- il y a 4 mois
Guillaume Diop, danseur étoile de l’Opéra de Paris, qui joue dans “Giselle” les 18, 23, 28, 30 octobre, est l'invité de notre Grand Portrait du jour. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-jeudi-25-septembre-2025-7331404?bfdg
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00:00Guillaume Diop est le premier danseur étoile noir de l'Opéra de Paris.
00:04Il a été promu étoile à 23 ans, sans passer par le grade de premier danseur, une rareté.
00:11Ce qui fait de lui à la fois un symbole et un très grand danseur.
00:15Cette semaine, le musée Grivain a inauguré sa statue de cire, symbole.
00:20Cet été, il a été choisi pour danser sur les toits lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris, symbole.
00:27Mais quand il jette, quand il porte, quand il brise, quand il biche, quand il développe, quand il chasse, quand il glisse, quand il pointe, quand il valse, quand il s'envole, croyez-vous qu'il soit un symbole ?
00:40Quand le public se soulève, que le tonnerre de la claque retentit avec ses ouras et ses cris, quand il arrive trempé de sueur au devant de la scène, croyez-vous qu'il soit un homme noir ?
00:50Non. Il est l'un des plus grands athlètes au monde, matinée d'un poète, qui demande à ses muscles de raconter une histoire, comme on le fait depuis des siècles.
00:59Il est un corps tout entier porté par une âme. Il est un danseur, rien qu'un danseur. Portrait numéro 19.
01:06Alors, ça va ?
01:11Bonjour.
01:11Bonjour Guillaume Diop.
01:13Merci. Je suis déjà très ému par cette introduction. Merci beaucoup.
01:18Est-ce que je devrais dire bonjour mon prince ?
01:20Je ne sais pas.
01:22Vous êtes voué à jouer quand même, là, dans les 20 prochaines années, des rôles de prince.
01:28Beaucoup de princes, beaucoup de ducs, beaucoup de chevaliers. Est-ce que le petit garçon qui allait devenir danseur classique avait idée qu'il allait devenir le prince charmant ?
01:41Il espérait en tout cas.
01:42Il espérait ? Il avait envie d'avoir le beau rôle.
01:45Il avait envie d'avoir le beau rôle quand même. Il avait envie d'être Roméo, d'être le prince Siegfried. Donc oui, quand même.
01:52Il en rêvait.
01:58Alors, le 18, le 23, le 28 et le 30 octobre au Palais Garnier à Paris, vous redevenez Albrecht dans Gisèle.
02:13Évidemment, rôle très important pour vous puisque c'est au soir de ce rôle-là que vous avez été sacré étoile.
02:20Mais j'aimerais que vous nous racontiez. Vous êtes de ces danseurs dotés de très longues jambes et de très longs bras.
02:26Qu'est-ce que ça vous aide à accomplir techniquement ?
02:30Avoir des très grandes jambes et de très grands bras, c'est à la fois une qualité et aussi une forme de défaut.
02:37Parce que du coup, c'est très difficile de les contrôler.
02:40À l'école de danse, j'avais beaucoup de mal à trouver mon centre.
02:45Parce que du coup, il y a beaucoup de choses qui partent très loin de mon centre.
02:49Mais une fois qu'on les contrôle, je pense que ça sert et techniquement et artistiquement.
02:56C'est parce que ça permet d'avoir beaucoup d'envergure et aussi de raconter des choses de façon plus ample.
03:01Ce n'est pas la plastique idéale de notre esthétique à nous, de la danse, des arabesques, de ces musculatures effilées.
03:10C'est-à-dire que si on prend les Russes, ils sont plus petits, plus musculeux.
03:13Vous n'avez pas le corps parfait ?
03:16Je ne sais pas, oui.
03:18D'une certaine manière, oui.
03:19Je pense que c'est une esthétique qui plaît et qui est efficace, on va dire.
03:24Est-ce que vous êtes une étoile, vous avez 25 ans, est-ce que vous êtes au sommet techniquement ?
03:30Ou est-ce que votre courbe d'apprentissage n'est pas terminée ?
