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  • il y a 4 mois
À LA UNE / Forte mobilisation : Sébastien Lecornu sous pression !

Ils étaient près de 200 000 à se mobiliser le 10 septembre 2025, au sein du mouvement citoyen « Bloquons tout », sans l'appui des syndicats. Jeudi 18 septembre 2025, l'intersyndicale appelait à la manifestation, en réaction aux mesures d'austérité du budget présentées cet été par François Bayrou. Entre 506 000 manifestants, selon les autorités, et un million de personnes, selon la CGT, se sont réunis sur l'ensemble du territoire. Dans une ambiance globalement calme émaillée par des moments de tensions, cette journée de mobilisation a été marquée par le mélange de revendications. L'Education nationale, les transports, la fonction publique, l'industrie ou les taxis viennent s'ajouter aux pharmaciens dans un mouvement hétéroclite. Le futur gouvernement de Sébastien Lecornu parviendra-t-il à calmer la grogne sociale ?

Invités :
- Antoine Oberdorff, journaliste politique à « L'Opinion »,
- Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint de la CFDT,
- Stéphane Zumsteeg, directeur du département opinion à l'institut de sondage Ipsos.

« Le mot du jour » : « stabilité » par Mariette Darrigrand
« Quelle histoire ! » : Teddy Riner Président ? par Laurent Guimier

LA QUESTION QUI FÂCHE / Faut-il stopper les aides aux entreprises ?

Une bataille de chiffres s'est installée autour de la question des aides aux entreprises. Début juillet 2025, un rapport de la commission d'enquête sénatoriale sur les aides publiques aux sociétés (présidée par le sénateur LR Olivier Rietmann, et rapportée par le communiste Fabien Gay) chiffrait à 211 milliards d'euros les aides publiques versées en 2023. Deux semaines plus tard, le Haut Commissariat à la stratégie et au Plan répondait, et divisait le montant par deux : en prenant « le périmètre le plus pertinent », l'institution rattachée à Matignon chiffre les aides à 112 milliards. Le livre « Le Grand Détournement » des journalistes du « Nouvel Obs », Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre a relancé le débat. Selon leur enquête, le soutien aux entreprises coûterait 270 milliards d'euros à l'Etat, un montant en forte hausse depuis 2001. Les gros groupes français toucheraient une grande partie du pactole : 275 millions pour LVMH, malgré son bénéfice net de 15,2 milliards en 2023, ou encore 130 millions pour Michelin. À quels chiffres faut-il se fier ? L'État français a-t-il intérêt à réduire ses aides aux entreprises ?

Invités :
- Yoann Gillet, député « Rassemblement national » du Gard,
- Benjamin Lucas-Lundy, député écologiste des Yvelines,
- En visioconférence : Olivier Rietmann, sénateur « Les Républicains » de la Haute-Saône.

« Bourbon express » par Valérie Brochard

C'est le nouveau grand rendez-vous d'actualité quotidien et citoyen de LCP
Parce que chaque voix compte, LCP donne toute sa place à la parole du citoyen. Les téléspectateurs interviennent chaque jour dans l'émission, tournée au coeur du Palais Bourbon.
Parce que chaque voix compte, l'ém

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00:00:00Musique
00:00:01Bonsoir et bienvenue dans Chaque Voix Comptes sur LCP.
00:00:27Chaque soir, on est ensemble pendant une heure pour décrypter l'actualité du jour
00:00:30et débattre de ses enjeux en direct depuis l'Assemblée Nationale.
00:00:35A mes côtés ce soir, la sémiologue Mariette Dary Grand.
00:00:38Bonsoir, les mots ont un sens et Mariette est là chaque jeudi pour nous le rappeler.
00:00:43Merci d'être la Mariette.
00:00:45Laurent Guimier est là aussi ce soir.
00:00:46Bonsoir Laurent.
00:00:47Bonsoir Adeline.
00:00:48Tout de suite, c'est le sommaire de Chaque Voix Comptes avec à la une la colère sociale
00:00:51qui souffle en France pour la deuxième fois en huit jours.
00:00:541 million de manifestants selon la CGT, 500 000 selon les autorités des syndicats
00:01:00qui manifestaient contre les choix budgétaires d'un Premier ministre qui n'est plus à Matignon.
00:01:06Sébastien Lecornu aujourd'hui sur une corde raide.
00:01:08On va en parler avec nos trois invités.
00:01:11Stéphane Zumstek de l'Institut Ipsos, vous êtes le directeur du département opinion de l'Institut de sondage.
00:01:15Merci d'être là.
00:01:16Antoine Oberdorff, journaliste politique à l'Opinion.
00:01:19Bonsoir Antoine.
00:01:19Bonsoir.
00:01:20Et à vos côtés, Yvan Ricordo, secrétaire général adjoint de la CFDT.
00:01:24Merci d'être là ce soir.
00:01:27Mariette Darigrand, quel mot a retenu votre attention dans l'actualité du jour ?
00:01:30Un mot très tendance, un mot qu'on s'arrache et je crois que c'est la star de notre rentrée politique, le mot stabilité.
00:01:36Avatar 5, quelle histoire avec Laurent Guimier ?
00:01:38Quelle image avez-vous choisi ce soir Laurent ?
00:01:40Une photo de notre champion de judo Teddy Riner qui, de mon point de vue, dévoile pour de bon ses ambitions présidentielles pour 2027.
00:01:47Ça alors. Dans la deuxième partie de chaque voix compte, place à la question qui fâche.
00:01:51En ces temps de grande inquiétude pour les finances publiques, faut-il stopper les aides aux entreprises ?
00:01:56Nous attendons vos questions ou vos réflexions en flashant le QR code qui s'affiche ici.
00:02:01On en débattra tout à l'heure avec nos trois invités, Yoann Gillet, député RN du Gard, Benjamin Lucas Lundi, député écologiste des Yvelines,
00:02:09et Olivier Rietman, sénateur LR des Hauts-de-Saône et président de la commission d'enquête sénatoriale sur la transparence des aides publiques aux entreprises.
00:02:18Et puis à suivre ensuite, c'est le nouveau rendez-vous dans chaque voix compte, c'est Bourbon Express à 20h30 avec Valérie Brochard,
00:02:23le journal de l'Assemblée nationale, tout ce qui se passe dans et autour du Palais Bourbon.
00:02:27Ce sera tout à l'heure, voilà pour le menu du soir. Installez-vous confortablement, chaque voix compte, c'est parti.
00:02:41Voilà une situation qui n'était pas banale, une mobilisation à l'appel de tous les syndicats pour dénoncer les orientations budgétaires d'un Premier ministre qui a quitté Matignon.
00:02:50Avant de voir le film de cette journée de mobilisation, je voudrais d'abord vous demander à tous les trois ce que vous en retenez.
00:02:56Je vais bien sûr poser la première question à Yvan Ricordo, le numéro 2 de la CFDT.
00:03:00C'est forcément une journée réussie pour la CFDT et les organisations syndicales.
00:03:05C'est une mobilisation qui est importante, peu importe le chiffre exact, mais elle a été massive.
00:03:10La CGT dit 1 million, vous êtes dans cette fourchette ?
00:03:12Entre 500 000 et 1 million, on tangente le million, mais ce n'est pas ça qui est important.
00:03:16C'est une mobilisation réussie en nombre.
00:03:18C'est une mobilisation particulièrement réussie quand on regarde où elle a eu lieu.
00:03:21Quand on regarde les territoires, on retrouve la même chose que pendant les retraites, c'est-à-dire que dans toutes les villes, les manifestations ont réuni 5 000 personnes à Tarbes, 5 500 à Saint-Nazaire, 8 000 à Saint-Etienne.
00:03:34Et donc quand on regarde toute la géographie de la mobilisation, c'est très réussi.
00:03:37Et le dernier mot, c'est que c'est exceptionnel parce que pour les organisations syndicales, mobiliser sur un mot d'ordre aussi général que la construction d'un budget plus juste socialement,
00:03:47c'est quand même un peu plus compliqué que quand on mobilise contre une réforme des retraites.
00:03:51Et d'avoir une telle mobilisation sur ce mot d'ordre-là, c'est clairement un message qu'il faut entendre.
00:03:56Antoine Orberdhoff, mission réussie pour les syndicats ?
00:03:59En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on nous promettait quelque chose de l'ordre de 800 000 manifestants.
00:04:04On est entre 500 000 et 1 million avec ce savoir-faire bien français qui consiste à se déchirer sur la comptabilité entre le ministère de l'Intérieur et les syndicats.
00:04:13La vérité se situe quelque part entre les deux. Effectivement, il y a sur le territoire une répartition des forces qui doit attirer notre attention.
00:04:21Mais l'image de la journée pour moi, c'est cette pancarte d'une manifestante qui brandit une pancarte avec marqué « Je suis d'accord avec toutes les pancartes ».
00:04:29Ça dit tout en réalité de l'hétérogénéité des colères, des mots d'ordre qui sont très disparates.
00:04:36On va bien évidemment des pharmaciens qui, par exemple, sont mécontents du sort qui leur est fait sur les franchises, sur les médicaments génériques,
00:04:45à bien sûr les mots d'ordre classiques sur le pouvoir d'achat, la lutte contre l'austérité.
00:04:50Vous avez des gens qui appellent à ce que Gabriel Zuckman, l'économiste désormais célèbre, soit président.
00:04:54Enfin voilà, tout ça se mélange et au milieu des politiques qui, en arrière des syndicats, essayent de tirer les marrons du feu
00:05:02et se demandent bien quelle peut être leur attitude à l'égard d'un gouvernement qui n'est pas encore nommé.
00:05:07Stéphane Zubstek, vous qui prenez le pouls en permanence de la société française, que retenez-vous de cette journée ?
00:05:12Je trouve qu'elle est plutôt, si on s'en tient juste à l'aspect quantitatif, entre 500 000 et 1 million,
00:05:16et aussi à l'absence quand même de violences trop massives, qui étaient redoutées.
00:05:21Mais le ministre de l'Intérieur veille au grain et l'enjeu est trop important pour lui évidemment, que les choses dégénèrent.
00:05:26Sauf que cette mobilisation, qui me semble être une mobilisation préventive, ce qui n'est pas toujours le cas, a plutôt bien fonctionné.
00:05:31Là, concrètement, ce n'était pas une manifestation contre un acquis que l'on remet en cause,
00:05:35ce n'était pas un passage brutal de 62 à 64 ans, de l'âge de départ à la retraite,
00:05:40ce n'était pas une manifestation appelant à la suppression des deux jours fériés, supprimée, puisque tout ça a déjà été fait.
00:05:47Alors même qu'il n'y a pas un projet d'économie concret pour l'instant, et c'est bien normal, que va préparer Sébastien Lecornu,
00:05:55cette mobilisation est quand même assez importante, peut-être très importante, je n'irai pas jusqu'à là,
00:05:59mais c'est une réussite, forcément, puisque, je le répète, il n'y avait pas une mesure qui électrisait les manifestants
00:06:05ou une partie de l'opinion, ce n'était pas le cas, mais c'est préventif et ça a fonctionné.
00:06:08Alors je vous propose de revoir le film de cette journée avec Maïté Frémont.
00:06:116h ce matin, le soutien de Bruno Retailleau aux policiers, 80 000 sont déployés partout en France avec un dispositif d'ampleur,
00:06:23du jamais vu depuis les manifestations des Gilets jaunes, et cette consigne, la tolérance zéro.
00:06:29Autour de Paris, c'est des dépôts de bus, à Aubervilliers, par exemple, à Saint-Denis.
00:06:34Comme à Paris, blocage des dépôts de bus à Lille, l'objectif des manifestants, stopper l'économie.
00:06:41On veut aussi que les travailleurs prennent conscience que la balle est dans leur camp.
00:06:45Entre guillemets, pourquoi travailler si jamais on ne peut pas s'en sortir ?
00:06:48Les travailleurs, justement, eux, ont anticipé la journée, comme sur les quais de cette gare de Melun.
00:06:54Un trafic perturbé, mais finalement pas totalement bloqué.
00:07:00Matinée teintée par 95 tentatives de blocage, notamment devant les écoles avec des lycéens mobilisés,
00:07:08et pas moins d'un tiers d'enseignants grévistes.
00:07:12C'est notre futur qui est en jeu, j'ai envie d'avoir une vie meilleure que mes parents.
00:07:15C'est important, même nous lycéens, de faire entendre nos voix et de manifester.
00:07:19Il est midi, à Marseille, le cortège s'élance.
00:07:22J'ai travaillé jusqu'à 67 ans pour avoir une retraite quasi misérable.
00:07:28Et je ne peux plus supporter un monde où les nantis se gavent sur le compte des plus pauvres.
00:07:36Sur le vieux port, Jean-Luc Mélenchon appelle à la censure du gouvernement le cornu.
00:07:40Qu'on en finisse et qu'il vienne comme c'est normal devant l'Assemblée
00:07:45et qu'il fasse le vote de confiance auquel s'est soumis son prédécesseur, M. Bayrou, après tout.
00:07:51Première épreuve de force pour Sébastien Lecornu, qui est resté silencieux depuis le début de la journée.
00:07:59En début d'après-midi, 250 mobilisations partout en France, en tête du cortège parisien, la CGT.
00:08:07On peut dire que la mobilisation est d'ores et déjà un succès.
00:08:10Plus d'un million de manifestants selon la CGT, 500 000 selon le ministère de l'Intérieur.
00:08:18En marge des mobilisations, la tension est montée d'un cran à Marseille, à Rennes ou encore à Paris.
00:08:26Yvan Ricordo, est-ce que vous avez le sentiment ce soir que les syndicats se sont remis au centre du jeu ?
00:08:32Je pense très sincèrement que les syndicats, depuis plusieurs années maintenant, sont au centre du jeu.
00:08:41On a peut-être des gouvernements qui n'ont pas suffisamment joué avec les partenaires sociaux,
00:08:46organisations syndicales ou organisations employeurs.
00:08:48Ça, c'est un fait.
00:08:50Mais il y a quand même un nouveau signe aujourd'hui qui est important.
00:08:54Quand je dis que les syndicats sont au centre du jeu, c'est qu'on a eu la crise Covid.
00:08:58La crise Covid a fait la démonstration que le pays a tenue,
00:09:01parce qu'il y a des salariés qui ont fait en sorte que le pays tienne,
00:09:04qui sont restés au centre du jeu.
00:09:06Et à ce moment-là, on leur a promis une revalorisation.
00:09:09Ça ne s'est pas passé en termes de traduction derrière.
00:09:11Il y a eu un autre élément qui a été important,
00:09:13les manifestations contre la réforme des retraites, avec des manifestations historiques.
