- il y a 4 mois
Emission TV : Tout le Monde en Parle Invité Didier Deschamps la légende chez Thierry Ardisson (Extrait d'émission de 2000)
Chaine Youtube : https://www.youtube.com/@InaArditube
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00:00Celui qui a dit Didier Cramé, on ne sait pas qui c'est.
00:02Là, on n'a jamais su ce que vous lui disiez.
00:04Si, il y en a qui ont cherché à lire.
00:05Oui, ils ont lu sur les lèvres.
00:06Mais ils lisent très mal, sincèrement.
00:07Oui.
00:28Merci.
00:28Merci pour lui.
00:30Vous méritez beaucoup plus, évidemment.
00:31Vous êtes le footballeur français le plus titré.
00:34L'un des footballeurs mondiaux les plus titrés aussi.
00:37Deux ligues des champions.
00:38L'OM en 1993, la Juventus en 1996.
00:40Champion de France, 90-92.
00:42Champion d'Italie, 95-97-98.
00:46Coupe d'Italie, 95-97.
00:48Coupe d'Angleterre avec Chelsea en 2000.
00:50Champion du monde en 1998.
00:53Champion d'Europe en 2000.
00:54Record man des sélections, 103 matchs.
00:57Avec les bleus.
00:57Et record man des matchs comme capitaine, 53 sélections.
01:02Mesdames et Messieurs.
01:02Un triomphe romain.
01:06Un triomphe romain.
01:08Ah, ça, c'est consécration ultime ici, ça.
01:12C'est le top.
01:13Merci à tous.
01:18Didier Deschamps, donc.
01:20Alors, le seul problème, vous n'avez jamais eu la Coupe de France, hein ?
01:23Je n'ai jamais joué de finale.
01:24Non.
01:24La seule année où j'aurais pu la jouer, c'était malheureusement lors des incidents de Furiani.
01:29On était en demi-finale, et donc, je n'ai pas eu la chance de jouer.
01:32Jamais de Coupe de France ?
01:33Non.
01:33Ce n'est pas embêtant, c'est Didier, quand même.
01:36J'ai quelques années encore.
01:37Alors, ce n'est pas ce qu'on va vous garder, hein ?
01:38Je ne sais pas.
01:39D'un coup, je ne sais pas très.
01:41C'est un mec qui a pris la Coupe de France.
01:42Je suis de la Ligue aussi, depuis elle.
01:43Oui.
01:44Alors, désormais, vous êtes reconverti, depuis que vous avez quitté, dans les produits laitiers.
01:48Non, ce n'est pas vrai.
01:52En fait, vous êtes à Valence.
01:54Non, c'est les biscuits.
01:55Michel a dit que c'était les biscuits.
01:56Oui, les biscuits, c'est vrai.
01:57C'est fait avec du lait aussi.
01:58Oui, aussi.
01:59Il n'y a pas de presse ni rien.
02:00Vous êtes à Valence, vous jouez à Valence.
02:02Oui.
02:02Pourquoi Valence ? Pourquoi être allé jouer à Valence ? Pourquoi pas en France ?
02:06Pour revenir en France, il faut être deux.
02:08Il faut que moi, je le veuille, je le voulais.
02:10Mais bon, il n'y a pas des clubs qui l'ont voulu.
02:14Comment ?
02:14Non, c'est difficile pour moi.
02:16Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Il n'y a pas un club qui vous a voulu ?
02:18Oui, j'ai eu des contacts.
02:19Mais bon, c'est difficile avec un titre de champion du monde et tout cela que ça représente.
02:24C'est vrai que ce n'est pas évident.
02:26Et pour les clubs français, à l'heure actuelle, c'est pratiquement impossible de faire revenir un champion du monde.
02:32Ah bon ?
02:33Oui.
02:34Alors, vous êtes en plus de ça, consultant animateur sur TPS, dans une émission qui s'appelle Des champs contre champs, malin.
02:40Et alors, vous avez quoi ? Carte blanche pour parler de foot, c'est ça ? Vous faites ce que vous voulez ?
02:43Oui, c'est un magazine entre 20 et 25 minutes.
02:46Toujours bien sur l'actualité du football, de la semaine.
02:50Et puis, j'ai un invité au téléphone pendant une dizaine de minutes.
02:55En général, un joueur ou un entraîneur.
02:57Et puis, quelques petits retours sur la carrière aussi, du match en équipe de France.
03:02C'est sympa.
03:02Vous êtes animateur télé, quoi ?
03:04Oui, un peu comme vous.
03:05Oui, ça va.
03:06Un peu moins long, quoi.
03:08Et puis, vous avez un site internet dont le numéro apparaît en bas de l'écran.
03:11Alors, c'est quoi ce site ? C'est pour avoir de vos nouvelles ?
03:13Oui, pour communiquer avec le public, les fans.
03:17Je crois que ça permet de répondre en direct, d'avoir un contact un peu plus proche.
03:21Lorsqu'on est à l'étranger, c'est moins évident que lorsqu'on joue dans un club français.
03:24Donc, ça permet d'être toujours au courant de l'actualité du joueur.
03:29Bien, alors, on va parler un petit peu de...
03:32Alors, Dominique, si des fois, il ne dit pas la vérité, je compte sur vous.
03:39Je corrige.
03:40Pour corriger.
03:41Maintenant, vous le connaissez très, très bien.
03:43Donc, vous étiez en 68 à Bayonne, au Pays Basque.
03:45Jusque-là, tout va bien.
03:47Dans un milieu ouvrier.
03:48Votre mère travaille de 7h du matin à 7h du soir comme vendeuse.
03:51Et votre père, il est peintre à l'aérodrome de Biarritz.
03:55Il travaillait les samedis et les dimanches.
03:57Donc, ça bossait beaucoup chez les Deschamps.
03:58Il travaillait pour gagner un peu plus d'argent, oui, le week-end.
04:01Pour payer la maison.
04:02Voilà, entre autres.
04:02Comme nous tous.
04:05Alors, vous manquiez de rien, mais il n'y avait pas de superflu, quoi.
04:08Oui.
04:08Ça vous a donné des bonnes bases, tout ça, hein.
04:10Des certains repères, comme ça, des valeurs.
04:12Valeurs de la vie, oui.
04:13Des valeurs familiales, l'homme du Pays Basque, enfin, voilà.
04:17C'est carré comme mec, quoi.
04:19On peut appeler ça comme ça, oui.