03:34Moi, je pense que la carrière d'un danseur fait qu'il n'y a pas vraiment de sommet.
03:40Parce que j'ai l'impression que physiquement, je pense que je suis vraiment en très grande forme.
03:46Mais artistiquement, j'ai encore plein de choses à découvrir et à développer.
03:50Et du coup, on dit souvent que ce qui est compliqué dans la carrière d'un danseur,
03:53c'est qu'on a la courbe physique qui monte, qui monte et qui descend.
03:58Et puis, on a la courbe artistique qui monte, qui monte, qui monte, qui monte.
04:01Et du coup, il y a un moment où ça descend et ça monte.
04:02Donc, c'est comme un immense paradoxe.
04:03C'est-à-dire que quand on arrive à l'âge où on a plus de maturité, plus d'épaisseur
04:07pour donner de l'émotion au rôle, pour leur donner de la chair, du vécu,
04:13en réalité, les muscles sont moins là, la résistance physique est moins là, c'est ça ?
04:18C'est ça. Après, je ne peux pas encore le dire, pour en être sûr.
04:21Peut-être qu'il y aura un miracle et que j'irai super bien physiquement jusqu'à la fin de ma carrière.
04:26Mais en tout cas, c'est ce qu'on me dit, oui.
04:27Qu'est-ce que vous avez dansé de plus difficile, Guillaume Dieu ?
04:30Le rôle le plus difficile que j'ai dansé, c'est Roméo, dans « Roméo et Juliette ».
04:35Et c'est le premier rôle que j'ai dansé à 21 ans à l'opéra.
04:39Pourquoi il est très difficile ?
04:40Parce que techniquement, c'est un rôle où le personnage de Roméo,
04:45il est tout le temps en scène à faire des pas de danse qui sont hyper difficiles,
04:50qui demandent une endurance hyper importante.
04:54Parce que c'est un personnage qui est très jeune et qui est dirigé par son amour pour Juliette,
04:59par sa joie de vivre.
05:00Et du coup, ça se voit dans la danse.
05:03Mais du coup, il faut une énergie et prendre l'espace constamment.
05:06Et puis artistiquement aussi, c'est un personnage qui traverse énormément d'émotions.
05:13Donc il y a un spectre aussi dans l'interprétation à explorer qui est immense.
05:17Et c'est ça qui le rend très difficile, mais aussi passionnant.
05:36C'est ça, être nommé étoile.
05:43C'est être capable de tenir physiquement ce que vous venez de raconter,
05:47c'est-à-dire trois heures de ballet,
05:49d'effectuer de merveilleux pas de deux avec sa partenaire,
05:53de la porter et au moment crucial de livrer le solo parfait.
05:57Oui, je crois que c'est ça.
06:00Et puis je pense qu'être étoile, au-delà de la technique,
06:04je pense que c'est aussi une histoire d'aura et de singularité.
06:09C'est-à-dire réussir à mettre un peu de soi dans un rôle
06:12et le rendre un peu spécial.
06:17Se dire que quand je vois le Roméo et Juliette de Dorothée Gilbert,
06:20c'est le Roméo et Juliette de Dorothée Gilbert.
06:23Et je pense que c'est ça qui fait une étoile.
06:25Comment on se prépare pour un solo ?
06:27C'est un long processus.
06:29D'abord, on décortique le solo.
06:31Là, on a écouté La Belle au bois dormant.
06:33C'est un des solos les plus longs, les plus éprouvants,
06:37les plus difficiles pour les hommes, pour les danseurs.
06:40Oui, c'est un solo qui dure sept minutes.
06:43Sept minutes ?
06:43Oui, qui dure sept minutes et on est déjà en scène avant
06:46et on reste en scène après.
06:48Donc c'est vraiment un solo qui est très long,
06:50qui est très athlétique et qui émotionnellement aussi
06:53demande une vraie implication.
06:55La musique est absolument sublime.
06:58Et comment on se prépare ?
07:00D'abord, on décortique, puis après on met bout à bout
07:02et puis après on fait tout ensemble, encore et encore et encore,
07:05jusqu'à ce que ça paraisse facile.
