- il y a 5 mois
Connaissez-vous Alan Smithee ? Sans doute sans le savoir, car ce réalisateur a signé de nombreux films et séries pendant près de soixante ans. Pourtant, il n'existe pas réellement... Plongée dans les coulisses d'Hollywood avec cette histoire rocambolesque !
-------------------------------------------------
Retrouvez toutes les news cinéma et séries sur nos différentes plateformes, pages et réseaux sociaux AlloCiné :
👉 Abonnez-vous : https://tinyurl.com/AllocineYouTube
👉 Le site : https://www.allocine.fr/
👉 Facebook : https://www.facebook.com/allocine/
👉 Twitter : https://twitter.com/allocine
👉 Instagram : https://www.instagram.com/allocine/
👉 TikTok : https://www.tiktok.com/@allocine
© AlloCiné - Tous Droits Réservés
-------------------------------------------------
Retrouvez toutes les news cinéma et séries sur nos différentes plateformes, pages et réseaux sociaux AlloCiné :
👉 Abonnez-vous : https://tinyurl.com/AllocineYouTube
👉 Le site : https://www.allocine.fr/
👉 Facebook : https://www.facebook.com/allocine/
👉 Twitter : https://twitter.com/allocine
👉 Instagram : https://www.instagram.com/allocine/
👉 TikTok : https://www.tiktok.com/@allocine
© AlloCiné - Tous Droits Réservés
Catégorie
🎥
Court métrageTranscription
00:00Il a dirigé les plus grands acteurs comme Brad Pitt ou Al Pacino, il a réalisé plus de 100 films et il est considéré comme le pire réalisateur d'Hollywood.
00:08Son nom, Alan Smizy.
00:10Ce patronyme ne vous dit peut-être rien, mais on lui doit quand même un film d'une avant même que Denis Villeneuve nous offre sa propre version,
00:16mais surtout ce qu'il faut savoir sur lui, c'est qu'en fait, il n'existe pas.
00:23Non. Et je vous assure qu'on ne se moque pas de vous.
00:25Tout ce que je vous raconte depuis le début est vrai, Alan Smizy est vraiment au générique de très nombreux films, la preuve.
00:32Mais pour autant, il n'existe pas.
00:35C'est comme Batman. En soi, il n'existe pas, c'est un surnom que se donne Bruce Wayne pour cacher sa véritable identité,
00:41sauf que pour Alan Smizy, le nom est utilisé pour des raisons moins stylées que pour affronter des méchants ou sauver le monde.
00:47Alan Smizy, il est plus là pour sauver les apparences. Un film est éclaté, vous ne voulez pas y être associé ?
00:52Il suffit juste de dire que c'est Alan qui l'a fait, ce sacré Alan.
00:56Ce mec est un imposter !
00:57Alors, plongeons ensemble dans l'histoire folle de la légende Alan Smizy qui a oeuvré, ou pas, dans l'ombre, à Hollywood pendant 40 ans.
01:04Bon, on va jeter un oeil.
01:06La naissance d'Alan Smizy.
01:08A l'origine de son existence, il n'y a pas de monsieur et madame Smizy.
01:11Non. Alan Smizy est né dans un western.
01:14On est en 1968, une nouvelle période fast pour les films du genre,
01:18durant laquelle le western spaghetti est servi à toutes les sauces.
01:21La production d'un long métrage baptisé Une Poignée de Plomb est alors lancée.
01:25Derrière la caméra, on retrouve Robert Totten, qui n'a pas une grande carrière derrière lui,
01:29mais qui après fera...
01:30Euh...
01:31Non, bah, pas grand chose non plus.
01:32Et devant la caméra, nul autre que Richard Widmark, lui par contre, c'est la valeur sûre, le taulier.
01:38Il joue dans des films depuis les années 40, autant dire que tout le film mise sur lui.
01:42Oui, tout, parce que pour le scénario, on n'est pas sur quelque chose de révolutionnaire.
01:46En gros, un shérif un peu brutal s'y voit reprocher ses méthodes par les habitants de la ville parce que les temps changent.
01:51Il n'y a pas assez de place pour moi et votre égo.
01:53Le tournage se lance et tout ne se passe pas bien.
01:56Richard Widmark, la star du film, ne s'entend pas du tout avec Robert Totten, le réalisateur, donc.
02:01Et ce n'est pas parce qu'il a pris la dernière mousse au chocolat à la cantine, non.
02:04Non, pour le dire très clairement, Richard trouve Robert complètement nul.
