'une décision,
07:14mais pourquoi le priver de la présomption d'innocence,
07:17et de son second degré d'appel,
07:21puisqu'il va d'ores et déjà en prison ?
07:23C'est-à-dire que l'opinion publique, elle ne peut pas le comprendre.
07:25Là, vous allez le lire demain.
07:27Les juristes vont dire, mais comment ?
07:30Il a la possibilité de déposer des requêtes, etc.
07:33Mais, bien évidemment, mais sur le fond,
07:36ce qui nous touche à tous,
07:38on jette un président de la République,
07:40un ancien président de la République,
07:42en prison, sur une décision
07:44qui n'a pas encore l'autorité de la chose jugée.
07:47Et pour que les choses soient claires,
07:49on lui reproche, donc,
07:51d'avoir, entre guillemets,
07:52laissé faire une intention de financement de sa campagne
07:58par M. Guéant et M. Hortefeux,
08:02on dit qu'il ne pouvait pas ne pas savoir.
08:04C'est cela.
08:05Il est condamné pour ça.
08:06Mais, par définition, ce que je dis là,
08:08il n'y a aucune preuve, aucun élément matériel.
08:11Nous sommes d'accord, je ne dis pas de bêtises.
08:14Alors, ça devient effectivement compliqué.
08:16Il y a une source judiciaire,
08:18ça vient de tomber, en fait,
08:19parce que, donc, ça se précise,
08:21le 13 octobre,
08:21Nicolas Sarkozy sera convoqué par le PNF,
08:24mais ne sera pas forcément incarcéré le 13.
08:27Il le sera dans un délai relativement proche
08:30du 13 octobre.
08:31Donc, il sera incarcéré, vraisemblablement,
08:34quelques jours après le 13 octobre.
08:35Gilbert Collard qui nous écoute.
08:36Alors, c'est vrai que c'est pour ça
08:38que j'avais commencé avec Georges Fenech
08:39et qu'également Pascal-Pierre Garbarini nous a rejoint.
08:42On a besoin, parce que nous sommes béossiens en la matière
08:46et que vous êtes des professionnels du droit,
08:48on a besoin d'explications
08:49et c'est pourquoi on vous écoute.
08:51Et peut-être, Gilbert Collard,
08:53avez-vous écouté Pascal-Pierre Garbarini
08:55et avez-vous des éléments à nous apporter
08:59sur ce que nous disons ?
09:00Vous savez, tous les juristes censés
09:02feront la même analyse,
09:04en se rappelant quand même
09:05que le père fondateur du droit,
09:07Cicéron, nous enseignait
09:08que l'application excessive du droit
09:10conduit à l'injustice.
09:11Voilà.
09:13Alors, quand on donne des instruments aux magistrats
09:16pour qu'ils fassent une application excessive du droit,
09:19ils arrivent à l'injustice.
09:20Et c'est le cas dans lequel on est...
09:22Et j'ai bien peur, pour répondre à la question
09:24que vous posiez tout à l'heure,
09:25que certains juges,
09:27je ne dis pas tous,
09:28mais que certains juges
09:29fassent une indigestion morale de petits poids.
09:32rappelez-vous l'époque où Sarkozy
09:34les avait comparés à des petits poids.
09:37Je crains qu'il ait provoqué
09:39une détestation chez certains juges
09:42parce que cette décision
09:44ne peut pas s'expliquer autrement
09:47que par une forme larvée de...
09:51Lui, il parle de haine.
09:52Moi, je ne sais pas s'il y a de la haine,
09:54mais il y a forcément
09:55un parti pris de détestation de la personne.
09:59Quand on voit l'exécution provisoire,
10:03alors qu'il n'y a pas de raison juridique,
10:05objective, technique,
10:07sur des faits en plus,
10:08vieux de 13 ans, je crois.
10:09Il n'y a pas de raison
10:10de prononcer une exécution provisoire.
10:12Gilbert Collard, je vous interromps
10:13parce qu'il y a une alerte et l'enlèvement
10:16et je souhaiterais que nous l'entendions
10:18le plus rapidement possible.
10:20A tout de suite.
10:21Nous sommes avec Elisabeth Assayag,
10:23avec Georges Fenech,
10:24avec Eliott Deval,
10:25avec Gauthier Le Bret,
10:26avec Olivier Guenek.
