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  • il y a 4 mois
Dans le cadre du Printemps de la Petite Enfance 2024, les accueillantes des Lieux d’Accueil Parent Enfant de la Ville de Strasbourg avaient monté une action de sensibilisation aux particularités sensorielles des enfants avec autisme intitulée « Viens, je t'emmène…en Autistan ». Une appellation inventée par l’écrivain, philosophe Josef Schovanec.

Un peu plus d’un an après, nous le rencontrons.

Depuis la Belgique, installé à Bruxelles, il se livre et dialogue avec humilité sur la cause de l’autisme.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Bonjour cher monsieur Chovanec, je suis Estelle Simsek et Charlène Lemarchand et nous sommes
00:26toutes les deux des accueillantes en lieu d'accueil par enfant à la Vue de Strasbourg.
00:31Donc on est très heureuse de vous rencontrer aujourd'hui et on vous remercie déjà pour le
00:38temps que vous nous accordez. Je vous en prie, la joie est pour moi. Alors peut-être un petit rappel sur les
00:45lieux d'accueil par enfant, ce sont des structures libres, gratuites qui accueillent des enfants de
00:510 à 6 ans accompagnés de leurs parents. Voilà, ce sont des lieux de convivialité, des lieux de ressources
01:00pour les parents, alors de partage aussi en deux temps avec leur enfant puisque les parents restent
01:06toujours sur place. Ce sont des lieux de prévention également. Et donc beaucoup vous connaissent grâce
01:14à votre premier livre « Je suis à l'Est » qui est un formidable jeu de mots et d'autres pas encore.
01:24Donc est-ce que vous pouvez nous dire qui vous êtes ?
01:28Et on trouvait que c'était une première et question, enfin une sacrée question pour un docteur
01:35en philosophie. Qui êtes-vous ?
01:39Merci beaucoup pour la question. Donc je m'appelle Joseph, tout le monde m'appelle Joseph dans le
01:46petit monde du handicap. Donc c'est plus simple que mon nom de famille qui est quelque peu barbare.
01:53Donc j'ai actuellement 43 ans et donc je suis avant tout militant, on peut le dire comme ça,
02:00un militant dans le monde du handicap, de l'inclusion, de l'autisme, même si bon, les labels, les catégories
02:10médicales, ça vaut ce que ça vaut évidemment. Mais je pense que c'est une grande joie que j'ai
02:18dans la vie de pouvoir rencontrer tous les jours toutes sortes de personnes avec des profils
02:24extrêmement diversifiés. Je me dis que je suis finalement très chanceux quand on y réfléchit bien.
02:32J'ai pu rencontrer des gens avec des profils qu'on n'imaginerait même pas.
02:38Donc ça c'est vraiment, je pense, c'est ce qui donne de l'intérêt aux journées.
02:43Alors il y a un peu plus d'un an, dans le cadre du printemps de la petite enfance de Strasbourg,
02:53nous avions monté une action de sensibilisation nommée « Viens, je t'emmène en autistant ».
02:58On vous avait contacté déjà à cette époque par rapport à ce projet qu'on montait.
03:05Donc c'était une action de sensibilisation aux particularités sensorielles dans l'autisme,
03:10mais pas que, et à destination d'un public strasbourgeois et d'un public adulte.
03:18Donc au sein d'un lieu d'accueil par enfant, on avait construit deux univers très distincts.
03:25Donc l'un, une pièce aménagée avec des stimulations dites agressives,
03:32mais selon le profil de l'enfant bien sûr, avec des sons amplifiés,
03:40énormément de sons, un empilement de sons, une surcharge aussi au niveau des meubles,
03:49pas de délimitation, des couleurs saturées, voilà.
03:53Et un autre espace, une autre pièce plus régulatrice,
03:58avec des cachettes, des coins de repli plus apaisantes,
04:03plus feutrées, mais le matériel pouvait être le même.
04:11Donc la confrontation en fait à ces deux univers opposés
04:15a permis d'établir une comparaison dans le vécu
04:21et de peut-être mieux percevoir, au niveau du public qu'on accueillait,
04:26ce que peuvent vivre les enfants avec autisme
04:29lorsqu'ils sont accueillis dans un lieu ordinaire de la petite enfance.
04:36Donc avez-vous, vous, un souvenir marquant à nous faire partager
04:41d'une situation où vous vous êtes sentie presque incompris dans votre petite enfance ?
04:48En lien avec des perceptions, des besoins,
04:51puisqu'on sait que les particularités sensorielles
04:53font presque partie intégrante du fonctionnement global de la personne avec autisme
04:59et ses capacités d'adaptation, voilà.
05:03Est-ce que vous avez un souvenir qui vous revient ?
05:06Oui, alors peut-être que la question aurait été plus simple à l'envers.
05:11Ça va de donner un souvenir de situation
05:14où j'étais plus ou moins en phase avec les autres,
05:18on va le dire comme ça, la question aurait été plus simple comme ça.
05:25Mais je vais essayer de vous le redire,
05:29pardonnez si mes mots sont un petit peu directs,
05:31mais imaginez, vous vous retrouvez dans une cour de récréation,
05:35par exemple de maternelle ou alors du début de primaire,
05:41à quoi ça ressemble ?
05:43Physiquement, concrètement, à quoi ça ressemble ?
05:46Eh bien, il y a un niveau sonore extrêmement important.
05:49Il y a des petits monstres, en ce terme attachant,
05:52il y a des petits monstres qui déboulent à toute allure
05:55dans ce haut diagonal tout droit et à l'inverse aussi, quoi.
06:00Et vous êtes au milieu de tout cela, quoi.
06:04C'est quand même un sacré défi.
06:07Et soyons honnêtes, nous autres adultes,
06:10aujourd'hui, nous sommes adultes,
06:11est-ce que nous sommes confrontés, nous,
06:14dans un quotidien, on va dire, standard,
06:17à des situations aussi exigeantes
06:19qu'on ne confronte les petits, quoi.
06:21Vous voyez ?
06:22Il y a une forme d'injustice.
06:24La forme d'injustice, c'est qu'on expose les petits,
06:28donc les plus fragiles, a priori,
06:30à des situations qui sont parmi les plus difficiles
06:33qu'on puisse imaginer.
06:34Et des situations que, nous autres adultes,
06:38on évitera, quoi, vous voyez ?
06:41Ou on ne se mêlera pas.
06:43Ça, c'est, je crois, très frappant comme injustice.
06:47Et donc, on commence, en fait, la vie
06:49par les situations les plus compliquées,
06:52les plus excluantes aussi,
06:54parce que c'est extrêmement compliqué
06:56de comprendre comment jouent les autres enfants
07:00ou les autres élèves, pour parler
07:03comme l'éducation nationale.
07:05Mais à quoi rime leur jeu, quoi ?
07:09Et quand on y réfléchit bien,
07:11il n'y a pas de réponse immédiate à donner.
07:14Par exemple, dans l'absolu,
07:16quelle est l'utilité de taper dans un ballon, quoi ?
07:19Il faut que le ballon se dirige
07:22d'une certaine façon, pas dans une autre,
07:26et le tout avec beaucoup de cris,
07:28de gigotements et de que sais-je encore.
