00:00Bonjour Régis Bordet. Bonjour. Nous sommes à la veille d'une journée de mobilisation inter-syndicale, inter-professionnelle.
00:05L'université, elle aussi, sera touchée demain jeudi. Vous savez, c'est des étudiants prévu des actions ?
00:10Ils se sont déjà réunis en Assemblée Générale. Nous, on applique la règle classique.
00:17Quand ce sont des journées inter-syndicales, on lève le contrôle d'assiduité pour les étudiantes et les étudiants en formation initiale,
00:27pour celles et ceux qui sont en alternance ou en apprentissage. Ils doivent aller en cours puisqu'il y a des liens importants avec les entreprises.
00:34Vous aussi, Régis Bordet, vous avez manifesté l'an dernier avec cette journée morte qui avait été organisée à l'université au mois de décembre 2024.
00:41Journée pour alerter sur les difficultés budgétaires que vous rencontriez. Cette journée a servi à quelque chose ?
00:47Vous avez eu une réponse du gouvernement sur ces questions budgétaires ?
00:49En tout cas, oui, elle a servi parce que, enfin, l'État reconnaît le sous-financement de l'université de Lille.
00:59Malheureusement, tout ceci se télescope avec une instabilité gouvernementale qui rend plus complexe le dialogue avec l'État.
01:08Néanmoins, voilà, on a eu des échanges après le 3 décembre, une reconnaissance du fait que, véritablement, nous sommes en déficit et en sous-financement à l'université de Lille,
01:21en dépit des efforts que nous faisons nous-mêmes.
01:24Quelques chiffres pour que l'on se rende compte, l'objet de l'université, c'est 770 millions d'euros, vous avez 540 millions d'euros de subventions,
01:31vous avez prélevé pour 2025 40 millions sur vos réserves.
01:35Combien de temps est-ce que vous allez tenir comme ça ? Est-ce que ça a des conséquences sur le fonctionnement de l'université ou sur les cours qui sont dispensés ?
01:41Sur les cours, non, parce que, bien évidemment, ça reste notre priorité pour l'entretien du patrimoine.
01:48C'est là où nous sommes en difficulté, surtout dans une université qui a, pour un peu plus d'un tiers de ses bâtiments, une dette bâtimentaire importante.
01:58Mais néanmoins, nous essayons avec des expédiants.
02:01Heureusement, nous avons aussi des ressources additionnelles qui nous permettent de pallier parfois certains points,
02:07mais effectivement, on risque d'aller dans le mur rapidement, faute de fonds de roulement.
02:12Ici Nord, il est 7h51, nous sommes en direct avec Régis Bordet, le président de l'université de Lille.
02:17L'objectif de l'université, Régis Bordet, quelle qu'elle soit, c'est la réussite de ses étudiants.
02:21On sort aujourd'hui de la fac en étant prêts pour la suite.
02:23Est-ce que les formations évoluent pour coller aux évolutions de la société, au marché du travail ?
02:27Ah oui, bien sûr.
02:28Et là, nous avons passé presque deux ans à réfléchir à notre prochaine offre de formation,
02:34qui se déploiera en septembre prochain.
02:37L'ensemble des collègues ont été mobilisés pour se dire, bon voilà, on ne fait pas cours comme il y a 30 ans.
02:43Les attentes des jeunes ne sont plus les mêmes.
02:46Beaucoup ont envie de se projeter dans des métiers qui ont du sens, sur la question des transitions.
02:51Et donc, on adapte notre offre de formation.
02:54Puis, on fait aussi appel à des méthodes, des pratiques pédagogiques différentes.
02:59Travailler en groupe, travailler sur des projets, et pour préparer aussi à la vie active.
03:04L'année 2026, Marguerat, pour la fac de médecine, la fin du numerus apertus.
03:09C'est-à-dire qu'a priori, l'Agence régionale de santé désormais fixera le nombre de places en deuxième année de médecine.
03:15Mesure qui a été décidée pour pallier le phénomène qu'on connaît bien des déserts médicaux,
03:19le manque de médecins à l'échelle de la France.
03:21Qu'est-ce que cela va changer exactement ?
03:23C'est-à-dire qu'on risque d'avoir un peu plus d'étudiantes et d'étudiants, en même temps, sans moyens supplémentaires.
03:32Il faut bien reconnaître qu'en ce moment, tout le monde, c'est un peu le concours, l'épine de la fausse bonne idée pour les études de santé.
03:40Et chacun y va de son idée.
03:41Nous, on aimerait un peu de stabilité, parce que nous formons les professionnels de santé.
03:47Et c'est important d'avoir une visibilité de long terme sur ces questions.
03:51Mais est-ce que la fin du numerus clausus, qui limitait le nombre d'entrées en deuxième année, le passage de la première à la deuxième année,
03:57la fin de ce numerus clausus, la fin même de ce numerus apertus, va pouvoir permettre de financer davantage de médecins ?
04:03Écoutez, on verra un petit peu.
04:06Pour l'instant, c'est un moyen constant.
04:08Et donc, dans une université qui est déjà en difficulté financière, c'est un vrai problème.
04:13Mais nous avons une très bonne relation et nous sommes une des rares universités à avoir une convention avec l'agence régionale de santé.
04:21Et donc, on aura un dialogue intelligent avec l'ARS.
04:26Une question plus pratique.
04:27À l'été 2024, on avait retrouvé des résidus d'amiande dans une vieille centrale de traitement d'air sur le campus de cités scientifiques.
04:33Des bâtiments avaient dû être fermés.
04:35Où en est-on ? Il y en a certains qui ont pu rouvrir, d'autres qui doivent rouvrir dans les prochaines semaines.
04:39Donc, j'avais pris la décision, effectivement, de fermer 16 amphithéâtres.
04:42Et à partir de la rentrée, après les vacances, les premières vacances de Toussaint, on rend déjà trois amphithéâtres.
04:51Et le plan de rénovation des autres est en cours et s'égrènera sur 2026-2027.
04:58Et donc, en 2027, on reviendra à la situation normale.
05:01Est-ce qu'il pourra permettre de lancer d'autres chantiers en parallèle ?
05:04Je pense à l'éco-campus de Villeneuve-Dasque.
05:06Il est lancé, il est lancé et ça avance bien.
05:09Merci beaucoup, Régis Bordé, d'avoir accepté notre invitation,
05:12de nous avoir détaillé quelques-uns des grands enjeux de cette rentrée universitaire ce matin sur ICI Nord.
05:16Bonne journée.
05:17Merci à vous.
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