10:27Nous sommes en direct au téléphone
10:28avec Gilbert Collard,
10:30avocat, ancien député
10:31du Rassemblement National
10:32et puis Pascal-Pierre Garbarini,
10:34avocat pénaliste également,
10:36et dans ce studio.
10:37Alors, on a, je crois,
10:39fait le tour
10:39de l'aspect purement judiciaire.
10:43On va peut-être commencer
10:45à entamer les réactions politiques.
10:47Écoutons quand même,
10:48avant cela, Nicolas Sarkozy,
10:50puisqu'il a pris la parole
10:51à la sortie du tribunal.
10:52Il ne prendra pas la parole
10:53ces prochaines heures, a priori.
10:55Il réfléchit à une intervention
10:56qu'il pourrait faire par écrit
10:58dans un quotidien,
11:00ces prochains jours,
11:02ces prochaines heures.
11:04Écoutez ce qu'il a dit,
11:05c'était vers 13h30.
11:07Depuis toutes ces années,
11:08j'ai assumé toutes mes responsabilités.
11:11Je n'ai naturellement refusé
11:12aucune audience.
11:15J'ai été mis en garde à vue.
11:17J'ai été interrogé,
11:18ausculté, examiné.
11:22De telle façon
11:23que la présidente du tribunal a dit
11:24il n'y a aucun enrichissement personnel
11:28à vous reprocher.
11:31Pas de financement illégal
11:32de ma campagne,
11:34pas d'enrichissement personnel.
11:35Et la conclusion
11:37qu'en tire le tribunal,
11:39c'est que je dois passer
11:40cinq années en prison
11:41et alors même
11:42qu'on connaît mon adresse,
11:44qu'on peut me reconnaître
11:45dans la rue,
11:46que j'ai assumé
11:47toutes mes responsabilités,
11:49le tribunal prononce
11:50l'exécution provisoire
11:52pour me voir dormir en prison
11:54le plus tôt possible.
11:56Et puis le président de la République
11:58de 2007 à 2012
12:01a évoqué la haine,
12:03la haine sans limite
12:04des magistrats.
12:05Je demande aux Français
12:06qu'ils aient voté ou non pour moi,
12:09qu'ils me soutiennent ou non,
12:11d'apprécier
12:12ce qui vient de se passer.
12:14La haine
12:15n'a donc décidément
12:18aucune limite.
12:22J'assumerai mes responsabilités,
12:26je déférerai aux convocations
12:27de la justice.
12:30Et s'ils veulent absolument
12:31que je dorme en prison,
12:34je dormirai en prison.
12:36Mais la tête haute,
12:38je suis innocent.
12:42Cette injustice
12:43est un scandale.
12:47Je ne m'écuserai pas
12:49de quelque chose
12:50que je n'ai pas fait.
12:51naturellement,
12:53je ferai appel.
12:56Sans doute,
12:56devrais-je
12:57comparaitre
12:58les monottes aux mains
12:59devant la cour d'appel.
13:03Ceux qui me haïssent
13:04à ce point
13:04pensent m'humilier.
13:09Ce qu'ils ont humilié
13:10aujourd'hui,
13:12c'est la France.
13:14C'est l'image
13:15de la France.
13:16Et si quelqu'un
13:18a trahi les Français,
13:20ce n'est pas moi.
13:22C'est cette injustice
13:23invraisemblable
13:25auquel vous venez d'assister.
13:28Je n'ai aucun esprit
13:29de revanche,
13:31je n'ai aucune haine,
13:32mais que chacun
13:33comprenne bien
13:34et l'entende.
13:35Je me battrai
13:36jusqu'à mon dernier souffle
13:38pour prouver
13:40ma complète innocence.
13:43Je vous remercie.
13:44Gilbert Collard
13:44dans des conditions
13:45si particulières,
13:47il y a une qualité
13:47évidemment d'expression
13:50chez Nicolas Sarkozy,
13:51une émotion
13:52et disons-le
13:53une très grande dignité
13:54par rapport
13:56à cette situation.
13:58Mais sur le fond,
14:00est-ce qu'il faut
14:00avoir peur
14:01de la justice
14:02en France
14:03lorsque Nicolas Sarkozy
14:05dit
14:05ceux qui ont pris
14:06cette décision
14:07ont fait du mal
14:08à la France ?
