- il y a 10 mois
"Notre futur a de l'avenir" part à la découverte de la Normandie aux cotés de Karim, Gilles et sophie qui s'engagent pour améliorer notre quotidien.
- Karim tente de relocaliser toute la filière lin, une fibre « made in Normandie » qui pourrait avoir un rôle à jouer dans la décarbonation du secteur automobile
- Gilles préserve et tente de faire vivre la recette de l'andouille de Vire, fleuron de la gastronomie normande
- Enfin Sophie tente de lancer la 1ere filière d'algues de culture normandes, tout en donnant un coup de pouce aux ostréiculteurs
- Karim tente de relocaliser toute la filière lin, une fibre « made in Normandie » qui pourrait avoir un rôle à jouer dans la décarbonation du secteur automobile
- Gilles préserve et tente de faire vivre la recette de l'andouille de Vire, fleuron de la gastronomie normande
- Enfin Sophie tente de lancer la 1ere filière d'algues de culture normandes, tout en donnant un coup de pouce aux ostréiculteurs
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00:00Notre futur a de l'avenir vous est présenté par Bread Bank Populaire.
00:04Au plus près de ces territoires, Bread Bank Populaire accompagne la réussite de ses clients et sociétaires en donnant vie à leur projet.
00:14En Normandie, il y a des paysages, il y a des histoires, et puis il y a des produits qui marquent une région à jamais.
00:22À Vire, dans le Calvados, impossible d'échapper à l'andouille.
00:26Pardon, excusez-moi, pardon, je me saufile, je me fais toute petite, promis.
00:33La vraie, celle qui ouvre l'appétit, rien qu'en passant la porte d'un restaurant.
00:38L'association avec l'andouille de vire et la pomme, qui est une grande histoire d'amour.
00:43Ça se cuisine, ça se marie hyper bien avec la pomme.
00:46Cette saucisse à base d'abats fumés s'écoule par centaines dans ce restaurant.
00:50Je ne sais pas si on peut peut-être goûter avec la pomme.
00:52Et si les amateurs n'hésitent pas à venir de très loin pour savourer la véritable andouille de vire, c'est parce que sa recette, elle, n'a jamais triché.
01:01Ça a du caractère.
01:02Un savoir-faire bien gardé qui va nous être dévoilé.
01:06Ce mois-ci, je pose mes valises en Normandie.
01:13Une région que l'on croit connaître, tant elle attire les touristes du monde entier.
01:17Mais derrière les falaises, les plages et les villages de cartes postales, la Normandie cache bien d'autres trésors.
01:23Des savoir-faire uniques, des défis agricoles et maritimes, et des Normands qui réinventent leur territoire pour l'avenir.
01:29L'étape qui va donner son goût bien particulier à l'andouille, c'est l'étape du fumage.
01:34Voici les cheminées.
01:36Je vais d'abord découvrir la véritable recette de l'andouille de vire.
01:39Un savoir-faire ancestral.
01:41Fiston, est-ce qu'il va reprendre ?
01:42Non, mon fils, non.
01:44Qui pourrait bien se perdre, faute de repreneur.
01:47Elles sont quand même belles.
01:49Oui.
01:50Puis nous mettrons le cap sur l'or vert de la mer.
01:52Nous suivrons Sophie, pionnière de la culture d'algues en Normandie.
01:57Avec l'ambition de concurrencer l'Asie, elle mise sur les bassins des austréiculteurs pour lancer sa production.
02:04Mais réussira-t-elle à convaincre les industriels ?
02:07Il n'y a vraiment pas de... aucun parasite.
02:10Enfin, je vous parlerai de la Normandie, premier producteur de lin au monde.
02:13On continue à répondre à la demande en augmentant les surfaces.
02:16La demande explose.
02:1717 000 hectares supplémentaires cultivés en un an.
02:20Toute une filière se remet en marche et fait même renaître des savoir-faire disparus depuis plus de 40 ans.
02:26Mais la Normandie saura-t-elle répondre à l'appétit du marché mondial ?
02:31Aujourd'hui, quelques familles ont su préserver la fameuse recette de la véritable andouille de vire.
02:48Bonjour Gilles !
02:50Bonjour Émilie !
02:50Comment ça va ?
02:51Eh bien, ça va ma femme !
02:52Bien, merci de m'accueillir !
02:54Comme ici, dans cette entreprise familiale, où la tradition se perpétue de génération en génération.
03:00C'est vraiment du grand art, l'andouille de vire, et j'avais envie d'en savoir un petit peu plus.
03:04Mais d'abord, j'ai une question toute bête.
03:06Pourquoi est-ce qu'on l'appelle l'andouille de vire ?
03:07Alors l'andouille de vire, qui est ici, voilà, comme tu peux voir ici,
03:10les origines, c'est dans les fermes, puisque l'andouille de vire, elle est née dans chaque ferme.