07:32Donc, vous voyez, tout ça n'est pas du tout facile,
07:35ni à expliquer, ni à vivre.
07:38Donc, c'est peut-être ce souvenir de récréation
07:40que j'aurais envie de donner.
07:43Oui, merci d'avoir joué, Joe.
07:45C'est vrai qu'on aurait pu la poser autrement,
07:47parce qu'en fait, ces situations d'inconfort
07:50ont été plus votre quotidien.
07:52Et alors, dans quel moment vous êtes vraiment sentie
07:55en phase et confortable ?
07:58Il y a quand même eu des bons moments,
08:03je ne peux pas me plaindre.
08:05Il y a globalement eu aussi des bonnes phases.
08:09Parmi les moments un petit peu plus sereins,
08:14on va dire, à l'école,
08:16c'est quelques années plus tard,
08:17lorsque vient le cours de maths,
08:19ou lorsque vient le contrôle de maths.
08:25Ça, c'est génial parce que ça calme la plupart des gens.
08:31Et j'ai fini par remarquer, je ne sais pas pourquoi,
08:36je ne comprenais pas pourquoi,
08:38qu'à l'approche du contrôle de maths,
08:41un certain nombre de personnes voulaient être assises
08:43à côté de moi.
08:46Une chose assez inouïe, quand on y réfléchit.
08:50Donc, bon, je le dis avec une petite pointe d'humour,
08:54mais ce qui est sûr, c'est qu'on peut rendre l'école
08:58ou l'environnement de l'enfance
09:00beaucoup plus inclusif.
09:02Et le livre qui a été pour moi une révélation,
09:07je ne l'ai découvert que récemment,
09:09vous excuserez,
09:11c'était l'ouvrage fondateur sur le harcèlement scolaire
09:14de Dan Olveus.
09:16C'est sans doute le premier à avoir sérieusement travaillé
09:20sur la question du harcèlement scolaire.
09:23Et donc, il donne un certain nombre de conseils pratiques
09:25dans le livre.
09:27Ce qui est frappant, c'est que ces conseils
09:29sont toujours d'actualité.
09:30Mais là où j'ai été très fortement, je dirais,
09:34touchée à titre personnel,
09:36c'est que je me suis dit qu'on aurait pu suivre
09:38ces mêmes conseils,
09:40y compris pour rendre l'environnement accueillant
09:43pour toutes sortes de profils d'enfants.
09:46Ce n'est pas qu'une question de harcèlement,
09:48on sent strict.
09:50Il en va vraiment de rendre le cadre
09:53beaucoup plus inclusif.
09:55Et c'est réaliste.
09:56C'est tout à fait à portée de main.
09:59Il ne s'agit pas de rêverie idiote.
10:02On peut faire du concret ici.
10:06Tout à fait.
10:07Ce que certains appellent même l'inclusion inversée,
10:09c'est-à-dire penser déjà à des choses
10:13qui pourraient finalement,
10:15qui faciliteraient la vie aux enfants
10:18en situation de handicap,
10:20mais qui seraient profitables à tous.
10:21Oui, tout à fait.
10:23Tout à fait.
10:24Inclusion inversée ou inclusion tout court
10:27ou autres termes,
10:29je prends tout,
10:31dès lors que ça peut servir
10:33dans un sens positif
10:35pour que chaque personne,
10:37chaque enfant ait sa place.
10:39Mon critère personnel,
10:41c'est un critère non scientifique,
10:44un critère militant, on va dire,
10:46c'est qu'il faut réduire au plus strict minimum
10:50le nombre de personnes exclues.
10:52Voilà.
10:53C'est ça.
10:54C'est selon ce critère-là
10:55qu'à titre personnel,
10:56je juge une pratique ou un lieu,
11:00combien de personnes sont exclues
11:02de la boutique.
11:04Et c'est comme ça que j'essaie de raisonner.
11:08Et donc, il faut réduire au plus strict minimum,
11:11si possible à zéro,
11:13le nombre de personnes exclues
11:15d'un environnement donné.
11:18Tout à fait.
11:23Et est-ce que vous avez pu développer
11:26ou quelles ont été vos stratégies
11:28pour diminuer peut-être vos angoisses
11:31dans ces situations stressantes ?
11:34Je dois avouer que je ne suis vraiment pas
11:38un modèle ici, à ce niveau-là,
11:41parce que je suis un très grand anxieux
11:43jusqu'à maintenant,
11:45même si ça s'est un peu amélioré.
11:47Je ne suis vraiment pas un modèle à suivre
11:49sur ce point-là.
11:52Quand j'étais petit,
11:53la stratégie,
11:55enfin, c'est pas un bon terme stratégie,
11:57mais la pratique qui s'est petit à petit
12:00mise en place,
12:01c'est que je suis devenu très absentéiste
12:03à l'école.
12:05Et donc, il y a des années à l'école,
12:07j'étais très peu présent.
12:09Je parvenais à suivre
12:11parce que ma grande sœur
12:13avait eu les mêmes enseignants que moi,
12:15donc il suffisait de rouvrir les cahiers.
12:18Mais je ne recommande pas
12:21cette façon de faire,
12:23c'est évident.
12:23Mais que voulez-vous dans les années 80 ?
12:27On bricolait comme on pouvait,
12:29et encore.
12:30Donc, c'est pour ça qu'il vaut mieux
12:34ne pas prendre ça comme modèle.
12:36C'était une sorte d'aménagement sauvage,
12:41plus ou moins bricolé,
12:43qui s'est passé tant bien que mal.
12:45Mais il y a toutes sortes de façons,
12:48d'outils efficaces
12:50qui existent pour gérer
12:52les problématiques d'anxiété,
12:55que ce soit chez les enfants autistes
12:57ou autres,
12:58pour ne citer qu'un outil
12:59qui est très fonctionnel.
13:02Dans notre petit monde,
13:03on appelle ça la structuration de l'espace
13:05ou la structuration du temps.
13:08Par exemple, aujourd'hui,
13:10nous sommes tel jour,
13:11je sais qu'à 9 heures,
13:13je dis n'importe quoi,
13:14j'aurai 50 minutes de vélo,
13:17puis ensuite j'aurai mon cours
13:19de français,
13:21puis ensuite c'est là,
13:22j'ai mon petit planning,
13:24ma journée se déroule comme ça.
13:26Et si vous suivez,
13:28si on suit la journée
13:30telle qu'elle a été prévue,
13:32on divise considérablement
13:35le niveau d'inconfort,
13:36le niveau d'anxiété de la personne.
13:39Vous voyez, c'est un outil
13:40très puissant
13:41qu'on utilise dans le monde de l'autisme,
13:44mais qui est valable largement au-delà.
13:47Donc, on suit un certain planning,
13:50que les choses soient compréhensibles
13:52pour tout le monde,
13:53à commencer par l'enfant d'ailleurs,
13:55et on réussit à rien qu'avec ça
13:58diviser considérablement
14:00le niveau de stress.
14:02Oui, avec un outil
14:03qu'il peut s'approprier.
14:05Oui, tout à fait.
14:06Tout à fait.