02:08Et le comédien, c'est lui la star.
02:10S'il dit quelque chose, le studio va suivre son avis pour ne surtout pas se le mettre à dos.
02:14Donc, la décision est prise, on change de réalisateur.
02:17Pour remplacer Robert Totten, Widmark exige Don Seagull derrière la caméra.
02:21C'est quelqu'un qu'il connaît puisqu'ils ont déjà fait un film ensemble et puis c'est loin d'être un débutant.
02:26On lui doit l'invasion des profanateurs de sépulture déjà et puis c'est lui qui réalisera plus tard le premier inspecteur Harry.
02:32Tout ce que je peux vous dire, moi, c'est que j'en ai vraiment ras-le-bol de ses droits.
02:34Donc, Don Seagull se retrouve sur le projet et s'occupe de finir le film en seulement 10 jours.
02:39Vient alors le moment, comme pour tout long métrage, de faire le fameux générique créditant les équipes du film et c'est là que ça va coincer.
02:45Seagull ne veut pas qu'on lui attribue la réalisation du film parce qu'il n'a pas tout fait.
02:49De son côté, Totten ne veut plus entendre parler du projet.
02:52Il l'a un peu en travers de s'être fait jeter de l'équipe.
02:55Et on le comprend.
02:55Il demande donc à ne pas être crédité.
02:58Or, il faut bien que la ligne réalisée par soit remplie.
03:01Universal fait donc appel à la DGA, la Directors Guild of America, le syndicat professionnel des réalisateurs à Hollywood, pour trancher et prendre une décision.
03:08Et là, idée de génie.
03:10Si aucun des deux réalisateurs ne veut que son nom soit mentionné, on va mettre un nom au hasard.
03:15Ils optent donc pour Al Smith.
03:17Problème, c'est beaucoup trop commun.
03:18Il n'y a qu'à regarder dans l'annuaire pour en trouver une bonne cinquantaine.
03:22Pire encore, ils ont déjà un Al Smith enregistré chez eux.
03:25Qu'à cela ne tienne, ils vont ajouter un E à Smith.
03:28Mais c'est encore trop proche.
03:30Au final, ils font une bonne grosse réunion sur le sujet pour trouver un nom digne de ce nom, et ils choisissent Alain Smizy.
03:37Alain, pas encore Alain.
03:39Avec le temps, le nom a évolué pour devenir Alain Smizy.
03:42Avec caché dans ce nom, un petit secret façon Tom Gedusor Voldemort dans Harry Potter, l'anagramme de Alain Smizy s'adonne, The Alias Men.
03:50A partir de cette première utilisation pour une poignée de plomb, Alain Smizy sera donc le nom utilisé en cas de conflit ou de désaccord impossible à résoudre entre un réalisateur et un studio sur la version du film qui sort au cinéma.
04:02En gros, si le réel n'est pas content parce que le studio fait n'importe quoi de son film, hop, on convoque Alain Smizy à la rescousse.
04:08Mais sous quelles conditions précisément, c'est ce que nous allons voir.
04:11Maintenant que le nom est choisi, la question c'est de savoir comment on l'attribue.
04:15Parce que le but, c'est pas non plus de répondre à des caprices.
04:18Par exemple, c'est pas parce que Machin est pas content de son film parce qu'il pensait que ça serait mieux qu'on va lui dire ok pour que son nom soit remplacé par Alain Smizy.
04:25Il y a des conditions très précises, toute demande doit être justifiée et pour ça, c'est presque un procès qui est mis en place.
04:31Ce que la cour a besoin de savoir, c'est est-ce que vous, vous l'appelleriez comme ça ?
04:35Le demandeur, qui du coup est souvent le réalisateur, doit ainsi plaider sa cause avec un dossier qui servira à prouver qu'il n'y est pour rien dans le résultat final du film et qu'il n'y a donc pas de raison que son nom soit associé à l'oeuvre.
04:46Si les preuves sont là, c'est validé et Alain Smizy fait son apparition dans les crédits.
04:50Par contre, en échange, il y a quelques obligations demandées.
04:53Le réalisateur ne doit pas faire la promotion du film, ni même évoquer le tournage et les problèmes rencontrés dans les médias.
04:59En gros, profil bas et personne ne saura que tu as fait ce film.
05:03Ni que Alain Smizy n'existe pas.
05:05Et attention, la DGA ne plaisante pas avec les règles comme Edward Norton ne plaisante pas du tout dans American History X.
05:12Un film qui aurait pu être attribué à Alain Smizy justement.