04:21Un peu têtu, quoi.
04:23Oui, très têtu.
04:24Justement, comme vous êtes de base, quand vous étiez petit, vous alliez à la chasse, à la pêche, comme ça, avec votre père.
04:29Et un jour, ils sont venus vous voir pour le parti Pêche-Chasse et Tradition.
04:32Et ils vous ont embarqué.
04:33Parce que vous n'avez pas compris que c'était un parti, vous.
04:36C'était un truc de vagues.
04:37Non, non, non, mais c'est différent.
04:38Mais bien sûr, Jean-Saint-Jean.
04:39Ils ont voulu m'enrôler, oui, tout à fait.
04:40Et je dis non, je ne participe pas à ça.
04:42C'est vrai que je défends ses idées, enfin, les idées, le fait de la pêche, la chasse, la nature.
04:47Je suis quelqu'un de très nature, mais hors de question de participer à un parti politique.
04:52Et puis dans leur liste, bon, on met des champs en plus, ça a des électeurs, sans doute, quoi.
04:57Alors, l'État, vous ne voulez pas en parler, l'ETA, hein ?
05:01Non, ce n'est pas un sujet que j'ai envie d'aborder.
05:03Non, c'est suffisamment grave.
05:04Et puis, du fait de mon image publique, il vaut mieux pas faire de commentaires, parce que ça sera toujours mal interprété, quoi.
05:10Mais vous n'avez pas peur ?
05:12Je ne vais pas dire que j'ai peur, mais lorsque je vois ce qui est arrivé à mon ami Bichente Elizarazu,
05:19c'est vrai que ça apporte à réfléchir, et je suis surtout très triste pour lui,
05:23et j'espère ne jamais connaître cette situation.
05:26Mais est-ce que ce n'est pas quand même un peu la terreur, là ?
05:28C'est-à-dire que vous ne pouvez pas vous exprimer, parce que vous avez peur de représailles sur votre famille ?
05:33Est-ce qu'ils ne font pas régner un peu la terreur ?
05:34Oui, oui, il y a la terreur, il y a la peur, je m'exprime,
05:39mais bon, tant que j'ai une image publique, je préfère ne pas m'exprimer là-dessus.
05:42Oui, c'est à Banderas, aussi, vous avez parlé de Elizarazu.
05:44Il y a Banderas, aussi, qui est menacée.
05:46Oui, ton...
05:48Je sais, je savais que ça vous toucherait, Michel Bernier.
05:52Bien, bon, alors on continue votre vie, vous avez fait des études au collège catholique à Bayonne,
05:57vous étiez doué en maths, en physique,
06:01et vous dites, si je n'avais pas fait du foot, j'aurais pu faire de la gestion et l'économie.
06:04Je pense que j'avais certaines facilités, j'ai continué après par la suite,
06:09mais bon, j'ai dû m'arrêter pour incompatibilité avec le football.
06:13Et alors, pourquoi au pays du rugby, vous avez choisi le foot ?
06:16Je ne sais pas, ça s'est venu naturellement.
06:19J'ai joué au rugby aussi, ça me plaisait, mais je me sentais plus à l'aise avec un ballon.
06:24Et puis parce que mes camarades les plus proches jouaient au football,
06:27donc pour rester avec eux, je joue au football aussi.
06:30Vous commencez très tôt, vous avez votre première licence à l'âge de 12 ans.
06:33C'est assez tard.
06:33Ah bon, vous trouvez ça tard ? Oui, par rapport à moi, remarquez.
06:36Non, mais pour prendre une licence, oui.
06:39Pour moi, c'est tout, je ne suis toujours pas commencé.
06:41À l'heure actuelle, à 6 ans, 7 ans, ils sont déjà dans des clubs,
06:45avec des parents qui les harcèlent au bord du terrain.
06:48Il y a déjà des agents qui attendent à l'âge de 7 ans au bord du terrain pour les signer.
06:51Des parents qui poussent, le papa qui voudrait que son fils soit absolument footballeur,
06:54et puis des éducateurs qui ne sont pas toujours...
06:57Quand votre père vous demande pourquoi vous n'allez pas jouer au jeûnet d'anglais,
07:00vous dites aucun joueur n'est jamais sorti de la barre.
07:10Vous étiez déjà vachement motivé, parce que déjà, dès le départ,
07:13vous prenez l'aviron Bayonet et pas les jeûnets d'anglais.
07:16Oui.
07:17Je vous le dis parce que souvent, vous avez tendance à dire anglais, vous.
07:22Faites attention, je vous dis pour vous,
07:25quand vous allez revenir dans la barre,
07:27après, ils vont se foutre de votre gueule.
07:28Oui, c'est vrai, c'est vrai.
07:29Donc, il vaut mieux que vous fassiez quelque chose.
07:31Au jeûnet d'anglais, alors.
07:32Non, mais dès le début, voilà.
07:34Dès le début, vous visez la réussite, non ?
07:36Mais c'est vrai, quand même.
07:36Non, je ne sais pas pourquoi je me rappelle avoir dit ça,
07:39mais pourtant, pour moi, le football, ce n'était pas un métier.
07:42Je ne voyais pas ça comme devenir professionnel.
07:44C'était un jeu, mais bon, tant qu'à prendre une licence et être dans un club.
07:48Autant gagner.
07:48Autant, oui.
07:49Ou aller dans une équipe qui ne prenne pas des raclées tous les week-ends.
07:53J'aimais pas perdre, donc à partir de là.
07:55Ah, ça, c'est sûr, dès votre plus jeune âge, vous détestez perdre.
07:58Vous dites, l'important, ce n'est pas de jouer, c'est de gagner.
08:00C'est-à-dire, vous êtes anti-coubertin.
08:02Ah oui, ça change.
08:03Oui, c'est ma doctrine.
08:04Jouer pour jouer, ça ne m'intéresse pas beaucoup.
08:05C'est bien.
08:06C'est gagner.
08:07J'ai du plaisir à travers la victoire, surtout.
08:10Mais quand vous étiez petit, les gens disent que vous étiez haineux quand vous perdiez.
08:13Ah oui, c'était horrible.
08:14Vous ne parliez pas aux autres, vous leur faisiez la gueule, vous les traitez de cons.
08:16J'étais cabourude, comme ils disent chez moi.
08:18C'est-à-dire, j'avais la tête renfoyonnée, je t'ai piqué des crises.
