00:00RTM Matin, la carte blanche.
00:03Notre carte blanche du vendredi en lieu et place de Philippe Cavrivière, un humoriste différent chaque vendredi.
00:09Et on accueille aujourd'hui un humoriste directement venu du Québec, Philippe Audré, la rue Saint-Jacques.
00:14Bonjour Philippe Audré.
00:15Ben bonjour, voilà.
00:19Je comprends déjà que ma présence ici provoque au moins deux questions.
00:23D'abord, qui suis-je ?
00:24Alors je m'appelle véritablement Philippe Audré, la rue Saint-Jacques.
00:27Ayez pitié s'il vous plaît.
00:28Philippe Audré, la rue Saint-Jacques.
00:3029 lettres, 8 syllabes, c'est compliqué.
00:33Un nom qui contient à la fois une adresse et une ambiguïté sexuelle.
00:38Et aussi, mon accent l'indique, je suis québécois.
00:40Ce qui veut dire que je parle la même langue que vous, mais n'utilise pas exactement les mêmes mots.
00:45Au Québec, on a un français qui pourrait paraître désuet ici.
00:48Des mots, on prononce souvent des mots que j'entends jamais.
00:51Des mots comme pardon, désolé, mon erreur.
00:53En France, on s'excuse avec c'est bon, c'est bon, ça va, et quoi encore ?
00:57Et bref, mais non, mais c'est que je ne comprends pas toujours la France.
01:00Ce qui m'amène à ma deuxième question, à la deuxième question que ma présence impose, c'est comment ai-je abouti ici, atterri ici ?
01:06Oui.
01:06Eh bien, je ne le sais pas, mais ça tient du miracle, parce que j'ai atterri le mercredi, jour de bloquons-tout.
01:14Et arriver en France, un jour de grève, et espérer que ça se passe bien, c'est aussi brillant qu'aller dans un club med et espérer rencontrer le raffinement intellectuel et les bonnes manières.
01:25Parce que vos grèves, c'est un choc culturel pour nous, les Québécois.
01:29En tout cas, on a des grèves, mais nous, les grèves ne sont pas faites pour perturber.
01:33Vous, alors que vous, vos grèves, c'est massif.
01:35Tellement que quand on atterrit, c'est le pilote lui-même qui dit, bienvenue à Paris, Charles de Gaulle, la France est en grève.
01:41Et là, l'ambiance change, les regards s'assombrissent, on passe dix milliers de Paris, il faut sauver le soldat Ryan.
01:47Puis tu commences à entendre des conversations dignes des grognières de Bonaparte qui se parlaient des campagnes d'Italie, d'Espagne, de Russie.
01:53Mais là, tu t'entends des trucs, j'ai fait les grèves, les retraites SNCF, taxi.
01:58Puis moi, quatre fois, les quatre dernières fois que je suis allé en France, je suis tombé sur des grèves.
02:03Donc, je ne demande pas un mémorial ou une flamme éternelle, mais je m'estime vétéran de quelque chose.
02:09Et au moins, ça change parce que vous avez eu quatre premiers ministres en un an, c'est beaucoup.
02:15Au Québec, on a une expression, trop, c'est comme pas assez.
02:18Et vous enchaînez les premiers ministres, en fait, plus rapidement que Raphaël Quenor enchaîne les projets.
02:23Puis ça fait penser à votre truc de premier ministre au panneau qui dit « changement de propriétaire ».
02:27Ça ne change jamais vraiment.
02:29D'abord parce que c'est un peu l'admission qu'effectivement, avant, c'était un peu de la merde.
02:33Puis deuxièmement, à quoi ça sort de changer de propriétaire si le menu et le chef restent pourris ?
02:39Mais en fait, le changement de propriétaire, je trouve, c'est comme dire pendant que la maison brûle,
02:44« c'est bon, on a changé la tapisserie ». Le problème n'est pas là.
02:47Mais voilà.
02:48Donc, je suis content d'être avec vous.
02:49Et comme je disais, je ne comprends pas toujours la France, mais j'ai des fines analyses à proposer éventuellement.
02:54Eh bien, on aura besoin de vos conseils.
02:56Merci beaucoup, Philippe-Audrey, la rue Saint-Jacques.
02:58On vous retrouvera dans votre spectacle « Enfant du siècle » à partir du 2 octobre.
03:02C'est du mercredi au dimanche à 21h au Théâtre de la Seine Libre à Paris.
03:06Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
03:07De rien, merci.
03:08Merci.
03:08Merci.
03:09Merci.
03:10Merci.
03:11Merci.
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