05:14Nous sommes en 1998, cette année-là, la France remporte sa première étoile en coupe du monde de foot, Jean Marais nous quitte et tout le monde chante la tribu de Dana.
05:23Sacrée année.
05:24Outre-Atlantique, Tony Kaye s'apprête à sortir son premier film sur la rédemption d'un skinhead néo-nazi, une vraie claque qui va marquer le cinéma des années 90, American History X donc.
05:34Vous vous rendez compte de ce que vous me demandez de faire ? Vous vous rendez vraiment compte ?
05:37Oui, je te demande d'essayer de faire tout ce qui est en ton pouvoir.
05:39Sauf que, évidemment, problème.
05:42Tony Kaye estime que les producteurs et Edward Norton sabotent son travail.
05:46En gros, le studio a refusé son premier montage et l'a écarté pour que le comédien se charge lui-même de superviser le final cut du film.
05:52Par rapport à la première version du réalisateur, ce montage ajoute 40 minutes au long métrage.
05:57Forcément, Tony n'est pas content, il commence à se plaindre dans les médias.
06:01Pire que ça, il fait retirer le film du Festival de Toronto en allant se plaindre à l'organisation de l'événement.
06:07Par la suite, il est tellement furax qu'il va aller voir la DGA pour faire retirer son nom du générique et jouer la carte à Lance Mizzy.
06:13Sauf que c'est trop tard pour ça.
06:15Il s'est déjà plaint dans les médias.
06:16Les règles sont les règles.
06:18Désolé, Tony, tu es bel et bien associé à American History X.
06:21Qui est très loin d'être mauvais en plus, ce qui n'est pas le cas de tous les films.
06:25Les mauvais films.
06:26La majorité du temps, les films Alan Smithy sont mauvais.
06:29C'est un peu sa marque de fabrique à Alan et c'est bien pour ça qu'on lui attribue le surnom du pire réalisateur d'Hollywood.
06:34L'alias est utilisé par des réalisateurs de films comme de séries.
06:37C'est le cas sur quelques épisodes de MacGyver, un épisode du Cosby Show ou encore un épisode de la série Madame Colombo.
06:43Oui, parce que la fameuse épouse du lieutenant, dont il parle tout le temps, a eu droit à sa propre série.
06:47Mais ce n'est pas le sujet.
06:48Je crois que le mari savait que Martin allait ce soir-là tuer sa femme.
06:52Alan Smithy apparaît aussi au crédit de certains courts-métrages ou de clips musicaux.
06:57C'est par exemple à lui qu'on doit le clip de la chanson Maria de Blondie, en réalité à Roman Coppola, le fils de Francis Ford.
07:03Quand on voit le résultat qui ressemble à une captation tirée d'une émission télé,
07:06on comprend pourquoi le fiston a voulu cacher son nom pour ne pas ternir l'image de la famille.
07:10Mais revenons au 7e art, là où Alan Smithy est le plus prolifique sans pourtant ne rien faire.
07:15Alan, il n'est pas méchant.
07:16C'est un gentil bougre, mais il a quand même fait du mal à des grands noms du cinéma.
07:20Prenons Les Oiseaux de Hitchcock, thriller cult sorti en 1963.
07:24Bon bah vous connaissez Hollywood, qu'est-ce qu'on aime faire avec ce qui est culte ?
07:28Une suite ou un remake ?
07:29Là, ils ont fait deux en un.
07:31Les Oiseaux 2 sort en 1994 à la télé US, malgré son titre, c'est en fait un remake.
07:37Derrière la caméra, on retrouve Rick Rosenthal, qui avait déjà officié sur Halloween 2,
07:41qui était une vraie suite et pour lequel il ne s'est pas caché.
07:44Mais là, pour Les Oiseaux, il faut quand même être droit dans ses bottes pour passer derrière le maître du suspense.
07:49Et visiblement, Rick, il a tout de suite senti le truc foireux arriver,
07:52et il a anticipé des commentaires du genre « n'est pas Hitchcock qui veut »,
07:55donc hop, il a refilé la paternité de son film à Alan Smithy.
07:58Et d'ailleurs, ce n'est pas passé inaperçu.
08:05A la sortie du long métrage, une critique est publiée par le magazine Entertainment Weekly.
08:09Le moins que l'on puisse dire, c'est que le film n'a pas plu,
08:11mais le journaliste Ken Tucker va plus loin en dévoilant le poteau rose.