07:07Dans les récits des danseurs, Guillaume Diop, il y a souvent un genou.
07:15Je pense à Hugo Marchand ou à Aurélie Dupont.
07:18Il y a souvent une colonne vertébrale.
07:20Je pense à Marie-Agnès Gillot, qui a causé d'effroyables douleurs
07:25à un moment ou à un autre.
07:27Et puis parfois tout au long d'une carrière.
07:29Donc ça fait aussi l'histoire de femmes et d'hommes
07:33qui non seulement ont appris à vivre avec la douleur,
07:36mais qui en plus ont appris à danser avec la douleur.
07:40Est-ce que vous, vous avez une douleur ?
07:42Eh bien moi, c'est le tibia.
07:44C'est vrai ?
07:44Oui, je me suis fait une fracture de fatigue au tibia en 2022.
07:51Et c'est vraiment une douleur assez effroyable.
07:57Enfin, je ne sais pas trop comment l'expliquer.
07:58C'est une douleur qui est hyper aiguë et qui fait mal constamment.
08:02Et donc oui, on apprend à danser avec la douleur.
08:04Qui fait mal constamment, c'est-à-dire que la douleur est toujours là ?
08:07Oui, oui, oui.
08:08En 2025 ?
08:09Oui, oui, oui.
08:10Elle est beaucoup moins présente parce que l'os s'est quand même résorbé.
08:14Et du coup, j'ai appris à muscler ma cheville, mes mollets pour protéger cette zone.
08:20Mais oui, on apprend à danser avec la douleur.
08:23Et bizarrement, les blessures, ça apporte aussi quelque chose dans notre danse, j'ai l'impression.
08:28Parce que ça nous permet aussi d'avoir une attention particulière à notre corps.
08:31Et moi, je sais que depuis que je me suis blessé le tibia,
08:34j'ai une attention particulière à sauter sans faire de bruit.
08:39Donc en ratérissant, vraiment en utilisant les muscles de mes chevilles,
08:43tous mes orteils sont comme ça dans mes chaussons.
08:46Et ça apporte une autre qualité à ma danse, je pense aussi.
08:49Donc c'est ça aussi qui est intéressant dans notre métier,
08:51c'est apprendre à utiliser la douleur pour...
08:54Donc ça donne de la personnalité.
08:55À défaut de donner de la force, ça donne de la personnalité.
08:58Ça vous donne une signature ?
09:01Je pense, oui.
09:03Et puis pour en avoir parlé aussi beaucoup avec Aurélie Dupont,
09:06elle aussi, ça lui a donné une autre qualité à sa danse.
09:09Et ça nous force aussi à réfléchir et à penser notre danse différemment.
09:14Et à penser votre corps différemment.
09:16Pourquoi vous vouliez devenir médecin quand vous étiez enfant ?
09:19J'ai toujours eu une passion pour la médecine, pour guérir les gens.
09:24Je trouve qu'il y a de la magie là-dedans, dans la médecine,
09:27dans le fait de réparer les gens, de les guérir, de les aider à aller mieux.
09:32C'est un rapport au corps ou c'est autre chose ?
09:35Je pense que c'est un rapport au corps,
09:36mais c'est aussi un rapport à l'esprit et au bien-être.
09:41Et oui, je pense qu'il y a aussi un peu de ça dans la danse.
09:45J'ai l'impression qu'aller voir un spectacle à l'opéra,
09:49ça peut guérir pas autant qu'un médecin,
09:51mais je pense que ça peut faire du bien aussi.
09:54Mais je pense qu'après ma carrière,
09:56j'essaierai de retourner dans la médecine
09:59parce que c'est vraiment quelque chose que j'aime.
10:01Guillaume Diop va reprendre ses études de médecine
10:03ou va commencer des études de médecine
10:05parce qu'en réalité, vous n'avez jamais pu les commencer.
10:06Oui, j'ai juste mon bac.
10:08C'est déjà bien.
10:09C'est déjà bien.
10:10Mais oui, je pense que...
