Deux semaines après le meurtre de l'influenceur pro-Trump Charlie Kirk, une cérémonie d'hommage est organisée ce dimanche 21 septembre à Phoenix, dans l'Arizona. L'objectif des organisateurs est de "perpétuer l'héritage" de cette personnalité controversée.
00:00Je voudrais qu'on passe à un autre thème de ce rendez-vous, si vous me permettez.
00:03On a compris que vous ne serez pas d'accord là-dessus.
00:04Non, ça c'est sûr.
00:05Je suis garant de la sérénité de ces débats et je considère à ce moment précis du débat qu'il faut passer à autre chose.
00:11Il est passionnel.
00:12Si vous me le permettez, Mme Autain et M. Ménard, avec votre accord, je voudrais qu'on s'intéresse à ce qui se passe en ce moment même aux Etats-Unis.
00:18Tu ne sais pas si on va faire redescendre la température.
00:19Je ne suis pas sûr, j'espère quand même.
00:21Du côté de l'Arizona, on voit ici, je crois que ce sont des images en direct de ce qui se passe dans cet immense stade de l'Arizona.
00:2860 000 personnes sont attendues pour rendre hommage à Charlie Kerr.
00:31Charlie Kerr, vous le savez sans doute maintenant, c'est cet influenceur ultra-conservateur très proche de la galaxie Trump qui a été assassiné il y a 10 jours par balle.
00:39On attend dans ce stade tout à l'heure le président Donald Trump, on attend le vice-président J.D. Vance, on attend la veuve de Charlie Kerr.
00:4660 000 personnes, des dizaines de milliers d'autres personnes à l'extérieur du stade qui n'ont pas pu y entrer.
00:52C'est un événement XL qui est organisé ce soir.
00:54On a compris, on a compris Clémentine Autain, que Donald Trump voulait faire de Charlie Kerr une sorte de martyr politique.
01:02Est-ce qu'il est en train de réussir son pari ?
01:05Je ne me pose pas la question à ces termes-là.
01:07Moi, c'est comme ça que je vous la pose.
01:09Cette entreprise de martyrisation, ce n'est pas un jugement, mais c'est un mot qu'il a utilisé lui-même.
01:14En fait, il y a une différence entre la victime et le héros, le martyr et le symbole politique.
01:21Et pour vous, Charlie Kerr est une victime ?
01:23Pour moi, Charlie Kerr est une victime d'un assassinat abject et la violence politique.
01:29Assassiner des personnes parce qu'on est en désaccord avec ses idées, c'est impossible, insupportable et cela ne doit pas exister.
01:36Donc, je le condamne de manière extrêmement ferme.
01:39Après, c'est une autre question de savoir, est-ce que Charlie Kerr est un héros ?
01:44Vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire, est-ce qu'on décide qu'une personnalité qui a porté un certain nombre d'idées dans le débat public,
01:52c'est devenu ce que l'on a envie de défendre ?
01:56Donc, moi, je veux défendre surtout un projet de société dans lequel on abaisse le niveau de violence politique qui a explosé aux États-Unis.
02:03Vous le savez. Et les propos de Charlie Kerr interrogent. Et c'est normal que l'extrême droite américaine s'en serve pour...
02:13Enfin, c'est normal, c'est logique. Disons qu'il s'appuie sur cet événement pour, en fait, radicaliser son camp politique.
02:20Mais c'est dangereux parce qu'en ce moment, Donald Trump et les siens sont en train d'instrumentaliser cette histoire
02:27pour mener une chasse aux sorcières, une forme de néo-marcartisme, contre ceux qu'ils ont d'ailleurs accusés au démarrage à tort,
02:33en disant c'est la gauche, c'est les wokistes, c'est pas du tout ça.
02:36L'histoire de la mort de Charlie Kerr n'a rien à voir avec... C'est pas ça qui s'est passé.
02:41La violence politique, d'ailleurs, aux États-Unis, elle est d'abord le fait des suprémacistes, de l'extrême droite.
02:47On a moins parlé. Oui, mais on a eu Mélissa Hortman qui a été aussi assassinée, une démocrate américaine.
02:57Bon, Donald Trump, il n'a pas décidé à ce moment-là qu'il en faisait une héroïne. Il a choisi que c'était Charlie Kerr.
03:04La réponse, Donald Trump, dit Clémentine Autain, est en train de radicaliser son camp après la mort de Charlie Kerr. Robert Ménard.
03:10J'ai passé ma vie, j'étais le patron de la portée de la frontière pendant plus de 20 ans.
03:13J'ai passé ma vie à défendre des gens dont je ne partageais pas le début d'un quart des idées, dont j'aurais condamné les idées.
03:20C'est la première chose qu'il faut dire. Parce qu'il y a un certain nombre de gens aux États-Unis, on sera d'accord là-dessus,
03:26qui, par opposition politique, sont prêts à trouver au fond des excuses à quelqu'un qui les aurait débarrassés d'un Charlie Kerr,
03:35dont je ne partage évidemment pas le point de vue. Il n'est pas là.
03:38Aujourd'hui, aujourd'hui, il y a, avec ça, vous l'avez dit, une montée de violences terrifiante, terrifiante.
03:45Et pardon, dans le cas de Charlie Kerr, c'est des gens qui viennent de l'opposé politique qui le tue.
03:53Celui qui le tue, on verra ce qu'il en est, mais il a dit que s'il le faisait, pour les propos qui sont tenus.
03:58C'est ça, madame, que sur lequel je...
03:59Il est conservateur, il vient de...
04:02Non, non, attendez, ça va.
04:03Il vient d'une famille républicaine, pour, je précise les propos de Clémentine Autain.
04:06Non, mais moi, j'ai même pas envie de...
04:08Par ailleurs, je pense que j'ai pas envie de discuter de...
04:10Non, non, mais c'est ce que vous dites. Vous dites, oui, il a été tué par quelqu'un qui lui reproche ses propos sur les transgenres et tout ça.
04:18Politiquement, ça veut dire quelque chose.
04:20Attendez, moi, j'ai pas de position les mêmes que lui.
04:22Ça, c'est la première chose.
04:24Mais, j'ajouterai, je suis aussi, peut-être parce que ça a été toute ma vie, la défense des libertés de la presse,
04:30je ne comprends pas les mesures qui sont prises par Trump, par M. Donald Trump,
04:35qui est à s'en prendre maintenant à ceux qui, même s'ils tiennent des propos hors du rire,
04:41parce que se féliciter de la mort de Charlie Kirk, c'est une saloperie,
04:46mais c'est pas pour ça que tu vas les priver d'un boulot et tout.
04:48Vous avez compris. J'essaye juste de dire ça.
04:50Et pourquoi je le dis ?
04:51Parce qu'on est dans un pays, les États-Unis, qui était pour le militant des droits de l'homme que j'étais,
04:56de défense des libertés de la presse, un modèle, un modèle.
04:59C'est-à-dire qu'on pouvait tout ou quasiment tout dire, sauf il y a un appel direct, effectif à la violence.
05:06Et je pense que ce pays où on en est arrivé là, c'est un recul colossal.
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