00:09:17Le mouvement social n'a jamais été aussi puissant qu'à ce moment-là,
00:09:22avec non plus pas d'écoute.
00:09:23Oui, puisque la réforme était passée avec le 49.
00:09:25Et une troisième fois, on a un mouvement social
00:09:28qui dit quelque chose de très profond dans notre pays
00:09:30et dont la réussite sur laquelle vous nous interrogiez tout de suite,
00:09:34elle dépend maintenant de la réponse qui va être donnée.
00:09:37Si la réponse est comme précédemment circulée, il n'y a rien à voir,
00:09:40là, il y a une nouvelle fois une question de crise démocratique,
00:09:44crise sociale, crise politique qui va encore s'approfondir.
00:09:47Ce que veut la CFDT, c'est des réponses concrètes
00:09:50à ce qui s'est passé aujourd'hui.
00:09:51On va parler justement dans un instant des réponses politiques
00:09:53qui peuvent être données à cette mobilisation.
00:09:55Mais d'abord, Antoine, il y avait aussi, il y avait quand même un enjeu énorme
00:10:00aujourd'hui pour les syndicats.
00:10:01La semaine dernière, on disait, il y avait ce mouvement bloquant tout
00:10:03qui avait échappé finalement au mouvement syndical,
00:10:05qui était né tout seul sur les réseaux sociaux.
00:10:08Les syndicats d'ailleurs, l'intersyndicale,
00:10:11avait réussi à se mettre d'accord sur la date du 18 septembre.
00:10:13Mais tout le monde scrutait les chiffres de la mobilisation
00:10:16en se demandant si, un jeudi, par 25 degrés dans la plupart des villes de France,
00:10:21est-ce que vraiment les salariés allaient être épris de volonté de manifester ?
00:10:26Oui, absolument.
00:10:28C'était clairement aujourd'hui le match retour pour les syndicats,
00:10:31une revanche par rapport au 1 10 septembre
00:10:33où on avait affaire à quelque chose de mouvementiste,
00:10:35qu'on ne pouvait pas vraiment saisir
00:10:37et qui dépassait de très loin les partenaires sociaux.
00:10:41Là, moi, je veux bien qu'on fasse la lecture
00:10:44sur laquelle les partenaires sociaux reprennent la main.
00:10:46Simplement, si on reprend les choses,
00:10:49il y a un taux de syndicalisation dans ce pays
00:10:51des travailleurs et des salariés
00:10:52qui est trop faible pour que l'on puisse véritablement
00:10:56parler d'une force de pénétration des syndicats.
00:10:59Et par ailleurs, et ça, c'est la pratique du pouvoir d'Emmanuel Macron,
00:11:02effectivement, il est systématiquement passé outre leur avis.
00:11:05Donc, les précédentes mobilisations,
00:11:08celles des retraites en particulier,
00:11:09se sont soldées par des échecs.
00:11:11Le risque, derrière ça, c'est qu'il y ait une forme d'aquabonisme,
00:11:14en réalité, qui gagne l'esprit des Français.
00:11:16À quoi bon descendre dans la rue ?
00:11:19Finalement, pourquoi ?
00:11:20Alors, revient, et ça, c'est la grande surprise du jour,
00:11:23revient sur le devant de la scène,
00:11:25le mot d'ordre de la suspension de la réforme des retraites.
00:11:27On ne parle plus d'abrogation de la réforme des retraites,
00:11:29mais de suspension.
00:11:31Et ça, c'est un peu la surprise,
00:11:32parce qu'en tant qu'observateur politique,
00:11:34moi, j'étais frappé de voir que le débat s'était cristallisé
00:11:38sur cette taxe Zuckmann,
00:11:39qui concerne les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros,
00:11:42une taxe de 2%.
00:11:43Bon, là, il y a la réforme des retraites qui revient par la fenêtre.
00:11:46On nous propose une suspension.
00:11:47De quoi s'agit-il ?
00:11:48C'est que si, à date, on arrêtait le déploiement des trimestres,
00:11:52la montée en puissance de la réforme des retraites d'Elisabeth Borne,
00:11:55les gens partiraient à taux plein, bien sûr,
00:11:58à 62 ans et 9 mois.
00:12:00C'est cette position, si je ne m'abuse,
00:12:03que la CFDT entend pousser,
00:12:05et c'est surtout cette position
00:12:06que les socialistes mettent au pot
00:12:08de leur discussion avec Sébastien Lecornu.
00:12:12Donc voilà, au niveau des syndicats,
00:12:15si vous voulez, je serai quand même modéré et nuancé
00:12:19de ce point de vue-là,
00:12:20y compris par ce que j'entends chez les socialistes,
00:12:22des socialistes qui me disent
00:12:23les velléités de compromis et de négociations
00:12:26de la CFDT et d'une centrale réformiste
00:12:29comme la CFDT, c'est une chose.
00:12:31Mais ceux qui avons à supporter
00:12:32les coûts électoraux derrière,
00:12:34c'est nous, les partis politiques.
00:12:36Donc on n'entend pas forcément être prisonnier
00:12:38de l'agenda de la CFDT et de Marie-Génie.
00:12:39Les syndicats n'ont pas le risque
00:12:41de ne pas être réélu, par exemple.
00:12:43Stéphane Zumsteg, je m'adresse
00:12:45aux sondeurs que vous êtes.
00:12:47Qui a manifesté aujourd'hui ?
00:12:49Vous avez forcément observé dans les cortèges.
00:12:53Vous avez vu des jeunes, des moins jeunes,
00:12:55des retraités ?
00:12:56On a vu tout ce type de population.
00:12:59Évidemment, c'est traditionnellement
00:13:00quand il y a des grandes mobilisations
00:13:01organisées par les syndicats,
00:13:03on retrouve un peu tous les types,
00:13:04en tout cas en termes de génération de Français.
00:13:07Bien sûr, il y a les bataillons aussi habituels
00:13:09et habituels, ça n'a rien de péjoratif dans ma bouche,
00:13:11évidemment, de salariés d'un certain nombre
00:13:13d'entreprises publiques qui sont toujours là.
00:13:14D'abord parce qu'ils font grève
00:13:15et qu'ils contribuent à perturber,
00:13:17mais c'est le but, évidemment,
00:13:18les transports publics,
00:13:19mais aussi parce que ce sont des gens
00:13:20qui manifestent.
00:13:21Il y a une culture encore d'ouvrière
00:13:23ou souvent de profession intermédiaire,
00:13:25d'ailleurs, aussi.
00:13:25Ce n'est pas que les ouvriers qui manifestent,
00:13:29parce qu'il y en a de moins en moins d'abord.
00:13:31Donc, vous avez les grands bataillons
00:13:32de ces entreprises publiques,
00:13:33ça peut être EDF, la SNCF,
00:13:34ça peut être la RATP,
00:13:35mais qui, même s'ils ne manifestent pas,
00:13:37contribuent activement à la réussite de la grève
00:13:40en bloquant ou en perturbant
00:13:42un certain nombre de transports publics.
00:13:44Après, vous avez évidemment beaucoup de jeunes
00:13:45et vous avez toujours encore aussi
00:13:48des gens proches de la gauche,
00:13:51c'est-à-dire des citoyens
00:13:51qui ne sont pas membres d'un parti politique,
00:13:53qui ne sont pas forcément syndiqués
00:13:54dans un syndicat,
00:13:56y compris qu'ils soient réformistes
00:13:57ou qu'ils soient plus contestataires,
00:13:59vous les retrouvez
00:13:59parce que ça fait partie de la tradition,
00:14:02et là encore, ça n'a rien de dévalorisant,
00:14:04ce terme tradition,
00:14:05d'une partie des Français.
00:14:06Mais c'est un mouvement un peu plus à gauche,
00:14:09voire beaucoup plus à gauche,
00:14:10que la société française.
00:14:12En général, c'est ce qui explique pourquoi,
00:14:14même si les Français,
00:14:16dans leur quasi-totalité,
00:14:17sont en colère,
00:14:18sont une grande majorité à manifester
00:14:20son opposition aux 44 milliards
00:14:22de François Bayrou,
00:14:23évidemment, quand on les interroge
00:14:24sur la sympathie que peuvent susciter
00:14:26des grandes mobilisations comme ça,
00:14:28je ne parle pas du mouvement bloc en tout,
00:14:30je parle des mobilisations assez classiques
00:14:32des organisations syndicales,
00:14:34il y a une petite majorité
00:14:35qui éprouve de la sympathie,
00:14:37qui soutient le mouvement,
00:14:38mais vous avez quand même toujours
00:14:38un quart ou un tiers des gens
00:14:39qui sont beaucoup plus réservés
00:14:40et parfois hostiles,
00:14:41parce que c'est souvent des gens de droite
00:14:43qui se disent,
00:14:43ça, c'est la journée de la gauche,
00:14:45je n'ai pas envie d'y participer
00:14:46et je n'ai pas envie de la soutenir.
00:14:47Cela dit, tout à l'heure,
00:14:47Antoine parlait des aquabonistes,
00:14:49mais vous savez que nos équipes
00:14:50ont remarqué aussi cet après-midi
00:14:51dans le cortège parisien
00:14:52des primo-manifestants,
00:14:54des gens qui n'avaient jamais manifesté auparavant.
00:14:56Reportage signé Clément Perrouot sur le terrain.
00:15:01Il y a les petites manifestations
00:15:03où on n'est pas entendus
00:15:04et il y a des grands jours comme ça
00:15:06où notre présence donne du poids à notre pensée
00:15:10et puis ça fait du bien d'être ensemble.
00:15:12Il y a de nombre de choses
00:15:14qui nous sont demandées encore une fois
00:15:16et que je trouve complètement déséquilibrées,
00:15:19entre autres au niveau financier.
00:15:21Voilà, on est chômeur, on est malade,
00:15:23on est retraité, on nous demande encore de l'argent.
00:15:25C'est important d'être là aujourd'hui
00:15:26parce que si on continue de renoncer
00:15:29et de se dire que ça ne sert à rien de manifester,
00:15:31plus on abandonne,
00:15:33moins on va obtenir deux choses.
00:15:34Moi, je suis là parce que j'ai envie
00:15:35qu'on ait des dépenses publiques
00:15:36qui soient plus orientées vers les services sociaux
00:15:39qui sont vraiment désuétudes aujourd'hui.
00:15:41Je suis assez sceptique
00:15:47contre l'efficacité de cette manifestation,
00:15:49mais tout est mieux que de ne rien faire et de subir.
00:15:53Je sais où sont mes limites,
00:15:54là, elles sont atteintes.
00:15:55On a un président qui a choisi
00:15:58les premiers ministres successifs
00:15:59sans tenir compte des résultats
00:16:02des précédentes législatives.
00:16:03On a l'impression qu'aujourd'hui,
00:16:04il aurait même presque pu choisir
00:16:05de ne pas choisir,
00:16:07c'est-à-dire de se passer de premiers ministres.
00:16:09J'ai été encouragé par des amis et des collègues
00:16:16qui sont plus impliqués que moi
00:16:17dans les revendications,
00:16:21dans les syndicats, tout ça.
00:16:22C'est de plus en plus difficile
00:16:24d'ignorer que le gouvernement nous ignore, en fait.
00:16:26Avec la nomination encore
00:16:27d'un nouveau premier ministre
00:16:28qui ne respecte toujours pas,
00:16:29qui n'est toujours pas du bord,
00:16:30qui a gagné les législatives,
00:16:32c'est compliqué de rester de marbre, en fait.
00:16:36Ça fait du bien d'être ensemble,
00:16:37disait un manifestant.
00:16:38Antoine, vous voulez y réagir cette suite ?
00:16:39C'est très frappant.
00:16:39Ça fait du bien d'être ensemble.
00:16:41Ça fait partie des commentaires
00:16:43que l'on avait l'habitude d'entendre
00:16:44au moment des Gilets jaunes.
00:16:46Et en réalité, les Français,
00:16:48en particulier depuis la crise sanitaire du Covid,
00:16:51ont pour beaucoup eu le sentiment
00:16:53d'être mis sous cloche.
00:16:54Donc je pense que c'est ça, fondamentalement,
00:16:56le ressort qui est traduit par ce
00:16:58« ça fait du bien d'être ensemble ».
00:17:00Maintenant, encore une fois,
00:17:02les mots d'ordre sont très, très, très hétérogènes.
00:17:05Et par exemple, sur la recherche des coupables,
00:17:10on voit que certains se tournent directement
00:17:13vers l'Élysée, vers Emmanuel Macron.
00:17:14Vers le président.
00:17:15D'autres ont l'impression d'un théâtre d'ombre politique,
00:17:19d'une espèce de ballet insignifiant,
00:17:21d'une fête de l'insignifiance qui dure depuis trop longtemps.
00:17:24Et si on dézoome encore un peu,
00:17:26pour quitter les rives simplement du militantisme
00:17:29des sympathisants de gauche,
00:17:31on peut se dire que par rapport aux législatives
00:17:34de juillet 2024,
00:17:35il y a deux tiers des Français à minima,
00:17:37ceux qui ont voté pour le Rassemblement national
00:17:39et plutôt du côté de l'extrême droite,
00:17:41et ceux qui ont voté pour la coalition de gauche
00:17:42du Nouveau Front Populaire,
00:17:43deux tiers des Français qui ont le sentiment
00:17:45d'avoir été lésés.
00:17:47Les uns, parce qu'ils sont arrivés en tête
00:17:49et qu'ils pensaient avoir droit,
00:17:51donc avoir leurs idées portées au pouvoir à Matignon.
00:17:54Les autres, parce qu'ils n'ont toujours pas digéré
00:17:56le fait que le barrage républicain ait empêché
00:17:58Jordan Bardella de rejoindre Matignon.
00:17:59Donc ça, ça crée quand même des ferments de colère.
00:18:02Est-ce que vous vous sentez une responsabilité
00:18:04dans le moment présent, Yvan Ricordo ?
00:18:06Sébastien Lecornu vous a reçu
00:18:07avant même de rencontrer les oppositions.
00:18:10Beaucoup disent aujourd'hui que la CFDT,
00:18:12elle détient la clé de la situation.
00:18:16C'est un grand honneur de dire
00:18:20que la première organisation syndicale de ce pays
00:18:22tiendrait la clé de toutes les questions,
00:18:25ce qui n'est pas le cas
00:18:26et ce n'est pas une revendication de la CFDT.
00:18:27Mais oui, forcément, la CFDT, elle est responsable,
00:18:30elle a toujours été responsable et elle continuera à l'être.
00:18:33Je pense qu'il y a deux éléments qui sont importants.
00:18:36Les expressions du mouvement social,
00:18:38je le rejoins, je ne le formule pas tout à fait
00:18:40de la même façon que vous venez de le faire,
00:18:42mais il y a un énorme besoin de reconnaissance,
00:18:45d'être écouté.
00:18:46Et la reconnaissance au travail
00:18:47est quelque chose qui est mal pris en compte dans notre pays.
00:18:52D'ailleurs, la démonstration ultime,
00:18:55ça a été la présentation du dernier budget par François Bayrou,
00:18:58où on a mis en perspective des questions de travail.
00:19:01En fait, les questions de travail qui étaient proposées
00:19:02en termes d'avenir pour les salariés,
00:19:04c'était la monétisation de la cinquième semaine de congés payés.
00:19:08Ce n'étaient que des éléments qui étaient très datés.
00:19:10Or, il y a un vrai élément d'avenir pour le syndicalisme,
00:19:14c'est de faire en sorte de gagner sur cette question
00:19:16de reconnaissance au travail.
00:19:17Et là où on n'a pas la même analyse,
00:19:21et c'est normal parce que du coup,
00:19:22on ne se situe pas au même niveau,
00:19:23c'est qu'effectivement, on est dans un moment particulier.
00:19:27On est dans un moment particulier au niveau politique.
00:19:29On est dans un moment très particulier
00:19:31sur la situation d'un pays qui doit construire un budget.
00:19:34Mais là où il y a un élément qui est particulier pour la CFDT,
00:19:37c'est que nous, on n'interagit pas forcément
00:19:40qu'avec un jeu des acteurs et pas en politisant tout.
00:19:44On est une organisation syndicale.
00:19:45Et tout à l'heure, vous nous interrogez
00:19:47sur la force du mouvement syndical
00:19:49et la responsabilité de la CFDT.
00:19:50Notre première responsabilité, c'est tous les ans,
00:19:53on signe 80 000 accords d'entreprise.
00:19:55Et donc, on agit concrètement sur la vie du travail.
00:19:57Et je pense qu'il y a un élément qui est délétère
00:19:59dans la période actuelle,
00:20:00c'est qu'il y a un mouvement qui exprime
00:20:02cette volonté de reconnaissance
00:20:04et d'avancée concrète, petit à petit,
00:20:06pour améliorer les choses.
00:20:08Et en fait, on se retrouve avec une traduction
00:20:09de ce mouvement-là en disant
00:20:10comment est-ce que le Premier ministre
00:20:13va parler à tel mouvement politique,
00:20:14qu'est-ce que ça va bouger un peu les lignes et tout.
00:20:16Mais les Français, ils n'attendent pas ça.
00:20:18Les Français, ils attendent,
00:20:19quand je suis demandeur d'emploi,
00:20:20est-ce que je vais avoir une nouvelle réforme
00:20:21de mes règles d'indemnisation ?
00:20:22Les Français, ils attendent peut-être aussi
00:20:23que vous portiez cette voix ?
00:20:24Eh bien, c'est le job de la CFDT
00:20:26dans la période actuelle,
00:20:28c'est de dire au gouvernement,
00:20:29il faut changer la feuille de route,
00:20:31il faut changer de cap.
00:20:33Vous aviez une réforme de l'indemnisation au chômage,
00:20:35c'est pas entendable dans la période actuelle
00:20:36de réduire encore une quatrième fois
00:20:38l'indemnisation des demandeurs d'emploi.
00:20:40Et après, il faut faire des choix de rééquilibrage.
00:20:43Il y a des efforts à faire,
00:20:44tout le monde l'a compris qu'il y avait des efforts à faire,
00:20:46mais est-ce que c'est uniquement aux travailleuses
00:20:47et aux travailleurs de faire des efforts,
00:20:49ou est-ce que les entreprises
00:20:50et les hauts patrimoines doivent aussi contribuer ?
00:20:53Eh bien, sur ça, il faut des réponses,
00:20:54il faut des réponses concrètes,
00:20:55et c'est pas un jeu d'acteur qui va modifier les choses,
00:20:58c'est comment c'est possible d'avancer des politiques
00:21:00qui montrent des changements de cap.
00:21:02Mais vous parlez aussi au Parti Socialiste.
00:21:04Est-ce que, dans votre discussion avec le PS,
00:21:08si vous obtenez des avancées,
00:21:10vous parliez tout à l'heure de la réforme de l'assurance chômage,
00:21:12vous êtes en position de force,
00:21:13est-ce que vous pourriez pousser le PS
00:21:15à ne pas censurer le nouveau gouvernement, par exemple ?
00:21:17Ah mais c'est pas le boulot de la CFDT.
00:21:19Clairement, c'est pas le boulot de la CFDT.
00:21:21La CFDT, elle se mobilise dans la rue
00:21:24pour gagner sur l'assurance chômage,
00:21:26pour gagner sur les questions de retraite,
00:21:28pour gagner sur le pouvoir d'achat.
00:21:29On pourrait quand même vous objecter,
00:21:30juste un point, simplement.
00:21:31Juste un point, je suis d'accord,
00:21:32indépendance, bien évidemment, des syndicats,
00:21:34et du politique, c'est fondamental en France,
00:21:36depuis au moins la charte d'Amiens.
00:21:38Simplement, une chose,
00:21:39lorsque vous allez dans les négociations du conclave
00:21:43avec François Bayrou,
00:21:44c'est bien sur cette base
00:21:46que le bras de la censure du PS a été retenu.
00:21:49Et ce n'est qu'uniquement parce que la CFDT
00:21:51pensait dans le cadre de ce face-à-face,
00:21:53il faut bien le dire, avec le patronat du conclave,
00:21:56c'est uniquement parce que vous pensiez en sortir
00:21:58avec quelque chose pour les travailleurs
00:22:00que le PS n'a pas censuré à ce moment-là.
00:22:02Ça a conditionné un positionnement politique.
00:22:05Ça, on ne peut pas le nier.
00:22:06Alors, ce n'est pas tout à fait comme ça
00:22:07que l'histoire s'est passée.
00:22:08Excusez-moi de vous le dire.
00:22:10Mais en fait, il s'est passé un deal politique
00:22:13de façon honorable.
00:22:15Le terme deal, c'est-à-dire qu'il y a eu
00:22:16un compromis politique qui a été fait
00:22:18entre des forces politiques en disant
00:22:20pour non censurer, il faut mettre sur la table
00:22:22ce point-là, ce point-là et ce point-là.
00:22:23Et après, la question a été venue sur la table
00:22:25et du coup, la question du conclave est arrivée.
00:22:27Et pour la CFDT, le choix a été simple.
00:22:29Ce n'était pas un choix de savoir
00:22:30c'était quoi le jeu entre les forces politiques
00:22:33dans notre pays.
00:22:34C'était la seule occasion.
00:22:35Pour la CFDT, c'était la première fois
00:22:37après le mouvement de 2023,
00:22:39on avait une porte qui était entre-ouverte
00:22:41pour remettre en cause les choix
00:22:42qui ne nous allaient pas en 2023,
00:22:44qui étaient injustes.
00:22:44C'est ça ce qui s'est passé.
00:22:45Et donc, on s'est positionnés
00:22:46comme organisation syndicale.
00:22:47Ça se défend tout à fait.
00:22:48Simplement, ce que je dis,
00:22:49vous ne me ferez pas croire
00:22:49que la ligne entre Marie-Lise Léon
00:22:50et l'effort n'est pas permanente.
00:22:52Voilà, c'est simplement ça.
00:22:53Mais le boulot de la première organisation syndicale,
00:22:55de façon très claire,
00:22:57c'est d'avoir une ligne ouverte
00:22:59avec tous nos interlocuteurs
00:23:01et c'est logique.
00:23:02Mais donc, on va dire
00:23:03que vous pouvez être un rouage, par exemple.
00:23:05Bien sûr.
00:23:07Dans une démocratie normale,
00:23:09il me semble qu'un gouvernement,
00:23:12des forces d'opposition,
00:23:13des organisations syndicales
00:23:14et des organisations patronales
00:23:16sur les questions économiques et sociales,
00:23:18c'est quand même plutôt une bonne chose
00:23:19qu'elles se parlent.
00:23:19Donc, y compris pour sortir de la crise
00:23:22dans la façon où on est quand même
00:23:24un peu les uns et les autres enferrés,
00:23:26l'enjeu est quand même
00:23:27de trouver des voies de passage.
00:23:28S'il y en a des possibles,
00:23:31chacun fait son job dans sa partie.
00:23:33S'il n'y en a pas de possibles,
00:23:34sur le terrain politique,
00:23:34ce n'est pas de la responsabilité
00:23:35de la CFDT.
00:23:36Il y a un mot qui est beaucoup revenu
00:23:38dans les cortèges d'aujourd'hui,
00:23:40mais aussi ceux de la semaine dernière,
00:23:41et qu'on entend beaucoup,
00:23:43c'est la quête de stabilité.
00:23:45Et c'est le mot du jour
00:23:46avec vous, Mariette Darygrand.
00:23:48Stabilité, c'est un nouveau mot en politique ?
00:23:51Oui, je crois, Adeline.
00:23:53Oui, ce n'est pas du tout un mot nouveau.
00:23:54Il fait partie de notre vie,
00:23:56c'est un mot très, très usuel.
00:23:57Mais il n'était pas dans le champ politique.
00:24:00Ces derniers mois, ces dernières semaines,
00:24:03il y est arrivé.
00:24:04Et tout le monde s'en réclame.
00:24:05Donc, je crois que c'est vraiment
00:24:06le mot star de la rentrée.
00:24:08Écoutez.
00:24:08C'est très efficace.
00:24:19C'est redoutable.
00:24:20Pourquoi est-ce que ce mot stabilité
00:24:22est dans la bouche de toutes les personnes
00:24:24qu'on vient de voir ?
00:24:25Je crois qu'il y a deux grandes qualités
00:24:28qui sont très importantes
00:24:28pour faire le succès d'un mot
00:24:30dans notre société.
00:24:31La première, c'est qu'il s'oppose
00:24:33à un grand mythe social
00:24:34qui est vraiment donné par beaucoup de monde.
00:24:37c'est nous vivons un grand chaos.
00:24:39C'est pas complètement faux.
00:24:40Mais du coup, le chaos,
00:24:42c'est l'instabilité permanente.
00:24:43Et la stabilité devient une valeur suprême,
00:24:45une valeur vraiment très aspirationnelle,
00:24:47très, très positive.
00:24:49Ça, c'est la première chose.
00:24:50La deuxième qualité qu'il a, ce mot,
00:24:52c'est qu'il s'applique aussi bien au macro,
00:24:55à la planète, au monde, à la société,
00:24:57qu'à nous-mêmes,
00:24:58au petit microcosme que nous sommes.
00:25:01Quand quelqu'un est à l'hôpital,
00:25:03a eu un accident, Adeline,
00:25:04vous savez bien que les médecins,
00:25:06pour nous rassurer, disent
00:25:07son état est stable.
00:25:09Voilà, son état est stable.
00:25:09Mais donc, là, si je vous écoute,
00:25:11ça veut dire que la France est malade ?
00:25:13Peut-être.
00:25:13Je pense qu'implicitement,
00:25:14ce mot très positif
00:25:15peut vouloir dire
00:25:16qu'il y a des problèmes quelque part.
00:25:18Alors, il vient du champ économique.
00:25:21Et dans le champ économique,
00:25:22oui, c'est sûr,
00:25:22il y a des problèmes.
00:25:24Alors, notre président,
00:25:25on a parlé dès avant l'été,
00:25:27en particulier dans une réunion
00:25:29avec des investisseurs étrangers.
00:25:31Ça, c'était dans son speech,
00:25:32c'était en anglais.
00:25:33Et il fallait absolument,
00:25:34justement,
00:25:35qu'ils donnent des preuves
00:25:35que la France n'était pas instable.
00:25:37Parce que sinon,
00:25:38elle ne pouvait pas être
00:25:39une terre d'investissement.
00:25:40Alors, ça tombe bien
00:25:41parce que stable ou stable,
00:25:43c'est pareil,
00:25:43on comprend.
00:25:44De toute façon,
00:25:45c'est du latin.
00:25:46Et en latin,
00:25:47vous avez ce mot,
00:25:48ce verbe staré,
00:25:50qui veut dire être debout.
00:25:52Standing,
00:25:53c'est staré,
00:25:54c'est se mettre debout,
00:25:55c'est être droit
00:25:56dans ses bottes.
00:25:58Et c'est aussi avoir
00:25:59un certain standing,
00:26:00ce que les agences de notation
00:26:01ont un peu dégradé
00:26:02pour notre pays.
00:26:04Donc, ça,
00:26:04c'est dans le champ économique,
00:26:05il a de l'intérêt,
00:26:06ce mot.
00:26:07Dans le champ politique,
00:26:08très franchement,
00:26:09je me pose la question
00:26:09parce qu'il est extrêmement neutre,
00:26:11extrêmement pâle,
00:26:12il n'a pas de couleur...
00:26:13Oui, la stabilité
00:26:14n'est ni de droite
00:26:14ni de gauche.
00:26:15Exactement,
00:26:16c'est vraiment
00:26:16une espèce
00:26:17de mot consensuel,
00:26:19au moins ça,
00:26:20c'est son pouvoir.
00:26:21Alors, pourquoi c'est ça ?
00:26:22C'est parce qu'en fait,
00:26:23il n'appartient pas
00:26:24à la pensée politique,
00:26:26il vient du monde physique,
00:26:28la stabilité.
00:26:29Qu'est-ce qui est stable ?
00:26:30Les pupitres,
00:26:32des armoires,
00:26:32des tables,
00:26:33etc.
00:26:34Quand on regarde ça,
00:26:35c'est très intéressant
00:26:36parce qu'il appartient
00:26:38au vocabulaire métier
00:26:39de la menuiserie.
00:26:41C'est le bois
00:26:42qui doit être stabilisé
00:26:43pour faire une armoire,
00:26:44etc.
00:26:45Alors, il y a même
00:26:45un concept très savant
00:26:47aujourd'hui
00:26:47avec de nouveaux process
00:26:50pour stabiliser le bois,
00:26:51ça s'appelle
00:26:51la stabilisation dimensionnelle
00:26:54ou pluridimensionnelle.
00:26:55Je trouve que c'est pas mal,
00:26:56ça pourrait s'appliquer.
00:26:58Un champ politique.
00:26:58La stabilisation dimensionnelle.
00:27:00Voilà, le bois,
00:27:01il y a beaucoup de critères,
00:27:02l'humidité,
00:27:03les températures,
00:27:04etc.
