00:00Anne-Sophie Lapix, RTL Soir.
00:03Bonsoir Johanna Roland.
00:05Bonsoir.
00:05Vous êtes maire de Nantes et numéro 2 du Parti Socialiste.
00:09Alors c'est une grosse mobilisation qui se prépare demain.
00:11Les syndicats préviennent qu'un million de personnes pourraient défiler dans les rues.
00:15Le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a sur lui que 80 000 membres des forces de l'ordre seront présents,
00:20aidés de centaures, ce sont des blindés.
00:22Est-ce que vous avez des craintes particulières à Nantes ?
00:25Écoutez, à Nantes, les choses sont en train d'être organisées par les services de l'État.
00:31Les services municipaux sont à la tâche.
00:35Ce qui est essentiel, je crois, c'est que la mobilisation de demain, elle soit à la fois forte, massive.
00:41Il y a évidemment un enjeu à adresser un message clair, limpide, au Premier ministre et à celles et ceux qui l'entourent.
00:48Mais dans le calme, évidemment.
00:50Sinon, ça viendrait contrevenir à l'esprit même et à l'intérêt de la mobilisation.
00:54Est-ce que vous aurez recours à des blindés ?
00:56On a vu que 24 centaures étaient mises à la disposition des forces de l'ordre.
01:00Écoutez, à Nantes, non, ce sujet n'est pas d'actualité.
01:02Ça risque d'être plus calme que ce qui avait été organisé par Bloquons-Tout.
01:07Les deux mouvements sont de nature un peu différente.
01:11Vous le savez, il y a eu cette mobilisation au début, plutôt spontanée, pour Bloquons-Tout et le 10, je vais le dire comme ça.
01:19Le 18, c'est un appel à l'initiative des organisations syndicales, dans leur diversité.
01:25L'intersyndicale, c'est surtout derrière de porter la voix des travailleurs, des chômeurs, des retraités,
01:30de ces Françaises et des Français qui vivent mal, de celles et ceux qui, y compris aujourd'hui, vivent mal de leur travail.
01:36C'est la raison pour laquelle, pour nous, la question du pouvoir d'achat est aujourd'hui devenue aussi centrale dans le pays.
01:43Je m'adresse à la maire, mais j'ai l'impression d'avoir une militante qui va défiler demain.
01:47Oui, je serai dans les rues de ma ville, la plus belle ville de France, Nantes,
01:52pour défiler aux côtés de toutes celles et tous ceux qui veulent plus de justice fiscale dans le pays.
01:56Est-ce que vous avez des informations particulières sur la présence de casseurs ?
02:00Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur, a prévenu qu'il pourrait y avoir 5 000 à 10 000 casseurs dans les différents pays.
02:06Pas d'informations particulières à ce stade, je le redis, la mobilisation doit être massive et elle doit se faire dans le calme.
02:13Il y a eu de la casse la semaine dernière, le 10 septembre, à Nantes.
02:16Sur la ville de Nantes, non, puisque les choses s'étaient passées dans des bonnes conditions et je souhaite que ça puisse être réitéré, évidemment.
02:24Est-ce que vous vous attendez à de grosses perturbations dans les écoles, dans les transports, parce qu'il y a un appel à la grève, bien entendu ?
02:29Est-ce que vous avez mis en place un dispositif particulier, par exemple, pour accueillir les enfants ?
02:33Vous le savez, il y a sur les écoles un système aujourd'hui qu'on appelle de service minimum d'accueil.
02:41C'est donc tous ces dispositifs qui sont facilités.
02:44Mais je le redis, l'essentiel de demain, et d'ailleurs si le gouvernement s'inquiète, c'est parce qu'il sait que la mobilisation est forte.
02:51Parce que la colère gronde, parce que ce que moi j'appelle la France des épuisés, celle qui n'arrive pas à tenir les deux bouts,
02:59celle qui s'inquiète pour l'avenir de ses enfants, celle qui a l'impression que c'est question de vie quotidienne,
03:03le logement, combien coûte l'essence, le pouvoir d'achat, comment on va se chauffer cet hiver.
03:08L'avenir de nos enfants n'est pas pris en compte, c'est de ça dont il s'agit.