03:15Au Moyen-Âge.
03:16Il y avait un cochon, quand il tuait cochon, il fabriquait leur andouille.
03:18Maintenant, le nom andouille de vire, historiquement, est beaucoup plus récent,
03:21puisque c'est une femme qui fabriquait ses andouilles entre vire et Ville-du-les-Poiles.
03:25Elle venait prendre le train à vire, la gare de vire, avec ses paniers d'andouilles,
03:28pour aller les vendre au roi à la Paris.
03:30Au fur et à mesure des mois et des années, les parisiens disaient, tiens, voilà l'andouille de vire.
03:35Et c'est comme ça qu'est né le nom commercial andouille de vire.
03:37Mais c'est dans toute la région qu'on fabrique.
03:39Dans toute la région, puisque c'était vraiment un produit typique de la région.
03:43Si tu as envie de découvrir la fabrication, eh bien, suis-moi.
03:45Avec plaisir. Allons-y. Et je vais enfiler la blouse, je crois.
03:48Voilà, tout à fait.
03:50Face au géant industriel, il ne reste que 5 ateliers comme celui-ci.
03:56Ça sent la cochonaille.
03:58L'andouille de vire est fabriquée avec le cochon, plus précisément avec l'appareil digestif du porc.
04:03Donc, intestin grêle, gros intestin et estomac.
04:06Voilà les 3 ingrédients qui rendent la fabrication d'andouille.
04:07Que du cochon, rien que du cochon, rien de plus.
04:09Que du cochon.
04:10Donc, si tu veux t'initier à la fabrication d'andouille, si tu veux monter une andouille, pourquoi pas ?
04:15Allons-y.
04:16Donc, c'est le gros intestin qui est là, c'est ça ?
04:18Oui.
04:19Voilà.
04:20Donc, je le mets par-dessus, en fait.
04:22Voilà, c'est ça.
04:23Et ça fait comme une corde.
04:25C'est assez long, hein ?
04:26Donc là, tu vois, on va couper.
04:28D'accord.
04:28Parce que là, il y avait un petit peu trop d'estomac.
04:29Voilà, c'est ça.
04:30D'accord.
04:31Et là, on remet un peu notre intestin grêle.
04:33Et là, on va remettre un peu notre intestin grêle.
04:34Il ne faut pas hésiter à faire plusieurs tours.
04:35Voilà, c'est ça.
04:36Le but du jeu, c'est ça, de faire un tour.
04:39Et là, ça fait comme un joli collier.
04:40Oui, on y est presque.
04:42Bon, c'est pas tout à fait...
04:43C'est pas mal pour un début.
04:44Pour un premier, je pense que j'ai encore besoin de me perfectionner.
04:46Et là, je peux le mettre comme ça dans la...
04:47On croit que c'est simple de faire en douille, mais...
04:48Ah non, pas du tout.
04:49Je confirme pas du tout.
04:50C'est un savoir-faire, c'est un métier.
04:51Le tout est placé dans un boyau.
04:55Mais c'est l'étape suivante qui va donner le goût si particulier de l'endouille.
05:00Le fumage.
05:02Un fumage à chaud, donc elles vont s'égoutter.
05:03Elles vont perdre leur eau, elles vont perdre de la graisse aussi.
05:06C'est pour ça qu'on a un produit très, très affiné.
05:08Et donc, le fumage, c'est vraiment une affaire de patience.
05:10Il faut que ça fume tout doucement.
05:12L'endouille de Vire se mérite.
05:14Pour obtenir ce goût si unique,
05:16elle est fumée au bois de chêne pendant plus de 15 jours,
05:19avant de passer au four pendant 8 heures.
05:21Là où il y a des fois, il y a des jeunes générations.
05:23Il y a des nouvelles générations.
05:25Pour qu'est-ce que mon fils est justement ?
05:27Est-ce qu'il va reprendre le flambeau ?
05:29Alors mon fils, non.
05:31Il saurait faire une andouille en 3D sur un ordinateur,
05:33mais il n'a jamais voulu venir en fabrication.
05:35Donc non, je ne compte pas sur lui.
05:37Par contre, je suis un de mes équipiers
05:39qui lui, depuis des années l'entreprise,
05:42et souhaite à terme reprendre l'entreprise.
05:44Donc je souhaite que cela aboutisse.
05:47Et les jeunes sont très attachés aux produits terroirs,
05:49contrairement à ce qu'on pourrait penser.
05:51Donc ça nous augure des belles années à venir.
05:55Depuis la crise sanitaire,
05:5788% des moins de 35 ans souhaitent consommer local,
06:01à la fois pour limiter leur impact environnemental,
06:04mais aussi pour préserver l'identité de leur région.
06:07En Normandie, il n'y a pas que le terroir.
06:12La mer fait partie du quotidien.