08:20Non, j'étais insupportable.
08:21Mauvais joueur.
08:22Oh, plus que ça, encore.
08:23Plus que ça.
08:24Et mon fils est comme moi.
08:27Et alors, vous avez perdu une finale de la Coupe d'Aquitaine, je pense que ça devait être
08:31les minimes.
08:31Vous pleurez après.
08:32Ah oui, déjà.
08:33Ça vous touchait vraiment.
08:35Ah oui, j'ai horreur de la défaite.
08:38Vous faisiez des prières pour gagner ?
08:41Non, ma maman en faisait à l'époque.
08:44Après, elle a arrêté.
08:45Elle a arrêté quand votre frère est mort.
08:47Vous aussi ?
08:48Oui, j'ai changé un peu d'attitude.
08:51Je suis catholique, mais je ne suis pas pratique.
08:54Vous êtes moins incroyants qu'avant.
08:55Vous croyez plus au destin qu'à Dieu maintenant.
08:57Ah oui, tout à fait.
08:58Au destin, j'y crois à 200%.
08:59Vous êtes un peu Inch'Allah.
09:02C'est vrai.
09:03Bon, alors ensuite, vous partez en formation à Nantes.
09:05Pas à Bordeaux.
09:07Il faut dire que les mecs de Bordeaux, Bès et Cueco, ils étaient venus chez vos parents
09:10en limousine avec des cigares, des grosses mallettes et en disant à votre père combien
09:15vous voulez pour votre fils.
09:16C'est vrai que ce n'était pas très élégant.
09:17C'est impressionnant.
09:18Oui.
09:18C'est vrai.
09:19C'est vraiment bleu de maquillant.
09:20C'est mon grand-père qui disait ça.
09:22Il nous a dit que c'était des vrais maquillants, mais ça donnait tout à fait cette image-là.
09:26Comme on a acheté un bon petit veau, un bon petit cochon.
09:30On va vous le nourrir et puis...
09:32Oui, mais c'est incroyable.
09:33Si il n'est pas bon, on va vous prendre un morceau après.
09:36Après, c'est fini.
09:36Si ça ne marche pas, après, c'est dur.
09:38Donc, vous allez à Nantes.
09:39Et là, c'est dur parce que vous vous retrouvez à l'âge de 14 ans, seul, dans cette grande
09:43ville.
09:44Puis, en plus, le centre de formation, j'imagine qu'il y a de l'émulation, non ?
09:46C'est la jungle un peu.
09:47Il ne faut pas avoir...
09:48On a une image un peu dorée du centre de formation.
09:50Et puis, moi, je suis arrivé.
09:51J'ai eu la malchance qu'on ait parlé beaucoup de moi, qu'on m'ait présenté comme la future
09:56star.
09:56Et je suis arrivé à 15 ans.
09:58Il y avait d'autres joueurs, entre 15 et 18 ans.
10:01Et ils me l'ont fait payer un petit peu, quoi.
10:03Non, mais bon, ça fait...
10:04Ah, puis, j'ai été accepté après.
10:05C'est comme ça.
10:06Il faut savoir se battre.
10:06Vous apprenez à vous dépasser, dans tous les cas, là-bas.
10:08Oui.
10:09Et puis, au bout d'un moment, vous commencez à prendre des cuites avec eux.
10:11Ça devient plus sympa, non ?
10:12Une, surtout, mémorable.
10:14Là, ils m'ont accepté, après.
10:15Ah, oui, d'accord.
10:16C'est vrai.
10:16Et puis, vous rencontrez Marcel Desailly.
10:18Oui.
10:19Voilà, qui est devenu votre grand ami par la suite, donc c'est sûr.
10:22Alors, déjà, là-bas, vous étiez capitaine au centre de formation.
10:24Vous êtes vraiment un leader né, non ?
10:25C'est un chef, quoi.
10:27Je ne sais pas, oui.
10:27Ça s'est fait naturellement.
10:28Je ne sais pas ce qu'il faut être pour être chef.
10:30Mais bon, partout où je suis passé, on m'a confié des responsabilités.
10:34Et dès le début, vous avez été habitué à être en contact avec la presse,
10:36avec les médias, de par la même, de par le fait que vous êtes un leader.
10:38Ça a été une bonne chose, oui.
10:39J'étais au-devant de la scène, donc à partir de là, j'ai très vite compris
10:43comment fonctionnaient les médias.
10:45C'est un avantage.
10:46Vous savez, oui.
10:47Alors, là, on arrive à la fiche 69.
10:50Non, mais c'est une tradition dans cette émission.
10:52Les rôles sont inversés, évidemment.
10:54Donc, c'est vous qui allez me poser une question.
10:56Oui, j'ai une question indiscrète.
10:58J'ai une rumeur que j'ai entendue.
11:00Je voudrais savoir si c'est une légende.
11:02Est-ce que c'est vrai que vous ne portez ni caleçon, ni slip ?
11:05Oui, c'est vrai.
11:06Oui, c'est vrai.
11:07String.
11:09Ah !
11:10Ah ben, ni caleçon, ni slip, il y a encore le string.
11:13Rien du tout.
11:13Rien du tout, non, non.
11:14Eh ben, il faut s'y mettre.
11:15Je pensais que c'était une légende.
11:16C'est en vente libre, maintenant.
11:18Vous savez quelque chose, ce soir.
11:20Bravo.
11:21Voilà.
11:22Elle va être bien, votre émission sur TPS Fit.
11:27Des champs contre champs.
11:30Alors, votre premier match pro, c'est contre Brest, à 16 ans et demi.
11:33Mais vous n'êtes pas très doué, techniquement.
11:35Qui c'est qui a dit ça ?
11:36Je ne sais pas, moi.
11:38C'est ce que j'ai lu dans tous les nombreux articles que j'ai lu.
11:40On dit que vous n'êtes pas bon en dribble, pas bon de la tête.
11:43Vous avez une frappe qui n'est pas très puissante.
11:45Oui.
11:46Elle était au départ.
11:47Non, mais ça ne me sert pas, ça ne me sert pas tout ça.
11:49Ça ne me sert pas spécialement.
11:51Dans mon jeu, je n'ai pas besoin de faire des ailes de pigeon.
11:54Mais c'est ça, ce n'est pas votre truc, ce n'est pas votre genre.
11:56Mais disons, je n'étais pas un surdoué, j'ai beaucoup travaillé, mais je n'ai pas l'aisance d'un Zidane ou d'un Thierry Henry.