10:11Vraiment ?
10:12Oui, c'est mon rêve en fait.
10:14Être danseur étoile à l'opéra, c'était un de mes rêves.
10:16Et puis être infirmier ou être soignant,
10:19parce qu'à la base, je voulais être chirurgien,
10:21mais je ne me vois pas à 42 ans refaire 10 ans d'études
10:23pour être très honnête.
10:2442 ans, c'est l'âge de la retraite pour les danseurs.
10:26Oui, pardon.
10:28Mais oui, je crois que c'est génial
10:31de pouvoir avoir deux métiers, deux vies.
10:34Et j'ai envie d'en profiter.
10:36C'est avec grande émotion
10:37qu'après cette représentation de Gisèle à Séoul,
10:41j'ai l'immense plaisir
10:42de nommer Guillaume Guillaume dans son étoile.
10:49Donc, vous étiez à Séoul.
10:51Vous ne vous y attendiez pas du tout.
10:54Vous avez 23 ans.
10:55Vous êtes sacré danseur étoile.
10:58On vient de parler de la douleur physique
11:01et la douleur psychique
11:03et la douleur morale.
11:04Je me suis demandé comment elles se gèrent.
11:07Est-ce qu'un danseur étoile,
11:08c'est aussi un danseur que la direction estime
11:11psychologiquement assez solide
11:15pour tenir une carrière comme ça,
11:18une exposition artistique comme ça,
11:20un engagement aussi puissant ?
11:23Oui, je pense.
11:25Je pense que c'est quelque chose
11:27qui est très important
11:28de savoir tenir psychologiquement
11:30parce que c'est une carrière
11:31qui n'est quand même pas évidente
11:33où il y a des décisions à prendre.
11:36Tous les soirs, danser devant
11:38plus de 2000 personnes,
11:39c'est aussi intimidant.
11:41Et puis, notre métier,
11:43c'est se remettre en question.
11:45Notre métier, c'est le doute.
11:46Notre métier, c'est toujours
11:47se poser la question de
11:48comment je peux faire mieux qu'hier,
11:50comment progresser.
11:51Donc, pour ça, il faut aussi
11:52avoir une forme d'humilité.
11:55Et ce doute-là, il est dangereux,
11:56il est menaçant.
11:57Il peut aussi vous rappeler.
12:00Oui, oui.
12:01Oui, moi, ça m'arrive
12:02d'avoir des périodes
12:03où vraiment, je suis déprimé.
12:07C'est peut-être un peu fort,
12:08mais où, oui, vraiment,
12:10je ne me sens pas bien.
12:10J'ai honte d'être danseur étoile.
12:12J'ai l'impression que je ne mérite pas
12:13d'être là où je suis.
12:15Et moi, ce qui m'aide à...
12:17Parce qu'il y a toujours
12:18un petit sentiment d'imposture,
12:20un petit sentiment d'illégitimité.
12:23Oui, enfin, oui, oui, oui,
12:24ça m'arrive, ça m'arrive toujours.
12:26Et je pense que ça fait partie
12:28de qui je suis aussi.
12:29Et malheureusement,
12:31c'est aussi un peu un moteur pour moi.
12:32C'est ça qui m'aide à progresser
12:33parce que quand je ne vais pas bien,
12:35je vais dans un studio tout seul.
12:37Je mets de la musique, je danse.
12:39Ou je me dis, je vais à mon cours.
12:43Je me mets dans cette rigueur
12:44du cours de danse avec la barre
12:46et cette espèce de rituel
12:48et ce travail et cet amour du travail,
12:50ça me permet d'aller mieux.
12:53Et quand vous étiez beaucoup plus jeune,
12:56il y a dix ans,
12:57vous avez connu une période d'anorexie,
12:59c'est-à-dire où là,
13:00on voit bien que ce travail sur le corps,
13:02il peut devenir une souffrance morale
13:04et une souffrance physique conjuguée.
13:07Comment justement,
13:08quand on est très très jeune
13:09et pris dans cet engrenage-là,
13:11justement, on en sort ?