14:09Est-ce qu'il y a
14:10ou est-ce que vous percevez
14:11un danger
14:12disons-le
14:13d'une prise de pouvoir
14:14par les juges ?
14:15Elle est faite
14:17la prise de pouvoir
14:17par les juges
14:18et ça c'est la faute
14:20je m'en excuse
14:20des parlementaires
14:21des hommes politiques
14:23qui ont donné
14:24au fil du temps
14:25tous les pouvoirs
14:28sans accompagner
14:29cela
14:29d'aucune responsabilité
14:31aux magistrats.
14:32Moi j'avais proposé
14:33un statut
14:33de la responsabilité
14:34quand j'étais député
14:35évidemment
14:36vous vous en doutez
14:37on m'envoyait promener
14:38à une vitesse
14:39figurante
14:39mais il faut que
14:41tout exercice
14:42du pouvoir
14:43s'accompagne
14:43d'une responsabilité
14:44et au fil du temps
14:46les parlementaires
14:47moi je revois encore
14:48des réunions
14:49de la commission
14:50des lois
14:50où je siégeais
14:51ont donné des pouvoirs
14:52aux juges
14:53en disant
14:53mais ils adapteront
14:55le texte
14:56c'est pas la peine
14:56d'être plus précis
14:57ils peuvent prononcer
14:59des décisions immédiates
15:02sans garde-fou
15:03aucun
15:04et personne
15:05garde les gardiens
15:06voilà
15:06personne ne garde
15:08les gardiens
15:09et ça
15:10ça peut
15:10effectivement
15:11faire peur
15:12et l'exemple
15:13d'aujourd'hui
15:14fait peur
15:14qu'est-ce que les joues disent
15:15ça fout la trouille
15:16je veux remercier
15:17Gilbert Collard
15:19peut-être d'être resté
15:20avec nous
15:20durant ces 40 premières minutes
15:22et je vais me tourner
15:22vers Pascal-Pierre Garbarini
15:24avant évidemment
15:25de vous donner la parole
15:26pour davantage
15:26de commentaires
15:27qu'est-ce qui
15:28à votre avis
15:29sous-tend
15:30les décisions
15:31aujourd'hui
15:32des juges
15:32entre
15:33les voyous
15:34qu'ils doivent juger
15:35et puis
15:36les dirigeants
15:37les hommes politiques
15:38qui sont aussi amenés
15:39à juger
15:39et que je ne classe pas
15:41dans la catégorie
15:42voyous
15:43je pense que
15:45votre question
15:46elle est très pertinente
15:47parce que
15:47c'est
15:47l'observation
15:50que l'on peut faire
15:51c'est qu'aujourd'hui
15:53le message
15:54qui est passé
15:55c'est de dire
15:55la prison
15:56ce n'est pas que pour les voyous
15:58c'est le message
15:59et
16:00d'une manière
16:01une sorte d'uniformité
16:03nous avons décidé
16:04que
16:05quelqu'un
16:06qui commet
16:07entre guillemets
16:08je dis
16:08un délit
16:09ou un crime financier
16:11et bien
16:11il mérite
16:12une sanction
16:13pénale
16:14forte
16:15qui passe par
16:15la casse prison
16:16comme si c'était
16:17un voyou
16:18voilà
16:19c'est ça
16:20et
16:20la personnalité
16:23politique
16:24comme
16:25elle représente
16:26les français
16:27et bien
16:27c'est pareil
16:28si
16:29elle
16:29commet
16:30une faute
16:30ou si
16:31nous estimons
16:31qu'elle
16:31commet
16:32une faute
16:32je ne vois pas
16:33pourquoi
16:33elle aurait
16:34un statut
16:35différent
16:36que celui
16:37qui est
16:37réservé
16:38aux voyous
16:39alors
16:39cette uniformité
16:40pardonnez-moi
16:41mais ça me dérange
16:43parce que
16:43n'oublions pas
16:44que notre
16:45notre droit
16:46droit pénal
16:48il repose sur
16:49bien évidemment
16:49la peine
16:51la sanction
16:52mais également
16:52l'individualisation
16:54de la peine
16:54c'est à dire
16:55qu'est-ce qu'est
16:56l'individu
16:56qu'est-ce qu'il représente
16:58et lorsque j'entends
16:59le président
17:01Sarkozy
17:02dire
17:03qu'en effet
17:04on connait son adresse
17:05il s'est présenté
