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  • il y a 6 mois

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Éducation
Transcription
00:00C'est un projet complètement fou, qui consiste en l'adaptation musicale et scénique d'un poème, de deux poèmes, pour au total 150 lignes.
00:23C'est Henri Simon qui a écrit « L'Imoire d'Ilope » et « L'Irvente d'Ilope », « La mort et la revanche de l'arbre » au début du XXe.
00:29Et ici, en fait, ça devient un grand spectacle avec 110 artistes.
00:32Il y a le chœur de chambre de Namur, qui est le chœur principal, 20 choristes qui chantent ses poèmes,
00:39accompagnés d'un orchestre symphonique de 41 instrumentistes, avec la maîtrise du Théâtre National de la Monnaie, 42 enfants qui chantent.
00:47Et puis, on a aussi une fanfare constituée pour l'occasion avec 9 personnes.
00:51Donc, c'est la folie totale.
00:53Non, je ne parle pas Wallon du tout, mais du coup, c'est encore une nouvelle langue, on va dire, à apprendre,
01:09donc encore plus compliquée pour pouvoir s'exprimer, les émotions, etc., sur scène.
01:14Donc voilà, c'était quelque chose de totalement nouveau aussi.
01:16On n'a pas vraiment de fonction attribuée, mais on joue en quelque sorte des animaux qui découvrent un peu la forêt et l'arbre qui vient d'être abattu.
01:27Moi, je me suis replongé dans les mélodies et les chansons de village, mais aussi les marches, les airs de Gilles, les musiques de carnaval.
01:37Et le but, ce n'était pas de faire une partition traditionnelle ou passéiste.
01:41Donc, il y a vraiment une musique qui est enracinée dans toutes ces couleurs-là, qui serait peut-être un peu le paysage musical de la Wallonie.
01:48Mais c'est aussi vraiment une musique d'aujourd'hui, avec un orchestre qui joue plein de couleurs, plein d'élans.
01:55Il y a beaucoup de violence aussi quand l'arbre est mis à mort.
01:58Et là, c'est vraiment une sonorité d'orchestre d'aujourd'hui.
02:00Donc, c'est, je dirais, un poème du passé, regardé vraiment depuis le présent et ancré dans le présent.
02:12Quand on est chanteur, on n'apprend pas toujours la langue jusqu'au plus profond de la langue.
02:17On essaye de la mimer, on essaye de se l'approprier un peu comme une ombre, c'est-à-dire on essaye de la maîtriser par des signes.
02:26Là, on a eu un coach en Wallon qui nous a donné beaucoup de conseils.
02:28Mais aussi, le Wallon chanté ou n'importe quelle langue chantée, c'est jamais exactement la même chose que la langue parlée au sens vivant.
02:37Après, même si le Wallon, c'est une langue qui est évidemment un peu moins vivante que l'italien, que l'anglais, que le français.
02:42Mais il faut toujours trouver un compromis entre comment cette langue, elle est pratiquée ou comment elle était pratiquée avec comment on la place.
02:48Parce qu'on doit chanter parfois des hauteurs qui ne sont pas du tout les mêmes que la hauteur d'une langue parlée.
02:55Donc, ça, c'est toujours un challenge.
02:58Moi, je suis tombé sur ces poèmes parce que j'avais le regret de ne pas avoir appris le Wallon de mes grands-parents qui étaient fermiers.
03:06Et je me suis rendu compte qu'il y a beaucoup de gens qui avaient ce regret parce qu'il y a un peu moins d'un siècle, la majorité de la population le parlait encore.
03:13Et donc, c'est très rapide.
03:13Ça veut dire qu'on est très nombreuses et nombreux à avoir encore eu un lien vraiment direct avec cette langue qu'on a entendue.
03:20Et je remarque qu'il y a toujours quelque chose de très chaleureux.
03:23Dès quelqu'un entend quelques mots en Wallon, on voit souvent un sourire qui arrive instantanément.
03:27Et le but de ce spectacle, ce n'est pas de faire une croisade pour que tout le monde reparlera Wallon.
03:32C'est de poser quand même la question des langues régionales parce qu'il y en a beaucoup dans le monde qui sont menacées.
03:36Mais c'est aussi simplement de mettre en valeur des textes qui sont magnifiques.
03:39Et je ne vais pas m'empêcher de le faire parce qu'ils sont en Wallon.
03:42Je crois qu'on ne les connaît pas, ces poèmes.
03:44On ne les connaît pas assez parce qu'ils sont en Wallon et qu'on manque de fierté par rapport à ce patrimoine qui nous appartient.
03:49C'est tout à fait différent. On n'a vraiment pas l'habitude.
03:57D'habitude, on joue avec des petites fanfares composées de plusieurs musiciens.
04:01Mais de pouvoir jouer avec des violonistes, etc.
04:04C'est complètement tout à fait différent. C'est une belle aventure.
04:19Et d'apporter une petite note musicale bien à nous du côté du folklore avec les Gilles.
04:25Et on a dû s'adapter pour apporter ce côté tambour de Gilles, mais également pour suivre la musicalité de l'orchestre.
04:35Un peu stressé comme toutes les premières, mais sinon assez confiant et très content aussi de pouvoir participer.
04:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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