06:14Qu'il s'agisse de la pêche, d'ostréiculture
06:17ou de transports maritimes.
06:19Et certains industriels commencent à y voir
06:21un potentiel insoupçonné.
06:23Oui, vas-y, entre, Émilie.
06:30Salut, Sylvie.
06:31Salut.
06:32Bon, alors écoute, on est dans ton laboratoire,
06:34juste à côté de Caen.
06:35Oui, c'est ça.
06:36Et alors, j'ai cru comprendre
06:37qu'il se passait une petite révolution
06:39dans ton laboratoire.
06:41Nous sommes dans les laboratoires Gilbert
06:43à Héroville-Saint-Clair.
06:45Ici, Sylvie conçoit des cosmétiques
06:47à base d'ingrédients naturels.
06:49Alors oui, en fait, nous, les algues,
06:54on s'y intéresse depuis vraiment
06:55de nombreuses années au sein du laboratoire.
06:58Moi, je suis convaincue de leurs bienfaits.
07:01Tu vois, là, par exemple,
07:02les produits qu'on va utiliser
07:04avec les bienfaits des algues
07:06pour l'hydratation,
07:07mais aussi l'effet anti-âge, etc.
07:09Parce que les algues sont gorgées
07:10de vitamines, de minéraux, d'antioxydants.
07:12Elles ont vraiment...
07:13En fait, elles ont une composition
07:14qui fait que chaque macro-élément
07:17ou chaque micro-élément de l'algue
07:19est intéressant.
07:20On va l'utiliser pour ses propriétés actives,
07:22par exemple, dans le domaine
07:23de produits cosmétiques,
07:25mais on va l'utiliser aussi
07:26pour ses propriétés, par exemple,
07:29gélifiantes.
07:29Là, on utilise un gel douche
07:32avec des gélifiants naturels
07:33pour éviter que, quand on ouvre le tube,
07:35ça nous dégouline dans la douche.
07:38Un ingrédient bon sur tous les plans.
07:41Enfin presque.
07:41En fait, les algues qu'on utilise,
07:43elles viennent de Bretagne, bien sûr,
07:46mais pas que.
07:46Elles viennent aussi d'Europe du Nord,
07:48dans certaines laminaires.
07:49Elles viennent aussi, en fait,
07:51de l'étranger, du Chili,
07:53de l'Argentine,
07:55voire de la zone Asie,
07:56où là, elles sont beaucoup cultivées.
07:59Aujourd'hui, 96% de la production d'algues
08:02est importée d'Asie.
08:04La Bretagne ne représente que 0,2%
08:07de la production mondiale.
08:08Sylvie veut inverser la tendance.
08:12Aujourd'hui, c'est aussi important, en fait,
08:16d'éconcevoir, en fait, nos produits.
08:18C'est-à-dire, où on le fait,
08:20c'est l'impact carbone que l'on va avoir
08:22sur, justement, le transport.
08:25On peut, effectivement, se dire,
08:26bah oui, on peut le faire en Normandie, en fait.
08:28On a tout ce qu'il faut, ici, pour le faire.
08:31Sauf qu'aujourd'hui, Sylvie n'a pas le choix.
08:33La culture d'algues en Normandie,
08:35il n'y en a pas.
08:36Enfin, plus pour longtemps.
08:39Deux jeunes entrepreneurs se préparent à lancer la filière.
08:44On a pris tout ce qu'il fallait pour vérifier les algues.
08:48Oui, j'ai pris la sonde.
08:50On va pouvoir mesurer la température et la salinité.
08:53Sophie et Loan comptent bien devenir
08:55les premiers producteurs d'algues en Normandie.
08:59Mais l'investissement de départ est colossal.
09:01Plusieurs dizaines de milliers d'euros.
09:02Alors, pour y parvenir à moindre coût,
09:05les deux jeunes entrepreneurs ont dû faire équipe
09:07avec les ostréiculteurs du coin.
09:09Salut Laurent.
09:11Salut Sophie.
09:12Ça va ?
09:13Ça va et toi ?
09:14Oui, nickel.
09:16Salut Loan.
09:17Ça va ?
09:17Ça va ?
09:18La saison est bonne.
09:20Ça s'annonce même bien.
09:22Il y aura des huites à Noël.
09:24Laurent est ostréiculteur de père en fils.
09:27Cette saison s'annonce bonne,
09:29mais c'est loin d'être le cas chaque année.
09:31Depuis 20 ans,
09:32les maladies font rage et le changement climatique
09:34ne fait qu'aggraver la situation.
09:36Les tempêtes,
09:40on en a quelques-unes
09:41et il y en a des plus fortes que d'autres
09:43et on en a eu une il y a deux ans
09:45où on a perdu,
09:47pour être minime,
09:48un petit 10%.
09:49Ça fait combien de tonnes,
09:50à peu près 10% au final ?
09:5210%, c'était une vingtaine de tonnes.