14:07Et c'est vrai que cette structuration
14:08spatio-temporelle,
14:10elle peut même se faire
14:11dans l'aménagement d'un espace,
14:14simplement avec,
14:16enfin, en bougeant naturellement des,
14:18enfin naturellement non,
14:19en bougeant des meubles
14:20pour créer un peu des cloisons,
14:23des choses comme ça.
14:25Tout à fait.
14:26Tout à fait.
14:26Et il y a des écoles,
14:28les écoles, je dirais, modèles,
14:31quoi,
14:31où on voit tout de suite,
14:33dès l'arrivée,
14:34que l'espace a été pensé pour,
14:36a été pensé pour chacun des enfants,
14:39quoi.
14:41Pourquoi, diantre,
14:42faudrait-il après tout
14:43que dans une salle de classe,
14:45il y ait des petites chaises alignées,
14:47des petites tables alignées.
14:49Pourquoi ça ?
14:50Ça, c'est un camp militaire,
14:52à la base.
14:53Ce n'est pas un lien pédagogique
14:55au sens intelligent du terme.
14:58Donc, on peut faire beaucoup mieux,
15:01beaucoup plus efficace,
15:02beaucoup plus inclusif
15:03que les fameuses petites chaises alignées
15:06en rangée.
15:08Voilà.
15:09On doit faire mieux.
15:11On doit faire mieux.
15:12Exactement.
15:15On voulait revenir
15:17sur les lieux d'accueil par enfant
15:19qui, on constate,
15:22qui servent parfois
15:23d'entre-deux nécessaires
15:26au cheminement des parents
15:27lorsque les premières inquiétudes apparaissent,
15:32lorsque même le diagnostic arrive
15:35ou les débuts de prise en charge.
15:37Donc, nous,
15:38on accueille justement
15:39la parole de mère et de père,
15:41mis un petit peu à mal,
15:43beaucoup,
15:44dans leur parentalité,
15:45face à,
15:46alors là, je vais vous citer,
15:48face à la bizarrerie
15:49de leur enfant.
15:51Et ce qui,
15:54dans le désarroi
15:55qu'on observe,
15:56ce qui semble très difficile
15:58pour eux,
15:58c'est toutes ces questions
16:00d'ajustement,
16:00parce qu'ils ont perdu
16:01l'appui
16:03que pouvait être
16:04leur norme
16:06par rapport à tout ce qui a trait
16:07à l'éducation
16:08de leur enfant,
16:09comment entrer en relation
16:10avec lui,
16:11communiquer.
16:11on souhaitait savoir
16:14quelles ont été
16:15les interactions
16:16avec vos parents
16:17lorsque vous étiez petit.
16:20Et parce qu'on sait
16:21que la perception
16:22aussi des troubles
16:23passe nécessairement
16:25au filtre
16:26de tout un système
16:27de croyances
16:27familiales,
16:30culturelles.
16:30vous étiez en plus,
16:31je crois,
16:32réfugiés politiques
16:33avec votre famille.
16:34C'était,
16:35comme vous le disiez,
16:36il y a X années.
16:38Donc,
16:38quelles étaient,
16:39à cette époque aussi,
16:41les interactions
16:41avec vos parents
16:42étant petits,
16:44si ce n'est pas
16:44trop introduitif.
16:47Merci,
16:48c'est un sujet
16:49fabuleux,
16:50parce que
16:50quand j'étais petit,
16:52évidemment,
16:52je n'avais pas
16:53de conscience
16:54de la complexité
16:55des enjeux.
16:57Je n'avais pas
16:58conscience,
16:59par exemple,
16:59du statut,
17:01à dire de mes parents,
17:02pas au sens
17:03du statut social,
17:04mais au sens papier.
17:06Alors,
17:06c'est avec le recul,
17:09avec l'analyse
17:11par la suite
17:12que vous avez peut-être
17:13pu en faire,
17:14le fait de pouvoir
17:15accéder si bien
17:17au langage
17:18et échanger,
17:20partager,
17:20enfin voilà,
17:21oui,
17:21bien sûr.
17:23Je pense que
17:24ce qui a beaucoup joué
17:26dans mon cas égoïste
17:27à moi,
17:28c'est que j'avais
17:28des parents
17:29instruits.
17:30J'en parle au passé
17:32parce qu'ils sont hélas
17:32décédés tous les deux,
17:34mais j'avais des parents
17:35instruits
17:36et ça,
17:36ça joue,
17:37ça joue considérablement.
17:40Ça a été démontré,
17:41je pense,
17:41par toutes les études.
17:42le fait d'avoir,
17:46le fait d'avoir,
17:46par exemple,
17:46été en présence
17:48de nombreux livres,
17:49d'ailleurs,
17:50des livres
17:50de nature diverse,
17:53le fait d'avoir eu
17:54une grande sœur
17:55quatre ans de plus
17:56que moi,
17:57élève modèle,
17:58je peux le dire
17:59aujourd'hui,
17:59elle est prof de japonais,
18:01donc voilà.
18:03Vous voyez,
18:04ça crée
18:05une sorte
18:05d'émulsion,
18:06quoi,
18:07ou un environnement
18:08familial.
18:09Je pense que
18:11dans mon cas particulier,
18:12ça a joué,
18:13quoi.
18:14Deuxième point
18:15qui a joué,
18:16je crois,
18:16c'est mes parents
18:18avaient une ténacité
18:19et une conviction
18:21personnelle
18:22invraisemblable,
18:24quand j'y réfléchis.
18:26Je peux vous le résumer
18:28par une petite sénette,
18:30vous voyez.
18:31C'est une petite sénette
18:32que j'ai vécue
18:33quand j'étais petit,
18:34que je ne comprenais pas bien,
18:36évidemment,
18:36à l'époque.
18:37C'était les nombreux
18:38rendez-vous,
18:39chez les médecins,
18:40parce que,
18:41pour toutes sortes
18:41de raisons,
18:42j'allais souvent
18:43chez divers médecins.
18:45Donc,
18:46je revois encore
18:48la scène,
18:48donc ma mère est là,
18:51je suis là tout petit
18:52et il y a quelqu'un
18:54derrière un grand bureau,
18:55quoi,
18:56je ne sais plus qui.
18:57Et donc,
18:58j'attends ma mère
18:58qui dit en français,
19:01entendu,
19:01monsieur le docteur,
19:03merci,
19:03monsieur le docteur,
19:05nous y veillerons,
19:06monsieur le docteur.
19:07Parfaitement d'accord,
19:08monsieur le docteur,
19:09tout à fait clair,
19:11merci,
19:11monsieur le docteur,
19:12à la semaine prochaine,
19:14au revoir,
19:15monsieur le docteur.
19:16Puis,
19:16la porte se referme
19:17et ma mère qui dit,
19:19le salopard,
19:20crétin,
19:20connard,
19:21quoi,
19:21c'est une anecdote,
19:29mais c'est dire que mes parents
19:31ont eu la conviction,
19:33contre tous les spécialistes
19:34de l'époque,
19:35ont eu la conviction
19:36qu'on pouvait faire des choses,
19:38quoi.
19:39Et ça,
19:41je veux dire,
19:41ça vraiment,
19:42je l'observe aujourd'hui
19:43dans le militantisme
19:45concernant d'autres familles,
19:47il y a des parents
19:49qui ont,
19:50qui sont des vrais batailleurs,
19:52mais des bâtants,
19:54quoi.