12:01Vous n'êtes pas un attaquant, quoi.
12:02Non, non, vraiment pas, non.
12:03Je l'étais quand j'étais jeune, je marquais beaucoup de buts.
12:05Ah bon ?
12:06Oui, oui.
12:06Vous avez dit combien de buts ?
12:08Quatre en équipe de France.
12:09En équipe de France, je n'ai marqué 23, 24 buts dans toute ma carrière pour le moment.
12:14Pas spécialement.
12:15Plus ça va, moins ça va.
12:18Plus ça va, plus je recule.
12:19Je vais finir derrière le gardien.
12:21C'est pas grave.
12:22Ça va arriver.
12:22En traîner, non.
12:23Derrière Fabien.
12:24Je ne peux plus, mais merci.
12:25Votre génie, c'est le placement, non ?
12:27Vous savez toujours où il faut être, c'est ça ?
12:29Ça fait partie de mon jeu, mais bon, le football, ça se joue quand même avec les pieds.
12:33Donc c'est pour ça, quand on dit que je ne suis pas très technique,
12:36quand je dois mettre le ballon à gauche, là on va toujours à droite,
12:39j'aurai eu des problèmes quand même.
12:41On m'a reproché que je récupérais beaucoup de ballons, que j'en perdais beaucoup aussi.
12:45Au fil du temps, ça s'est amélioré, mais bon, j'arrive quand même à faire obéir le ballon.
12:50Mais il se repère bien sur le terrain.
12:52Oui, oui.
12:52Je ne sors pas des lits de blanche.
12:55On l'amène au stade, il peut y aller tout seul.
12:56J'ai une oreillette.
12:57J'ai une oreillette.
12:58Non, mais vraiment, il a fait des gros progrès depuis Brest.
13:01Ça, c'est un truc qu'on apprend dans le bouquin, c'est que vous êtes un sacré vaneur, en fait.
13:05C'est vrai, quand on vous voit...
13:05J'adore ça, oui.
13:06Ah oui, oui, en fait, vous êtes très vaneur, c'est un truc qu'on découvre.
13:09Pas avec les médias, mais...
13:10Ah ben aussi, là, ça va.
13:11Là, ça va, mais c'est particulier.
13:12Je ne réponds pas à des questions de football, donc ça va.
13:14Ah non, non, mais avec moi, il n'y a pas de danger.
13:16Ce n'est pas votre truc.
13:17Non.
13:18À 20 ans, vous êtes capitaine de Nantes.
13:20Et alors, la même saison, vous êtes sélectionné pour la première fois dans les Bleus, qui sont à l'époque coachés par Platini.
13:26Oui.
13:27Alors, Platini vous a dit un truc sur comment aller chercher un trophée.
13:31Moi, j'adore cette histoire.
13:32C'est-à-dire qu'il vous a dit qu'il faut prendre son temps.
13:33Il a raison.
13:34Il m'a dit beaucoup de choses, oui.
13:35Il m'a dit, oui, prends le temps, parce que c'est possible que tu ne reconnaisses pas encore ce même plaisir.
13:40Il a raison, hein.
13:42J'ai eu la chance de le connaître assez souvent, quand même.
13:45Mais bon, il faut prendre le plaisir, parce que c'est vraiment un plaisir d'arriver au bout, de gagner une coupe.
13:50C'est beaucoup de boulot.
13:50C'est un très bon conseil, je trouve.
13:52C'est vrai que quand on reçoit un trophée, comme vous aurez votre Molière, vous verrez.
13:55Oui.
13:55Quand on reçoit un trophée, on y va toujours en courant.
13:57Molière, si tu m'entends.
13:58Oui, Molière.
13:59Oui, il faut prendre son temps.
14:00Chaque pas, apprécier.
14:01Oui, bien sûr.
14:02Apprécier chaque pas.
14:03Il faut savourer.
14:04Oui, tout à fait.
14:05Bon, à part ça, tout le monde vous le dit, il n'a pas été très sympa avec vous, Platini.
14:09Oui, c'est ce qu'on me dit, oui.
14:10Mais pourquoi ?
14:12Je ne sais pas.
14:14Moi, j'ai de bons rapports avec lui, pourtant.
14:16C'est quelqu'un que je respecte énormément, que je n'ai jamais voulu critiquer, parce qu'il n'est pas critiquable pour moi.
14:23Mais bon, pourtant, quand je le vois, il y a toujours le sourire.
14:27Devant vous, il ne la ramène pas ?
14:28Non, je le chante vraiment aussi.
14:30En privé, quoi.
14:31Je ne me gêne pas non plus, mais ça s'arrête là.
14:34Oui.
14:35Alors, il a dit que vous étiez un joueur peu spectaculaire, sans génie, pas un grand joueur.
14:40C'est possible.
14:41Mais il est jaloux parce qu'il n'a jamais eu la Coupe du Monde, non ? C'est ça ?
14:43Je suis sûr que c'est ça.
14:45Il faudra lui demander.
14:46Je ne sais pas.
14:47J'espère pas, s'il en est à être jaloux, Michel Platini, par rapport à tout ce qu'il a fait, ça serait regrettable.
14:51Il n'a jamais gagné la Coupe du Monde.
14:53Qu'il y ait d'autres joueurs qui soient aigris et jaloux, je peux le comprendre, sans citer de nom.
14:57Mais que Michel Platini soit comme ça, non, pour moi, ce n'est pas possible.
15:00C'est bizarre quand même.
15:01Oui, oui.
15:01Vous, qu'est-ce que vous en pensez ? Vous avez étudié le problème pendant de longs mois.
15:04Je pense que c'est un peu d'amertume et de jalousie.
15:06Jalousie aussi.
15:08Dominique Rouche est d'accord avec moi.
15:09Bon, après, vous êtes vendus à l'OM.
15:10Alors, j'adore, toujours le côté maquignon.
15:12Vendus.
15:13Acheté, acheté.
15:14Ils vous disent à Nantes, ils vous disent, on t'a vendu Didier, ça sera Marseille.
15:19Oui, ils avaient besoin d'argent à l'époque, ils étaient en difficulté.
15:22C'était le président, le regretté Max Bouillet.
15:25Et il m'a appris ça, oui, au soir d'un match en équipe de France où je joue à Toulouse.
15:30Vendu.
15:31Voilà.