09:54Ouais.
09:55Donc c'est énorme
09:58pour des petites entreprises comme nous.
10:00Pour Laurent,
10:01rien n'est jamais acquis.
10:03Ses revenus dépendent
10:04des caprices de la mer et du climat.
10:06Alors, pour diversifier son activité
10:08et limiter les risques,
10:09il a accepté la proposition
10:11de Sophie et Laurent.
10:12Pourquoi pas changer un peu
10:14notre métier,
10:16faire ostréiculteur
10:17et faire aussi les algues.
10:18Pourquoi pas ?
10:20Si tu veux,
10:20on peut commencer un peu à...
10:22Voilà.
10:23Ça fait déjà une semaine
10:24qu'elles sont dedans.
10:25En culture, ouais.
10:27Huit tréalgues
10:28cohabitent dans le bassin de Laurent.
10:31Elles sont quand même belles.
10:33Ouais.
10:33Ouais.
10:34Ouais, non, non, c'est...
10:35Le contrat est simple.
10:38Si les algues trouvent preneur,
10:40les deux jeunes entrepreneurs
10:41partageront les bénéfices
10:42avec l'ostréiculteur.
10:44On t'avait pas dit,
10:45mais on a mis de la laitue de mer
10:46dans ton bassin.
10:47Et l'objectif pourrait vite être atteint.
10:51Contrairement à la culture en mer,
10:53sel en bassin permet d'éviter
10:54les pollutions marines
10:55et de mieux maîtriser le processus.
10:58À chaque fois qu'il y a une commande
10:59qui est faite par un client,
11:01c'est qu'il est tout le temps
11:02l'algue avec le même pourcentage
11:04de protéines,
11:05les mêmes fonctionnalités.
11:07Et uniquement le bassin
11:08permet d'avoir cette qualité-là.
11:11en fait.
11:13Salut Sophie !
11:14Salut Émilie !
11:15Ça va ?
11:15Ouais, ça va et toi ?
11:16Très bien, très bien.
11:17Je vois que t'avais les mains
11:18dans le cambouis,
11:19les mains dans le bassin.
11:21Alors Sophie, toi,
11:22tu es ici d'une famille
11:23d'ostréiculteurs.
11:24Donc pour toi,
11:24c'était vraiment une évidence
11:25de travailler avec la mer ?
11:27Alors, pas au début.
11:29J'avais un peu cette envie
11:31de ne pas faire du tout
11:32comme mes parents et ma famille.
11:35Donc j'ai fait un master
11:36en sciences politiques.
11:38Après, dans l'environnement,
11:39j'ai travaillé à l'étranger
11:40et c'est au bout
11:41de quelques années
11:42où je me suis dit
11:42que j'avais besoin
11:44de revenir aux sources.
11:46Et je me suis dit
11:47que c'était un peu
11:48le challenge
11:49de réussir à créer
11:50une activité nouvelle
11:52et innovante en Normandie
11:53et d'être un peu
11:55pionnière dans cette activité.
11:57Du coup, là maintenant,
11:58l'idée, c'est de convaincre
11:59des partenaires de te suivre.
12:00C'est ça.
12:01Et là, justement,
12:01ce soir, tu vas aller voir Sylvie,
12:03tu vas aller lui présenter
12:03ces fameuses laitues
12:05qui pourraient peut-être
12:05l'intéresser.
12:06Tout ça, évidemment,
12:06il faut une finalité.
12:08Donc c'est de réussir
12:08à les commercialiser.
12:09C'est un rendez-vous important.
12:11Oui, c'est ça.
12:11Petite pression.
12:14L'heure de vérité est arrivée.
12:16Sophie va faire découvrir
12:18à Sylvie,
12:18fabricante et experte
12:19en cosmétiques naturels,
12:21le fruit de son travail.
12:24Bonjour Sylvie.
12:25Merci de m'en recevoir.
12:27Oui.
12:28Alors, c'est quoi cette merveille ?
12:30C'est ce qu'on a réussi
12:31à produire dans le bassin.
12:33Super, déjà ?
12:35Oui.
12:36Donc la récolte,
12:36ça date de quand, là, du coup ?
12:38Bah, de ce matin.
12:39Ça me tenait à cœur
12:40de te montrer déjà
12:41ce qu'on avait réussi
12:42à produire.
12:43Pas de problème.
12:44Eh bien, écoute,
12:44on va aller regarder ça
12:45au laboratoire.
12:45Avec plaisir.
12:46Tu le suis ?
12:47Oui, oui.
12:49La décision de Sylvie
12:51pourrait propulser
12:52l'entreprise
12:52de la jeune entrepreneuse
12:53et lancer
12:54la toute première filière
12:56de culture d'algues
12:57en Normandie.
12:58Elles sont hyper fraîches.
13:00On le voit tout de suite,
13:01en fait.