19:54Oui,
19:54oui,
19:54on les rencontre.
19:57Et qui,
19:57par exemple,
19:58constatent,
19:59bon,
19:59mon enfant a tel ou tel diagnostic,
20:01mais je vais tout faire
20:03pour que mon enfant,
20:04par exemple,
20:05apprenne,
20:06aille à l'école,
20:07fasse ceci,
20:08devienne cela,
20:09quoi.
20:09Il y a des parents comme ça.
20:11Et je crois que ça,
20:13c'est un critère essentiel.
20:15Ce qu'il ne faut surtout pas faire,
20:17l'attitude à surtout ne pas avoir,
20:19c'est entre guillemets de capituler,
20:21dire mon enfant ne saura jamais
20:23ceci,
20:24cela,
20:24mon enfant ne pourra pas
20:26ceci,
20:26cela,
20:27mon enfant n'a pas les aptitudes
20:29de ceci,
20:29cela,
20:30quoi.
20:30Si on part avec cet état d'esprit-là,
20:34ça n'ira pas,
20:35quoi.
20:36Et je dirais,
20:37je suis absolument stupéfait
20:39d'entendre quasiment
20:40au quotidien aujourd'hui
20:42les témoignages
20:42des parents
20:43qui se sont battus.
20:45Et je dirais,
20:45il y en a certains,
20:46je peux vous donner des noms,
20:48les plus grandes autorités médicales,
20:51y compris dans l'un des cas,
20:53c'était le médecin de l'Elysée,
20:55quoi,
20:55avec une mine noire sur blanc
20:57qui était absolument exclue
20:59d'envisager
21:00un quelconque apprentissage,
21:02quoi.
21:02Eh bien,
21:03les parents ont dit,
21:04ben non,
21:05mon enfant,
21:06il va apprendre,
21:07il va faire ceci,
21:08cela,
21:08etc.
21:09d'avoir cette espèce
21:11de courage,
21:12de culot,
21:13quoi.
21:14C'est absolument essentiel
21:15de croire en son enfant.
21:18Et là où ça devient,
21:19hélas,
21:20beaucoup plus triste,
21:21c'est qu'il y a des parents
21:23qui ont un statut social
21:24qui leur permet
21:26plus facilement
21:27de faire ça.
21:28Il y en a d'autres
21:29qui,
21:30je dirais,
21:31n'ont pas forcément,
21:33voyez,
21:33cette capacité
21:34à tourner rhétoriquement
21:35la phrase
21:36pour qu'elle tape,
21:38quoi,
21:38ou de remplir
21:40toute la paperasse
21:41d'une certaine façon
21:42plutôt que d'une autre.
21:44Et c'est là
21:44qu'il y a,
21:45je crois,
21:46une double exclusion
21:47assez seule
21:48liée,
21:48on va dire,
21:49au handicap,
21:50mais surtout,
21:50je dirais,
21:51surtout celle
21:52qui est liée
21:52au statut social
21:54ou financier
21:55des parents.
21:56Et ça,
21:56c'est absolument dramatique,
21:57quoi.
21:58C'est absolument dramatique.
22:00Et on en revient
22:01aussi au filtre
22:03d'un système,
22:05de tout un système
22:06de croyance.
22:07Il y a ceux
22:07qui croient aussi
22:08au déterminisme
22:09et de lutter,
22:11de combattre ça
22:12pour envisager
22:14des perspectives autres.
22:17Absolument.
22:19On pourrait en parler
22:20pendant des heures,
22:22mais juste pour le dire
22:23en une phrase,
22:24les gens
22:25qui n'y connaissent
22:27rien à la génétique
22:28sont souvent
22:29très déterministes.
22:31Les vrais généticiens,
22:32eux,
22:32ne le sont pas.
22:34Exactement.
22:36Il faut se méfier
22:37absolument
22:38des discours
22:39qu'on voit ici
22:40ou là sur YouTube
22:41où il y a
22:42tel ou tel gène,
22:43donc c'est fichu.
22:44C'est important
22:46qu'on puisse
22:47vous entendre
22:48le dire.
22:49Les vrais généticiens,
22:51quoi,
22:51sont d'une humilité
22:53remarquable.
22:55Et en général,
22:56moins la personne,
22:57moins une personne
22:58donnée,
22:59comprend des choses
23:00à la génétique,
23:01plus elle est déterministe
23:02dans son approche.
23:05Exactement.
23:08Et votre relation,
23:11c'est ça.
23:12Et votre relation,
23:13elle a été différente
23:15après le diagnostic
23:16avec vos parents
23:17ou avec votre famille ?
23:20Je vais peut-être
23:22vous décevoir
23:22en disant
23:23que je ne pense pas
23:24qu'elle ait changé.
23:25C'est vrai
23:27que j'étais déjà
23:28un jeune adulte,
23:30mais fondamentalement
23:32pour mes parents,
23:33j'étais toujours
23:34leur enfant,
23:35avec tel ou tel label
23:38ou absence de label.
23:40Dans mon cas particulier,
23:42ça n'a pas eu
23:43d'impact significatif.
23:46Je crois que mes parents
23:47m'ont dit
23:47« Tu es toujours
23:48notre fils »
23:49ou quelque chose
23:50comme ça.
23:50Et puis voilà,
23:52presque discussion close
23:54ou presque.
23:55Non, il n'y a pas eu
23:56d'impact significatif.
23:59Par contre,
24:00je connais des familles
24:01où il y a eu
24:02un impact.
24:03Oui, c'est ça.
24:03Exactement.
24:06Et vous voulez dire
24:07quelques mots
24:08sur cet impact
24:09dans d'autres familles
24:10que la vôtre ?
24:11Généralement,
24:14c'est aussi une question
24:15de l'âge du diagnostic.
24:16quand l'enfant est petit
24:19et qu'il y a
24:20un certain diagnostic.
24:22C'est là que,
24:23par exemple,
24:23ce sont les parents
24:24qui doivent faire
24:25un choix concret.
24:26Est-ce que, par exemple,
24:27il ira à l'école ou pas ?
24:29C'est un choix majeur,
24:32on va dire.
24:33Voilà, donc ça,
24:34dans ce cas de figure,
24:35clairement,
24:36le diagnostic a joué
24:37un rôle très important.
24:39Bon, moi,
24:40si j'étais déjà
24:41jeune adulte,
24:42donc, vous voyez,
24:43c'était plus une question
24:44d'aller à l'école ou pas.
24:46Mais ce qui aussi joue,
24:49c'est que, parfois,
24:51on comprend enfin
24:52ce qui se passe
24:54dans la famille.
24:55Vous voyez ?
24:56On comprend enfin
24:57pourquoi, par exemple,
24:59mon enfant ne veut pas
25:01manger le bon gâteau
25:02que j'aime bien
25:04et que je prépare
25:05avec beaucoup de talent.
25:07Et souvent,
25:09si on comprend des relations
25:10au-delà de la relation
25:12aux enfants-parents,
25:14s'il y a des grands-parents,
25:15s'il y a,
25:16je ne sais pas qui va être
25:17dans la grande famille.
25:20Généralement,
25:20il y a aussi
25:21d'autres personnes
25:22qui ont des particularités.