15:32Alors, vous arrivez à Marseille, évidemment, il y a le tapis.
15:35Alors, lui, en plus, il ne croit pas en vous.
15:37Si, au départ, oui.
15:38Bon, il vous a prêté à Bordeaux ?
15:40Oui, après, six mois après, parce que j'ai eu un départ fulgurant, et puis après, un peu le trou noir.
15:45Prêté.
15:46Prêté, on vend.
15:47Il était vendu à Marseille, Marseille, le prêt à Bordeaux, l'endroit où vous n'avez pas voulu...
15:50C'est après qu'il ne voulait pas que je revienne.
15:52Oui, c'est ça, surtout, bien sûr.
15:54Bien sûr, quand vous revenez, il dit, chez moi...
15:56Bon, prêter, c'est prêter, hein.
15:57Alors, vous le gardez.
15:58Bon.
15:59Bernard Tapie lui dit, chez moi, tu ne réussiras pas, il vaut mieux que tu partes.
16:04Oui.
16:04Sympa, comme mec.
16:06C'est ce qu'il pensait.
16:07C'est bizarre, il n'avait pas vu le truc ?
16:09Si, parce qu'après, quand il m'a redonné ma chance, c'est qu'au fond de lui...
16:15Et vous vous êtes battu ? Vous avez discuté avec lui pendant moins une heure et demie ?
16:18Ah, mais je me suis accroché au téléphone avec lui, parce que pour moi, à partir du moment où j'avais signé un contrat à l'OM,
16:23il était hors de question, il fallait que je m'impose à l'OM, ça c'était clair.
16:26Et donc, je suis revenu, mais après, il m'a facilité la tâche quand même, il m'a donné ma chance.
16:32J'ai su le prendre.
16:33Oui, après, vous avez imposé avec deux saïds, d'ailleurs, et puis vous finissez capitaine,
16:36et puis après, la Coupe d'Europe des clubs champions à Munich.
16:39Jusque-là, tout va bien.
16:40Après, il y a au MVA, évidemment, là, c'est moins drôle.
16:42C'est pas votre problème ?
16:43Oui, c'est dégradé un petit peu.
16:44Ben si, j'étais au milieu quand même.
16:45C'est pas vous qui m'enterrez l'argent, quand même.
16:48Donc, au MVA, et puis l'histoire de la Coupe du Monde, 94, quoi.
16:53Moi, j'y étais, hein, au Parc des Princes.
16:56Non, non, c'est sûr, on mettait les manteaux, et à ce moment-là, Costandinov...
17:00Ils avaient le billet.
17:01Ah, on était en train de partir, hein.
17:02Ils étaient en train d'acheter les billets pour les Etats-Unis.
17:04Ils étaient en train d'acheter le ballon.
17:05Et c'était Costandinov, il a marqué.
17:07C'était terrible.
17:07Il y avait des gens qui n'étaient pas en bleu-blanc-rouge, comme ça, avec des larmes qui coulaient sur le bleu-blanc-rouge et tout.
17:10C'était une image d'une force.
17:11C'était terrible pour vous, mais pour nous, joueurs, ça allait être un traumatisme.
17:14C'était trop horrible.
17:14C'est un traumatisme, oui.
17:15Ça restera un point noir de ma carrière.
17:18Costandinov, putain, celui-là.
17:20Et là, comme par hasard, on ne peut pas aller plus bas, donc c'est le début de la remontée avec Jacquet.
17:25Oui.
17:26Alors d'abord, c'est cantonal, capitaine des Bleus, hein.
17:29Jusqu'à Cristal Palace, jusqu'à ce qu'il fasse ses bêtises.
17:33Oui, c'est possible.
17:35Je sais qu'il a fait des bêtises à Cristal Palace.
17:38Oui, il est venu ici en parler.
17:40Il nous a raconté, oui.
17:41Je sais que vous l'appréciez beaucoup.
17:42Oui, oui, bien sûr.
17:43Comme footballeur, comme être humain, comme acteur.
17:46Il me fait marrer.
17:47Comme pas.
17:48Il ne laisse pas indifférent.
17:49Comme M.I. des mouettes aussi.
17:51Moi, cantonal, pour moi, c'est...
17:52Comme accent, moi je l'aime bien comme accent.
17:53Comme accent, il est bien aussi.
17:56Bon, alors Jacquet apprécie votre charisme et puis vous remplacez donc cantonal.
18:00Disons qu'il a eu des discussions avec Eric Cantona.
18:02Il avait des choix à faire et à partir du moment où il n'a pas pris Eric,
18:07il a dû s'appuyer sur une autre personne.
18:11Il a fait le tour un peu des anciens et puis il m'a confié le balançard de capitaine.
18:14Oui.
18:15Non, mais il nous a raconté Cantona.
18:16C'est vrai que quand Jacquet est allé le voir en Angleterre,
18:19il était dans une fête, il a fait attendre Jacquet pendant deux heures.
18:21C'est vrai.
18:21C'est vrai, oui.
18:22Bon, puis voilà, après Zidane Jorkaev remplace Cantona Papin sur l'Euro 96
18:27et la grande équipe de France se met peu à peu en plein.
18:29C'est surtout ça l'explication.
18:30Oui.
18:30Et non pas le fait que je sois moi capitaine.
18:32Oui.
18:34Cantona, ce n'est pas vous qui l'ai fait virer quand même, non ?
18:36Ah non, je n'ai pas ce pouvoir-là, non.
18:38Non, parce que Cantona, il vous a traité de porteur d'eau.
18:40Vous vous en foutez ?
18:40Oui, mais j'ai porté l'eau pour lui pendant cinq ans, donc...
18:43C'est pas...
18:45J'ai tout révolué pour ça.
18:49Ça, ça, on ne pourra jamais l'oublier, hein.
18:55En étant là, on est toujours...
18:56Moi non plus, hein.
18:57Ah oui, vous aussi, oui, ça c'est sûr.
18:58Non, mais bon, on était...
18:59Non, mais même moi qui n'aime pas le football du tout,
19:02je me suis prise, je vais dire, genre, des demi-finales et tout ça,
19:05à klaxonner dans la voiture comme une andouille,
19:08alors que j'aurais trouvé ça stupide six mois avant.
19:11Et c'est vrai, on était tous avec vous, je ne sais pas pourquoi,
19:13tout à coup, on était monté avec vous.
19:13Tous les gens, tous les Français ont été réunis.
