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  • il y a 11 mois

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00:00Europe 1 Soir Week-end, 19h, 21h, Stéphanie Demureux.
00:04Europe 1 Soir Week-end, merci de nous rejoindre, toujours en compagnie de Jules Torres et Sarah Salman,
00:09mes débatteurs de la première heure.
00:11On parlait il y a quelques instants de la colère des policiers et des lois que l'on aimerait bien parfois voir changer,
00:17qu'on voudrait changer, mais il y a des résistances idéologiques ou réglementaires.
00:21On parlait aussi de la maman de la jeune Philippine qui est sortie du silence,
00:26un an après le viol et le meurtre de sa fille à sa sortie de l'université Paris-Dauphine,
00:32tuée par un Marocain visé par une OQTF, la maman de Philippine qui revient justement sur ses limites
00:39contre la censure justement par le Conseil constitutionnel du projet de loi
00:43allongeant la durée maximale de rétention pour les étrangers dangereux.
00:47Écoutez, mon mari et moi, on avait suivi tous les débats et on a suivi les votes.
00:51Et quand on m'a appris assez délicatement que le Conseil constitutionnel avait censuré,
00:58alors là, moi je suis retombée, mais j'étais anéantie.
01:03Juste après le vote, c'est une anecdote, on avait mis cinq lisses sur la tombe des Philippines
01:09parce que ça symbolisait les jeunes filles qui n'allaient pas être tuées.
01:16Donc, celles qu'on ne connaîtrait jamais, qui ne sauraient même pas qu'elles auraient pu courir un risque.
01:22J'étais tellement heureuse, j'ai dit, voilà, Philippine, au moins je te présente ces cinq lisses,
01:27les cinq, je ne sais pas combien de jeunes filles que tu as sauvées.
01:30Et puis, pouf, début août, c'est fini et je ne comprends pas, je ne comprends pas.
01:35Je te vois ce témoignage poignant.
01:39Non, mais témoignage poignant et bouleversant de la mère de Philippines,
01:45comme elle a pu le faire également dans le Figaro.
01:48On sent que c'est une famille qui est meurtrie, qui ne récupérera évidemment jamais sa fille.
01:53Et évidemment que ce qu'on voit dans l'actualité, ce qu'on commente ici ou là sur les plateaux,
01:59ne va pas faire récupérer son bonheur à la mère de Philippines.
02:02Quand on voit l'actualité terrible, le débat qu'on avait juste avant sur les juges des détentions et de libertés,
02:07je vous rappelle quand même que Philippines serait peut-être encore là si un juge des libertés et de la détention
02:12n'avait pas décidé quelques jours avant le drame de libérer l'auteur sous OQTF,
02:19l'individu sous OQTF qui était menaçant, qui était dangereux.
02:22Elle a considéré qu'il n'était pas dangereux.
02:24Elle serait sans doute là, Philippines.
02:26Donc moi je me réjouis dans un sens que les familles des victimes aujourd'hui prennent la parole,
02:31qu'elles ne se taisent plus, parce que dans toutes ces affaires, il y a une responsabilité criante de l'État.
02:37Et l'État doit répondre de ça parce qu'il est responsable de ces drames.
02:39Mais vous savez que vous ne pouvez pas maintenir un détenu indéfiniment dans ces centres ?
02:43C'est bien ça ?
02:44Il y a d'autres problèmes, il y a des délais un peu plus importants.
02:47Il pouvait rester, mais évidemment que vous faites référence aussi à la décision du Conseil constitutionnel
02:51de maintenir en détention, enfin de laisser à 90 jours le délai de rétention pour les individus étrangers
02:58dans les centres de rétention alors que Bruno Rothéot voulait le porter à 210.
03:01Moi je ne comprends pas comment le Conseil constitutionnel peut décider de ça.
03:04En Grande-Bretagne, c'est illimité.
03:06En Allemagne, c'est 210 jours, donc à un moment donné, c'est complètement attentatoire même
03:15à la liberté même des Français, parce qu'en réalité le sujet il est là.
03:18Est-ce que ces personnes-là représentent une menace pour la France ?
03:21En l'occurrence, certains, oui.
03:23Oui, et puis les juges ne rendent pas de compte, c'est quand même, vous le disiez tout à l'heure,
03:26dans toutes les professions, quand vous faites des erreurs, vous avez des sanctions.
03:31Si moi demain je fais une erreur, j'irai devant le Conseil de l'Ordre des avocats.
03:34Si vous êtes médecin, vous irez devant le Conseil de l'Ordre des médecins.
03:36Pharmaciens, enfin toutes les professions, si vous êtes employé, vous pouvez être licencié.
03:40Quand vous êtes magistrat, eh bien vous n'avez globalement pas beaucoup de sanctions.
03:43Donc c'est ça qui heurte finalement.
03:46Vous vous dites, quelles sanctions et qu'est-ce qu'on peut faire pour que ça ne recommence pas ?
03:49Parce que s'il y avait une sanction, je pense que certains réfléchiraient à deux fois quand même.
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