25:23Ben oui,
25:24l'autisme est génétique,
25:25donc, forcément,
25:26on retrouve
25:26à des stades divers.
25:28et je suis un petit peu
25:32pardonné de revenir
25:33à un cas personnel,
25:34mais je suis un petit peu
25:36en difficulté
25:38sur ces points-là
25:39parce que ma famille
25:41a toujours été petite
25:42et je n'ai pas connu
25:43la grande famille
25:44qui est restée quelque part
25:45en Europe de l'Est.
25:47C'est des gens
25:47que je n'ai jamais connus.
25:48mais quand je réfléchis
25:51un peu à mes parents
25:53ou à ma soeur
25:54ou à quelques personnes
25:56que j'ai pu connaître
25:57dans la famille,
25:57je me dis que quand même
25:59il y avait un certain
26:00nombre de particularités.
26:02Si je peux vous juste dire
26:05une anecdote très concrète,
26:07imaginez,
26:09aujourd'hui,
26:10maintenant,
26:10la porte s'ouvre.
26:12C'est la police
26:13qui rentre chez vous
26:14et qui vous dit
26:15Madame, Monsieur,
26:16vous avez 10 minutes.
26:19Vous pouvez ramasser
26:20vos affaires,
26:21vous avez droit
26:21à un petit sac
26:22et vous partez
26:23pour toujours.
26:25Voilà,
26:25vous ne reverrez plus jamais
26:27ni Strasbourg,
26:28ni la France,
26:29ni votre famille.
26:30Vous avez 10 minutes,
26:31un petit sac.
26:32Qu'est-ce que vous allez
26:33mettre dans le sac?
26:36Ma mère,
26:37quand ça lui est arrivé,
26:39elle a mis
26:39dans son petit sac
26:40un manuel
26:42de formule de maths
26:43et une règle calculée.
26:45C'était l'ancêtre
26:46des calculatrices
26:47que j'ai toujours,
26:49d'ailleurs.
26:51Ça,
26:52c'est quand même
26:52très frappant.
26:55Ce n'est pas typique
26:57du tout,
26:57on va le dire.
26:59Peut-être qu'il y a
27:00des diagnostics
27:01qui se sont perdus
27:02et je ne sais pas.
27:06Mais c'est tout à fait
27:07étonnant
27:08quand on y réfléchit
27:09un petit peu.
27:09Oui,
27:09oui,
27:10oui,
27:10tout à fait.
27:12Merci pour cette anecdote.
27:14Tu voulais continuer ?
27:20Selon vous,
27:22on souhaitait aussi
27:25savoir,
27:27d'après vous,
27:28quels sont
27:28les meilleurs soutiens
27:30à apporter
27:31aux familles
27:32d'un enfant
27:33avec autisme ?
27:34Je pense que
27:37s'il y a
27:38un conseil général,
27:40ne restez jamais seul.
27:43Ça,
27:43c'est le conseil
27:44aux parents.
27:45Ne restez jamais seul.
27:48Essayez de trouver,
27:50il y en a de plus en plus,
27:51une association,
27:53une bonne association
27:55près de chez vous.
27:56Essayez de trouver
27:57un lieu,
27:58mais ne restez pas seul.
28:00Ce n'est vraiment
28:01pas une bonne piste.
28:04On est plus fort
28:05à plusieurs.
28:06Et il y a
28:07d'autres parents
28:08qui sont passés
28:09par des choses
28:10très similaires
28:11à des problématiques
28:12très similaires.
28:13Ils ont des trucs
28:14et astuces
28:15à partager avec vous.
28:17Et vous vous sentirez
28:18beaucoup mieux.
28:19Vous serez
28:20beaucoup plus fort.
28:22Donc,
28:22premier conseil,
28:24règle d'or,
28:25ne pas rester seul.
28:27Ça,
28:27c'est incontournable.
28:31Ce que peut-être
28:34aussi,
28:35on pourrait,
28:36il y a un point,
28:37un point douloureux
28:39qui est caché
28:39dans le premier point.
28:43C'est que malheureusement,
28:45les personnes,
28:46les parents
28:47qui restent
28:47les plus isolés
28:48sont souvent
28:49des personnes
28:50qui ont un background
28:51culturel
28:52un peu différent.
28:54Je pense que
28:55je peux en parler
28:56vu que moi-même,
28:57je suis fils
28:58de réfugiés politiques.
29:00Aujourd'hui,
29:00on aurait des migrants,
29:01quoi.
29:02Mais bon,
29:03voilà.
29:04Donc,
29:04quand,
29:05j'allais dire,
29:06vous avez un background
29:07culturel personnel
29:09qui n'est pas forcément
29:11le même background
29:12culturel
29:13que celui d'autres personnes,
29:15ça rajoute une barrière.
29:17Il y a un facteur
29:18d'exclusion,
29:18un facteur
29:19de solitude
29:20supplémentaire.
29:21et nous autres,
29:24dans l'univers du handicap,
29:25nous avons un sacré défi
29:27devant nous.
29:29Comment rendre
29:29nos pratiques
29:31davantage inclusives
29:33par rapport
29:33à cette question
29:34de pluriculturalité,
29:36quoi.
29:37Ce que,
29:38personnellement,
29:39je trouve absolument
29:40scandaleux,
29:41c'est que si vous prenez
29:42le marketing
29:43de voitures,
29:45le marketing
29:45de dentifrice,
29:47on étudie
29:48la question
29:49interculturelle
29:50avec plus ou moins
29:51de succès,
29:52mais n'importe quel
29:53acteur marketing,
29:54il réfléchit
29:55à ça,
29:56vous voyez.
29:57Par contre,
29:58dès qu'il y a
29:59question de psychiatrie,
30:00de médecine,
30:02ce n'est pas du tout
30:03vrai,
30:04je suis désolé.
30:05La psychiatrie
30:06d'aujourd'hui
30:07est une discipline
30:09par et pour
30:11Américain blanc
30:13de classe moyenne
30:14supérieure
30:15urbaine,
30:16anglophone,
30:17ça a été fait
30:19par et pour
30:19cette catégorie
30:21de gens.
30:22Grand bien leur face,
30:23c'est très bien
30:25pour eux,
30:25mais les gens
30:28vrais,
30:29les familles
30:30vraies,
30:30les personnes
30:31avec qui on travaille
30:32ou qu'on rencontre
30:33ne correspondent pas
30:34à ce profil.
30:36Et comment faire
30:38pour avoir
30:39davantage
30:40d'outils,
30:43de billes,
30:43de bonnes pratiques,
30:45de lieux de partage,
30:46autour du handicap
30:48et de l'interculturel,
30:50ça,
30:50je crois que
30:51c'est vraiment,
30:53je dirais,
30:54un point
30:55qu'il faudrait
30:57travailler.
30:59C'est vraiment,
31:00si ça devait être
31:01un combat,
31:03je pense que
31:03c'est celui-là
31:04que j'aurais aimé
31:05avoir
31:07pour l'avenir.
31:09vous voyez,
31:11je peux vous le dire
31:12si vous permettez
31:13d'être un petit peu
31:14taquin
31:15pendant 30 secondes.