19:15On l'a bien senti, hein, c'est vrai que...
19:17Oui, c'est la première fois depuis, je ne sais pas, depuis la libération.
19:19Mais malgré ça, vous êtes très critiqués sur la préparation de l'Euro 2000.
19:22Vous décidez de ne plus parler à la presse.
19:24Oui, pendant le championnat d'Europe.
19:25Oui, c'est ça.
19:25Mais ce n'est pas simplement les critiques.
19:27Les critiques, je les ai toujours acceptées, elles font partie du métier, comme on dit.
19:31Mais lorsqu'on en arrive à ce que ce soit des articles malsains
19:35ou à voir jusqu'à l'incompétence,
19:38bon, ça ne m'intéressait pas de répondre à certaines personnes.
19:42Malheureusement, ce n'était pas la majorité des journalistes.
19:44Et je le regrette.
19:45C'était l'équipe, il faut le dire.
19:46En particulier, oui.
19:48De toute façon, ils se reconnaissent.
19:49Certains, pas tous les journalistes de l'équipe,
19:50parce qu'il y en a qui sont bons aussi, quoi.
19:52Mais il y en a certains, oui, qui ont mal fait leur travail
19:56ou qui ont cherché à déstabiliser.
19:57Mais comment, après la victoire que vous aviez obtenue
19:59avec l'équipe de France à la Coupe du Monde,
20:02comment, dans les années qui ont suivi,
20:03vous pouvez être autant critiqué les guignols
20:05quand on met une couche,
20:07comme le dit si bien il m'éjacqué ?
20:09Non, mais comment ça se fait ?
20:11Comment vous expliquez ça, vous ?
20:12L'image des guignols, bon, je ne pensais jamais y être,
20:14parce que je n'avais pas quelque chose de particulier
20:16qui pouvait me faire entrer dans les guignols.
20:17Et ils l'ont trouvé, ce que vous aviez de particulier.
20:19Oui, de par ma fonction aussi, quoi.
20:21Mais je ne crois pas que je l'ai dit souvent, cette phrase.
20:24Mais bon, et Méjacqué, heureusement, l'a dit lui-même.
20:26C'est vrai que j'ai souvent eu des accrochages avec lui
20:29parce qu'on n'était pas forcément d'accord.
20:30Mais bon, ce n'est pas bien méchant.
20:33Mais les critiques, c'est comme ça.
20:34On a été champions du monde
20:35et on a eu une période de qualification pour l'Euro
20:38qui a été très difficile,
20:40où on lui disait qu'il fallait changer tout le monde
20:42et il n'y avait que des donneurs de leçons.
20:44Les mêmes qui avaient critiqué Méjacqué avant la Coupe du Monde
20:47et après, ils étaient obligés de reconnaître
20:49que c'était quand même un bon entraîneur.
20:51Il a l'air commencé à critiquer le maire et vous.
20:54Oui, le maire, évidemment, dans la lignée de Jacquet
20:56et puis certainement moi aussi
20:57parce que j'étais un peu l'héritier de Jacquet.
21:01Vous avez été blessé par les propos d'un coéquipier
21:04qui a dit en parlant de vous,
21:05Didier, il est cramé.
21:06Et le 2 septembre, votre dernier match donc,
21:11vous allez le voir et vous lui dites
21:12« Je sais exactement les propos que tu as tenus sur moi. »
21:14Oui.
21:15Vous voulez, c'est qui ce type ?
21:17C'est un des joueurs ?
21:19Non, je n'ai pas envie.
21:19Oui, mais le fait que je me sois éliminé,
21:22c'est-à-dire que j'ai laissé l'équipe de France,
21:24ça ne pose plus aucun problème.
21:25Il peut continuer, moi je ne continue pas.
21:28Si j'avais eu à continuer,
21:29ça aurait certainement posé des problèmes
21:31parce que c'est quelqu'un qui m'a trahi
21:33et je n'aime pas ça, surtout de l'intérieur.
21:36Vous savez qui c'est ?
21:37Oui, évidemment, lui aussi il le sait
21:38puisque je lui ai dit.
21:39Et vous ?
21:40Moi j'ai mis 8 mois avant de le savoir
21:41mais je vais vous le dire, c'est...
21:43Il est là ce soir.
21:50Ce n'est pas possible.
21:53Ce n'est pas possible.
21:54C'est difficile.
21:56Il joue en équipe nationale.
21:57Bien.
21:58Bon, donc vous êtes critiqué tout ça
21:59mais malgré tout, quand même, il y a ça.
22:01Magneto serve.
22:02And stop.
22:37Voilà, l'euro de mille.
22:53Là, c'est incroyable.
22:55C'est-à-dire que la première fois,
22:56bon, je suis très content
22:56mais là, la deuxième fois, deux ans après,
22:59c'est trop...
23:00Il y a un truc.
23:00Oui, il y a un truc, c'est trop fort.
23:02C'est pas plus fort.
23:04Vous l'avez fait exprès.
23:05C'est les autres qui ont fait exprès.
23:08Non, mais c'est énorme, quoi.
23:10Oui, parce que ça a été beaucoup plus difficile
23:12et de confirmer
23:14face à des adversaires plus durs à battre aussi.
23:19Donc, ça a été vraiment...
23:20Nous, on se serait contentés d'une fois.
23:22Vous nous l'avez offert deux fois, la victoire.
23:23C'est génial.
23:24Peut-être trois fois, on ne sait jamais.
23:25J'espère.
23:25On commence à croiser les doigts dès maintenant.
23:27Et alors, à la fin de ce match,
23:30j'avais une conversation avec Roger Lemaire.
23:32Discrète, oui.
23:33Discrète, oui.
23:33Il y avait juste 10 millions de gens qui regardaient.
23:35Celui qui a dit Didier est cramé,
23:36on ne sait pas qui c'est.
23:37Là, on n'a jamais su ce que vous lui disiez.
23:39Si, il y en a qui ont cherché à lire.
23:40Oui, ils ont lu sur les lèvres.
23:41Mais ils lisent très mal, sincèrement.
23:44Donc là, quoi, vous lui annoncez que vous partez...
23:46Il a l'air de vous trouver bourru, là, têtu, comme vous dites.
23:50Non, non, on a eu une discussion, oui,
23:52autour de ce sujet-là,
23:53mais bon, certainement pas.
23:54Je n'allais pas lancer après une victoire comme ça.