08:15Il écrit que le film est dirigé par Alan Smithy,
08:17le pseudonyme utilisé à Hollywood quand un réalisateur ne veut pas être associé au produit fini,
08:21sauf que Ken, il n'a pas vu le film à la télé, non.
08:24Il l'a vu grâce à une VHS envoyée par la chaîne qui devait diffuser le film,
08:28et il a donc eu l'information que c'est bien Rick Rosenthal qui se cache derrière le pseudo.
08:38Restons dans les suites avec la saga Hellraiser.
08:40Vous savez, ces films d'horreur dégénérés avec Pinehead,
08:43le mec qui est parti de sa séance d'acupuncture avant qu'on lui retire les petites aiguilles.
08:47Bon, il y a eu plusieurs suites au premier film sorti en 1988,
08:51on compte 11 long métrages pour être exact.
08:53La saga a bien été essorée, et finalement pour très peu de succès critique,
08:56et surtout pas pour le quatrième opus baptisé Hellraiser Bloodline.
09:00On est en 1994, la production débute.
09:03Les voyants sont au vert, beaucoup déclarent que scénaristiquement parlant,
09:06c'est la meilleure des suites de Hellraiser.
09:07Sauf que ce scénario est réécrit à plusieurs reprises pour des raisons de budget,
09:11il est simplifié, devient moins profond, et le nombre de personnages se réduit.
09:15Ça commence à sentir mauvais.
09:16Kevin Jagger se retrouve derrière la caméra pour gérer le projet.
09:19C'est son premier film, son travail à la base, c'est le maquillage,
09:23il a bossé sur Freddy Krueger, Chucky, ou encore le gardien des contes de la crie.
09:27Et très bien bossé même, mais la réalisation, c'est pas forcément son truc.
09:31Ça continue de puer cette affaire.
09:32Au final, le long métrage est bien éloigné de ce qui était prévu.
09:35Moins violent, plus linéaire.
09:37Kevin Jagger, qui voit le film avant sa sortie,
09:39va donc faire un tour du côté de la DGA,
09:41pour demander à ce que son nom soit retiré du générique,
09:43faisant de Hellraiser 4 un film d'Alan Smizy.
09:46Bon là, on a parlé ratage, mais il y a aussi des réussites.
09:52Les réussites.
09:54Depuis le début, on dit qu'Alan Smizy, c'est le pire réalisateur d'Hollywood.
09:58Et c'est vrai que la majorité des films qui lui sont attribués
10:00n'ont pas franchement marqué l'histoire.
10:02Mais pourtant, son nom est tout de même associé à quelques classiques du 7e art,
10:06déjà en parler d'American Historics,
10:07même si au final, il n'a pas été attribué à Alan Smizy,
10:10ce qui est finalement mieux pour Tony Kaye, son réalisateur,
10:12puisque le long métrage est un succès,
10:14avec une note de 4,4 sur 5, sur Hallociné.
10:17Il y a aussi le tout premier film d'Alan Smizy,
10:19Une poignée de plomb.
10:20Même si aucun des deux réalisateurs y en travaillé sur le long métrage
10:23n'a voulu être crédité,
10:24eh bien le film a été un succès.
10:26Et même du côté des critiques,
10:27on pouvait lire des
10:28« Je ne sais pas qui est ce Alan Smizy,
10:30mais il a fait du sacré bon boulot ».
10:31Plutôt un bon début de carrière.
10:33Mais il a connu d'autres succès.
10:35Par exemple, est-ce que vous saviez que c'est Alan Smizy,
10:37le réalisateur de Dune ou encore de Heat ?
10:39Là vous allez me dire « Non, t'es gentil,
10:41on sait que Dune c'est David Lynch ou Denis Villeneuve
10:43et Heat c'est Michael Mann ».
10:45Et vous avez raison, bravo, belle culture.
10:47On s'est fait avoir.
10:48Mais il y a des cas un peu particuliers
10:50où le nom d'Alan Smizy apparaît au générique.
10:52En l'occurrence,
10:53au moment d'une diffusion à la télévision
10:55qui va occasionner un remontage de l'œuvre,
10:57dans ce cas,
10:58le metteur en scène pas content
10:59peut faire retirer son nom des crédits
11:01pour qu'Alan prenne le relais.
11:02C'est le cas pour David Lynch et son film Dune.
11:04C'est par la voie du monde du dehors
11:07que viendra la guerre sainte salvatrice.
11:11Il est de notoriété publique
11:12que ce long-métrage n'était déjà pas vraiment de base
11:14un bon souvenir pour le réalisateur.
11:16Il faut dire que la production a été très compliquée,
11:18Lynch et les producteurs
11:19ayant eu quelques différences sur la direction artistique.
11:22Malgré tout, le film sort en 1984
11:24et n'est pas particulièrement bien reçu.
11:26On est loin du succès que va rencontrer Denis Villeneuve
11:29des années plus tard,
11:29mais en tout cas, Lynch apparaît bien dans les crédits.
11:32Quatre ans plus tard,
11:33il est prévu que le film passe à la télévision.
11:35Pour ça, il est envisagé que la diffusion se fasse en deux parties
11:38puisque l'ensemble dure 3h08.
11:40Le truc, c'est que le film de base
11:42ne durait que 2h17.
11:44Entre-temps, le producteur a fait remonter le film
11:46en ajoutant de nombreuses scènes,
11:48notamment des séquences tournées spécialement
11:49pour la version télé du long-métrage.
11:51Face à cette situation,
11:52David Lynch obtient le droit de disparaître
11:54des crédits du film
11:55au profit de ce bon Alan Smizy.
11:59Alan, qui remettra ça pour les versions télé
12:01de révélations et de hits de Michael Mann,
12:04eux aussi subissant des remontages spéciaux.
12:06C'est donc pour ça
12:06qu'on peut dire que Alan Smizy
12:08a dirigé Al Pacino à deux reprises,
12:10ce qui fait toujours classe sur un CV.
12:12Ah, pardon,
12:13on me dit dans l'oreillette
12:14qu'il a même dirigé Pacino une troisième fois.
12:16Parce que oui,
12:17les films sont remontés pour les versions télé,
12:19mais aussi pour les versions dans les avions.
12:21Ce fut le cas pour Le Temps d'un Week-end,
12:22pour lequel son réalisateur Martin Brest
12:24a été nommé à l'Oscar en 1992
12:26et surtout pour lequel Al Pacino
12:28a remporté la statuette du meilleur acteur.
12:30Sauf que pour la version diffusée dans les avions,
12:32le montage a été revu
12:33et Brest a pu se détacher du film.
12:35Brest, un spécialiste du cas,
12:37puisque l'histoire s'est répétée
12:38avec Rencontre avec Joe Black,
12:40dans lequel on retrouve Brad Pitt.
12:41Il y a un autre film
12:42plutôt bien reçu par la critique et le public,
12:44sur lequel on retrouve le nom d'Alan Smizy,
12:46La quatrième dimension.
12:48Le long métrage sort en 1983.
12:50On y retrouve plusieurs réalisateurs,
12:51puisqu'il s'agit d'un film à sketch
12:52divisé en quatre segments,
12:54John Landis, Joe Dante,
12:56Steven Spielberg et George Miller.
12:58La classe !
12:59Cette fois-ci,
13:00Alan Smizy n'est effectivement
13:01pas crédité comme réalisateur,
13:02mais à un autre poste,
13:04et l'apparition de son nom
13:05n'a rien de joyeux.
13:06Durant le tournage du segment de John Landis,
13:08un terrible accident d'hélicoptère survient.
13:10Deux enfants et l'un des comédiens principaux,
13:12Vic Moreau,
13:13papa de Jennifer Jason Leigh à la ville,
13:15trouvent la mort,
13:15écrasé et même découpé par l'appareil.
13:18Les images sont sur YouTube
13:19et c'est terrible.
13:20Par la suite,
13:21un procès est intenté contre Landis
13:23et les équipes techniques
13:23pour homicide involontaire.
13:25Andy House,
13:26qui était alors second assistant réalisateur
13:27sur le film,
13:28fait un témoignage à charge
13:29contre Landis et la production.
13:31Selon lui,
13:31toutes les précautions de sécurité
13:33et les avertissements
13:34n'ont pas été suivies.
13:35Au final,
13:36les équipes seront acquittées,
13:37mais Andy House demande
13:38à ne pas être associé au film
13:40au vu du drame
13:40et de son témoignage.
13:42Il est donc remplacé au générique
13:43par Alan Smizy.
13:47La mort d'Alan Smizy
13:48Alors,
13:49vous aurez sans doute remarqué
13:50que depuis le début,
13:51je ne vous parle pas de films récents.
13:53C'est parce que,
13:54mesdames et messieurs,
13:55j'ai une bien triste nouvelle
13:56à vous annoncer,
13:57Alan Smizy est mort.
13:58Moi,
13:59je doute qu'il se soit suicidé.
14:00Madame Colombo.
14:01Et le pire,
14:02c'est que sa mort
14:02est due à un film
14:03sur lui-même.
