00:00Lorsqu'on pense à la course spatiale, on pense surtout à la mission Apollo 11
00:04et ces images de Neil Armstrong, premier humain à aller sur la Lune le 21 juillet 1969.
00:19Au final, trois ans plus tard, le programme est abandonné.
00:23Il faudra attendre Donald Trump pour qu'un véritable projet de retour sur la Lune
00:27voit à nouveau le jour le programme Artemis, mais avec une petite différence.
00:33Cette fois, l'objectif n'est pas seulement d'y aller, mais d'y rester.
00:36Mais une question persiste au sein de la communauté spatiale.
01:03Faut-il envoyer des astronautes dans l'espace pour faire des découvertes scientifiques sur notre univers ?
01:09Avec la fin du programme Apollo, qui coûte cher, il faut trouver d'autres justifications.
01:13Donc ça va être la science.
01:14On va faire de la science dans l'espace, on va faire de l'industrie dans l'espace.
01:17Et la figure de l'astronaute, quelque part, elle suit cette lignée-là.
01:20Aujourd'hui, en France, quand on pense à un astronaute, on pense à Thomas Pesquet,
01:24qui s'est rendu déjà deux fois sur la Station spatiale internationale.
01:28Mais qu'est-ce qu'il y fait concrètement ?
01:29L'ISS, en fait, c'est un laboratoire scientifique, un laboratoire de recherche,
01:33dans des conditions assez particulières, à savoir en micropesanteur ou en impesanteur, pour faire simple.
01:38Et donc, à ce titre, on envoie des astronautes pour deux raisons.
01:40Soit pour être opérateur, parce que comme tout laboratoire scientifique,
01:43il y a des gens qui y travaillent, donc ce sont des yeux et les mains des scientifiques.
01:47Et l'autre raison, c'est qu'ils sont aussi eux-mêmes sujets, notamment en physiologie humaine.
01:51Et c'est justement ce qu'Iréné Regno critique.
01:54Pour lui, le fait d'utiliser des astronautes pour réaliser des expériences scientifiques à bord de l'ISS coûte bien trop cher.
02:01La moindre expérience scientifique dans l'espace coûte plusieurs dizaines de millions d'euros,
02:04en fait, si on la rapporte au coût total et au nombre d'heures passées en orbite.
02:08Donc, il n'y a pas vraiment d'intérêt scientifique.
02:10Quand on vous dit, par exemple, qu'on va guérir tes maladies des eaux,
02:13puisque les astronautes sont sujets à des problèmes d'eau,
02:16dans le sens où le corps est en impesanteur, et donc ça crée des situations compliquées.
02:19Si on mettait cet argent directement, par exemple, dans l'ostéoporose sur Terre, ça serait beaucoup plus efficace.
02:24Il critique aussi l'utilisation des astronautes comme des sortes de cobayes
02:28pour comprendre comment le corps réagit dans l'espace.
02:30Ces expériences sur le corps, elles servent à penser les conditions d'habitabilité de l'espace.
02:35Donc, c'est circulaire, si vous voulez.
02:36On va dans l'espace pour comprendre comment on peut continuer à y rester.
02:41Ce qu'on fait dans l'ISS, c'est d'abord de l'ingénierie.
02:43On fabrique des modules qui permettent d'habiter l'espace, voilà.
02:47Mais c'est quasiment une fin en soi, en fait.
02:49Et les retombées scientifiques n'ont jamais fait la une de Science.
02:53Et j'ai envie de dire, c'est un secret de polychinelle dans le spatial.
02:57On ne fait pas du vol habité pour la science.
03:00Ce n'est pas ça.
03:00C'est une forme de démonstration technologique, même de suprématie symbolique.
03:05Alors que la fin de l'exploitation de l'ISS est prévue d'ici 2030,
03:09le prochain objectif des agences spatiales se porte de nouveau sur la Lune.
03:13Mais ce choix d'y expédier des humains est avant tout géopolitique.
03:16Le but est d'utiliser la Lune comme terrain d'entraînement pour aller sur Mars.
03:20Et surtout, pour les Américains, l'enjeu est d'y arriver avant la Chine.
03:24Mars, depuis 70 ans, c'est le projet qui fascine beaucoup les Américains,
03:33beaucoup la NASA.
03:34Et indépendamment de savoir ce qu'on va y faire,
03:37il y a cet objectif de type nouvelle frontière,
03:39un peu comme à une époque, l'ouest des États-Unis était la nouvelle frontière.
03:45Là, c'est Mars.
03:46Néanmoins, il reste un problème.
03:48C'est que privilégier le vol habité a aussi un impact sur la science.
03:52Quand on regarde les moments de l'histoire où on met de l'argent dans le vol habité,
03:56on en enlève dans la science.
03:57Et c'est clairement le cas avec l'administration Trump,
04:00et surtout depuis le début des années 2025.
04:02On a une relance de l'épopée martienne, lunaire, etc.
04:08Alors que la NASA se voit supprimer un nombre impressionnant de budgets
04:14sur les sciences climatiques, sur l'exploration des astres.
04:17Donc oui, il y a bien un système de vase communiquant.
04:19En attendant, le programme Artemis accumule les retards.
04:23La mission qui prévoyait de voir de nouveau des humains fouler le sol lunaire
04:25initialement prévu en 2025 a été décalée en 2027.
04:29Et celle-ci pourrait encore être reportée,
04:31car la fusée Starship d'Elon Musk qui doit être utilisée n'est toujours pas prête.
04:35Quant à la Chine, elle prévoit d'y envoyer cette iconote d'ici 2030.
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