13:02C'est que là,
13:03il n'y a pas de décoloration.
13:05Elles sont vraiment
13:06une qualité, en fait,
13:07qui me paraît vraiment super.
13:09Il n'y a vraiment pas
13:10de...
13:11Aucun parasite.
13:13Sylvie est immédiatement séduite
13:15et n'hésite pas
13:16à évoquer
13:17de gros volumes d'achats.
13:18Là, il y en a combien
13:20dedans, ton bécher ?
13:23Tu en as mis quoi ?
13:24Même pas un kilo, en fait.
13:26Voilà, donc on peut imaginer
13:27presque une tonne, je pense,
13:31de produits frais, en fait.
13:33Produits frais, oui.
13:33Au moins, en besoin, en fait.
13:34Oui, donc ça fait...
13:35Elle a très bien travaillé.
13:37Et avec tout l'enthousiasme
13:38qu'elle y met
13:38et toute l'énergie,
13:39je pense qu'effectivement,
13:40on a un produit de qualité.
13:43Si on peut avoir
13:43une algue en plus locale,
13:45limiter l'impact carbone,
13:46c'est clairement aujourd'hui
13:47ce que l'on recherche
13:48au niveau des produits
13:49de cosmétiques
13:51et même de santé
13:52qu'on développe en général.
13:55Sophie est sur le point
13:56de réussir son pari.
13:58Prochaine étape,
13:59convaincre plus d'ostréiculteurs
14:01pour produire en grande quantité.
14:10En Normandie,
14:11l'innovation ne vient pas seulement
14:13de la mer.
14:14Une autre fibre,
14:15cette fois bien ancrée dans la terre,
14:16fait depuis longtemps
14:17la fierté de la région
14:19et intéresse de plus en plus
14:20les industriels
14:21qui cherchent
14:22à verdir leur activité.
14:25Salut Karim !
14:26Bonjour Edoui !
14:26Comment ça va ?
14:27Très bien.
14:27Très bien, merci de m'accueillir.
14:29Alors dis-moi ici,
14:30on est dans ton usine,
14:31une usine un peu particulière
14:32où on prépare l'avenir.
14:33Oui, tout à fait.
14:34Nous sommes chez Natop,
14:35une petite pépite normande
14:37qui développe
14:38une matière première innovante
14:39destinée aux fabricants
14:41les plus exigeants.
14:42Nos clients produisent
14:44des raquettes de tennis
14:45par exemple,
14:45comme celle-là,
14:46des raquettes de paddle,
14:50des skis,
14:51des snowboards,
14:52des kitesurfs.
14:52D'accord.
14:53En quoi c'est innovant
14:54ce que tu proposes ?
14:55Alors, si on regarde
14:56sur le snowboard par exemple,
14:57c'est pas du bois.
15:00Ah, c'est pas du bois,
15:00ça ressemble pourtant.
15:01Voilà, ça c'est pas du bois
15:02non plus.
15:02D'accord.
15:03Et c'est la même matière
15:04qui est dans la raquette de tennis.
15:06C'est pas du bois,
15:07mais c'est quand même
15:07une fibre naturelle.
15:08C'est du lin.
15:08Alors, je t'avoue
15:09que je suis assez étonnée
15:10parce que pour moi,
15:11le lin, j'ai l'image
15:11de ce que tu portes,
15:12d'ailleurs, ton écharpe
15:13que tu as autour du cou,
15:13il me semble que c'est du lin.
15:15Pour moi, c'est quand même
15:16une matière assez souple,
15:17assez molle,
15:18pas du tout résistante en tout cas.
15:19Donc, j'aurais pas trop confiance
15:20sur ma paire de skis
15:21avec du lin.
15:22Alors, c'est une erreur
15:23de pas avoir confiance.
15:24La résistance spécifique du lin
15:26est la même que celle
15:27de la fibre de verre.
15:28La fibre de verre,
15:28on l'utilise partout,
15:29des bateaux et autres.
15:30Et donc là, le lin,
15:31il a été utilisé spécifiquement
15:33pour ses caractéristiques mécaniques.
15:35Pour se rendre compte
15:36de la robustesse du lin,
15:37il suffit de regarder un champ.
15:39Des tiges fines de 2 mm
15:41dressées à 1,50 m de haut
15:43tiennent bon face au vent
15:45et à la pluie.
15:46Donc, je t'ai parlé
15:47du sport et loisirs,
15:48mais je vais te montrer
15:48où sont les vrais volumes.
15:50C'est l'automobile.
15:51Donc, toutes ces pièces-là,
15:52tu les as déjà vues
15:54dans ta voiture.
15:54Une tablette arrière,
15:57tu connais ça ?
15:57Ouais, la page arrière
15:58de ma voiture.
15:59Évidemment, un passage de roue
16:01quand tu es dans le coffre.
16:02Ouais.
