Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 mois

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:0013h15, Europe 1 Info
00:03Et à 13h17 sur Europe 1, Clélie Mathias, on vous retrouve avec vos deux chroniqueurs du jour
00:06pour débattre de l'actualité de ce jeudi 18 septembre.
00:09En studio avec nous, le chroniqueur politique Jean-Claude Dacier
00:12et le journaliste politique au journal du dimanche, Jules Torres.
00:16Bienvenue, bonjour à tous les deux.
00:17Bonjour.
00:18Bonjour mesdames, bonjour monsieur.
00:19Ravie d'être avec vous aujourd'hui.
00:21Chers collègues.
00:22On va commencer... C'est bon ?
00:24Voilà, la finie où vous vous êtes dit bonjour, tout va bien ?
00:27Oui, on se salue comme il convient.
00:29Cordialement.
00:29Cordialement.
00:30On va commencer par cette journée de mobilisation.
00:33Pour l'instant, ça semble contenu, mais on va voir comment ça va se passer cet après-midi,
00:37notamment à Paris.
00:38Une nouvelle fois après le 10 septembre, là il y a un dispositif massif de forces de l'ordre,
00:43policiers et gendarmes.
00:44Ils sont 80 000.
00:46Écoutez, Louis Logier, le directeur général de la police nationale,
00:49qui expliquait le déroulement de ce type de journée.
00:51Il était l'invité de Sonia Mabrouk ce matin sur CNews et Europe 1.
00:55Il y a eu un gros travail de préparation qui a été fait en amont.
00:57Vous l'avez dit, beaucoup d'effectifs consacrés à cette mission.
00:59Et vous savez, sur l'ensemble de cette journée, il y a deux phases.
01:03Il y a d'un côté des blocages ou des petites actions sur le terrain qui peuvent se produire.
01:07Et puis il y aura cet après-midi ou en fin de matinée des cortèges.
01:09La devise de la police nationale, c'est « Pour la patrie, ils veillent ».
01:13Et cette démarche-là est intégrée dans le fonctionnement des policiers.
01:16En marge des cortèges, il n'est pas impossible que nous ayons plusieurs milliers de personnes
01:20qui se réfèrent à ce que vous avez évoqué, qui viennent s'infiltrer les cortèges officiels.
01:24Ce sont des personnes qui ont une vision dégradée de la société
01:27et face auxquelles on va être confrontés éventuellement si nos pronostics se confirment.
01:31Alors, il semble qu'on ne puisse plus manifester en France sans qu'il y ait de la casse, Jean-Claude Dacier.
01:39Pour l'instant, alors ce matin, encore une fois, c'était relativement contenu et circonscrit.
01:44Non, mais c'est vrai que ces dernières grandes manifestations, enfin, la dernière grande, c'est 2023,
01:51c'est les manifestations syndicales contre le nouveau régime de retraite.
01:56Bon, depuis, il n'y a pas eu des foules de choses.
01:58Néanmoins, les Black Blocs sont toujours quelque part au rendez-vous.
02:03C'est plus ou moins spectaculaire selon les années.
02:07Alors, manifestement, M. Nunez, le ministre de l'Intérieur, nous annonce plusieurs milliers de Black Blocs.
02:15Je ne sais pas très bien d'où ils viennent, qui les financent et quel est leur objectif, si ce n'est foutre le bordel.
02:21On va voir, j'espère.
02:22C'est dommage parce que la manifestation syndicale mérite d'abord le respect,
02:27ensuite qu'on écoute ses revendications, alors c'est assez confus puisqu'il n'y a pas de gouvernement.
02:32On ne sait pas très bien où on va.
02:34On va dire l'austérité budgétaire dans sa globalité.
02:37Oui, j'imagine que globalement les revendications seront budgétaires.
02:40Je trouve dommage que, si ça doit se produire, mais là, je crains que ça se produise encore, sinon en début ou en fin de soirée,
02:48qu'il y a encore des incidents plus ou moins violents qui font du mal à cette revendication syndicale qui mérite d'être entendue.
02:57Il se passe des choses quand même dans ce pays, notamment, mais j'en finis là, il y a une revendication forte pour le départ du président de la République.
03:06Alors, on n'en est pas là.
03:08Néanmoins, je ne dis pas que ce sera la revendication principale.
03:11On va voir, on va regarder ce qu'il y a sur les banderoles et ce que diront les manifestants.