03:12Pour vous, c'est un mouvement de ras-le-bol général ?
03:15C'est un sentiment d'injustice, et une réalité d'injustice.
03:19Ce matin, vous le savez, nous étions reçus par le Premier ministre à Matignon.
03:24Je lui ai posé une question, directement liée à ce qu'on vient d'évoquer.
03:27Je lui ai dit, Monsieur le Premier ministre, est-ce que oui ou non, vous allez poser un acte fort en matière de justice fiscale pour les Françaises et les Français ?
03:37Et que vous a-t-il répondu ?
03:38Écoutez, la balle est dans son camp, aujourd'hui, puisque ce matin, avec Olivier Faure, Boris Vallot, Patrick Cannaire,
03:44nous sommes allés porter les propositions des socialistes.
03:47Vous avez peut-être vu qu'elle rencontre une adhésion très très forte chez les Françaises et les Français.
03:51Un sondage sorti hier démontre que, par exemple sur la taxe Zuckmann, c'est 76% des Françaises et des Français qui soutiennent cette proposition.
04:01Je rappelle, même si on commence à bien la connaître, cette taxe Zuckmann, il s'agit de taxer les 1 500...
04:09Les 1 800 foyers les plus riches.
04:12Pour ceux qui nous écoutent, il n'y a pas grand monde de concerné, pour dire les choses de manière directe, puisque c'est 1 800 foyers dans le pays.
04:19Oui, sachant qu'il y a un débat sur faut-il taxer l'outil de production, puisque parmi ces milliardaires, ou millionnaires, il y a quand même des gens dont la richesse est constituée de leur outil de travail.
04:31C'est pour ça qu'il y a aussi un débat.
04:31Oui, il y a des questions d'ajustement technique, mais le fond, c'est quoi ?
04:35Le fond, c'est que celles et ceux qui nous écoutent, les infirmières, les aides-soignantes, les travailleurs,
04:40c'est ceux qui, au quotidien, nous disent que le début du mois, maintenant, il commence le 19, le 15 ou le 12.
04:46Ils n'en peuvent plus d'avoir cette France à deux vitesses, et que, oui, il y a besoin de justice fiscale.
04:52Donc aujourd'hui, je le redis, la balle est dans le camp du Premier ministre.
04:56Vous m'avez dit que vous avez posé cette seule question directe à Sébastien Lecornu, mais vous ne m'avez pas dit ce qu'il vous avait répondu.
05:01Non, je vous rassure, ce n'est pas la seule question que nous lui avons posée, mais c'est celle que je lui ai posée en premier.
05:06En effet, pour l'instant, nous n'avons pas de réponse.
05:09Nous, nous avons dit, vous devez, Monsieur le Premier ministre, au-delà des mots choisis que vous avez commencé à utiliser.
05:16Monsieur le Premier ministre a parlé de rupture.
05:18Les mots, c'est bien, mais ce que les Françaises et les Français attendent, ce sont des actes.
05:22Nous avons besoin, ils ont besoin de voir que les choses changent vraiment.
05:25Donc, pour l'instant, nous n'avons pas vraiment de réponse de la part du Premier ministre.
05:29Et évidemment, si Monsieur le Premier ministre prenait le même chemin que son prédécesseur,
05:35je le dis sans détour, les mêmes causes produiraient les mêmes effets.
05:39Et alors, pour le Parti Socialiste, oui, ce serait la censure.
05:42La réunion de ce matin a duré deux heures.
05:44Ça veut dire que, concrètement, vous êtes en train de négocier avec le Premier ministre ?
05:48Non, ce matin, nous ne sommes pas allés négocier.
05:50Nous sommes allés dire quelles sont nos propositions.
05:52Vous le savez, les socialistes ont fait ce contre-budget.
05:55Parce qu'on est là pour s'opposer, mais pour proposer.
05:57Que nous, on veut que le pays sorte de l'ornière.
05:59On veut que la vie des gens s'améliore concrètement.
06:01Donc, nous sommes venus rappeler nos propositions sur la justice fiscale, la justice sociale et la justice écologique.
06:08Ensuite, nous avons dit au Premier ministre qu'elle était l'adhésion des Français.