23:56Oui, c'est bizarre, ben oui.
23:57Ça aurait été trop facile.
23:57Puis non, je n'avais pas envie.
23:58Je voulais profiter de ce moment de bonheur
24:00avec mes camarades et puis savourer surtout cette position.
24:04Là, j'ai vraiment savouré parce que je savais
24:06à la fin du coup de sifflet final
24:08que c'était certainement mon dernier très grand match
24:11avec l'équipe nationale.
24:12Alors, bon, vous partez à Valence, là.
24:14Donc, problème physique, évidemment.
24:16Problème de confiance, non ?
24:18Avec Hector Cooper, là, il ne préfère pas Ruben Barrara, non ?
24:21Non, mais ça a été lié.
24:23Il m'a fait confiance dès le départ.
24:24J'ai très bien débuté en mois et demi
24:26et puis j'ai eu une première blessure aux adducteurs.
24:28Un mois, je reviens, il me refait jouer,
24:31je me reblesse et là, j'en prends pour deux mois.
24:33Donc, j'étais absent pendant trois mois.
24:35L'équipe a bien tourné et puis j'ai eu du mal à revenir.
24:38Et il y a eu d'autres joueurs qui ont joué,
24:41qui ont été bons, il faut l'accepter aussi.
24:42Mais c'est surtout ma blessure qui m'a empêché
24:44d'être compétitif.
24:46Et j'ai recommencé à jouer et ça a relâché encore
24:49un peu derrière la cuisse.
24:50Alors, dites-moi, vous avez encore deux ans de contrat, là-bas ?
24:52Oui.
24:52Vous avez resté deux ans encore là-bas ?
24:55C'est possible, tout dépend.
24:57Pour la première fois,
24:59j'ai introduit dans mon esprit
25:02la notion de plaisir par rapport au jeu.
25:05Et donc, j'ai deux ans,
25:06il me reste deux ans à jouer
25:07et donc j'ai envie de prendre du plaisir et de jouer.
25:10Et donc, si c'est pour rester à Valence
25:12et être assis comme ce soir,
25:14ça ne m'intéresse pas beaucoup.
25:15Donc, on verra comment ça se passe en fin de la saison.
25:17C'est toi, Valence ?
25:20On fait du cirage.
25:21Il y a le soleil, mais bon, ce n'est pas suffisant.
25:24De toute façon, vous avez de l'argent pour vivre tranquille
25:26jusqu'à la fin de vos jours, là, non ?
25:27Oui.
25:28C'est bien payé, le foot, là.
25:29Non, non, le footballeur est très prisé.
25:31Le footballeur est bien payé.
25:31Au niveau médiatique, oui.
25:32En tant que mari, le footballeur est très prisé actuellement.
25:34Ah oui, la chasse au footballeur est ouverte.
25:35Ah oui, il y a une grande chasse au footballeur.
25:36C'est vrai, vous n'avez pas fait dans la...
25:38Vous vous êtes resté avec votre femme, vous ?
25:39Ah ben, je suis très bien.
25:40Elle me convient.
25:41Elle est heureuse avec moi.
25:42Je suis heureux avec elle, donc...
25:43Non, mais c'est vrai que vous n'avez pas fait dans la mannequin ou...
25:46Non, mais moi, j'ai eu l'avantage, peut-être,
25:48par rapport à d'autres footballeurs,
25:51d'avoir une vie avant cette victoire en Coupe du Monde.
25:54Donc, bon, je ne suis pas passé d'une extrême à l'autre.
25:57Ça a été plus difficile pour certains joueurs
25:59qui sont passés d'une période où ils n'étaient pas très connus
26:03à être des stars.
26:04Bien, maintenant...
26:09Didier Deschamps, quand vous avez joué avec la juve,
26:15vous avez été entendu par un juge d'instruction turinois
26:17pour des problèmes d'usage de dopage, disons, de créatine.
26:23Qu'en est-il exactement ?
26:25J'ai été confronté trois fois, oui, c'est vrai,
26:27un juge d'instruction qui, avant même de poser des questions,
26:32était persuadé qu'il y avait du dopage dans le football,
26:36qu'on ait utilisé le PO.
26:38Donc, c'est très difficile de faire face à un tel personnage.
26:42La créatine aussi, c'est vrai qu'elle est utilisée,
26:44elle est autorisée dans certains pays.
26:46Dans d'autres, non.
26:47J'en ai pris pendant une certaine période.
26:50Après, j'ai arrêté.
26:51Je ne pense pas que ce soit un produit nocif,
26:54même si certains spécialistes le disent.
26:56Mais le dopage, en règle générale,
26:59je pense qu'il y en a dans le sport.
27:01Dans le football, je n'ai pas été confronté
27:02parce que je pense sincèrement, je ne vois pas l'utilité.
27:05Je ne vois pas que le dopage qu'on produit
27:07d'un joueur bidon peut faire un super joueur.
27:12Ça n'a jamais fait tirer dans les lucarnes.
27:14Je ne vois pas toute l'utilité.
27:15Ça peut faire courir plus vite, ça peut être plus résistant.
27:17Mais il y a le ballon.
27:18Et le ballon, c'est les pieds.
27:19Il faut savoir le diriger.
27:21Il y a des matchs très souvent en même temps.
27:23La répétition.
27:23Évidemment qu'on a des aides au niveau pharmaceutique
27:27pour aider à récupérer.
27:28Mais ce juge-là, il partait du principe.
27:30Moi, c'est ce qu'il m'a dit en fin d'interrogatoire.
27:32Il m'a dit que je voudrais arriver à faire une loi
27:34que le footballeur, s'il prend un produit, une vitamine C,
27:38peu importe, ou qu'on est enrhumé,
27:40ou qu'il prend quelque chose la semaine avant le match,
27:42il ne puisse pas jouer au match.
27:44Il n'y aurait plus beaucoup de football à la télé, sincèrement.
27:47Bien.
27:48Merci de votre sincérité.
27:50Didier Deschamps, la question qui tue.
28:03Donc, Didier Deschamps, vous confirmez,
28:05c'est comme à la télé, pas de dopage dans le football.
28:08Bien.
28:09Alors maintenant, je vais vous faire, tant pis pour vous,
28:11une interview nulle.
28:13On ne bouge pas pendant le jingle.
28:17J'ai peur que vous soyez baphiste, vous.
28:23Absolument.
28:24Je suis baphiste depuis...
28:25Vous êtes une baphiste convaincue.
28:26Convaincue de la première...
28:27Vos parents sont baphistes aussi, cette famille ?
28:29Mon mari est baphiste.
28:30Votre mari est...
28:30Ah oui, c'est une tradition familiale, le baphisme, chez vous.
28:33Absolument.
28:33J'ai mes convictions.
28:34D'accord.
28:35Je respecte toutes les convictions.
28:36Surtout celles-là.
28:37Surtout celles-là, oui.
28:38Alors, interview nulle, donc j'ai des questions très très cons.
28:42Je peux répondre connement, là.
28:43Il n'y a pas de problème, moi je sais bien les poser, je pense que c'est bien les répondre.
28:46Alors, est-ce que vous préférez Pierre ou Ginette ?
28:49J'avais dit que c'était con, hein.
28:53C'est...
28:54On parle des mêmes ?
28:55Oui.
28:55Parce qu'il y a beaucoup de Pierre et de Ginette.
28:56Non, non, non, c'est votre Pierre.
28:57Votre papa Pierre et votre maman Ginette.
28:59Je ne peux pas faire un choix entre ses parents.
29:01Ah s'il faut, hein.
29:03Je prends tous les deux.
29:05C'est en formidable les deux, donc non, je ne peux pas choisir, sincèrement.
29:08Vous n'arrivez pas, là ?
29:09Non, non, non.
29:10Entre Hitler et Stéline, vous préférez qui ?
29:12Ah, vous en foutez, ce n'est pas vos parents, là.
29:18Heureusement.
29:19Heureusement, mais bon, c'est pareil, je ne vois pas de différence.
29:22Ils sont horribles tous les deux, quoi.
29:24Non, il n'y a pas de troisième à choisir, alors ?
29:26Il y avait Mao Tse-tung, mais c'est pire encore.
29:29Bien, alors, vous partez dans un vaisseau spatial pendant trois ans.
29:33Je crains de pire.
29:35Sur une île déserte.
29:36Non, c'est le vaisseau spatial.
29:37Avec qui vous préférez partir ?
29:39Cantona, tapis ou loco ?
29:42Tapis.
29:43Ah oui, sans problème.
29:45Au moins, je vais apprendre des choses.
29:46Ah oui.
29:47Ah ça, c'est sûr, vous allez apprendre des trucs.
29:49Non, mais pas négativement.
29:51On aime ou on n'aime pas, mais il ne laisse pas indifférent.
29:53Et moi, j'ai beaucoup appris, il m'a dit beaucoup de vérité.
29:56Est-ce que vous préféreriez mourir tout de suite, là, maintenant ?
30:00Pas vraiment, non.
30:01Et aller au paradis, ou vivre 30 ans de plus et aller en enfer.
30:07Je prends les 30 ans.
30:09Il prend l'enfer, quand même.
30:10Ah oui.
30:11Pas grave, après, vivre sur Terre est bien le vivre.
30:13D'accord.
30:14Vu qu'on est sûr de rien, après, de toute façon...
30:15On sait ce qu'on tient, on ne s'est pas d'accord.
30:16Tiens, l'île déserte qui arrive, là.
30:19Ah, elle est bien, cette île déserte.
30:20À l'île déserte.
30:21Vous préférez partir avec une fille très moche ou un mec très beau ?
30:25Pour aller à la pêche ?
30:27Oui.
30:28Alors ?
30:29La pêche au thon, oui.
30:30Alors ?
30:30Au thon, oui.
30:33Alors ?
30:33Oui, c'est dur.
30:37Mais ces questions sont cons, j'avais l'impression.
30:38Oui, c'est vraiment con.
30:39Oui, c'est dur.
30:40Je vais répondre comme margues, alors, je ne sais pas.
30:42Moi, avec la fille, quand même.
30:44La fille très moche.
30:45Oui, oui.
30:45Vous n'êtes pas pédé du tout.
30:47Non, vraiment pas.
30:48Non, pas.
30:48Non.
30:49Il va y avoir un monde sur style déserte, depuis le temps qu'on en parle.
30:52À chaque fois, si vous partez sur une île déserte, ça doit être la même, à mon avis.
30:56Parce que, alors, c'est hallucinant le monde qu'il y a.
30:58Là, il y a le vaisseau spatial, en plus.
31:00Si vous saviez le nombre de filles moches qu'il y a sur cette ville déserte.
31:03Les deux mecs beaux, c'est terrible.
31:04Bon, alors, j'y vais pas, merci.
31:06Il y a des filles qui envoient des emails en disant, moi, si Samuel Lebihan veut une fille moche, c'est moi.
31:10Si Guillaume Canet veut une fille moche, je suis d'accord.
31:13Vous feriez quoi ? Vous pariez fille moche ou mec très...
31:15Non, ben, vous, c'est l'inverse.
31:16Moi, je m'excuse, je vais prendre le mec très beau si ça vous est mis.
31:19Là, c'est la question très, très con, là.
31:29Parce que pour les filles, c'est inversé, mais je ne l'ai pas inversé, évidemment.
31:33Alors, quel mot...
31:34Moi, je pars avec un mec très moche.
31:36Ah, oui, mec très moche.
31:37Ah, vous préférez le mec très moche que la fille très belle.
31:38Il y a un mec très moche, si ça se trouve, il est très intelligent.
31:41Pourquoi la fille très belle est forcément très con ?
31:43Je leur souhaite.
31:45Ça m'arrange.
31:46Bien.
31:55Celle-là est terrible.
31:56Vous préférez y adopter des jumeaux kleptomanes ou des jumelles pyromanes ?
31:59J'avais averti en même temps.
32:05Kleptomanes, alors.
32:06Des jumeaux kleptomanes, oui, parce que des jumelles pyromanes, dans la région où vous vivez, en plus.
32:09C'est mieux klepto.
32:10Moi, ça ramène des trucs à la maison.
32:12Ça ne fait pas de mal.
32:13Je préfère être incarné en slip de Séguin.
32:16En slip de Tibérie ou en slip de Delanoë.
32:21En faites pas un quand c'est Delanoë.
32:23Mais comme vous, je ne porte plus de slip.
32:24Et pour être sûr de ne rien rater de Inarditube, abonnez-vous et mettez un pouce bleu.
32:30Et pour être sûr de ne rien rater de Inarditube, abonnez-vous et mettez un pouce bleu.
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