31:17En Allemagne,
31:19dans les pays
31:19de langue germanique
31:20ou allemande,
31:21l'outil
31:23qu'on utilise,
31:24que tout le monde
31:25connaît,
31:26c'est le
31:26METACOM.
31:27Donc,
31:27ça s'écrit
31:28comme ça,
31:29ça se prononce
31:29META,
31:30comme quoi.
31:31Et donc,
31:32METACOM,
31:32c'est quoi?
31:33C'est une base
31:33de données
31:34actuellement,
31:35je crois,
31:35de 19 000 images,
31:37mais ça grossit
31:38peu à peu.
31:40Ce sont des outils,
31:41des images
31:42destinées aux enfants
31:43autistes,
31:44quoi.
31:44Voilà.
31:45Donc,
31:46c'est une base
31:47de données géantes.
31:48Moi,
31:48j'adore leur graphisme
31:50parce que j'aime bien.
31:51Moi,
31:51je pense que ça a été
31:52vraiment bien fait,
31:53quoi.
31:54Il y a deux choses
31:55frappantes.
31:56Première chose frappante,
31:57comment se fait-il
31:58que dans l'espace
31:59francophone,
32:00l'outil soit
32:01totalement inconnu
32:02METACOM,
32:03quoi.
32:04Voilà,
32:04ça,
32:04c'est un premier point.
32:05Mais un deuxième point,
32:07quand on regarde
32:08les brochures
32:09METACOM
32:10qui sont diffusées
32:11dans toutes les écoles
32:12en Allemagne,
32:13quoi,
32:14elles existent
32:15dans pas mal de langues,
32:16même en français,
32:17d'ailleurs.
32:18Elles existent
32:19en arabe,
32:20en ukrainien,
32:21en espagnol,
32:23en je ne sais pas quoi,
32:24vous voyez,
32:25et elles sont disponibles
32:26de base
32:27en téléchargement
32:28dans ces différentes langues.
32:30C'est normal
32:31parce que peut-être
32:32que dans la classe
32:34de je ne sais où,
32:35en Allemagne,
32:36il y a un petit gamin
32:37qui est plus à l'aise,
32:39je ne sais pas,
32:39en ukrainien,
32:40par exemple.
32:41Enfin,
32:41pour donner un exemple
32:42quelconque.
32:43Voilà.
32:44Mais comment se fait-il
32:46qu'en France,
32:48si on évoque
32:49dans une réunion
32:50que les documents
32:52du centre
32:53de ressources autistes
32:54soient disponibles
32:55ne fût-ce qu'en anglais,
32:57mais on se fait traiter
32:58de tous les noms,
32:59quoi.
33:00Alors que,
33:01excusez,
33:01ça semble superfait.
33:03Ça semble presque
33:04passer au second plan,
33:06mais oui,
33:06tout à fait.
33:06Vous voyez,
33:07il m'est arrivé
33:09à moi,
33:10enfin,
33:10un petit groupe
33:11de gens,
33:12une aventure,
33:13je me permets juste
33:13de le dire
33:14pour vous dire
33:14à quel point
33:15on est dans
33:16une situation
33:17horrible.
33:19Pour diverses raisons,
33:21je vais souvent
33:22à Toulouse
33:22parce qu'on a
33:23un projet
33:24d'inclusion,
33:25bref,
33:25je ne parlerai
33:26dans les détails.
33:27Et voici l'anecdote.
33:29Il y a quelques mois,
33:31dans une école
33:33un peu au nord
33:33de Toulouse,
33:35il y avait
33:35donc une prof
33:36qui était absente
33:37le jour J,
33:38quoi.
33:39Et donc,
33:39on avait mis
33:40une petite affiche,
33:42Madame,
33:42peu importe le nom,
33:44elle sera absente
33:45demain,
33:46quoi.
33:47Et on avait mis
33:48le texte
33:49en français
33:50et on l'avait mis
33:51en arabe aussi.
33:53Et il se trouve
33:53que quelqu'un
33:54a pris la photo
33:55de cette image.
33:56Ça a fait
33:57le tour du web
33:58de tous les sites,
33:59on va dire,
34:00vous voyez,
34:01de quelle orientation,
34:02quoi,
34:03etc.,
34:04etc.
34:05Mais,
34:06vous voyez,
34:08c'était juste
34:10une histoire
34:10que Madame
34:11a telle,
34:12a telle
34:12est malade
34:13les jours.
34:14Et que l'information
34:16puisse être
34:17à donner
34:17à tout le monde.
34:18C'est une traduction.
34:19C'est-à-dire,
34:20on se retrouve
34:21dans des situations
34:22que je trouve
34:23absolument choquantes,
34:25quoi,
34:25et de crispations
34:27qui n'ont absolument
34:28pas un lieu d'être,
34:30quoi.
34:31Voilà.
34:32Donc,
34:32bref,
34:32je pense que
34:33comprendre
34:34que l'autisme,
34:36le handicap
34:37existe à travers
34:38les cultures,
34:39qu'on peut,
34:41oui,
34:42on peut avoir
34:42une belle vie
34:43en ayant
34:44tel ou tel
34:45background culturel
34:47et un certain
34:47handicap,
34:49c'est absolument
34:50pas excluant
34:51ou ça ne devrait
34:52pas l'être.
34:52Ça,
34:53je crois,
34:53ce sont des points
34:54essentiels.
34:55Merci.
35:00Et souvent,
35:01on a les familles
35:01qui nous parlent
35:02des regards
35:03des autres.
35:05Et alors,
35:06comment faire face
35:07aux regards
35:08et aux commentaires
35:09des autres
35:09quand on est
35:10parent
35:10avec enfant
35:12à particularité ?
35:14Oui,
35:16très bonne question,
35:17merci.
35:18Il y a toutes sortes
35:19d'outils
35:19qui ont été développés,
35:21mais parmi les outils
35:22qu'on peut utiliser,
35:23qui, je veux dire,
35:24n'importe quel parent
35:25peut utiliser.
35:26Vous pouvez faire
35:27des petites cartes
35:28ou des petites fiches.
35:30Vous voyez ?
35:31Parfois,
35:32ça peut être
35:32en forme
35:33à carte de visite,
35:34ça peut être
35:35une petite fiche
35:36ou une petite plaquette,
35:37quoi.
35:37Vous en avez
35:38un petit stock
35:39et vous donnez.
35:41Il y a des associations
35:47qui ont déjà fait
35:48des espèces
35:49de modèles,
35:50quoi.
35:50Donc,
35:51on peut soit
35:51reprendre un modèle
35:53comme ça,
35:53soit faire
35:54votre petit texte.
35:55Ça,
35:56c'est,
35:56je crois,
35:57ça,
35:57c'est un outil
35:58simple à utiliser
35:59que tout le monde
35:59peut mettre
36:01en œuvre,
36:02quoi.
36:03D'accord.
36:04Oui,
36:04on n'avait pas pensé
36:06et jamais entendu.
36:07Oui,
36:07c'est vrai,
36:08c'est une très bonne idée.
36:09C'est comme tout,
36:11c'est quand on ne connaît pas
36:12et que les mauvaises idées
36:15se passent
36:16et quand on connaît,
36:18le regard change.