03:15Néanmoins, ce qui est clair, c'est que le président de la République est au plus mal et que la question de son maintien à l'Elysée est posée.
03:23Je te reste, en tout cas, il est très discret, Emmanuel Macron.
03:25Ah oui, ça, sur la politique nationale, on ne l'a pas beaucoup entendu.
03:28Vous savez, lui, il est dans les cimes, il est autre part.
03:30Il est sur les affaires d'ordre beaucoup plus internationales, beaucoup plus importantes, beaucoup plus mondiales.
03:35Ce qui se passe dans le pays, non pas que ça ne l'intéresse pas, mais c'est le gouvernement qui s'en occupe.
03:41C'est au nouveau Premier ministre de s'en occuper.
03:44Et à ses ministres, il y a deux choses.
03:46D'abord, sur l'extrême gauche, il faut bien voir le mouvement du 10 septembre comme le premier acte, finalement, des mouvements et du chaos qu'ils veulent organiser.
03:55C'est vrai qu'on peut craindre qu'aujourd'hui, ils reviennent.
03:58Il y a entre 5 000 et 10 000 éléments radicaux qui sont attendus.
04:03La différence qu'on pourrait quand même accorder, c'est que le 10 septembre, il n'y avait pas les organisations syndicales.
04:07Aujourd'hui, elles sont là, donc c'est pour ça qu'il y a beaucoup plus de manifestants.
04:10Et donc, il y a des services d'ordre.
04:11Alors, même si le service d'ordre de la CGT n'est plus aussi robuste que ce qu'il a pu être par le passé, il y a une dizaine d'années,
04:19ça quand même, ça circonscrit, comme vous l'avez dit, à mon avis aussi les éléments de violence.
04:24Parce que quand même, ces gens appartiennent, mine de rien, à la même sphère.
04:28Ça reste la gauche, l'extrême gauche.
04:30Et ils ont les mêmes revendications, qui sont pas de hausse...
04:33Enfin, il faut les taxer les riches, pas d'austérité budgétaire.
04:37Il faut être avec une plus grande justice fiscale.
04:40Il faut une répartition des richesses qui soit plus équitable.
04:42Et en effet, Jean-Claude a raison de le dire.
04:45C'est la figure d'Emmanuel Macron qui suscite un fort rejet.
04:47C'est ces personnes-là, parce qu'Emmanuel Macron, pour eux, est l'épigone, la plus grande représentation de ce qu'est le capital.
04:54Donc, il y a toutes ces revendications qui sont là.
04:57Est-ce que la CGT, qui, on l'a vu, est quand même dans une certaine dérive,
05:01qui est aujourd'hui quasiment une succursale de la France insoumise,
05:03va laisser prospérer ces antifas et donc miner complètement leurs revendications ?
05:09Ça, c'est toute la question, parce qu'on voit que dans cette extrême gauche et dans cette gauche,
05:12il y a plusieurs nébuleuses et qu'elles n'ont pas forcément les mêmes intérêts à un moment T.
05:16Et politiquement, justement, venons-y.
05:19Est-ce que la rue peut avoir du poids dans les choix du budgétaire du futur gouvernement ?
05:23Ça se saurait, parce que malheureusement, si les gens sont dans la rue aujourd'hui,
05:28c'est que visiblement, il y a de la colère dans le pays.
05:30Et qu'ils veulent mettre un coup de pression.
05:31Bien sûr, 900 000 personnes, en tout cas, c'est ce qu'on attend dans la rue,
05:36ils ne sortent pas juste pour se faire plaisir.
05:38C'est qu'en effet, ils veulent faire pression sur le gouvernement,
05:42mais je n'ai pas l'impression que ça marche.
05:44C'est-à-dire que depuis 8 ans, il y a des personnes qui sortent dans la rue,
05:46Jean-Claude a rappelé, il y avait quasiment un million de personnes avec la réforme des retraites.
05:49Bon, on n'a pas vu une abrogation de la réforme des retraites.
05:52Et d'ailleurs, heureusement, parce que ce n'est pas non plus la rue qui décide,
05:55ce n'est pas 900 000 personnes, le corps électoral, c'est 44 millions de personnes.
05:58Ce n'est pas parce que plusieurs centaines de milliers de personnes sortent dans la rue
06:01qu'il faut absolument tout changer et revenir sur les choses qui sont votées par le Parlement.
06:04Oui, mais dans le contexte politique actuel, avec une Assemblée nationale très fortement dividée...