00:27:04On arrive à le stabiliser,
00:27:06il paraît qu'on met des enduits,
00:27:07même parfois du jus de cactus.
00:27:09Du jus de cactus,
00:27:10ok.
00:27:10C'est ce genre de choses techniques
00:27:11qu'il faudrait
00:27:12à notre vie politique ?
00:27:13Oui, sans aller peut-être jusqu'au cactus,
00:27:15mais je crois que oui,
00:27:16c'est une très bonne métaphore
00:27:17qu'il faudrait filer,
00:27:18que les hommes politiques
00:27:19devraient filer,
00:27:20c'est-à-dire s'inspirer
00:27:22des artisans,
00:27:23s'inspirer des gens
00:27:24qui ont des solutions concrètes
00:27:26et puis qui font ce qu'on appelle
00:27:27le bricolage de génie,
00:27:29bricolage au sens évidemment noble
00:27:31de ce terme.
00:27:32Donc oui, je trouve que ce serait
00:27:33quelque chose à leur souffler.
00:27:35Alors, le problème
00:27:36avec cette stabilité des artisans,
00:27:39c'est qu'à un moment,
00:27:40ils nous présentent le devis.
00:27:41Là, c'est peut-être
00:27:42un peu moins sympathique.
00:27:43Et là, ça fait mal.
00:27:43Stéphane Zoumsteig,
00:27:44vous le percevez,
00:27:45cette envie de stabilité ?
00:27:47Ah oui, elle est partagée
00:27:49par quasiment toutes les personnes
00:27:50que nous interrogeons,
00:27:51quel que soit leur profil
00:27:52sociodémographique ou politique.
00:27:54Mais la stabilité,
00:27:55mais en revanche,
00:27:55c'est la fin de la phrase,
00:27:57mais pas à n'importe quel prix.
00:27:58Et c'est bien ça, le problème.
00:27:59C'est que vous interrogez
00:28:00quelqu'un de gauche
00:28:01ou quelqu'un du centre-gauche,
00:28:02quelqu'un qui est proche
00:28:03du Parti Socialiste,
00:28:04oui, il veut la stabilité, bien sûr.
00:28:05Est-ce qu'il veut que pour autant
00:28:06le Parti Socialiste
00:28:07s'aligne totalement
00:28:08sur le Bloc Central ?
00:28:09Certainement pas.
00:28:10Et ça, les partis l'ont bien compris.
00:28:11Jordan Bardella a parlé
00:28:12de stabilité
00:28:13dans le court passage
00:28:14que vous nous avez présenté.
00:28:16Oui, bien sûr qu'il veut
00:28:17la stabilité,
00:28:17mais pas à n'importe quel prix.
00:28:18Vous votez Rassemblement National,
00:28:19vous voulez la stabilité.
00:28:21Tout le monde veut
00:28:21un Premier ministre
00:28:22qui dure tout le monde,
00:28:24quelle que soit sa couleur politique,
00:28:25souhaite qu'un budget
00:28:26soit adopté.
00:28:27Mais pas n'importe quel budget.
00:28:28C'est pour ça que
00:28:29quand on entend notamment
00:28:30le Bloc Central,
00:28:30le gouvernement,
00:28:31l'exécutif dire
00:28:32que les oppositions
00:28:33ne sont pas responsables,
00:28:34elles ne font que proposer
00:28:35des lignes rouges
00:28:35et donc elles bloquent tout.
00:28:36Comme si ce n'était pas
00:28:37en partie ou en grande
00:28:38ou en petite partie
00:28:39comme on veut.
00:28:40Ça, c'est une question
00:28:40d'appréciation.
00:28:41La responsabilité aussi
00:28:42de l'exécutif,
00:28:43mais c'est ce que veulent
00:28:43les électeurs de ces partis
00:28:45qui mettent des lignes rouges.
00:28:46Quelqu'un de gauche
00:28:47ne veut pas qu'on passe,
00:28:49on cache quelque part
00:28:50ou qu'on arrête
00:28:51de parler de la réforme de retraite.
00:28:52Ces 62 ans,
00:28:53c'est un totem
00:28:54pour des gens de gauche.
00:28:55Ils ont été,
00:28:55c'est en tout cas leur opinion,
00:28:57brutalisés par ce passage
00:28:58de 62 à 64 ans.
00:29:00La lutte,
00:29:04du fait de la dissolution,
00:29:05du fait que l'Assemblée nationale
00:29:07est totalement atomisée,
00:29:08le combat peut reprendre.
00:29:09C'était perdu.
00:29:10Les Français opposés
00:29:12à la réforme en sortait
00:29:13quelque part écœurés.
00:29:14C'est un combat perdu,
00:29:15souvent quand on perd une bataille.
00:29:16Mais là,
00:29:17c'est redevenu d'actualité.
00:29:19On parle beaucoup
00:29:19d'atomisation
00:29:20de l'Assemblée nationale.
00:29:21On se groupe,
00:29:22c'est un record,
00:29:23très bien.
00:29:23Mais pourquoi ?
00:29:24Pourquoi la classe politique,
00:29:26pourquoi le spectre politique
00:29:27est atomisé ?
00:29:27Parce que les Français eux-mêmes
00:29:28sont atomisés
00:29:29dans leurs attentes
00:29:29et leurs demandes.
00:29:31Yvan Ricordo,
00:29:32je voudrais qu'on dise un mot
00:29:33le ministre de l'Intérieur
00:29:35est en train de tenir
00:29:36une réunion
00:29:37à la cellule de crise
00:29:38interministérielle.
00:29:40Il avait redouté
00:29:41des débordements.
00:29:42Est-ce que vous diriez
00:29:43ce soir qu'ils ont été limités ?
00:29:45Quelles sont les remontées
00:29:45de vos services d'ordre ?
00:29:47Les manifestations
00:29:48se sont globalement
00:29:50et très majoritairement
00:29:51toutes très,
00:29:52très bien passées.
00:29:53Et la CFDT
00:29:54a toujours agi
00:29:55pour faire en sorte
00:29:56que l'ensemble
00:29:56des manifestations
00:29:57se déroulent dans le calme.
00:29:58En fait,
00:29:59ce que recherchent
00:29:59les organisations syndicales,
00:30:00c'est de faire en sorte
00:30:01de faire des démonstrations
00:30:02de force
00:30:02et la force,
00:30:04ce n'est pas la violence.
00:30:04Ça n'a absolument rien à voir.
00:30:06Et donc,
00:30:06on a toujours
00:30:07des services d'ordre
00:30:08dans les grandes manifestations
00:30:09mais dans toutes les manifestations
00:30:10pour faire en sorte
00:30:11que les défilés
00:30:12soient des défilés.
00:30:13Alors,
00:30:13pas bon enfant
00:30:14parce que ce n'est pas joyeux
00:30:15parce qu'on exprime
00:30:16de la colère,
00:30:16de l'indignation,
00:30:18mais par contre
00:30:18que ça se passe
00:30:19de façon très apaisée.
00:30:20c'est normal
00:30:21dans un pays
00:30:22comme le nôtre
00:30:22que le droit
00:30:23de manifestation
00:30:24se déroule bien.
00:30:25Après,
00:30:26il y a des groupes
00:30:27qui viennent
00:30:28casser
00:30:30ou surtout
00:30:32bordel,
00:30:33enfin,
00:30:33c'est un terme
00:30:33aussi à la mode,
00:30:34il n'y a pas que stabiliser,
00:30:35il y a aussi bordeliser
00:30:36de temps en temps.
00:30:37Et donc,
00:30:37il y a des groupes
00:30:38qui sont plutôt
00:30:39sur cette stratégie-là
00:30:40et aujourd'hui,
00:30:41très,
00:30:41très globalement,
00:30:42ça a été évité
00:30:43et c'est une très bonne nouvelle.
00:30:44Et puis,
00:30:45il y a aussi
00:30:45ceux qui ne manifestent pas
00:30:46mais qui ne sont pas
00:30:47moins en colère.
00:30:48je voudrais que l'on revoie
00:30:49ce soir un court extrait
00:30:50du document Bloquons-Tout
00:30:51qui a été diffusé
00:30:52dimanche dernier
00:30:53sur LCP.
00:30:54Regardez,
00:30:55ça se passe à Besançon,
00:30:56c'était donc mercredi dernier
00:30:57le 10 septembre au matin
00:30:58sur un rond-point bloqué.
00:31:00Oui, monsieur,
00:31:02je touche 960 euros
00:31:04et là,
00:31:05je sors de partout
00:31:06de mon travail,
00:31:08je vais refaire encore
00:31:08de ma berne.
00:31:09Oui,
00:31:09mais c'est inadmissible,
00:31:10vous avez quel âge ?
00:31:11J'ai 68 ans.
00:31:12Vous avez 68 ans,
00:31:13vous bossez encore ?
00:31:14Mais c'est inacceptable.
00:31:15Ça,
00:31:15c'est pas acceptable,
00:31:16je veux dire.
00:31:17Je ne peux pas faire équilibre.
00:31:18Vous revenez de Carrefour, là ?
00:31:19Oui,
00:31:20je suis là-bas
00:31:20à 4h30.
00:31:22Ah non,
00:31:22mais c'est pas possible.
00:31:23Moi,
00:31:24ça me révolte,
00:31:25ça me révolte.
00:31:26C'est pour ça que je suis là,
00:31:27ça me révolte.
00:31:27Franchement,
00:31:28c'est...
00:31:28Voilà,
00:31:29cette dame dans sa voiture,
00:31:30elle sortait du travail,
00:31:30elle a 68 ans.
00:31:32Elle allait travailler
00:31:32chez Carrefour,
00:31:33elle avait pris son service
00:31:34à 4h30.
00:31:34Vous pouvez retrouver d'ailleurs
00:31:35l'intégralité de ce documentaire
00:31:37Bloquons-Tout
00:31:37sur la chaîne YouTube
00:31:38de LCP.
00:31:41Il y a,
00:31:41on le disait,
00:31:42il y a ceux qui manifestent,
00:31:43il y a ceux qui descendent
00:31:44dans la rue pour la première fois,
00:31:45il y a une espèce de colère générale
00:31:47avec des mots d'ordre
00:31:48qui étaient différents,
00:31:49des revendications catégorielles,
00:31:50des revendications plus globales.
00:31:52Et puis,
00:31:52il y a des gens
00:31:53comme cette dame
00:31:53qui ne manifestent pas
00:31:54parce qu'ils vont travailler
00:31:55à 4h30.
00:31:56C'est aussi eux
00:31:56dont vous voulez porter la voix,
00:31:59Yvan Ricordo ?
00:32:00Oui, bien sûr.
00:32:01Les organisations syndicales,
00:32:03elles représentent
00:32:03l'ensemble des salariés
00:32:04et dans les revendications prioritaires,
00:32:07si ce n'est la revendication prioritaire
00:32:08de la CFDT,
00:32:09c'est la revalorisation
00:32:11des métiers,
00:32:12des travailleuses
00:32:12et des travailleurs essentiels.
00:32:14Ce que je vous disais tout à l'heure,
00:32:15ceux qui font en sorte
00:32:16que l'économie a toujours tourné,
00:32:18y compris au niveau du Covid,
00:32:20c'est des personnes
00:32:20qu'on a dit
00:32:21qu'elles avaient beaucoup
00:32:22de valeurs ajoutées sociales.
00:32:24Il faut qu'on reconnaisse
00:32:25plus ces métiers-là,
00:32:26il faut qu'on reconnaisse
00:32:27leur progression.
00:32:29Et après,
00:32:29il y a certaines de ces personnes
00:32:30qui ont manifesté,
00:32:31qui ont manifesté justement
00:32:33en 2023,
00:32:34en disant
00:32:34quand on commence
00:32:35à 4h30 du matin
00:32:36et qu'on est en travail de nuit,
00:32:39aller jusqu'à 64 ans,
00:32:41ce n'est pas pareil
00:32:41que d'autres salariés.
00:32:42Et ça, il faut le reconnaître.
00:32:43La question de la pénibilité,
00:32:44ça sera aussi un des sujets
00:32:45à remettre sur la table.
00:32:47Une dernière question,
00:32:48Yvan Ricordo,
00:32:49et maintenant,
00:32:50est-ce que l'intersyndical
00:32:51a prévu de se réunir
00:32:52pour envisager
00:32:52la suite de cette journée ?
00:32:54Oui, il va y avoir
00:32:54des contacts intersyndicaux
00:32:55dans les jours qui viennent
00:32:57avec un objectif essentiel
00:33:00prioritaire,
00:33:01c'est qu'on attend
00:33:02une réponse.
00:33:04Vous avez prévu
00:33:04de revoir le Premier ministre aussi ?
00:33:05Si le Premier ministre
00:33:07organise des nouvelles rencontres
00:33:09avec les organisations syndicales,
00:33:10c'est logique
00:33:11qu'on aille discuter
00:33:12pour obtenir
00:33:13des actes concrets.
00:33:14On nous a annoncé
00:33:14une nouvelle fois
00:33:15des ruptures,
00:33:16on attend des ruptures.
00:33:18Et donc,
00:33:18on attend un Premier ministre
00:33:19qui nous dise
00:33:19« Ok, on a compris
00:33:20sur l'assurance chômage,
00:33:21on ne va pas faire pareil. »
00:33:22On attend sur les grands dossiers sociaux
00:33:24des changements de cap.
00:33:26Et donc,
00:33:26c'est ce que l'intersyndical attend.
00:33:29Et si on n'a pas
00:33:30de nouvelles réponses,
00:33:31on saura en tirer
00:33:32les conséquences.
00:33:33Antoine Oberdorff,
00:33:34comment est-ce qu'on verra
00:33:34dans les heures
00:33:35ou les jours qui viennent
00:33:36que Sébastien Lecornu
00:33:37a vraiment observé
00:33:39ce qui se passait
00:33:39dans les rues aujourd'hui ?
00:33:40Il a nécessairement observé.
00:33:42Simplement,
00:33:43quand je vois la CFDT
00:33:44comme d'ailleurs
00:33:45l'opposition de gauche
00:33:46attendre des solutions
00:33:48et des réponses
00:33:49venant de matignons,
00:33:51des signes de rupture,
00:33:52en réalité,
00:33:52c'est à l'étage d'au-dessus
00:33:53qu'il faut s'adresser
00:33:54parce que tout le monde sait
00:33:55que seul Emmanuel Macron
00:33:57peut décider
00:33:58de donner mandat
00:33:59ou de ne pas donner mandat
00:34:00à son Premier ministre
00:34:01qui lui est extrêmement proche
00:34:02pour engager ces ruptures.
00:34:04C'est valable
00:34:04pour la fiscalité
00:34:05sur le patrimoine.
