00:00Éric Zemmour a été condamné mercredi, de manière définitive,
00:03pour un discours absolument haineux et insupportable
00:07qu'il avait tenu lors d'une convention des droites en 2019.
00:10Première instance, condamné.
00:12Cour d'appel, condamné.
00:14La cassation casse la cour d'appel, on revient devant la cour d'appel,
00:16condamné, la cassation valide.
00:18Définitif.
00:19C'est un délinquant.
00:20Il est raciste avec un tampon officiel
00:23posé par la justice française rendue au nom du peuple français.
00:27On continue à l'inviter partout.
00:28Donc vous voulez le censurer, Alain, qu'en pensez-vous ?
00:32Non, alors moi, vous me connaissez suffisamment.
00:35Oui, c'est pour ça que j'ai pensé à ça.
00:37Et vous soumettre ce cas d'école.
00:40Bon, je ne savais pas que j'aurais un interrogatoire, mais enfin...
00:43Vous l'acceptez avec plaisir.
00:44Voilà.
00:45En tout cas, sportivement.
00:48Que Éric Zemmour tienne des propos non pas blâmables,
00:54mais quelquefois scandaleux,
00:55qu'il ait été, parce que vous parlez d'un cas là où il vient d'être condamné,
00:59mais ce n'est pas la première fois qu'il est condamné.
01:01Donc, qu'il soit multirécidiviste, c'est la réalité.
01:06Est-ce que pour autant, il faut...
01:07Alors, il ne faut évidemment pas en faire ni un martyr,
01:12ni du coup un invité formidable,
01:15parce qu'il provoque toujours quelque chose.
01:18Mais je ne suis pas partisan de lui interdire les invitations.
01:23On le fait pour d'autres.
01:25Vous pensez à qui ?
01:26Dieudonné et Soral, qui tiennent des propos antisémites,
01:29ont été condamnés par la justice
01:31et ne sont plus du tout invités dans le débat public.
01:33Ce qui est une bonne chose.
01:34Non, mais attendez, Jean-Michel, Jean-Michel.
01:36Non, non, mais d'un mot, d'un mot.
01:38Deux points, deux mesures ?
01:39Non, il y en a un qui est célèbre
01:41et les autres qui sont quelquefois connus.
01:44Mais lui, si Éric Zemmour pose un problème,
01:48c'est parce qu'il est très connu.
01:50Il est aussi connu que vous.
01:52Alors, la notoriété protège ?
01:53D'abord, un, c'est une réalité.
01:55La notoriété peut protéger.
01:58Non, mais je ne dis pas, c'est bien qu'elle protège.
02:01Je vous dis, dans la réalité, elle peut protéger.
02:04Puis, dans d'autres cas, et on a vu ça, par exemple,
02:07sous l'Occupation, la notoriété, au contraire,
02:11mène dans des camps d'extermination.
02:13Donc, la notoriété, ça peut être un bouclier,
02:16mais ça peut être aussi une cible.
02:18Bon, lui, je ne suis évidemment pas en train de vous dire,
02:22du moment qu'il crée des scandales
02:25et que ça fait énormément de bruit,
02:27donc, profitons-en et invitons-le le plus possible.
02:30Je ne vous dis pas ça du tout.
02:31C'est ce qui se fait, mais ce n'est pas grave.
02:32Non, enfin, vous me demandez mon avis.
02:34C'est pas vous qui décidez.
02:37Je ne suis pas le lanceur d'ordre universel.
02:39Nous sommes d'accord.
02:40En matière de médias.
02:41Nous sommes d'accord, nous sommes d'accord.
02:42Mais je ne suis pas partisan de l'empêcher de s'exprimer.
02:47Je regrette ce qu'il dit.
02:49Et même, alors, ça ne va peut-être pas vous plaire,
02:52mais comme vous savez que c'est la réalité,
02:53vous réagirez.
02:55Je ne suis pas contre débattre avec lui.
02:58Ah, je sais, je sais.
02:59Et vous savez que moi, j'ai toujours refusé dans ma vie de débattre avec lui.
03:02Je sais bien, parce qu'on était ensemble à une radio.
03:05Nous avons vécu cela.
03:06C'était un sujet dont on discutait beaucoup nous-mêmes.
03:08Voilà.
03:09Vous voyez que la liberté d'expression, il y a beaucoup de choses à dire.
03:12Voilà, j'utilise ma liberté d'expression aussi.
03:157% des lecteurs, Éric Zemmour,
03:17il représente quand même 2,5 millions de Français qui ont voté pour lui.
03:21Est-ce qu'on peut bannir un homme politique
03:23qui représente autant de Français de l'antenne télévisuelle ?
03:27J'aime beaucoup votre question.
03:29Est-ce qu'on peut le bannir ?
03:31L'interdire, vous dites.
03:32On peut l'inviter.
03:33Mais c'est la justice française qui parle.
03:36Ce n'est pas moi.
03:37C'est un délinquant, Éric Zemmour.
03:39Quand on invite un délinquant sur un plateau de télévision,
03:43quel acte commettons ?
03:44Que dit-on à la justice ?
03:46Que pense-t-on de nos principes ?
03:48Ça ne sert à rien, la justice.
03:51Ça ne sert à rien.
03:51Ça ne se fait pas simplement pour les politiques.
03:53Parce que vous aurez remarqué, notamment ces temps-ci,
03:56qu'on invite des condamnés,
03:58y compris des gens ayant été condamnés à des peintes très lourdes
04:01et qui néanmoins sont invités.
04:03Je ne sais pas trop là comme ça à qui vous pensez,
04:04mais vous avez raison.
04:05Il faut que je réfléchisse.
04:06Mais je trouve que nous avons deux poids, deux mesures.
04:10Nous avons des principes, nous ne les respectons pas.
04:13Au nom de la liberté d'expression,
04:14on s'autorise des choses sur lesquelles on ne réfléchit pas.
04:17Quand on a ce type de débat,
04:19nous sommes dans une période un peu de désordre
04:22où il y a les pensées et les propos des uns et des autres
04:25qui peuvent être considérées comme des ferments
04:27d'une guerre civile potentielle, possible.
04:31Les États-Unis le montrent très bien.
04:32Mais voilà, il faut réfléchir à tout ça.
Commentaires