17:06à tous les actes
17:08de justice
17:08on le reconnait
17:11dans la rue
17:11donc
17:12entre guillemets
17:13comme on parle vulgairement
17:14puisqu'on parle comme des voyous
17:15est-ce qu'il va partir en cavale
17:16bien sûr que non
17:18il a tout intérêt
17:19d'ailleurs
17:19c'est l'inverse
17:20il se battra jusqu'au bout
17:22donc on sait très bien
17:23qu'il va venir en appel
17:24qu'il va apporter des arguments
17:25qu'il aura une défense
17:26donc encore une fois
17:28cette décision
17:29elle est très critiquable
17:30parce qu'elle tend vers l'humiliation
17:32voilà
17:32Elisabeth Ayag
17:34et on va ouvrir évidemment
17:35le dialogue
17:36et peut-être la polémique
17:38derrière tout ça
17:38je rebondis sur ce que vous venez de dire
17:40à deux reprises
17:41il parle d'humiliation
17:42Nicolas Sarkozy
17:43et cette humiliation
17:44on va jusqu'au bout
17:45il va aller en prison
17:47dans ce quartier
17:48apparemment
17:48ça s'appelle le quartier
17:49des vulnérables
17:50c'est ça
17:51la prison de la santé
17:52cette humiliation
17:53on la voit jusqu'au bout
17:54je ne sais pas comment ça va se passer
17:55si vous pouvez nous le décrire
17:56mais c'est une petite cellule
17:57ce n'est pas une cellule
17:58réservée aux vies
18:00les cellules forcément
18:00sont toutes les mêmes
18:01fermées
18:01où il aura une demi-heure
18:03de promenade
18:04donc des conditions
18:05l'humiliation
18:06jusqu'au bout
18:07non mais à partir du moment
18:08vous allez dans une prison
18:10la prison est la même
18:10pour tout le monde
18:11par définition
18:13mais il y a cette volonté
18:13d'humilier
18:14mais nous sommes parfaitement d'accord
18:15et nous en parlons
18:16depuis 40 minutes
18:17l'exécution provisoire
18:20d'abord est un manquement
18:22aux droits élémentaires
18:23puisqu'il y a une double juridiction
18:24dans toutes
18:25il doit y avoir
18:26une double juridiction
18:27vous ajoutez à cela
18:28en plus qu'elle ne peut
18:29même pas être contestée
18:30ce qui est quand même
18:30invraisemblable
18:31alors qu'on peut la contester
18:32aux civils
18:34oui
18:34aux civils
18:35si vous êtes condamné
18:36si on vous condamne
18:38par exemple
18:38à payer une somme d'argent
18:39avec l'exécution provisoire
18:41donc normalement
18:41vous devez la payer
18:42même si vous faites appel
18:43en revanche
18:44vous avez la possibilité
18:45de demander la suspension
18:46de l'exécution provisoire
18:47alors la question d'Elisabeth
18:48c'était une cellule
18:50qui fait 12 mètres
18:5015 mètres carrés
18:51oui c'est 10-12 mètres carrés
18:53bon
18:532 heures de promenade par jour
18:55oui 1 heure le matin
18:56et 1 heure l'après-midi
18:57possibilité d'un parloir
18:58chaque jour
18:59les parloirs famille
19:01les parloirs des amis
19:02absolument
19:03on a le droit
19:04un parloir par jour
19:05ah non
19:06il y a des horaires
19:07et il y a des jours
19:08qui sont prévus par cela
19:10ça peut être par exemple
19:11le mercredi
19:12samedi
19:13ou le lundi
19:14mercredi samedi
19:15la probabilité
19:17qu'il passe
19:19en appel
19:20en tant que prisonnier
19:22est grande
19:22elle est
19:24c'est une hypothèse
19:27qu'on ne peut pas écarter
19:28parce que lorsqu'il va passer
19:29devant
19:30les juges
19:31d'appel
19:32pour statuer
19:33non pas sur le fond
19:34mais sur
19:35la détention provisoire
19:37on peut très bien
19:38considérer
19:39que la cour
19:40estime que comme
19:41ils vont le juger bientôt
19:42ils considèrent
19:44qu'il peut d'ores et déjà
19:45rester en prison
19:45moi ce qui m'intéresse