36:21Et aujourd'hui,
36:23dans votre rapport au monde,
36:26quelles sont les choses
36:27qui vous apparaissent
36:28plus simples
36:31et quelles sont les choses
36:32qui restent compliquées
36:33à l'heure actuelle ?
36:36Merci.
36:37Alors,
36:37il y a beaucoup de choses
36:40qui restent compliquées.
36:42Bon,
36:42je ne veux pas me plaindre
36:44à titre personnel.
36:46Je pense que,
36:47moi,
36:47j'ai à peu près
36:49tout ce qu'il faut.
36:50Il n'y a pas de récrimination
36:52ou de jérémiade
36:54personnelle.
36:55Il y a pas mal de choses
36:56que je ne sais pas faire.
36:58Mais bon,
36:59après tout,
37:00vous voyez,
37:00si on devait faire la liste
37:02de ce que les gens
37:03ne savent pas faire,
37:04je crois qu'on aurait
37:06de longues listes.
37:07Mais l'important,
37:09ce n'est pas ce que telle personne
37:11ne sait pas faire,
37:12c'est ce que chaque personne
37:13sait faire.
37:15Et la société humaine,
37:17c'est ça.
37:17Chaque personne apporte
37:19sa petite pierre
37:20à l'édifice.
37:22On est compétent
37:23dans un nombre
37:23très restreint de domaines
37:25quand on y réfléchit.
37:26et l'idée,
37:28c'est de contribuer
37:29dans ces domaines-là.
37:31Tout le reste,
37:31on l'aura en échange.
37:33Donc,
37:34tout ce qui est,
37:34par exemple,
37:35électricité,
37:36nourriture,
37:36vêtements,
37:37c'est des choses énormes
37:38quand on y réfléchit.
37:40On l'aura en échange.
37:42C'est le principe
37:43de la société humaine.
37:44Donc,
37:44ne pas savoir faire des choses,
37:47d'une certaine façon,
37:48ce n'est pas le plus grave.
37:50le plus critique,
37:52c'est de savoir faire des choses.
37:56On peut le dire comme ça.
37:58Voilà.
37:58Et pour le dire
38:00un peu de façon comique,
38:03on peut dire
38:03que je suis très vraisemblablement
38:05le seul ancien conseiller
38:07ministériel français
38:09qui ne soit jamais allé
38:10chez le coiffeur,
38:12qui ne sache pas
38:13conduire une voiture,
38:15qui ne sache pas
38:15faire une autre cravate,
38:17qui a vécu chez ses parents
38:18jusqu'à leur décès.
38:20C'est un voyeur
38:21pour faire une très longue liste.
38:24Mais je crois que
38:26ce n'est pas important
38:28de s'apprécier sur ça.
38:31Ou alors,
38:31on le dit juste pour sourire.
38:33Mais le point essentiel,
38:36à mon avis,
38:37c'est que chaque personne
38:38différente ou pas
38:40puisse avoir un accès
38:42à un apprentissage minimal
38:44de l'autonomie.
38:46Je crois que c'est ça.
38:47Quand je dis apprentissage
38:49minimal de l'autonomie,
38:51c'est comment est-ce
38:53que je gère ce cube blanc
38:55qui s'appelle frigo?
38:56Qu'est-ce que fait le frigo?
38:58Comment je vais m'en occuper?
39:01Qu'est-ce que je fais avec ça?
39:03Comment est-ce que je fais mon lit?
39:06Vous voyez,
39:07ce sont des choses très concrètes.
39:08Et je suis absolument horrifié
39:11de constater qu'il n'y a
39:13quasiment aucun lieu
39:14où on puisse apprendre
39:16ces choses-là.
39:17Ou très peu.
39:18Il y en a quelques-uns,
39:20mais très, très peu.
39:22Par contre,
39:23il y a plein, plein, plein
39:23de services
39:24où on enverra,
39:26par exemple,
39:27une femme de ménage
39:28faire le ménage
39:29dans la chambre
39:30d'un adulte.
39:32Mais non,
39:33ce qu'il faut,
39:34avant tout,
39:36pour tout le monde,
39:37et on peut commencer
39:37dès le plus jeune âge,
39:39c'est d'acquérir
39:41les fondamentaux
39:42de l'autonomie.
39:44Et je pense
39:45qu'on peut acquérir
39:47une belle autonomie.
39:50Et je pourrais vous citer
39:54quantité d'exemples
39:55de gens
39:56qui avaient
39:57toutes sortes
39:58de profils médicaux
39:59et qui ont acquis,
40:01ont appris
40:02grâce à un cadre favorable
40:04ces rudiments
40:06de l'autonomie
40:07et qui ont une belle autonomie
40:08maintenant.
40:16Une dernière question.
40:20Donc,
40:20avez-vous un idéal
40:22d'inclusion
40:23dans la petite enfance ?
40:26Vous savez,
40:29merci,
40:30c'est une très belle question.
40:32Peut-être que je suis
40:33béatement rêveur,
40:34mais
40:35j'ai la chance
40:37de voyager,
40:38de voyager
40:38dans des pays,
40:40on va dire,
40:41non occidentaux.
40:44Et à chaque fois
40:45ou très souvent,
40:46je suis jaloux.
40:47Je suis jaloux
40:49parce que je constate
40:50qu'il y a une qualité
40:51de lien humain.
40:55Évidemment que parfois,
40:57économiquement,
40:58ça va mal.
40:59il y a des coins
41:00du monde
41:01où la pauvreté
41:02est parfois
41:03très forte.
41:04Il y a des lieux,
41:06il y a des villages
41:07où il n'y a pas
41:07l'électricité.
41:09Il y a des lieux
41:10de grande pauvreté.
41:12Mais ce qui me frappe,
41:14ce que je constate
41:15et ce qui régulièrement
41:17me rend jaloux,
41:18c'est de voir
41:19la qualité
41:19des liens.
41:20Un enfant
41:22dans, par exemple,
41:25un village pygmé
41:26au Cameroun
41:27ou un enfant
41:29dans des îles
41:30du Pacifique,
41:32eh bien,
41:32il interagira
41:34avec toutes sortes
41:35de gens.
41:36Vous voyez,
41:37c'est pas,
41:38je dirais,
41:39il n'y a pas
41:40cette espèce
41:40d'enfermement
41:41dans une pièce unique.
41:43Vous voyez,
41:44l'enfant peut se promener,
41:46il peut aller
41:47dans la baraque
41:48d'à côté,
41:49il peut en resserre,
41:50sortir,
41:51marcher de l'autre côté
41:52du village.
41:54Tout le monde
41:54le connaît,
41:55tout le monde sait
41:56que c'est la fille
41:57ou le fils
41:57de je ne sais pas qui.
42:00Et rien que ça,
42:02ça incarne
42:05ce fameux dicton
42:06qu'il faut
42:06un village
42:07pour éduquer
42:08un enfant.
42:09C'est un dicton
42:10qu'on connaît bien,
42:11mais c'est une réalité.
42:13Je pense que
42:15pour un parcours
42:17humain,
42:18je dirais,
42:19épanoui
42:20dans l'enfance,
42:21il faut que l'enfant
42:22puisse avoir
42:23toutes sortes
42:24d'expériences
42:25avec toutes sortes
42:26de profils humains.