06:11Ah oui, cher ami, ce n'est pas la rue qui fait la politique, quand même, et heureusement.
06:14Oui, mais vous avez lu, vous savez ce qu'on dit dans la presse,
06:18vous avez vu ce qui se passe avec le gouvernement.
06:20Est-ce que là, après deux premiers ministres,
06:22là on a un nouveau premier ministre, Sébastien Lecornu,
06:25est-ce qu'il pourrait céder justement pour essayer de se maintenir en poste ?
06:29S'il veut rester, s'il veut faire un bout de chemin à Matignon,
06:33faire voter un budget, puis ensuite quelques projets de loi, sans doute,
06:38il va falloir qu'il cède.
06:39Ma crainte, pour ne pas dire ma peur, c'est qu'il céda beaucoup.
06:45Ça veut dire qu'on repart de là où on revient, ou à peu de choses près,
06:50il n'y aura plus 44 ou 45 milliards de pseudo-économies,
06:54mais il n'y en aura même pas la moitié, etc.
06:56Bon, les jours de congés sont déjà supprimés, les jours fériés,
07:00je crois que ça c'était une bonne chose, et quasi acquis.
07:04Le débat qu'on a sur la taxe Zuckman, moi je veux bien...
07:07On va l'avoir ici, dans quelques instants.
07:09Oui, oui, c'est une tristesse infinie d'en être encore.
07:13Ne faites pas le débat avant le débat.
07:15Je vais vous dire, je ne fais pas le débat avant le débat,
07:17je vais quand même dire un mot.
07:18Restons sur le 18 septembre, c'est-à-dire aujourd'hui.
07:20Oui, je considère, il peut y avoir des abus,
07:25et il faut les sanctionner, il faut les réprimer.
07:28Ce n'est pas le problème majeur de ce pays, loin s'en faut.
07:31J'en ai assez, plus qu'assez,
07:34que l'on considère que les chefs d'entreprise sont, par essence, suspects,
07:38et que le profit ne vaut rien.
07:39C'est l'inverse, exactement.
07:41Hélas, dans ce pays, il y a beaucoup de gens qui, économiquement, ne valent pas un clou.
07:46Les autres sont quasiment de teinture marxiste.
07:49Oui, bien sûr, mais il faut dire la vérité de temps en temps.
07:51La réalité, c'est qu'on n'enseigne pas l'économie dans ce pays pendant 30 ans.
07:55Maintenant, on commence à enseigner que 2 et 2, ça fait 4.
07:58Beaucoup de Français croient encore que 2 et 2, ça fait 5.
08:00Il y a des injustices.
08:02Il y a des injustices.
08:03Il y a des choses à revoir.
08:05C'est une évidence.
08:07Mais on met quand même 700 milliards par an dans le social.
08:10On ne peut plus le financer.
08:12On ne peut plus le financer.
08:14Autrement que par la dette.
08:15Est-ce que les Français, oui ou non, vont commencer à s'en rendre compte ?
08:18Ou est-ce qu'on va leur chanter la même chanson qu'est une chanson qui sera fausse dans quelques semaines ou quelques mois ?
08:25Si ça continue comme ça, ça va coûter beaucoup plus cher qu'aujourd'hui.
08:29Allez manifester, Jean-Claude Dessier.
08:31Faites votre pancarte.
08:31Je ne suis pas tout à fait sûr que ce soit les revendiqués.
08:33Mais justement, la vôtre de pancarte.
08:34Je ne suis pas sûr que je sois dans l'harmonie.
08:37Non, mais je reconnais qu'il y a des choses.
08:39Il y a des Français, il y a des familles qui ont du mal.
08:42Et c'est eux qu'il faut aider vraiment.
08:44On est trop de monde dans ce pays qui ne le méritent pas.
08:46Allez, on reste ensemble à la suite du débat dans un instant.
08:50Avec bien sûr cette colère, cette incompréhension aussi.
08:53Après la remise en liberté des deux principaux suspects dans le lynchage d'un fonctionnaire de la BAC à Tourcoing la semaine dernière.
09:00Vous restez avec nous, Jules Thorez, Jean-Claude Dessier.
09:02Et seront également avec nous, Georges Fenech, ancien juge d'instruction.
09:05Et Arnaud Bernard, coordinateur national du syndicat de police Alliance.
09:09Il est 13h27 sur Europe 1.
09:1213h15, Europe 1 Info.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations