00:00Et Elisa Vittich, journaliste à la rédaction, nous a rejoint. Bonsoir Elisa.
00:06On revient sur cette mobilisation ce jeudi avec vous Elisa.
00:10Et encore une fois, la jeunesse a rempli les rangs des manifestants.
00:13Oui, tout à fait. Ils sont étudiants, précaires, lycéens et parfois encore mineurs.
00:17Ce 18 septembre, ils ont défilé côte à côte avec des syndicalistes, des retraités, des écologistes.
00:23À Metz, comme dans une centaine de villes en France, la jeunesse veut se faire entendre.
00:27Dans les rues, aujourd'hui, entre 4500 et 8000 personnes, selon, comme d'habitude, la police ou les syndicats.
00:34Et parmi les slogans, on a entendu, on a pu lire, on ne veut pas de cette société sacrifiée.
00:39Pas d'argent, il n'y en a pas pour l'enseignement, mais oui pour les actionnaires.
00:43Mais aussi stop au génocide à Gaza.
00:46Des slogans qui mêlent idéaux anticapitalistes, écologie et politique internationale.
00:51Une convergence des luttes donc et des revendications qu'assument les manifestants écoutés.
00:56On considère que là, maintenant, dans la continuité du mouvement du 10 septembre,
01:01on doit faire la jonction convergée avec les travailleurs.
01:05Parce qu'en tant qu'étudiant, on est destiné à nous-mêmes subir les mêmes oppressions,
01:10les mêmes exploitations que les autres travailleurs.
01:13Et nous-mêmes, nos conditions d'études, elles sont pourries en fait.
01:17Un album collectif où juste on en a marre et du coup, on veut être présent.
01:20Parce que ce n'est plus possible en fait de continuer à voir les choses et à ne pas agir.
01:25Moi, je pense que c'est important parce qu'on voit qu'il y a un peu un ras-le-bol général.
01:28Moi, je suis venue avec du coup le cortège étudiant.
01:31Et les études, tout ce qui est des universités, etc.
01:33C'est vraiment désastreux en fait, les conditions d'études qu'on a.
01:36Il y a des coupes budgétaires qui augmentent de plus en plus.
01:38Ils nous enlèvent de l'argent, ils en rajoutent dans des secteurs qui n'en ont pas besoin.
01:41Genre l'armée par exemple.
01:42Globalement, les minorités de tout temps, elles se sont toujours soulevées pour pouvoir gagner des droits.
01:46Donc, je pense que c'est important qu'on représente et qu'on soit là aujourd'hui.
01:50Et encore demain et après demain et tous les jours en fait au final.
01:52Parce que c'est vraiment important et c'est grave.
01:54C'est grave ce qu'il se passe.
01:55Donc, il faut qu'on soit là.
01:56C'est important d'être là aujourd'hui parce que le gouvernement, il n'arrête pas de casser dans les budgets
02:01de tout ce dont on a besoin, les travailleurs, les jeunes.
02:04Que ce soit la santé, l'éducation, les salaires, ils ne sont toujours pas augmentés.
02:09Alors que les prix, ils n'arrêtent pas d'augmenter.
02:10Et à un moment, on est là pour dire que les travailleurs, les travailleuses, les jeunes,
02:14s'ils se mettent en grève, s'ils se mettent en mobilisation,
02:17en fait, ils peuvent changer les choses sans même avoir à attendre
02:19qu'il y ait un nouveau gouvernement, un Bayrou, un Lecornu, un autre.
02:23Une colère qui gronde d'angle dans les rues de Metz.
02:26Mais au-delà des slogans, la question reste la suivante.
02:29Cette convergence des luttes sera-t-elle durée ?
02:31Et surtout, sera-t-elle faire plier le pouvoir ?
02:34Pour ces deux jeunes que j'ai rencontrés ce matin, juste avant la manifestation,
02:38la réponse est incontestablement oui.
02:41Deux profils très différents, vous allez le voir,
02:43qui croient tous les deux que la jeunesse peut transformer la société.
02:46Regardez.
02:48Célia, 25 ans, milite depuis plus de 3 ans régulièrement.
02:53Maëlle, 18 ans, milite pour la première fois.
02:56Tous les deux se sentent indignées par la situation.
02:59Pas juste comprendre le monde, mais c'est comprendre le monde pour le transformer.
03:02Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est la révolution.
03:04Et en fait, je suis convaincue aussi qu'on peut gagner,
03:05mais que pour gagner, il faut justement se rassembler, il faut s'organiser, il faut se battre collectivement.
03:10Et d'ailleurs, je pense que ça, ça se voit à l'heure actuelle.
03:13Parce que dans le 10 septembre, mais dans toutes les dernières mobilisations,
03:17il y a eu une répression quand même qui s'intensifie de la part du gouvernement.
03:20C'est de faire passer le message à ma génération,
03:23qu'on a un pouvoir d'action sur ce qui se passe dans le monde.
03:25Et que même si on ne comprend pas,
03:27même si on n'a pas forcément toutes les clés de compréhension,
03:29on a tous un point commun, c'est qu'on a tous ce sentiment d'un monde qui ne tourne pas rond.
03:34Toute la matinée, une poignée d'étudiants ont partagé leurs convictions de façon spontanée,
03:39allant de classe en classe.
03:41Il faut se battre, il faut vraiment prendre en main notre...
03:44C'est cette mobilisation, quoi.
03:46Et du coup, on vous invite vraiment à nous rejoindre, à venir discuter avec nous.
03:49À midi, la mobilisation démarre sur le parvis de l'université.
03:53C'est la force des étudiants !
03:57Mettre un coup d'arrêt à toutes les coupes budgétaires qui sont en train de se passer
03:59et qui remontent déjà à des décennies,
04:02mais que ce soit dans la santé, que ce soit dans le social,
04:04que ce soit dans l'enseignement, dans l'éducation,
04:06on espère mettre un coup d'arrêt à tout ça.
04:08Et en fait, on espère même aller plus loin,
04:09parce que ce qu'on voit, c'est que quand les travailleurs et la jeunesse commencent à se mobiliser,
04:13en réalité, on peut faire bien plus que récupérer quelques miettes.
04:15On peut aller beaucoup plus loin que ça,
04:17et on peut demander même plus de moyens pour nos facs,
04:19plus de moyens pour les hôpitaux,
04:20plus de moyens pour tous les domaines qui vont directement impacter nos conditions de vie,
04:25nos conditions d'études.
04:25Mes attentes, c'est vraiment la prise de conscience
04:28et l'union des jeunes et des travailleurs
04:33qui sentent qu'ils font partie tous de la même équipe.
04:37Après un tour du campus, le cortège s'élance vers la place de la République.
04:47Célia, comme Maëlle, reste optimiste quant à la suite des événements
04:51et espère que cette mobilisation ne soit que le début.
04:55Un chiffre pour conclure cette chronique,
05:01un chiffre sur le chômage des 15-24 ans en Moselle.
05:04Selon l'INSEE, qui est à 18% en 2024,
05:07c'est un point de plus qu'en 2022 et 2023.
05:11Ce 18 septembre, donc, à Metz,
05:12montrer que la colère pouvait rassembler.
05:15Une chose est sûre, la jeunesse messine ne compte plus attendre son tour.
05:18Elle veut écrire l'histoire.
05:19Merci beaucoup, Elisa, pour votre éclairage
05:23et ce point de vue très intéressant des jeunes.
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