00:34:06Sébastien Lecornu
00:34:06n'opérera pas de rupture
00:34:07avec l'Elysée.
00:34:08Bien sûr que non.
00:34:09Bien sûr que non
00:34:10parce que je vous avais rappelé
00:34:11peut-être la dernière fois
00:34:12vous vous en souvenez
00:34:12les conditions de la nomination
00:34:14de Sébastien Lecornu
00:34:15la précédente fois
00:34:16quand il avait failli être nommé
00:34:17qu'avait-il dit au chef de l'État
00:34:18en décembre dernier
00:34:18quand François Bayrou avait été nommé
00:34:20ne me nommez pas
00:34:21je vous suis trop lié
00:34:23je ne serai pas infusible
00:34:24mais conducteur d'électricité.
00:34:26Et voilà.
00:34:27Eh bien merci à tous les trois
00:34:28d'être venus ce soir
00:34:29dans chaque voix compte
00:34:31à suivre la question qui fâche
00:34:32dans le droit fil
00:34:33de cette colère
00:34:34qui s'est exprimée aujourd'hui
00:34:35dans les rues.
00:34:36Faut-il stopper
00:34:37les aides publiques aux entreprises ?
00:34:38On en parle dans un instant
00:34:39avec nos trois prochains invités
00:34:41mais avant cela
00:34:41c'est quelle histoire ?
00:34:43Et c'est Laurent Guimier.
00:34:52Chaque soir Laurent nous raconte
00:34:53l'envers du décor
00:34:54le dessous des cartes
00:34:55derrière une image
00:34:56et ce soir Laurent
00:34:57vous avez choisi une photo
00:34:59du champion de judo
00:35:00Teddy Riner.
00:35:01Oui c'est une photo
00:35:02prise samedi dernier
00:35:03à Osaka au Japon
00:35:04où notre champion
00:35:05multimédailé olympique
00:35:06assure sa fonction
00:35:08d'ambassadeur
00:35:09à l'exposition universelle.
00:35:11Alors cette photo
00:35:12regardez elle est très symbolique
00:35:13parce qu'elle contient
00:35:14trois éléments
00:35:15qui sortent
00:35:17Teddy Riner du tatami
00:35:18et le font entrer
00:35:19de plein pied
00:35:19sur le champ
00:35:19de bataille politique.
00:35:20D'abord le costume
00:35:22et même la cravate.
00:35:24Deuxièmement
00:35:25regardez juste derrière
00:35:26la photo officielle
00:35:27du président de la République.
00:35:28Ah mais vous avez l'œil !
00:35:29Et puis oui
00:35:29et à sa droite
00:35:31vous voyez le drapeau tricolore.
00:35:33Ce sont trois ingrédients
00:35:34qui composent
00:35:35une sorte de portrait officiel.
00:35:37Mais Teddy Riner
00:35:37il n'a pas fait que poser
00:35:38officiellement
00:35:40devant le photographe
00:35:42de l'agence France Presse.
00:35:43Il a également parlé
00:35:44regardez c'est très court
00:35:45mais c'est très clair.
00:35:47Pour moi le meilleur rôle
00:35:48si je voulais être
00:35:50quelqu'un en politique
00:35:51c'est être président.
00:35:53Président il l'a dit.
00:35:54C'est clair
00:35:54Teddy Riner ne fume pas
00:35:55la porte à la politique
00:35:56il affiche même
00:35:57une sacrée ambition
00:35:58mais c'est pas
00:35:59le premier personnage
00:36:00de ce qu'on appelle
00:36:00la société civile
00:36:01à vouloir se lancer
00:36:02en politique.
00:36:03Il faut quand même le rappeler.
00:36:03Oui mais avec Riner
00:36:04je pense que
00:36:05de mon point de vue
00:36:06il est en train de se passer
00:36:07quelque chose
00:36:07de complètement différent
00:36:08et même quelque chose
00:36:09de complètement inédit
00:36:11dans la vie politique française.
00:36:12Je vous en donne
00:36:13la raison
00:36:13en quatre ingrédients.
00:36:15D'abord
00:36:15Riner
00:36:16on le sait
00:36:16il a 36 ans
00:36:17et c'est sans doute
00:36:18le plus grand sportif français
00:36:20de tous les temps
00:36:21toutes disciplines confondues.
00:36:22Ça on le sait
00:36:22fait subjectif un peu
00:36:25mais enfin qui est réel.
00:36:25Deux
00:36:26c'est la première fois
00:36:27qu'un sportif
00:36:28qui prétend
00:36:28à entrer en politique
00:36:29refuse catégoriquement
00:36:31dès le début
00:36:31de se laisser enfermer
00:36:32dans le ministère des sports.
00:36:34Vous savez c'est la tradition
00:36:35je suis un sportif
00:36:36je vais au ministère des sports.
00:36:38Lui il lui dit
00:36:39il lui dit tout de suite
00:36:39c'est non
00:36:40c'est président de la république.
00:36:42Troisièmement
00:36:42et plus important encore
00:36:44Teddy Riner
00:36:44a répété cette ambition
00:36:46à plusieurs reprises
00:36:47depuis le printemps dernier.
00:36:48La communication
00:36:49c'est la répétition
00:36:50et Adeline
00:36:51je crois que vous êtes bien placé
00:36:52pour le savoir
00:36:53puisqu'il y a quelques mois
00:36:55vous avez été la première
00:36:56à poser la question
00:36:57à Teddy Riner.
00:36:58Regardez.
00:36:59Si demain je rentrerai en politique
00:37:01c'est pas pour être
00:37:01ministre des sports.
00:37:02C'est pour être président
00:37:03de la république.
00:37:03Bien sûr.
00:37:04Moi quand je fais quelque chose
00:37:05c'est pour gagner
00:37:06c'est pour emmener des choses
00:37:08une locomotive.
00:37:09Je vous attends le dimanche
00:37:10dans BFM politique
00:37:11pour écarer votre candidature
00:37:12à l'élection présidentielle.
00:37:13Le clin d'oeil
00:37:14de Teddy Riner
00:37:14je m'en souviens encore
00:37:15il a de la suite dans les idées
00:37:16c'en est la preuve non ?
00:37:17Oui mais c'est plus profond
00:37:18pardonnez-moi
00:37:19devant vous
00:37:20effectivement
00:37:21on était dans une réponse
00:37:22un peu clin d'oeil
00:37:22on rigolait.
00:37:24Quatre mois plus tard
00:37:25vous l'avez entendu au début
00:37:26il ne rigole plus
00:37:27il change de ton
00:37:28et puis il y a mon
00:37:29quatrième ingrédient
00:37:31Teddy Riner
00:37:32est archi populaire
00:37:33vous le savez
00:37:33dans le top 50
00:37:35du JDD
00:37:36il est sur le podium
00:37:37avec Jean-Jacques Goldman
00:37:37et Omar Sy
00:37:38il a gagné d'ailleurs
00:37:4014 places
00:37:41grâce à l'effet JO
00:37:42donc je reprends
00:37:43mes quatre ingrédients
00:37:44une légende
00:37:45archi populaire
00:37:46qui affiche
00:37:47une ambition présidentielle
00:37:48et qui le répète
00:37:50l'alignement
00:37:51de ces quatre planètes
00:37:52et bien je vous le dis
00:37:52ça ne s'est jamais vu
00:37:54dans l'histoire politique française.
00:37:55ça s'est vu ailleurs
00:37:56dans le monde peut-être ?
00:37:57Oui on a un seul sportif
00:37:58qui de niveau réputationnel
00:38:00à peu près équivalent
00:38:01est devenu président
00:38:02c'est George Weah
00:38:03le footballeur
00:38:04ancien du PSG et de l'OM
00:38:06d'ailleurs je pense
00:38:07que ça prédispose
00:38:07au compromis
00:38:08quand on entre en politique
00:38:09élu président du Liberia
00:38:11en 2017
00:38:12et on le voit sur cette photo
00:38:13à la tribune
00:38:14de l'Assemblée Générale
00:38:14des Nations Unies
00:38:15pendant son mandat.
00:38:16Bon mais alors
00:38:17quelles sont les prochaines étapes
00:38:18pour le président Riner ?
00:38:20Il y en a beaucoup
00:38:20quelles idées ?
00:38:21quels programmes ?
00:38:22quels alliés ?
00:38:23là c'est pas du judo
00:38:24c'est du 110 mètres et
00:38:25avec des quand même
00:38:26très très hautes
00:38:26parce qu'évidemment
00:38:27dès qu'on affiche des ambitions
00:38:29il y a des embûches.
00:38:30Un sondage
00:38:31Toluna Harris Interactive
00:38:32paru dans l'Opinion
00:38:33au mois de juin dernier
00:38:35révélait tout de même
00:38:35que 18% des personnes
00:38:37interrogées
00:38:38affirmaient qu'elles
00:38:39pourraient voter
00:38:40pour Teddy Riner
00:38:40c'est pas une intention de vote
00:38:42mais c'est une
00:38:42voilà
00:38:43une capacité
00:38:44avec deux pics importants
00:38:46chez les 18-24 ans
00:38:47et les électeurs
00:38:48et les filles.
00:38:49C'est encourageant pour lui
00:38:50mais la route est quand même longue
00:38:51jusqu'à l'Elysée.
00:38:52D'ailleurs regardez cette photo
00:38:54là cette photo
00:38:56vous voyez
00:38:56alors c'est pas une IA
00:38:57qui montre une passation
00:38:58de pouvoir en 2027
00:38:59c'est la promotion
00:39:00du judoka
00:39:01au grade de commandeur
00:39:02de l'ordre national du mérite
00:39:03c'était il y a
00:39:04à peu près un an
00:39:05lors de la parade
00:39:06sur les Champs-Elysées
00:39:07après les JO
00:39:08parce que Teddy Riner
00:39:09je vous le dis
00:39:09il va quand même
00:39:10devoir choisir.
00:39:11Les prochains jeux
00:39:12sont en 2028
00:39:12à Los Angeles
00:39:13il n'est pas en retraite
00:39:15et là je pense
00:39:16qu'on peut le dire
00:39:17on imagine mal
00:39:18un président de la République
00:39:19sur les tatamis.
00:39:20Bon alors on prend rendez-vous
00:39:21pour 2032 Laurent
00:39:22merci
00:39:23on passe à la question
00:39:25qui fâche.
00:39:33C'est un débat explosif
00:39:36autour d'un pactole
00:39:37dont même le montant
00:39:38est difficile à évaluer
00:39:39les aides publiques
00:39:40versées aux entreprises
00:39:41on parle de plus de
00:39:42200 milliards d'euros
00:39:44les uns dénoncent
00:39:45un pillage organisé
00:39:46les autres défendent
00:39:47un outil vital
00:39:47pour notre économie
00:39:48on va leur donner la parole
00:39:49c'est Stéphanie Despierre
00:39:50qui pose ce soir
00:39:51la question qui fâche.
00:39:55C'était il y a quelques semaines
00:39:56lors de la rentrée du MEDEF
00:39:58devant un parterre de patrons
00:39:59la chef des écologistes
00:40:01jette un pavé dans la mare
00:40:03j'ai l'impression que
00:40:04l'argent public est rare
00:40:05pour tout le monde
00:40:05sauf pour les aides aux entreprises
00:40:06et moi je veux qu'on pose ce sujet
00:40:08bien sûr qu'il faut aider
00:40:09les entreprises
00:40:10mais bien sûr qu'il faut aider
00:40:11les entreprises
00:40:12là on n'en avait pas eu
00:40:13jusqu'à présent
00:40:14ce matin
00:40:15à quelques heures
00:40:16des manifestations
00:40:16la numéro 1
00:40:18de la CGT
00:40:18enfonce le clou
00:40:19c'est 211 milliards
00:40:21d'aides publiques
00:40:22qui sont consenties
00:40:22sans condition
00:40:23ni contrepartie
00:40:24chaque année aux entreprises
00:40:25un niveau record
00:40:26on n'a jamais autant
00:40:27donné d'aides publiques
00:40:27aux entreprises
00:40:28il n'y a jamais eu
00:40:29autant de licenciements
00:40:30d'après l'enquête
00:40:31de deux journalistes
00:40:32du Nouvel Obs
00:40:32les aides aux entreprises
00:40:33atteignent même
00:40:34270 milliards par an
00:40:36dans leurs livres
00:40:38Caroline Michel-Aguir
00:40:39et Mathieu Aron
00:40:40n'hésitent pas à parler
00:40:41de grands détournements
00:40:42les français de par leurs impôts
00:40:44aident ces entreprises
00:40:45or pour un certain nombre
00:40:47d'entreprises
00:40:47pour de grandes multinationales
00:40:48en réalité
00:40:49ça améliore
00:40:50les marges bénéficiaires
00:40:52de ces entreprises
00:40:53et indirectement
00:40:54qui en profitent
00:40:54et bien les actionnaires
00:40:56de ces entreprises
00:40:56c'est-à-dire
00:40:57souvent les grandes fortunes
00:40:59françaises
00:40:59donc une partie
00:41:00de l'argent public
00:41:01est redistribuée
00:41:02indirectement
00:41:03aux grandes fortunes
00:41:04c'est ce qu'on a appelé
00:41:05une forme de détournement
00:41:07par exemple
00:41:08LVMH
00:41:09en 2023
00:41:10le groupe de luxe
00:41:11a touché près de 300 millions
00:41:12d'euros d'aides
00:41:13alors qu'il réalise
00:41:1515 milliards
00:41:15de bénéfices nets
00:41:17autre cas
00:41:18Michelin
00:41:19en 2017
00:41:19le fabricant de pneus
00:41:21touche 4 millions
00:41:22300 mille euros
00:41:23de subventions
00:41:24pour acheter des machines
00:41:25et relancer son site
00:41:26La Roche-sur-Yon
00:41:273 ans plus tard
00:41:29l'usine ferme
00:41:30le matériel
00:41:31est délocalisé en Roumanie
00:41:32cet exemple
00:41:34est emblématique
00:41:35pour le communiste
00:41:35Fabien Guet
00:41:36auteur d'un rapport
00:41:38sénatorial
00:41:38sur ses aides
00:41:39Dimanche
00:41:40il a invité
00:41:41le président du MEDEF
00:41:42à la fête de l'humanité
00:41:43Patrick Martin
00:41:44ouvre la porte
00:41:45à une réforme
00:41:46ce qui lui vaut
00:41:47quelques applaudissements
00:41:48Une aide
00:41:49à une destination
00:41:50si elle n'est pas utilisée
00:41:52à cette destination
00:41:53qu'elle soit remboursée
00:41:54c'est une évidence
00:41:55Mais le patron des patrons
00:41:58pose ses conditions
00:42:00Oui
00:42:00on supprime beaucoup
00:42:01de ses aides
00:42:02mais en contrepartie
00:42:03pour ne pas altérer
00:42:04la compétitivité
00:42:05des entreprises
00:42:06on baisse
00:42:07l'imposition
00:42:08de base
00:42:08pour s'aligner
00:42:09en définitive
00:42:10sur ce qui existe ailleurs
00:42:11Alors la question
00:42:12qui fâche ce soir
00:42:13la voici
00:42:14Faut-il réformer
00:42:15ou faut-il carrément
00:42:17stopper
00:42:17les aides aux entreprises ?