42:28Moi,
42:29alors,
42:30pardonnez,
42:30ça va peut-être
42:31choquer les gens,
42:32mais est-ce qu'on se rend
42:34compte qu'en Europe,
42:36il y a un siècle,
42:37ou même un peu moins
42:38que ça,
42:39les enfants
42:40pouvaient voyager
42:41seuls, quoi?
42:42Est-ce qu'on se rend
42:44compte que jusque
42:45dans les années 50
42:46ou 60,
42:47un enfant de 7-8 ans
42:49pouvait facilement
42:50prendre le train
42:51tout seul
42:51ou se balader
42:54dans la forêt
42:55sur de longues distances,
42:57quoi?
42:58Et parfois,
42:59les gens sont choqués
43:01en entendant ça.
43:02Mais si vous ne croyez
43:03pas reliser
43:04le grand mot,
43:06dans la literature anglaise,
43:10on pourrait en citer
43:11pas mal aussi
43:12de livres similaires,
43:13vous voyez?
43:14Et donc,
43:15le problème,
43:17c'est que si
43:18on part de l'idée
43:19qu'un enfant
43:20doit être constamment
43:21enfermé
43:22dans un petit box,
43:24que le monde
43:25est mauvais,
43:26que les gens
43:27sont mauvais,
43:28eh bien,
43:29quel parcours
43:30de vie
43:31aura l'enfant,
43:32quoi?
43:34C'est ça
43:35ce qui me fait peur,
43:36quoi?
43:37Vous voyez?
43:38Et ensuite,
43:39il y a des conséquences
43:41logiques
43:41qui me paraissent
43:42absolument délétères
43:45parce que si
43:46un enfant
43:47ne peut pas sortir
43:48de sa chambre
43:49sans l'étroit
43:50contrôle
43:51d'un parent
43:53et si les parents,
43:54évidemment,
43:55sont très occupés,
43:56ils travaillent,
43:56etc., etc.,
43:57un reproche,
43:58c'est un constat.
43:59Donc,
44:00que va-t-il se passer?
44:01L'enfant,
44:02il aura sa tablette
44:03ou son smartphone,
44:04quoi,
44:05vous voyez?
44:06Et on voit
44:07comment les choses
44:08s'enchaînent,
44:09quoi.
44:10Je ne pense pas
44:11que ce soit
44:12un début de vie
44:13heureux
44:14et constructif.
44:16Et moi,
44:16ça,
44:17ça me fait peur,
44:18quoi.
44:18Ça me fait peur.
44:20J'ai plutôt tendance
44:21à travailler
44:22avec des étudiants,
44:23donc des adultes,
44:24quoi.
44:24mais on voit,
44:26quoi,
44:27qu'on a raté
44:29des choses
44:29durant l'enfance
44:31de beaucoup
44:31de gens.
44:33Et comment faire
44:34pour qu'un petit
44:36homme,
44:37pour parler
44:37comme Rudyard Kipling,
44:39un petit
44:40humain,
44:41puisse avoir,
44:43je dirais,
44:43une vie épanouie,
44:45quoi,
44:46vous voyez?
44:47Puisse faire
44:48les découvertes.
44:50Depuis peut-être
44:51des millions
44:51d'années,
44:52les enfants humains
44:53ont fait toutes sortes
44:54de découvertes
44:55en se promenant,
44:57en rencontrant.
44:58Pourquoi c'est
44:59plus possible
45:00aujourd'hui,
45:00quoi?
45:02Pardonnez,
45:02je m'enflamme
45:03un petit peu,
45:04mais je suis
45:05convaincu
45:06que beaucoup
45:07de problématiques
45:08sont liées
45:10à ces choses-là.
45:11Oui,
45:12ce sont vraiment
45:12des questions
45:13d'actualité,
45:14tout à fait.
45:18Et,
45:19vous voyez,
45:20vous connaissez
45:21Tom Sawyer,
45:22quoi,
45:23vous voyez,
45:23Tom Sawyer,
45:24c'est sans doute
45:25la plus belle histoire
45:26d'enfant
45:27qu'aujourd'hui,
45:27on aurait dit
45:28TDAH
45:29ou hyperactif,
45:30quelque chose
45:31comme ça.
45:33Sauf que
45:34Tom Sawyer,
45:35il était libre,
45:36quoi.
45:37Tom Sawyer,
45:38il se baladait
45:40dans la nature,
45:42enfin,
45:42il avait une vie,
45:44je veux dire,
45:45extrêmement riche,
45:46quoi,
45:46vous voyez,
45:47et puis finalement,
45:48heureuse,
45:48enfin,
45:48il s'est construit,
45:49quoi,
45:50c'est ça
45:50ce qui compte.
45:51Vous voyez,
45:53aujourd'hui,
45:54on l'aurait
45:54enfermé dans un box,
45:56on l'aurait gavé
45:57de médocs d'hiver.
46:00Désolé,
46:01je ne suis pas d'accord
46:02avec ça.
46:02Eh bien,
46:13on va vous remercier
46:14pour...
46:15Merci pour ce temps
46:19et j'espère
46:20qu'on aura
46:21à l'avenir
46:22peut-être l'occasion
46:23de se rencontrer
46:24en vrai.
46:25C'est vrai.
46:26Tout à fait,
46:27c'est vrai
46:27que vous venez
46:28en septembre
46:29à Strasbourg.
46:32Tout à fait,
46:33au Forum
46:34des Peuples Racines.
46:36Exactement,
46:37qui aura lieu
46:37à Oberhausbergen.
46:39Très bien,
46:40on vous remercie
46:41pour avoir répondu
46:43avec beaucoup
46:45de réflexions
46:47à toutes ces questions
46:48et est-ce que vous avez
46:50des projets de voyage
46:51en cette période estivale
46:52sur juillet-août ?
46:55Non,
46:56alors,
46:57non,
46:57pas de projet de voyage
46:58pour une raison
46:59très simple,
47:00c'est que
47:01j'ai un étudiant
47:03qui est en situation
47:04de handicap
47:05qui doit finir
47:06son mémoire
47:06de master.
47:08Vous voyez,
47:09et les délais
47:10sont courts,
47:11donc,
47:12je n'ai pas de vacances
47:14en été,
47:16mais,
47:17comment dire,
47:18j'ai la chance,
47:19on va dire,
47:20de voyager
47:21très souvent
47:22pour des raisons
47:24de militantisme
47:25et si tout se passe bien
47:27en croisant les doigts,
47:29prochainement,
47:30je pourrai rendre visite
47:31à des amis
47:32au Comor,
47:33à des associations
47:34au Comor
47:36et je pense
47:37que ce sont des lieux
47:39absolument fascinants.
47:41On apprend beaucoup.
47:43Pas très bien.
47:45Merci beaucoup.
47:47C'est moi.
47:47On vous souhaite
47:48une bonne journée.
47:49Au revoir.
47:50Au revoir.
47:51Au revoir.
47:51Sous-titrage Société Radio-Canada
47:54Sous-titrage Société Radio-Canada
47:57Sous-titrage Société Radio-Canada
48:00Sous-titrage Société Radio-Canada
48:04Sous-titrage Société Radio-Canada

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