13:14Eh bien, ce qui m'a aidé,
13:16moi, c'est ma famille, déjà,
13:18qui ont été hyper présents pour moi.
13:22Pas du tout danseurs ?
13:23Pas du tout danseurs.
13:24Pas du tout sportifs ?
13:25Non.
13:25Qu'est-ce qu'ils font, vos parents ?
13:26Ma maman, elle travaille
13:27à la mairie de Gennevilliers
13:28et mon papa, il travaille pour Aeromexico,
13:31qui est une compagnie aérienne.
13:32Et ma sœur, elle travaille dans la finance.
13:35Enfin, maintenant, à l'époque,
13:36elle ne travaillait pas encore dans la finance.
13:37Donc, pas du tout danseurs.
13:39Et eux, ils m'ont toujours dit
13:41« Tu danses tant que ça te fait plaisir. »
13:44Tant que ça te fait plaisir.
13:45Ils sont dans le plaisir.
13:46Dans le plaisir, oui.
13:47Oui.
13:48Oui.
13:49Et c'est ça qui m'a sauvé,
13:51et aussi me reconnecter au plaisir de danser,
13:55tout simplement.
13:56Tout le mois de décembre,
14:11vous allez jouer Contraste.
14:13Contraste, c'est un programme
14:14qui réunit les grands noms
14:15de la danse contemporaine,
14:17dont l'immense Trisha Brown.
14:18Là, on entend sa pièce
14:20avec une musique de Laurie Anderson.
14:26Vous n'êtes pas seulement
14:27un danseur noir, Guillaume Diop.
14:29Normalement, c'est toujours comme ça
14:31qu'on commence les interviews.
14:32Moi, j'ai décidé
14:33que ça n'arriverait qu'à la fin.
14:34Merci.
14:35J'avais envie de parler du corps,
14:37j'avais envie de parler de la danse,
14:38j'avais envie de parler de votre art
14:39et de votre engagement,
14:40qui est quelque chose
14:41d'absolument unique au monde.
14:42Il y a très, très peu de danseurs
14:44qui arrivent à votre niveau.
14:46Je dis, vous n'êtes pas seulement
14:49un jeune danseur noir,
14:51vous vous appelez Diop.
14:53Et Diop, c'est le plus sénégalais
14:56de tous les noms de famille.
14:59C'est comme Aurélie Dupont
15:01qui porte le nom le plus français
15:03de tous les noms de famille.
15:05Même le plus franchouillard,
15:06si je puis dire.
15:07Donc, vous portez vos origines
15:09en bandoulière.
15:10Je crois que c'est le nom
15:12de votre père,
15:13dont votre père est sénégalais.
15:14Et il y a en ce moment
15:16une immense danseuse sénégalaise
15:19qui s'appelle Germaine Aconi.
15:21Il se trouve qu'elle est à Paris,
15:23qu'elle joue à Paris,
15:24qu'elle joue Pina Baos,
15:26qui est une grande chorégraphe,
15:27qu'elle joue le Sacre du Printemps,
15:29qui est comme une immense pièce
15:30du répertoire.
15:31Est-ce que vous l'avez vue ?
15:33Oui.
15:34Vous l'avez vue ?
15:35Oui, je l'ai vue hier soir.
15:37Vous l'avez vue hier soir ?
15:38Oui.
15:38Et c'était bouleversant.
15:40Racontez-nous.
15:41Allez-y,
15:43parce que vraiment,
15:44c'est bouleversant.
15:45C'est au théâtre des Champs-Elysées.
15:45C'est au théâtre des Champs-Elysées.
15:47Il faut quand même vous dire
15:48que Germaine Aconi a 81 ans.
15:51Donc, je parle à un danseur
15:52de 25 ans
15:53qui est allé voir Germaine Aconi
15:5581 ans.
15:56Qu'est-ce qu'elle fait
15:56du haut de ses 81 ans sur scène ?
15:58Elle fait un seul en scène
16:00pendant 30 minutes.
16:02Absolument bouleversant,
16:03en hommage à Joséphine Baker.