00:42:20Eh bien cette question
00:42:20je vais la poser
00:42:21à mes trois invités
00:42:22Bonsoir
00:42:22Député Rassemblement National
00:42:25du Gard
00:42:26Merci d'être là
00:42:26aux côtés de Benjamin
00:42:27Lucas Lundi
00:42:28Député écologiste
00:42:29des Yvelines
00:42:30Et nous sommes également
00:42:31avec Olivier Rietman
00:42:32qui est sénateur LR
00:42:33et qui a présidé
00:42:34cette fameuse commission
00:42:35d'enquête sénatoriale
00:42:36sur la transparence
00:42:37des aides publiques
00:42:37aux entreprises
00:42:38C'est d'ailleurs à vous
00:42:39que je vais m'intéresser
00:42:40en premier
00:42:40Olivier Rietman
00:42:41Vous qui avez fait ce rapport
00:42:43Aujourd'hui il y a ce livre
00:42:45Le Grand Détournement
00:42:45qui vient de sortir
00:42:46Est-ce que
00:42:47après réflexion
00:42:49après cette longue réflexion
00:42:50après ce long travail
00:42:51que vous avez mené
00:42:51vous vous dites
00:42:52qu'il faut
00:42:52supprimer
00:42:53ces aides
00:42:55ou à minima
00:42:55les réformer
00:42:56Merci
00:42:59Bonsoir
00:43:00Madame François
00:43:01Bonsoir à tous
00:43:02Merci de me donner
00:43:03la possibilité
00:43:03de m'exprimer
00:43:04sur ce rapport
00:43:05effectivement
00:43:05qu'on a mené
00:43:07avec Fabien Guay
00:43:08sénateur communiste
00:43:10de la Seine-Saint-Denis
00:43:11Déjà merci
00:43:12parce que vous me donnez
00:43:13la possibilité également
00:43:14de rétablir
00:43:14un certain nombre
00:43:15de vérités
00:43:15parce que depuis
00:43:16que ce rapport est sorti
00:43:17il n'y a plus
00:43:19qu'un chiffre
00:43:20qui sort
00:43:21c'est 211 milliards
00:43:21alors que le rapport
00:43:23lui-même
00:43:24ne met pas en exergue
00:43:26ces 211 milliards
00:43:27et ne conteste pas
00:43:29ni la véracité
00:43:30de ces 211 milliards
00:43:31ni le fait
00:43:32que de savoir
00:43:32si c'est trop important
00:43:34ou pas c'est important
00:43:34et en plus
00:43:35il faut relativiser
00:43:36ces 211 milliards
00:43:37qui pourraient paraître
00:43:38énormes
00:43:39211 milliards
00:43:40c'est les accompagnements
00:43:41et différents dispositifs
00:43:42voulus par les différents
00:43:44gouvernements
00:43:44et l'État
00:43:45pour accompagner
00:43:464 millions d'entreprises
00:43:47qui versent
00:43:49700 milliards
00:43:50de salaires
00:43:50à 21 millions
00:43:51de salariés
00:43:52qui payent
00:43:53400 milliards
00:43:54d'euros
00:43:54de cotisations
00:43:55130 milliards
00:43:56d'impôts de production
00:43:58et 82 milliards
00:44:00d'impôts sur les sociétés
00:44:01la même année
00:44:01qu'ont été versés
00:44:02ces 211 milliards
00:44:03d'aides publiques
00:44:04après pourquoi
00:44:05il y a ces aides publiques
00:44:06ces aides publiques
00:44:08ont été créées
00:44:08à la fois par l'administration
00:44:10par l'État
00:44:10et les gouvernements
00:44:10pour compenser
00:44:12pour répondre
00:44:13à des problèmes
00:44:14de compétitivité
00:44:15de nos entreprises
00:44:16face à la concurrence mondiale
00:44:18mais aussi
00:44:18pour développer
00:44:20des politiques
00:44:20des politiques
00:44:21voulues
00:44:22par notre pays
00:44:23que ce soit
00:44:24des politiques
00:44:25de verdissement
00:44:25de la production
00:44:26des politiques
00:44:27de décarbonation
00:44:29des politiques
00:44:29de souveraineté
00:44:30dans le domaine
00:44:31de l'intelligence artificielle
00:44:32dans le domaine
00:44:32de la nouvelle technologie
00:44:33dans le domaine
00:44:35des semi-conducteurs
00:44:36et ce n'est pas
00:44:37les chefs d'entreprise
00:44:38qui sont allés voir
00:44:39du plus petit
00:44:39au plus grand
00:44:40qui se lèvent le matin
00:44:42en rêvant
00:44:43de toucher des aides
00:44:44qui vont voir
00:44:45l'entité publique
00:44:46et lui disent
00:44:46il nous faut des aides
00:44:47il faut nous aider
00:44:48sauf que Olivier Rietman
00:44:49votre rapport publié
00:44:50cet été dit
00:44:52personne ne sait vraiment
00:44:53combien on donne
00:44:54ni à qui
00:44:55ni pourquoi
00:44:56comment est-ce que
00:44:56vous expliquez
00:44:57qu'on marche encore
00:44:58à l'aveugle
00:44:59après des décennies d'aides
00:45:00et c'est là
00:45:02que vous touchez du doigt
00:45:03le point fort du rapport
00:45:05le rapport
00:45:06ne porte pas de jugement
00:45:07sur le montant des aides
00:45:08il dit même que les aides
00:45:10elles sont d'un niveau
00:45:10plutôt bas
00:45:11parce que si on regarde bien
00:45:12la moyenne c'est entre 3 et 5%
00:45:14du chiffre d'affaires
00:45:15des entreprises
00:45:16même si le chiffre
00:45:17paraît élevé
00:45:17sur le contrôle
00:45:19qui est fait
00:45:20des aides
00:45:20qui sont versées
00:45:21le rapport montre
00:45:22que le contrôle
00:45:22en France
00:45:23sur quête quête
00:45:24que ce soit
00:45:24européen
00:45:25des aides européennes
00:45:26des aides sociales
00:45:27d'exonération
00:45:28des aides fiscales
00:45:29ou des subventions
00:45:30les contrôles sont très bien faits
00:45:32très bien suivis
00:45:32et quand il y a sanctions
00:45:34elles sont très fortes
00:45:35et l'argent est récupéré
00:45:36là où il y a un vrai souci
00:45:37et qui ressort du rapport
00:45:39c'est sur l'évaluation
00:45:41des dispositifs
00:45:42qui sont mis en place
00:45:44de manière à accompagner
00:45:45les entreprises
00:45:46pour telle ou telle volonté
00:45:47et on se rend compte
00:45:48que aussi bien
00:45:49le contrôle est très bien fait
00:45:50le suivi est très bien fait
00:45:52puisque nombre d'aides
00:45:53ne sont versées
00:45:53que quand il y a eu
00:45:54facture acquittée
00:45:55présentée au service
00:45:56de l'administration
00:45:57par contre
00:45:58là ce qui pose
00:45:59un vrai problème
00:46:00c'est que quasiment
00:46:01aucun dispositif
00:46:02n'est évalué
00:46:03et on est incapable
00:46:04à un certain moment
00:46:06mais même nous parlementaires
00:46:07quand on doit voter
00:46:08ne serait-ce qu'un projet
00:46:11de finance
00:46:12ou un projet de financement
00:46:14de la sécurité sociale
00:46:15ou un PLF
00:46:15on n'est pas capable
00:46:17de dire si tel dispositif
00:46:18il faut le diminuer
00:46:19l'augmenter
00:46:20ou le maintenir
00:46:21puisqu'on n'a pas
00:46:22de dispositif d'évaluation
00:46:23on ne sait pas
00:46:24si le dispositif fonctionne
00:46:26ou ne fonctionne pas
00:46:26je prends un seul exemple
00:46:27le dispositif d'accompagnement
00:46:30pour augmenter
00:46:31de manière très forte
00:46:32les apprentis en France
00:46:33l'accompagnement financier
00:46:35de l'État
00:46:36auprès des entreprises
00:46:37de toutes les entreprises
00:46:38de la plus petite
00:46:38à la plus grande
00:46:39c'est monté
00:46:40jusqu'à 15 milliards d'euros
00:46:41sur l'année
00:46:42l'année dernière
00:46:43sur le projet de loi de finance
00:46:44on nous dit
00:46:45il y a un endroit
00:46:46où on peut diminuer
00:46:47les dépenses
00:46:48c'est sur l'accompagnement
00:46:49au niveau des apprentis
00:46:51est-ce qu'il faut aller
00:46:51sur le niveau d'études
00:46:54qui est fait en apprentissage
00:46:55est-ce qu'il faut aller
00:46:55sur la taille de l'entreprise
00:46:57sur le montant
00:46:58de l'accompagnement
00:46:58comme aucun dispositif
00:47:00d'évaluation
00:47:01n'est mis en place
00:47:02nous parlementaires
00:47:03finalement
00:47:04et j'ose le dire
00:47:05on se prononce
00:47:06alors moi qui suis président
00:47:08de la délégation
00:47:08aux entreprises
00:47:09au Sénat
00:47:09on va aux infos
00:47:10on va chercher
00:47:11là où ça se passe le mieux
00:47:12là où c'est le plus efficace
00:47:13mais vous n'avez aucun dispositif
00:47:15de l'administration
00:47:16qui nous a dit
00:47:17voilà
00:47:18l'évaluation montre
00:47:20que c'est dans ce domaine
00:47:21où il faut continuer
00:47:22c'est là où il faut mettre plus
00:47:23par contre
00:47:24là ça n'a aucun effet
00:47:25ça n'a aucune conséquence
00:47:26c'est-à-dire qu'il y a eu
00:47:27un résultat
00:47:28c'est-à-dire que l'aide
00:47:28aux apprentis
00:47:29dont vous parlez
00:47:30elle est passée
00:47:30de 6 000 à 5 000 euros
00:47:31pour les PME
00:47:32et à 2 000 euros
00:47:32pour les grandes entreprises
00:47:33et le résultat
00:47:34a été immédiat
00:47:35il y a eu moins d'embauches
00:47:36et l'INSEE parle même
00:47:37de 65 000 postes d'apprentis
00:47:39qui devraient disparaître
00:47:40d'ici la fin de l'année
00:47:41donc là on voit
00:47:41qu'il y a une aide
00:47:43qu'on a rabotée
00:47:43qui avait donc bien une utilité
00:47:45on va passer la parole
00:47:48si vous voulez bien
00:47:48à vos deux collègues parlementaires
00:47:50Johan Gillet
00:47:51pour le Rassemblement National
00:47:52et Benjamin Lucas Lundi
00:47:53député écologiste des Yvelines
00:47:54d'abord est-ce que vous êtes sensible
00:47:55à cette question aujourd'hui
00:47:56des aides publiques
00:47:57versées aux entreprises
00:47:58et à cette petite musique
00:48:00qui consiste à dire
00:48:01il faut couper le robinet
00:48:02Johan Gillet
00:48:03non il ne faut évidemment
00:48:04pas couper le robinet
00:48:06parce qu'on a un problème
00:48:07en France
00:48:08que tout le monde connaît
00:48:09c'est que les taux de prélèvement
00:48:12obligatoires pour les entreprises
00:48:13sont énormes
00:48:14et que le coût du travail
00:48:15pour les entreprises
00:48:16est énorme
00:48:17et si demain on venait
00:48:18à couper l'ensemble
00:48:19des aides pour les entreprises
00:48:20évidemment il y aurait
00:48:20des conséquences dramatiques
00:48:22pour l'emploi
00:48:23et pour l'économie
00:48:23de notre pays
00:48:24des entreprises fermeraient
00:48:25des entreprises viendraient
00:48:26délocaliser leur production
00:48:28à l'étranger
00:48:29et malheureusement
00:48:30la situation serait
00:48:31celle-ci
00:48:32et serait dramatique
00:48:33donc il faut continuer
00:48:34évidemment à aider
00:48:35les entreprises
00:48:35mais il faut peut-être aussi
00:48:37parfois mieux cibler
00:48:38ces entreprises
00:48:39il faut encourager
00:48:41la recherche
00:48:41l'innovation
00:48:42et il faut également
00:48:43conditionner le versement
00:48:45de ces aides
00:48:45évidemment au maintien
00:48:46de l'emploi
00:48:47sur le territoire national
00:48:48ça paraît évident
00:48:49évident mais ce n'est pas le cas
00:48:50puisque nous avons vu
00:48:51ces dernières années
00:48:52que les entreprises
00:48:52qui avaient bénéficié
00:48:53d'un certain nombre d'aides
00:48:54se permettaient ensuite
00:48:56de délocaliser leur production
00:48:58de fermer des usines
00:48:59alors par exemple
00:49:00vous au rassemblement national
00:49:01ces entreprises
00:49:02vous faites quoi
00:49:02de leurs aides ?