16:03Là, tu viens à ton vide-poche.
16:05Un panneau de porte.
16:06Panneau de porte.
16:07Et bien, tout ça,
16:08il y a du lin de l'enriade.
16:09Non.
16:09Ah oui, effectivement.
16:11L'industrie automobile
16:12ne se tourne pas
16:13vers cette fibre
16:14uniquement pour sa solidité.
16:16Elle y voit aussi un moyen
16:17de se conformer
16:18aux futures réglementations.
16:21C'est juste qu'en 2050,
16:22il y a le coup près.
16:23Le marché automobile
16:24doit émettre zéro carbone.
16:26Zéro carbone,
16:27ça veut dire zéro carbone
16:28quand on roule,
16:29le véhicule électrique.
16:30Zéro carbone
16:30quand on le produit.
16:32Donc, l'idée,
16:32c'est de se passer du plastique.
16:33L'idée, c'est de se passer du plastique
16:34et de faire des produits
16:35les moins polluants possibles.
16:37Un véhicule,
16:38c'est 15 tonnes de CO2
16:39à la construction
16:40et au roulage.
16:415 tonnes pour construire,
16:4210 tonnes pour rouler.
16:44Les 10 tonnes,
16:44ils vont être à zéro
16:45avec l'électrique,
16:46mais les 5 tonnes,
16:47ils vont continuer.
16:47Donc, en fait,
16:48les alternatives fibres naturelles
16:50sont obligatoires
16:51pour diminuer
16:52l'impact environnemental
16:52de la construction du véhicule.
16:54Le lin,
16:54c'est une fibre 100% naturelle
16:57qui pousse presque toute seule,
16:59sans irrigation
17:00ni déchets.
17:01Le lin est vraiment
17:01super prometteur
17:02pour l'industrie automobile.
17:03Il va en falloir
17:03beaucoup du lin
17:04pour répondre
17:05à toute cette demande.
17:06Oui, aujourd'hui,
17:07on utilise grosso modo
17:0828 kilos de pièces
17:09renforcées par du lin
17:10dans un véhicule.
17:11Demain, il faut qu'on monte
17:12à 250 kilos.
17:14Et donc, oui,
17:14il va falloir multiplier
17:15quasiment par 10
17:16la quantité de lin
17:17qu'on doit utiliser
17:17dans l'automobile.
17:19Les industriels en raffolent.
17:21Mais c'est surtout
17:21le marché du textile
17:23qui tire la demande.
17:24D'ici 2035,
17:26la consommation mondiale
17:27de lin pourrait doubler.
17:28Un atout de taille
17:29pour la filière française
17:30et la Normandie
17:31qui concentre à elle seule
17:3340% de la production planétaire.
17:37On a fait deux déchômages
17:38et puis on se prépare
17:39pour semer du lin
17:41du lin d'hiver
17:41dans cette parcelle
17:43à la fin du mois de septembre.
17:45Benoît et Arnaud
17:46cultivent le lin.
17:48Les deux hommes
17:48sont sur le pont
17:49pour fournir
17:50toujours plus de matière
17:51et répondre à une demande
17:52en pleine explosion.
17:54Bonjour Benoît,
17:55bonjour Arnaud.
17:56Comment ça va ?
17:57Et toi ?
17:58Très bien,
17:58merci de m'accueillir
17:59ici en terre normande
18:01dans ta ferme, Benoît.
18:03Et je crois que
18:03dans ta famille,
18:04on cultive le lin
18:05depuis des générations.
18:07Et donc,
18:08tu as vu tout d'un coup
18:09cette demande,
18:10cet engouement pour le lin
18:11monter il y a quoi ?
18:12Il y a 10 ans, 15 ans ?
18:13Oui, c'est qu'il y a eu
18:14des années très compliquées
18:14dans les années 80
18:15et depuis les années 90,
18:17oui, c'est reparti
18:18et puis vraiment
18:19plus fortement
18:19depuis quelques années.
18:20Depuis 5 ans,
18:21c'est devenu
18:22la folie pour le lin.
18:23très demandé.
18:24Donc, on continue
18:25à répondre à la demande
18:26en augmentant les surfaces.
18:27J'ai lu que
18:28depuis l'année dernière,
18:29il y avait 17 000 hectares
18:30de plus de surface
18:31cultivée en lin.
18:34Comment on fait face
18:34à tout ça ?
18:36Oui, c'est vraiment important
18:37cette augmentation de surface.
18:39On a pu quand même
18:39depuis une dizaine d'années
18:40avec le lin d'hiver
18:42qui s'est développé
18:42en fer sur toutes nos parcelles.
18:44Donc, ça a permis
18:45de débloquer les compteurs
18:46de ce côté-là.
18:48Il y a quelques années encore,
18:50les agriculteurs
18:50cultivaient uniquement
18:51le lin au printemps.