14:04On est en 1998.
14:06Arthur Hiller,
14:07réalisateur,
14:08veut faire un film
14:08un peu méta sur Hollywood.
14:10Pour ça,
14:11il s'entoure de quelqu'un
14:11qui a un joli bagage,
14:13Joe Esterhaz,
14:14scénariste de Flashdance,
14:15Basic Instinct
14:16ou encore Showgirls.
14:17Quelqu'un qui sait écrire,
14:19a priori,
14:19tout va bien se passer.
14:20Le pitch du film.
14:22Un réalisateur anglais
14:23du nom d'Alan Smizy
14:24travaille sur un gros film d'action.
14:25Sauf que le studio
14:26remonte tout le film
14:27dans son dos.
14:28Alan souhaite donc
14:29se détacher du projet
14:30et demande à la DGA
14:31de changer son nom au générique,
14:32mais il apprend que
14:33le pseudonyme utilisé
14:34dans ces cas-là,
14:35c'est Alan Smizy.
14:36L'idée de ce film,
14:37c'est donc de dévoiler
14:38la supercherie
14:39qui dure depuis
14:40des dizaines d'années en coulisses.
14:42C'est un des films
14:42les plus grands films
14:43et des histoires.
14:45C'est impossible
14:46d'exprimer
14:46comment j'ai ressenti.
14:48Et pour ça,
14:49on a un joli casting.
14:51Eric Idle des Monty Python
14:52joue Alan Smizy
14:53et pour le côté méta,
14:54on va retrouver
14:55dans leur propre rôle
14:56Whoopi Goldberg,
14:57Jackie Chan
14:58et Sylvester Stallone.
14:59D'ailleurs,
15:00pour l'anecdote,
15:01ce dernier s'est fait avoir
15:02pour jouer dans le film.
15:03En gros,
15:04son agent lui a dit
15:04que ses potes
15:05Arnold Schwarzenegger
15:06et Bruce Willis
15:07seraient aussi de la partie.
15:08Stallone est super chaud,
15:09il accepte.
15:10Et le jour du tournage,
15:11il se pointe sur le plateau,
15:13cherche des yeux
15:13Bruce et Schwarzy
15:14et se retrouve seulement
15:15avec Jackie Chan
15:16et Whoopi Goldberg,
15:17ce qui est quand même pas mal,
15:18mais ses potes sont pas là.
15:19En réalité,
15:20son agent lui a menti.
15:21Pourquoi ?
15:22Parce qu'il était aussi
15:23l'agent du scénariste
15:24Joe Estoraz
15:25qui menaçait de quitter le projet.
15:27Pour le faire rester,
15:28l'agent a tout fait
15:29pour que Stallone
15:30joue dans le film.
15:31Plutôt audacieux
15:31de tenter ça
15:32avec Rocky et Rambo.
15:33Moi perso,
15:34j'aurais pas essayé.
15:35Tout ce petit monde
15:35travaille sur le film
15:36qui sort en 1998
15:38sous le titre
15:39An Alan Smizy Film
15:40Burn Hollywood Burn.
15:42Et au générique à la fin,
15:43ce n'est pas
15:44Arthur Healer
15:45qui apparaît,
15:45mais Alan Smizy.
15:47Et ce n'est même pas
15:47pour la blague.
15:48Entre temps,
15:49le film a été remonté
15:50et vu que le cinéaste
15:51n'était pas content
15:52du produit final,
15:53vous connaissez la procédure.
15:55Douce ironie
15:55pour l'une des dernières
15:56utilisations du nom.
15:57Car forcément,
15:58après la sortie du film
15:59qui au passage
16:00a fait un bide complet,
16:01Alan Smizy et son utilisation
16:03sont dévoilées au grand jour
16:04et la DGA décide
16:05de ne plus utiliser ce pseudo.
16:07Fin de carrière pour Alan,
16:08mais on peut tout le même
16:09le féliciter d'avoir marqué
16:10l'histoire d'Hollywood,
16:11tout ça sans avoir rien fait
16:13ni même existé.
16:14Le monde allait parler
16:15d'elle.
16:16Alan Smizy
16:17était un gold,
16:18Mylin.
16:18On espère que cette plongée
16:19dans cette histoire
16:20méconnue des coulisses d'Hollywood
16:21vous a plu.
16:22N'hésitez pas à nous le dire
16:23dans les commentaires.
16:24A bientôt
16:24pour une autre vidéo
16:26hallucinée.
Commentaires