00:49:03des entreprises importantes
00:49:05qui continuent à avoir
00:49:07une activité
00:49:08et qui viennent délocaliser
00:49:09alors il faut aller récupérer
00:49:10cet argent
00:49:11vous dire rendez l'argent
00:49:12tout à fait
00:49:13on a vu le cas de Michelin
00:49:14dans le reportage
00:49:15ça doit être contractualisé
00:49:16dès le début
00:49:17évidemment
00:49:17aujourd'hui il n'y a aucun contrôle
00:49:19sur ces aides
00:49:20ou en tout cas trop peu
00:49:21donc évidemment
00:49:23qu'il faut agir dessus
00:49:24et il faut évidemment
00:49:25différencier une entreprise
00:49:26qui va avoir de réelles difficultés
00:49:28avec une entreprise
00:49:29qui n'en aurait pas
00:49:30et qui aurait des activités
00:49:31dans le monde entier
00:49:31mais vous pouvez aussi avoir
00:49:32une entreprise
00:49:33qui se porte bien
00:49:34et qui sans aide
00:49:35dans deux ans
00:49:35ira moins bien
00:49:36mais évidemment
00:49:37mais c'est pour ça
00:49:38qu'il faut mesurer les choses
00:49:39et évidemment
00:49:41moi je vous parle uniquement
00:49:42des entreprises
00:49:42qui viendraient délocaliser
00:49:43fermer des usines en France
00:49:46pour en ouvrir
00:49:47par exemple à l'étranger
00:49:48mais nos entreprises
00:49:50ont besoin
00:49:50d'un accompagnement
00:49:51parce que le coût du travail
00:49:53et les prélèvements
00:49:54sont énormes
00:49:551250 milliards d'euros par an
00:49:57c'est les prélèvements
00:49:58obligatoires
00:49:59pour les entreprises
00:50:00à travers les entreprises
00:50:01et les travailleurs
00:50:02donc ces aides
00:50:03ces 211 milliards
00:50:04dont on parle
00:50:05même si certains rapports
00:50:07parlent de chiffres
00:50:08légèrement différents
00:50:09sont utiles
00:50:11parce que ces aides
00:50:12génèrent également
00:50:13de la richesse
00:50:14et génèrent d'ailleurs
00:50:15des recettes pour l'État
00:50:16Benjamin Lucalendi
00:50:17vous vous préconisez quoi
00:50:20on fait quoi
00:50:21quand même
00:50:22on parle de 200 milliards
00:50:24alors rapporté
00:50:25aux chiffres
00:50:25dont parle Olivier Rietman
00:50:27il faut préciser
00:50:28que dans le rapport
00:50:28il y a effectivement
00:50:29un paragraphe
00:50:29qui précise
00:50:30le montant
00:50:31des aides
00:50:32versées directement
00:50:33c'est à dire
00:50:33qu'ils ne sont pas
00:50:34des allégements de charges
00:50:35cotisations
00:50:36c'est quand même
00:50:36108 milliards
00:50:37vous avez tout à fait raison
00:50:43de me corriger
00:50:44108 milliards
00:50:45vous vous préconisez
00:50:47de mieux flécher
00:50:49les aides
00:50:49de mieux les contrôler
00:50:50ou d'en supprimer
00:50:52certaines
00:50:52moi en parallèle
00:50:53de la commission
00:50:54d'enquête au Sénat
00:50:54j'ai mené aussi
00:50:55ici à l'Assemblée nationale
00:50:56un rapport
00:50:56qui lui concernait
00:50:57les licenciements
00:50:57et la façon
00:50:58dont la puissance publique
00:50:59pouvait
00:50:59le cas échéant
00:51:00empêcher des plans
00:51:01de licenciements massifs
00:51:02notamment dans des entreprises
00:51:03qui distribuent
00:51:04les dividendes
00:51:04mais reçoivent
00:51:05des aides publiques
00:51:06pour moi
00:51:06on est sur une question
00:51:06morale en fait
00:51:07et démocratique
00:51:08moi
00:51:08si je devais résumer
00:51:10simplement pour ceux
00:51:10qui nous regardent
00:51:11ce que je demande
00:51:11ce que je propose
00:51:12j'ai des propositions
00:51:13très concrètes
00:51:13je propose une haute
00:51:14autorité indépendante
00:51:15pour le suivi
00:51:16et éventuellement
00:51:17le remboursement
00:51:17des aides publiques
00:51:18mais globalement
00:51:18je demande qu'on applique
00:51:19aux aides publiques
00:51:20aux entreprises
00:51:20les mêmes règles
00:51:21que celles
00:51:22on va être dans
00:51:22les élections municipales
00:51:23qu'on applique
00:51:23dans nos communes
00:51:24à nos associations
00:51:24que celles qu'on applique
00:51:25par exemple
00:51:26en matière d'aide sociale
00:51:27moi quand j'ai auditionné
00:51:27la cour des comptes
00:51:28j'ai demandé
00:51:28question un peu naïve
00:51:29est-ce que nous avons
00:51:31nous collectivement
00:51:32la même exigence
00:51:33la même rigueur
00:51:34à l'égard
00:51:34de la dépense publique
00:51:35en matière d'aide aux entreprises
00:51:36qu'on l'a en matière
00:51:37d'aide sociale
00:51:37on m'a dit non pas du tout
00:51:38je résume en trois mots
00:51:39les aides sociales
00:51:40elles sont conditionnées
00:51:41pour avoir droit
00:51:43aux minima sociaux
00:51:44il faut remplir
00:51:44un certain nombre de conditions
00:51:45elles sont contrôlées
00:51:46et on a d'ailleurs
00:51:47un surcontrôle aujourd'hui
00:51:48quand vous êtes allocataire
00:51:49des minima sociaux
00:51:49on fait irruption
00:51:50dans votre vie privée
00:51:51on vous criminalise
00:51:52quand vous avez
00:51:53un trop perçu
00:51:53de 15 ou 20 euros
00:51:54et elles sont plafonnées
00:51:55vous ne pouvez pas
00:51:55les cumuler
00:51:56au-delà d'un certain montant
00:51:57je prends toujours l'exemple
00:51:58à Noël
00:51:58votre grand-mère
00:51:59vous fait un chèque
00:51:59de 50 euros
00:52:00vous êtes allocataire
00:52:00du RSA
00:52:01on va vous le déduire
00:52:01parce qu'on va considérer
00:52:02que ça augmente
00:52:03vos revenus
00:52:04et bien moi je demande
00:52:05que pour les aides publiques
00:52:06aux entreprises
00:52:07on conditionne
00:52:08on contrôle
00:52:09et on plafonne
00:52:09rendez-vous compte
00:52:10qu'aujourd'hui
00:52:10nous ne sommes pas capables
00:52:11Bercy n'est pas capable
00:52:12pour une entreprise
00:52:13de dire voilà la globalité
00:52:14en allègement de cotisations
00:52:16en aide directe
00:52:17et puis en aide aussi indirecte
00:52:18via les collectivités locales
00:52:19moi j'ai eu dans ma commission
00:52:20dans quelle des exemples
00:52:20à Beauvais
00:52:21multinational
00:52:22qui fabrique des tracteurs
00:52:23qui a délocalisé
00:52:23une partie de sa recherche
00:52:24et développement
00:52:25qui a bénéficié
00:52:25de millions et de millions
00:52:26d'euros
00:52:26de la puissance locale
00:52:27pour construire un pont
00:52:28et puis après l'inauguration
00:52:30du pont
00:52:30ils ont fait des licenciements
00:52:31donc le contribuable
00:52:32localement
00:52:32est fondé à se dire
00:52:34quand même
00:52:34on a aidé
00:52:35on a investi
00:52:36pour que cette entreprise
00:52:36reste
00:52:37pour qu'elle innove
00:52:37et moi je suis
00:52:38pour répondre à la question
00:52:39du départ
00:52:39moi je suis favorable
00:52:40aux aides publiques
00:52:40parce que c'est ce qui nous permet
00:52:42c'est ça que c'est une question
00:52:42démocratique
00:52:43les aides publiques aux entreprises
00:52:44c'est un moyen
00:52:45d'influer sur l'économie
00:52:46et c'est donc démocratique
00:52:47c'est à dire que nous
00:52:48citoyens
00:52:49à travers nos représentants
00:52:50pouvons décider
00:52:50par des aides
00:52:51d'engager des projets
00:52:53de transformation écologique
00:52:54c'est nécessaire
00:52:55la décarbonation
00:52:56de notre industrie notamment
00:52:56d'engager des dispositifs
00:52:58pour permettre
00:52:58de maintenir de l'emploi
00:52:59dans notre pays
00:53:00et de bonne qualité
00:53:01avec des aides
00:53:01qui permettent
00:53:02à des entreprises
00:53:02de rester
00:53:03donc moi je n'ai pas
00:53:03de vision dogmatique
00:53:04simplement ayons la même rigueur
00:53:06surtout dans un moment
00:53:06où on a des grands discours
00:53:07sur la dépense publique
00:53:09et le bon usage
00:53:10qu'on doit faire
00:53:10des deniers publics
00:53:11et des impôts des français
00:53:12ayons avec les aides publiques
00:53:13la même rigueur
00:53:13je termine
00:53:14les associations
00:53:14une association
00:53:16pour avoir une subvention
00:53:17elle présente un dossier
00:53:18ça passe en conseil municipal
00:53:20il y a une délibération
00:53:20transparente
00:53:21tout le monde sait
00:53:22combien on donne
00:53:23à une association
00:53:23pourquoi on lui donne
00:53:24et ça fait l'objet
00:53:24d'un débat contradictoire
00:53:25et mieux que cela
00:53:26au bout d'un an
00:53:27l'association doit faire
00:53:28un bilan d'activité
00:53:29doit justifier
00:53:29auprès de la puissance publique
00:53:30qui a donné l'argent
00:53:31ce qu'elle a fait
00:53:31les projets qu'elle a organisés
00:53:33les gens que ça a impacté
00:53:33etc.
00:53:34et bien moi je demande
00:53:35qu'on fasse exactement
00:53:37la même chose
00:53:37avec des grandes entreprises
00:53:38c'est-à-dire qu'il y a
00:53:39à l'Assemblée Nationale
00:53:39via une commission parlementaire
00:53:41dédiée
00:53:41une transparence absolue
00:53:42et un débat démocratique
00:53:43transparent
00:53:44sur qui reçoit
00:53:45les aides publiques
00:53:45et qu'est-ce qu'il en fait
00:53:46ce qui revient beaucoup
00:53:48dans l'opinion publique
00:53:49c'est la question du pourquoi
00:53:50pourquoi on aide
00:53:51des entreprises
00:53:51qui vont bien
00:53:52on l'a vu dans le reportage
00:53:53tout à l'heure
00:53:53le meilleur exemple
00:53:54c'est peut-être LVMH
00:53:56comment justifier
00:53:57le versement en 2023
00:53:58de 275 millions d'euros
00:54:01alors que le groupe
00:54:02réalise cette même année
00:54:03un bénéfice net
00:54:04de 15,2 milliards
00:54:06Johan Gillet
00:54:07mais les entreprises
00:54:08qui vont bien
00:54:10si elles n'étaient pas aidées
00:54:12elles viendraient délocaliser
00:54:14leur production
00:54:14et vous avez des entreprises
00:54:16importantes
00:54:17c'est le cas de LVMH
00:54:18qui a des sites de production
00:54:19sur le territoire national
00:54:21et si demain malheureusement
00:54:22nous ne versions plus ces aides
00:54:24et bien les emplois
00:54:25seraient délocalisés
00:54:26mais quand l'aide
00:54:27est de 275 millions
00:54:28et que le bénéfice net
00:54:29est de 15 milliards
00:54:30vous comprenez
00:54:31que ça choque aussi l'opinion
00:54:32mais en réalité
00:54:33il faut travailler sur le fond
00:54:34pourquoi le coût du travail
00:54:36est si élevé
00:54:37pourquoi ne pas agir aussi
00:54:39sur une diminution
00:54:40des impôts de production
00:54:41des entreprises
00:54:42qui viendraient impacter
00:54:43l'ensemble des entreprises
00:54:44parce que la réalité
00:54:45c'est ça
00:54:46c'est que nos entreprises
00:54:46sont en difficulté
00:54:47parce qu'elles payent
00:54:48toujours plus
00:54:48pourquoi ne pas privilégier
00:54:50aussi dans la commande publique
00:54:52les entreprises françaises
00:54:53là aussi c'est un levier
00:54:55un levier pardon
00:54:55d'action pour en même temps
00:54:56et bien d'aider nos entreprises
00:54:58à se développer
00:54:59il y a beaucoup de mesures
00:55:00à prendre en réalité
00:55:01pour faire en sorte
00:55:02que peut-être demain
00:55:03les entreprises
00:55:04aient besoin
00:55:05de moins d'aides publiques
00:55:06un dernier mot
00:55:06Olivier Rietman
00:55:07est-ce que vous avez le sentiment
00:55:08qu'aujourd'hui
00:55:09les conclusions
00:55:10enfin ce que vous avez fait
00:55:12dans ce rapport
00:55:13est entendu
00:55:14et commence à infuser
00:55:16écoutez je l'espère
00:55:19nous on avait dit
00:55:19à la suite de notre rapport
00:55:20qu'on espérait
00:55:22qu'il ne servait pas
00:55:23à caler une armoire
00:55:24comme beaucoup de rapports
00:55:25l'ont été
00:55:25pour autant
00:55:26on entend bien
00:55:28qu'il a été repris
00:55:30re-repris
00:55:31beaucoup déformé
00:55:32beaucoup amplifié
00:55:33il faut vraiment
00:55:34aller chercher
00:55:35vous voyez
00:55:35ce que j'entends
00:55:36sur votre plateau
00:55:37là ce soir
00:55:37ça fait partie
00:55:38notamment pour un certain nombre
00:55:39mais pas tous
00:55:40des préconisations
00:55:41qui sont faites dans le rapport
00:55:42vous parliez tout à l'heure
00:55:44vous savez
00:55:44les chefs d'entreprise
00:55:45eux ils ne demandent pas
00:55:46ils ne demandent pas d'aide
00:55:47par contre il y a des contraintes
00:55:49en France
00:55:49qui font que
00:55:51si on veut des entreprises compétitives
00:55:53et pouvoir l'aligner
00:55:54on a deux possibilités
00:55:55soit on aligne
00:55:56les conditions
00:55:57de nos entreprises
00:55:58à ce qui se fait ailleurs
00:55:59ailleurs qu'en France
00:56:00soit on laisse
00:56:02les conditions
00:56:02très élevées en France
00:56:03mais on est obligé
00:56:04d'accompagner les entreprises
00:56:06dans les préconisations
00:56:07qu'on fait
00:56:08je vous donne un seul exemple
00:56:09vous preniez l'exemple
00:56:10des VMH
00:56:11nous on a proposé
00:56:13de donner la possibilité
00:56:14de calculer
00:56:16un bénéfice distribuable
00:56:17qu'une entreprise
00:56:19fasse des bénéfices
00:56:20et qu'elle distribue
00:56:21des dividendes derrière
00:56:22ça fait partie de la logique
00:56:23quand vous avez des investisseurs
00:56:26ils vous investissent
00:56:27de l'argent
00:56:27dans votre entreprise
00:56:28c'est normal
00:56:29qu'ils puissent toucher
00:56:30un loyer sur cet argent
00:56:31mais c'est vrai
00:56:32que l'argent public
00:56:33ne doit pas servir
00:56:34à verser des dividendes
00:56:35et nous on considère
00:56:36par exemple
00:56:37dans ce rapport
00:56:37que
00:56:38ne doit être distribuable
00:56:40l'intégralité des bénéfices
00:56:42auxquels on soustrait
00:56:43les aides publiques
00:56:45qui ont été apportées
00:56:46sauf les exonérations
00:56:48de charges
00:56:48parce que les exonérations
00:56:50de charges
00:56:50sont par excellence
00:56:51une compensation
00:56:52puisque les charges
00:56:54étant tellement élevées
00:56:55dans notre pays
00:56:56par rapport aux autres pays
00:56:57mais parce qu'elles financent
00:56:58un modèle social
00:56:59auquel on y tient tous
00:57:00mais il y a d'autres moyens
00:57:01on peut se poser la question
00:57:03de comment financer
00:57:04le modèle social
00:57:05auquel on tient tant
00:57:05plutôt que d'aller toujours
00:57:07taper au même endroit
00:57:08c'est-à-dire sur le travail
00:57:09mais si on se posait
00:57:10la question
00:57:11et qu'on dise
00:57:12on a la possibilité
00:57:13de financer
00:57:14notre modèle social
00:57:15par d'autres moyens
00:57:16et qu'on n'allie pas
00:57:18uniquement sur le travail
00:57:19on pourrait baisser largement
00:57:20et ne plus avoir
00:57:21ces exonérations
00:57:22de cotisations
00:57:24en baissant
00:57:25les cotisations
00:57:26aux entreprises
00:57:27et en allant chercher
00:57:27d'autres profusions
00:57:28d'argent public
00:57:30donc oui moi je pense
00:57:31qu'il faut que ce rapport
00:57:32soit pris
00:57:32repris
00:57:33étudié
00:57:34et qu'on en tire des conclusions
00:57:35on en a parlé ce soir
00:57:37dans chaque voix compte
00:57:38et il n'a pas servi
00:57:39à caler des armoires
00:57:40merci Olivier Rettmann
00:57:41d'avoir été avec nous ce soir
00:57:42merci Johan Gillet
00:57:43et merci Benjamin Lucas Lundi
00:57:45merci d'avoir participé
00:57:47au débat ce soir
00:57:48vous ne bougez pas
00:57:50tout de suite
00:57:50c'est Bourbon Express
00:57:51et c'est Valérie Brochard
00:57:53qui nous rejoint
00:57:53Bourbon Express
00:58:01chaque soir
00:58:01c'est le journal
00:58:02du Palais Bourbon
00:58:03avec Valérie
00:58:03ça va ?