18:53Mais des chercheurs
18:54ont développé
18:54un lin d'hiver
18:55qui permet d'augmenter
18:57considérablement
18:58la production.
19:00Encore faut-il
19:00que la météo soit bonne.
19:02Benoît, j'ai l'impression
19:06que le lin est quand même
19:07une culture très exigeante,
19:08très technique,
19:09risquée peut-être aussi.
19:10C'est vrai que c'est aussi risqué.
19:12C'est aussi ce qui va freiner
19:12certains agriculteurs.
19:14C'est que sur du lin,
19:15on peut tout perdre une année.
19:16Il faut avoir un peu
19:17le goût du risque.
19:18Pas trop d'eau au printemps,
19:19pas de gel en hiver,
19:21pas de sécheresse en été.
19:22Autant de contraintes
19:23qui pèsent sur la culture du lin
19:25face aux dérèglements climatiques.
19:27Malgré tout,
19:28Benoît et Arnaud
19:29parviennent à augmenter
19:30les quantités.
19:31Donc là, on se dirige
19:32vers le bâtiment
19:33où tout se passe,
19:34le bâtiment de théiage.
19:36On a la nécessité
19:37d'avoir de très grands bâtiments
19:38car le process du lin
19:39nécessite au moins
19:41100 mètres de longueur
19:42de ligne,
19:42sans virage.
19:44Le travail d'Arnaud,
19:45c'est le théiage.
19:46Il récupère les récoltes
19:47des agriculteurs
19:48et en extrait la fibre
19:49contenue dans les tiges.
19:51Et lui aussi
19:52a dû voir les choses en grand
19:53pour répondre à la demande.
19:55On a dû dépenser
19:57près de 15 millions d'euros
19:58en comprenant le foncier,
19:59les machines,
20:00l'aménagement,
20:00les bureaux
20:01pour pouvoir monter
20:02ce nouveau site.
20:03Nous sommes en 3-8
20:05sur nos deux lignes.
20:06Donc nous sommes déjà,
20:07après deux ans d'ouverture,
20:08saturés sur nos deux lignes
20:09de production.
20:10Et c'est vrai que quand
20:11nous avons conçu ce site,
20:12nous l'avons conçu
20:13pour pouvoir se développer
20:14et nous avons la possibilité
20:15d'implanter une troisième ligne ici.
20:17Mais jusqu'où on va aller
20:18comme ça ?
20:20C'est un compte de fait
20:21cette histoire.
20:21Notre sentiment est que le marché
20:23n'arrivera jamais à être saturé
20:25car effectivement,
20:27il est en demande de films naturels.
20:29Le coton est en perte de vitesse.
20:30On n'arrive plus à produire du coton
20:31dans le monde.
20:32La production mondiale
20:33baisse d'année en année.
20:34Le lin,
20:35c'est 0,4% de la fibre mondiale.
20:37Et effectivement,
20:38il y a de la place
20:39pour beaucoup plus de lin.
20:40Aujourd'hui,
20:42Arnaud, Benoît
20:43et la filière normande
20:44exportent presque
20:45toute leur production
20:46en Asie.
20:48Les fibres,
20:48fabriquées ici,
20:49font des milliers de kilomètres
20:50pour être transformées
20:52en files
20:52car depuis les années 80,
20:54cette étape
20:55n'existe plus en France.
20:58Jusqu'à ce qu'un homme
20:59décide de tout relancer
21:01en Normandie.
21:03Ah bah rebonjour Karine,
21:04comment on se retrouve ?
21:05Ça va ?
21:05Ça va et toi ?
21:06Ouais, très bien.
21:07Et c'est Karine,
21:08le chef d'entreprise
21:09à l'origine des premières
21:10pièces automobiles en lin
21:11qui a choisi d'innover
21:13encore une fois
21:14en rapatriant
21:15un savoir-faire oublié.
21:174,5 millions d'euros
21:18investis dans cette usine
21:19de filature dernier cri.
21:22Mais le plus dur,
21:22ça a été de la faire tourner.
21:25Comment vous avez fait
21:26pour former votre personnel ?
21:27On avait à un moment donné
21:29quelqu'un dans l'usine
21:30qui a été filateur
21:31il y a 30 ans.
21:32D'accord.
21:32Il n'est jamais parti,
21:33vous n'y restez ?
21:33Donc il a vu en fait
21:34les machines partir
21:35à l'autre bout du monde
21:36mais il avait encore
21:37le savoir-faire.
21:37Et donc en fait,
21:38on a trouvé les machines,
21:39trouver le personnel
21:40et former le personnel.
21:41Il n'y a pas d'école
21:41de filature de lin.
21:44Premier jour pour Françoise
21:45dans l'usine.
21:46Aux côtés d'Élodie,
21:47elle découvre les gestes
21:48du filage
21:49comme un écho
21:50aux années 80
21:51qui renaît entre ses mains.