16:04Et je crois que j'ai rarement vu
16:09quelque chose d'aussi touchant,
16:11d'aussi vrai,
16:13d'aussi bouleversant
16:14par son charisme,
16:15par son aura,
16:17à la fois,
16:18elle a quelque chose
16:18de tellement sombre
16:20et quelque chose
16:20de tellement lumineux
16:22en même temps.
16:23Et franchement,
16:24c'est magique.
16:25C'est vraiment un très beau spectacle.
16:25Et le sacre du printemps,
16:27c'est 45 danseurs
16:29qui sont tous africains,
16:31qui viennent de 45 pays d'Afrique,
16:33qui sont représentés sur scène.
16:35Et ça fonctionne ?
16:37Bien sûr que ça fonctionne.
16:38Parce que la danse,
16:39c'est pour tout le monde.
16:41Et c'est pareil,
16:42le sacre,
16:43c'était d'une force.
16:45C'était impressionnant,
16:46vraiment.
16:46Moi, ça faisait très longtemps
16:47que je ne l'avais pas vue.
16:48La dernière fois que je l'avais vue
16:49à l'opéra,
16:50je crois que c'était en 2015.
16:52Et donc,
16:52j'ai redécouvert cette pièce
16:54à travers eux.
16:55Mais voilà quelqu'un
16:55qui a fait se télescoper
16:57le répertoire le plus classique
16:59qu'il soit,
16:59Stravinsky,
17:00et les danseurs africains
17:02qui arrivent de 14 pays différents
17:04avec leur énergie,
17:05leur art,
17:06leur savoir-faire.
17:07Vous,
17:08c'est des choses,
17:08c'est des influences
17:09que vous avez envie,
17:10un jour,
17:10un jour,
17:11de faire se rencontrer ?
17:12Oui,
17:13complètement.
17:13Germaine,
17:14moi,
17:14j'ai la chance
17:15de la connaître un petit peu.
17:16C'est quelqu'un
17:17de profondément touchant.
17:19Je suis allé à l'école des Sables.
17:21C'est une école
17:21qu'elle a au Sénégal,
17:23à côté de Dakar.
17:26Et c'est un endroit
17:27absolument magique
17:28où j'y suis allé en juin
17:30l'année dernière
17:30où j'ai fait un demi-cours
17:32parce que j'étais hors-tard
17:33à cause des bouchons
17:34d'Akarwa,
17:35mais de sa technique
17:37Germaine Aconi
17:38et c'était incroyable.
17:40On est en train
17:41d'essayer d'organiser
17:42quelque chose au Sénégal
17:43pour la Biennale.
17:44Ensemble ?
17:45Oui,
17:45donc j'espère que ça va se faire.
17:46Quelle rencontre merveilleuse !
17:49Oui,
17:49je croise les doigts.
17:51Maintenant que j'en ai parlé,
17:52c'est obligé de se faire.
17:52Maintenant que vous en avez parlé
17:53sur France Inter,
17:54c'est obligé de se faire.
17:55Mais oui,
17:56je la trouve hyper inspirante.
17:58Ce qu'elle a fait
17:58avec l'école des Sables,
18:00c'est incroyable.
18:00Son spectacle au Théâtre du Châtelet,
18:02c'est magnifique
18:04parce qu'en fait,
18:05au final,
18:05qu'est-ce que ça raconte ?
18:06C'est que la danse,
18:07ça fédère
18:08et la danse,
18:08ça peut toucher n'importe qui
18:10et c'est incroyable.
18:12C'est magnifique.
18:12Et c'est sans limite d'âge
18:14puisqu'elle a 81 ans.
18:15Exactement.
18:15Merci infiniment,
18:17Guillaume Diop.
18:18On peut vous voir dans Gisèle,
18:20ce rôle culte
18:21qui restera votre rôle
18:22porte-bonheur,
18:23je pense,
18:24jusqu'à 81 ans.
18:25Et puis dans Contraste,
18:26au mois de décembre,
18:27à l'Opéra.
18:28Merci d'être venu sur France Inter.
18:29Merci beaucoup.
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