06:11Oui, j'ai compris la méthode, mais j'essaie de voir l'intention.
06:13En fait, si vous faites ces propositions, c'est que vous comptez bien accorder un vote de non-censure,
06:19enfin, pas de censure, justement, contre l'acceptation de certaines de ces propositions.
06:23C'est bien une négociation qui a lieu en ce moment.
06:25Nous avons aujourd'hui posé nos cartes sur la table.
06:28Nous, on a abattu notre jeu.
06:29On a dit ce qu'on voulait.
06:30On a dit ce qu'on voulait pour la France.
06:31Donc, vous jouez, c'est bien ce que je dis.
06:33Et maintenant, c'est au Premier ministre de le faire.
06:35Nous, on ne joue pas, justement.
06:37Pourquoi ? Parce que derrière, c'est la vie de celles et ceux qui nous écoutent.
06:39Ça, c'est un enjeu.
06:40C'est un discours.
06:41Mais on a évoqué...
06:42Non, ce n'est pas un...
06:42Je veux savoir s'il y a vraiment quelque chose qui peut se passer à l'issue de ces négociations.
06:46C'est-à-dire qu'en vous accordant cet acte fondateur, la taxe Zuckman,
06:52est-ce qu'il obtient le vote de non-censure ?
06:54Mais aujourd'hui, il n'a répondu sur rien.
06:57Sur la taxe Zuckman, il ne répond pas.
06:59Sur ce que nous proposons, sur les sujets écologiques,
07:04où il y a quand même eu un recul totalement surréaliste dans ce pays.
07:08À ce stade, il ne répond pas.
07:10Donc, il ne vous a pas répondu, mais vous ne me répondez pas non plus.
07:13Le problème...
07:13Si, si, je vous réponds en disant, nous, on a donné nos propositions.
07:17Maintenant, à lui de dire ce qu'il est prêt à prendre.
07:20Il ne pourra pas satisfaire et Bruno Retailleau et les socialistes.
07:24Ça n'existe pas.
07:25À un moment, il faut choisir une ligne politique.
07:27Justement, Joana Roland, le problème, c'est qu'un accord de non-censure
07:30avec un gouvernement qui est soutenu par la droite,
07:33ce n'est pas très vendeur pour votre électorat.
07:35C'est même plutôt compromettant.
07:37Il y a des choses sur lesquelles on peut discuter.
07:38Il y a des choses sur lesquelles on ne peut pas transiger.
07:40Nos convictions, elles, ne sont pas à vendre.
07:43Jamais.
07:44Donc, nous l'avons dit ce matin.
07:45Ce n'est pas que je donne un petit bout pour faire plaisir à tout le monde.
07:48Allez, les socialistes, je vous donne un peu d'impôt sur les grandes fortunes.
07:51Mais par contre, vous aurez aussi un peu d'aide médicale d'État.
07:53Si c'est ça, pour nous, c'est non.
07:55Pourra-t-on se passer in fine d'une dissolution ?
07:58Est-ce qu'on n'y va pas tout droit ?
07:59Écoutez, nous ne la revendiquons pas.
08:02Nous ne la souhaitons pas, d'ailleurs.
08:03Pourquoi ? Parce que...
08:04Parce que vous n'êtes pas sûre d'augmenter vos troupes ?
08:06Non, pas du tout.
08:07Je crois que ce serait plutôt l'inverse pour tous.
08:09Vous pensez ?
08:10Parce qu'il n'y aura pas les mêmes accords avec la France insoumise, avec les écologistes.
08:15Le sujet, c'est comment on sort le pays de l'ornière.
08:18Donc, la dissolution, on ne la réclame pas.
08:20Mais par contre, on est prêts.
08:22Merci beaucoup.
08:22Merci à vous.
08:23Bien à vous.
08:23Bien à vous d'être venu sur notre plateau.
08:25Dans un instant dans RTL Soir, Florian Gazan récupère in extremis l'info qu'il ne fallait pas manquer.
08:30Elle concerne le Premier ministre.
08:32Et puis, plateau télé avec Isabelle Morini-Bosque.
08:34C'est la tentation du soir.
08:35A tout de suite.
08:37RTL pour analyser l'info.
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