21:55Bonjour Élodie !
21:56Bonjour Françoise !
21:57Alors j'ai appris
21:58que c'est votre premier jour
21:59ici Françoise ?
22:00Oui, tout à fait.
22:01Je suis très curieuse
22:02et d'apprendre
22:04puisque c'est comme
22:06du textile,
22:06c'est de mettre
22:07du textile
22:07et ça m'a toujours accueillie.
22:09Et le lin,
22:09c'est naturel.
22:11Un petit peu investi
22:12d'une mission alors ?
22:13Tout à fait, tout à fait.
22:15Karim, c'est une formidable aventure
22:16de faire renaître
22:18la filière du lin ici
22:19qui avait quand même
22:19disparu il y a 30-40 ans.
22:21Mais on imagine
22:22que ce n'est pas
22:22un combat gagné
22:23tout de suite.
22:24Aujourd'hui,
22:25on a une capacité
22:26de 250 tonnes de fil.
22:28On est sur une quarantaine
22:30de tonnes,
22:30donc plutôt très décevant
22:31par rapport
22:31aux ambitions d'entreprise.
22:33Et même les 250 tonnes,
22:35c'est une petite goutte d'eau
22:36dans le marché
22:37et l'idée,
22:38c'était vraiment
22:38de faire une usine pilote.
22:40Si ça fonctionne,
22:41pouvoir grossir.
22:42Alors pour l'instant,
22:42on est en croissance,
22:43mais en croissance faible
22:44et on compte évidemment
22:45sur les consommateurs
22:47et sur les marques françaises
22:48pour prendre ce genre de fil
22:51et développer des produits
22:52made in France.
22:53Aujourd'hui,
22:54ce fil de lin
22:55made in France
22:55coûte environ deux fois
22:57plus cher
22:57que celui transformé en Asie.
22:58Un surcoût
22:59que peu de marques
23:00et de consommateurs
23:01sont prêts à assumer.
23:03C'est du côté
23:03des petits acteurs
23:05de la filière.
23:06Salut Pauline.
23:07Bonjour Pauline.
23:08Que Karim commence
23:09à retrouver espoir.
23:11Comment ça se passe
23:11en ce moment de business ?
23:12Eh bien,
23:13ça va bien.
23:13Cet été,
23:14ça a bien fonctionné.
23:16Je suis contente.
23:17Mais plus tard,
23:17on aimerait se lancer
23:18sur la maille
23:19et du coup,
23:19je voulais te voir
23:20à ce sujet.
23:21On aimerait faire
23:22un peu des pulls
23:22comme ça,
23:23en maille rectiligne.
23:25En fait,
23:25il me faudrait
23:25une centaine de Pauline
23:26et puis ce serait bien.
23:27C'est ça.
23:27Je vois que tu portes
23:29une très jolie chemise
23:30en lin
23:30qui vient de ton atelier.
23:33Combien elle coûte
23:34et combien elle aurait coûté
23:35si jamais on l'avait fait
23:36venir de Chine ?
23:37Alors nos chemises
23:38sont à l'entour
23:38de 150 euros
23:39sur notre site
23:40donc mi-juin.
23:42Mais si on l'a fait faire
23:43en Asie,
23:45en fait,
23:45il y a vraiment
23:45toutes les ordres de prix.
23:47Ça peut aller de 20
23:48à 40 euros
23:49ou quelque chose comme ça
23:49dans les chemises
23:51quand même assez peu chères.
23:52Mais Karim ne compte pas
23:53s'arrêter là
23:54pour faire baisser les coûts.
23:55Il compte faire revenir
23:56toutes les étapes suivantes
23:57qui sont encore à l'étranger.
23:59Tissage, tricotage
24:00et bien sûr confection.
24:02Karim vient d'ailleurs
24:03de lancer sa propre marque
24:05sur Internet
24:05à des prix compétitifs
24:07pour faire face
24:08à la Chine.
24:08Une andouille au goût unique
24:13qui perpétue
24:14des siècles de tradition.
24:16Une algue normande
24:17qui pourrait concurrencer
24:18l'Asie
24:19et un lin
24:20dont la fibre s'impose
24:21partout dans le monde.
24:23Gilles,
24:24Sophie,
24:25Karim,
24:26Benoît
24:26et Arnaud
24:27m'ont révélé une Normandie
24:28que l'on ne soupçonne pas
24:30toujours créative,
24:31audacieuse
24:32et tournée vers l'avenir.
24:33Vous, je ne sais pas.
24:37Moi,
24:38ça m'a fait du bien.
24:41Notre futur a de l'avenir
24:43vous est présenté
24:44par Bread Bank Populaire.
24:45Au plus près
24:46de ses territoires,
24:47Bread Bank Populaire
24:48accompagne la réussite
24:49de ses clients et sociétaires
24:51en donnant vie
24:51à leurs projets.
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