19:48c'est l'aspect
19:48justice
19:50ou injustice
19:51je vais vous donner
19:52un cas très concret
19:53et ça rejoint
19:54ce que vous étiez
19:55en train de dire
19:55sur
19:56le juge aujourd'hui
19:58veut frapper
19:58durement
19:59celui qui considère
20:01être le voyou
20:01en col blanc
20:02Europe 1
20:03en 2019
20:03donner cette information
20:05un délinquant
20:07qui frappe
20:08un policier
20:09en moyenne
20:10les violences
20:10contre les policiers
20:11c'est en moyenne
20:12donc c'était en 2019
20:138 mois de prison ferme
20:15donc vous voyez
20:16le décalage qu'il y a
20:16on l'a vu la semaine dernière
20:18bien sûr
20:18avec Tourcoing
20:19on avait effectivement
20:20un policier tabassé
20:23et on a vu
20:23deux jeunes
20:24il y en avait un
20:25qui était mineur
20:25je crois
20:26et l'autre qui ne l'était pas
20:27mais Jawad
20:28le logeur des terroristes
20:29du 13 novembre
20:29a fait 4 ans de prison
20:30et on condamne
20:31Nicolas Sarkozy à 5
20:32vous logez des terroristes
20:34vous prenez moins de prison
20:35qu'un ancien président
20:36de la république
20:36sans aucune preuve formelle
20:38parce que c'est quand même
20:39ce qu'il faut dire
20:39ça n'a pas été assez souligné
20:41le tribunal a dit quoi
20:42aujourd'hui
20:43qu'il n'y avait pas
20:43de financement
20:44de la campagne
20:45de Nicolas Sarkozy
20:45par monsieur Kadhafi
20:47qu'il n'y avait pas
20:48de pas de financement
20:49libyen
20:49qu'il n'y avait pas
20:50de pacte de corruption
20:51que le document produit
20:52par Mediapart
20:53était un faux
20:54donc j'entendais ce matin
20:55à partir du moment
20:56où il y a eu un supplice chinois
20:57parce que j'imagine même
20:58qu'il y a dû avoir
20:59une forme de soulagement
20:59dans le clan Sarkozy
21:01quand le tribunal dit
21:02il n'y a pas eu
21:03de financement libyen
21:04là on peut se dire
21:05du côté du clan Sarkozy
21:06on ne va pas avoir
21:07les 7 ans de prison
21:08qui ont été requis
21:09peut-être même pas
21:09de prison ferme
21:10c'est ce que j'entendais
21:10sur tous les plateaux
21:11et là boum
21:12ça tombe
21:135 ans de prison ferme
21:14alors pourquoi
21:14il y a 5 ans de prison ferme ?
21:16parce que évidemment
21:17c'était un crash
21:18pour le parquet national financier
21:19qui a engagé
21:20des millions d'euros
21:21pour dire Nicolas Sarkozy
21:22a fait financer sa campagne
21:23par monsieur Kadhafi
21:25alors que non
21:25c'était un crash
21:26pour Mediapart
21:27qui a fait des centaines
21:29d'articles
21:29pour ça on s'en fichait
21:31la justice peut se moquer
21:33de Mediapart
21:35bah visiblement pas
21:36le parquet financier
21:37c'est différent
21:38donc c'est à dire
21:39qu'on n'a pas
21:40de financement libyen
21:41on n'a pas de pacte
21:42de corruption
21:42on n'a pas de documents
21:44on n'a pas trouvé l'argent
21:45mais on met Nicolas Sarkozy
21:46en prison
21:46pour une intention
21:47ça fait 2 fois
21:48qu'il est condamné
21:49pour une intention
21:50et la première fois
21:51c'est après
21:51à l'avoir écouté
21:52avec son avocat
21:52il ne faut pas balayer
21:53l'aspect médiatique
21:54n'est pas à balayer
21:55quand même
21:55d'un revers de main
21:56pendant l'entre-deux-tours
21:57ils ont publié
21:58Sarkozy Kadhafi
21:59la preuve du financement
22:00on est en avril 2012
22:0116h44
22:02vous restez évidemment avec nous
22:04c'est un sujet
22:04qui passionne
22:06qui passionne
22:07et qui nous inquiète
22:08forcément
22:09à tout de suite
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