00:58:04très bien et vous ?
00:58:05oui ça va
00:58:05on va commencer
00:58:06avec les législatives
00:58:07partielles à Paris
00:58:07mais oui Adeline
00:58:08puisque dans Bourbon Express
00:58:09vous le savez
00:58:10maintenant
00:58:10on vous parle des députés
00:58:12qui siègent ici
00:58:12à l'Assemblée nationale
00:58:14mais on vous parle aussi
00:58:15des candidats
00:58:15à l'investiture
00:58:16des futurs élus
00:58:18et dans la deuxième
00:58:19circonscription de Paris
00:58:20les comptes de campagne
00:58:21de Jean Lossu
00:58:22ont été invalidés
00:58:23alors les habitants
00:58:25du secteur à cheval
00:58:25entre les 5e, 6e et 7e
00:58:28arrondissements de la capitale
00:58:29vont re-voter ce week-end
00:58:32ils vont devoir choisir
00:58:32entre l'ancien
00:58:33et très éphémère
00:58:34Premier ministre
00:58:35Michel Barnier
00:58:35côté LR
00:58:37l'ancienne ministre
00:58:37socialiste des sports
00:58:39Frédéric Bredin
00:58:40et l'ancien ministre
00:58:41de Nicolas Sarkozy
00:58:42aujourd'hui étiqueté
00:58:43Rassemblement national
00:58:45Thierry Mariani
00:58:46trois anciens
00:58:47pour un nouveau poste
00:58:49Michel Barnier
00:58:49mais justement
00:58:50son expérience en avant
00:58:51écoutez
00:58:52L'expérience que je peux avoir
00:58:54y compris d'ailleurs
00:58:55les leçons que je tire
00:58:56de ces trois mois
00:58:57à Matignon
00:58:59j'ai déjà été député
00:59:00je sais que c'est quelqu'un
00:59:01qui doit être
00:59:02au service des gens
00:59:02Après le retrait
00:59:04de Rachida Dati
00:59:05et bien le représentant
00:59:06LR n'a aucun concurrent
00:59:08macroniste
00:59:09et donc un boulevard
00:59:10devant lui
00:59:11et dans cette circonscription
00:59:12largement acquise
00:59:13à la droite
00:59:14ce qui ne décourage pas
00:59:15Thierry Mariani
00:59:16pour qui l'extrême droite
00:59:17doit elle
00:59:18s'implanter
00:59:19dans les métropoles
00:59:20Je suis candidat
00:59:22d'abord parce que
00:59:22j'habite cet arrondissement
00:59:23je vote dans cet arrondissement
00:59:25et parce que je pense
00:59:26que le Rassemblement national
00:59:28pour gagner
00:59:29doit aussi progresser
00:59:30dans les grandes villes
00:59:31Alors droite
00:59:31ou extrême droite
00:59:32la candidate socialiste
00:59:33refuse la fatalité
00:59:34on écoute
00:59:35Frédéric Bredin
00:59:36La droite croit être propriétaire
00:59:40de cette circonscription
00:59:41et ça, ça n'existe pas
00:59:43la démocratie c'est pas ça
00:59:45et donc même si cette circonscription
00:59:47a été dessinée
00:59:48avec beaucoup de qualité artistique
00:59:51si je puis dire
00:59:51pour M. Fillon à l'époque
00:59:53il y a des gens
00:59:55des gens qui votent
00:59:56des gens qui ont des idées
00:59:57et qui ont le droit
00:59:58de s'exprimer
00:59:58Et pour exprimer son vote
01:00:00rendez-vous aux Parisiens
01:00:02concernés dès 8h dimanche
01:00:04dans leur bureau de vote
01:00:05et par équité
01:00:06vous découvrez sur l'écran
01:00:07la liste complète
01:00:08de l'ensemble des candidats
01:00:10qui se présentent
01:00:11dans la deuxième circonscription
01:00:13de Paris
01:00:14Et n'oubliez pas
01:00:15que chaque voix compte
01:00:16donc il faut aller voter
01:00:17si c'est votre circonscription
01:00:18Exactement
01:00:18En tout cas parmi ces candidats
01:00:19il y en a un qui sera élu
01:00:20et qui va donc pouvoir siéger
01:00:22au Palais Bourbon
01:00:23bien vide
01:00:24Et oui Adeline
01:00:25les couloirs sont déserts
01:00:27on pourrait presque imaginer
01:00:29les fougères séchées
01:00:30qui roulent poussées par le vent
01:00:31dans la salle des pas perdus
01:00:33vous savez un peu comme
01:00:34dans les westerns
01:00:35mais où sont
01:00:36où sont les députés ?
01:00:38Et bien le silence
01:00:38est trompeur
01:00:39parce qu'il travaille
01:00:40pas dans l'hémicycle
01:00:42certes
01:00:42mais ça bosse
01:00:43en commission
01:00:44en groupe d'études
01:00:45ce soir sur ce plateau aussi
01:00:46C'est en réalité
01:00:48une question
01:00:48de calendrier parlementaire
01:00:51Je vous explique tout
01:00:51Adeline
01:00:52C'est l'article 28
01:00:53de la Constitution
01:00:54qui organise
01:00:55les missions des députés
01:00:56Ces missions sont divisées
01:00:58en deux
01:00:58d'un côté
01:00:59la session ordinaire
01:01:00et de l'autre
01:01:01la session extraordinaire
01:01:02pour avancer ou prolonger
01:01:04les travaux sur certains dossiers
01:01:05particuliers
01:01:06La session ordinaire
01:01:08commence le premier jour
01:01:09ouvrable d'octobre
01:01:10et se termine le dernier jour
01:01:12ouvrable de juin
01:01:13Mais à la demande
01:01:14du premier ministre
01:01:15ou des membres
01:01:15de l'Assemblée nationale
01:01:16le travail législatif
01:01:18peut déborder un peu
01:01:19en session extraordinaire
01:01:21ouverte et close
01:01:22par décret
01:01:23du président
01:01:24de la République
01:01:25et qui en ce moment
01:01:26Adeline
01:01:27vous l'aurez remarqué
01:01:28nous sommes en pleine
01:01:28session extraordinaire
01:01:29il n'y a pas de séance publique
01:01:31pas de questions
01:01:32au gouvernement
01:01:33mais les députés
01:01:33se réunissent
01:01:34en commission
01:01:35ou en table ronde
01:01:35pour travailler
01:01:36Non mais c'est génial
01:01:37c'est aussi des cours
01:01:37d'éducation civique
01:01:38que l'on prend chaque soir
01:01:39dans chaque voie compte
01:01:41avec Valérie Brochard
01:01:42on parlait
01:01:43du palais Bourbon
01:01:44qui est vide
01:01:45la cour
01:01:45elle n'est pas vide
01:01:46polémique
01:01:47autour d'un arbre
01:01:48Une oeuvre d'art
01:01:49installée dans la cour
01:01:50de l'Assemblée nationale
01:01:51fait scandale
01:01:53c'est l'arbre
01:01:53aux mille voies
01:01:55à une structure
01:01:55de l'artiste
01:01:56Daniel Ourdet
01:01:57une construction métallique
01:01:59qui ne plaît pas
01:02:00du tout
01:02:00à la députée
01:02:01du Rassemblement national
01:02:02Anne Sicard
01:02:03C'est très laid en fait
01:02:06c'est bien de demander
01:02:08aux français
01:02:08de faire des efforts
01:02:10et de dépenser de l'argent
01:02:10pour quelque chose
01:02:11d'absolument
01:02:12laid
01:02:14il parle d'une sculpture
01:02:16grandiose
01:02:17d'une sculpture
01:02:18extraordinaire
01:02:19moi je trouve
01:02:20que ce sont les bâtiments
01:02:21de l'Assemblée nationale
01:02:21qui sont grandioses
01:02:22et pas cette oeuvre d'art
01:02:23on a gâché
01:02:24l'argent des français
01:02:25on leur demande
01:02:26de faire des efforts
01:02:27dans une situation économique
01:02:28extrêmement difficile
01:02:29et la présidente
01:02:30de l'Assemblée nationale
01:02:31dépense de l'argent
01:02:32pour une oeuvre d'art
01:02:34qui n'a d'art
01:02:35que le nom
01:02:35Alors Yel Brunpivet
01:02:37n'a pas répondu
01:02:38c'est Elsa Faucillon
01:02:39députée communiste
01:02:40qui s'est fendue
01:02:41d'une réplique
01:02:42aussi ferme
01:02:42que détaillée
01:02:43qu'elle a publiée
01:02:44sur X
01:02:45Regardez
01:02:46vidéo symptomatique
01:02:47du rapport
01:02:48de l'extrême droite
01:02:49à l'art
01:02:50et l'art contemporain
01:02:50en particulier
01:02:51qu'elle nomme souvent
01:02:53l'art content
01:02:54pour rien
01:02:54l'extrême droite
01:02:55n'aime pas l'art
01:02:56elle ne s'intéresse
01:02:57qu'à l'histoire
01:02:58pétrifiée
01:02:59en s'évertuant
01:03:00à la déformer
01:03:01Alors Yohann Gillet
01:03:02l'extrême droite
01:03:02n'aime pas l'art
01:03:03vous êtes passé
01:03:04dans la cour
01:03:04de l'Assemblée nationale
01:03:05vous l'avez vu
01:03:06l'arbre aux mille voies
01:03:07je vous voyais sourire
01:03:08La collègue Faucillon
01:03:09est dans la caricature
01:03:10les goûts et les couleurs
01:03:11Les goûts et les couleurs
01:03:13ça se discute
01:03:14et moi en l'occurrence
01:03:16à titre personnel
01:03:17cet arbre
01:03:18ne me choque pas
01:03:19pour ce qu'il est
01:03:21ce qui me choque
01:03:22c'est effectivement
01:03:22que l'on dépense
01:03:23de l'argent public
01:03:24pour cette oeuvre d'art
01:03:25qui n'a pas d'utilité
01:03:27en plein coeur
01:03:28de l'Assemblée nationale
01:03:29alors même
01:03:29que l'on cherche encore aujourd'hui
01:03:31des milliards et des milliards d'euros
01:03:32pour boucler un budget
01:03:33Et vous
01:03:34il ne vous plaît pas non plus
01:03:35cet arbre aux mille voies
01:03:36Il me plaît beaucoup
01:03:37et quand même
01:03:38il ne me plairait pas
01:03:39moi je crois
01:03:40qu'on a besoin
01:03:41dans notre société
01:03:42particulièrement
01:03:42dans les moments difficiles
01:03:43qu'on vit
01:03:44à l'échelle internationale
01:03:45dans les tensions de la société
01:03:46on a besoin d'art
01:03:47de culture
01:03:47on a besoin aussi
01:03:48de l'Assemblée nationale
01:03:49c'est la maison du peuple
01:03:50c'est l'image de la France
01:03:52pour les délégations étrangères
01:03:53que nous recevons
01:03:53pour les visiteurs
01:03:54que nous recevons très nombreux
01:03:55je crois que ces visiteurs
01:03:56ces délégations
01:03:57elles ont le droit aussi
01:03:57de voir ce qu'est
01:03:58le génie français artistique
01:03:59de voir la culture
01:04:01se déployer
01:04:02se développer
01:04:02on a besoin de ça
01:04:03ça ne nous appartient pas
01:04:04l'Assemblée nationale
01:04:05nous ne sommes ici
01:04:05que de passages éphémères
01:04:07et plus souvent d'ailleurs
01:04:08remis en question
01:04:09Alors cette structure
01:04:10elle restera six mois
01:04:11dans la cour d'honneur
01:04:12du Palais Bourbon
01:04:13et qu'on l'apprécie ou pas
01:04:15l'art est fait
01:04:15pour troubler
01:04:16comme l'écrivait
01:04:17Georges Braque
01:04:18je crois que du coup
01:04:19ici en effet
01:04:20c'est plutôt réussi
01:04:21Merci Valérie
01:04:23et merci à nos invités
01:04:24de ce soir
01:04:25Merci à vous
01:04:26de nous avoir suivis
01:04:27Chaque voix contre
01:04:28vient demain
01:04:29à 19h30
01:04:30pour une émission
01:04:30en public
01:04:31Soyez là
01:04:32dans un instant
01:04:33c'est Débat Doc
01:04:33avec Jean-Pierre Gratien
01:04:34évidemment
01:04:35Excellente soirée
01:04:36sur LCP
01:04:36à demain
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