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  • il y a 1 an
Regardez L'édito d'Etienne Gernelle du 09 septembre 2025.

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Transcription
00:00RTL Matin
00:02Il est 7h18, l'édito d'RTL Matin avec vous Etienne Jarnel.
00:06Regardez Etienne, je vous ai apporté la une du Télégramme ce matin.
00:09Macron sous pression.
00:11Maintenant que François Bayrou va quitter Matignon,
00:13une question simple dont la réponse est bien compliquée.
00:15Et maintenant, que peut faire, que doit faire le chef de l'État ?
00:19Eh bien rien Thomas, rien du tout.
00:20La meilleure chose qu'il puisse faire, c'est de se mettre en retrait
00:24et de dire aux députés, écoutez, débrouillez-vous entre vous,
00:27faites une coalition, ce que vous voulez,
00:29et un accord de non-censure, et puis donnez-moi un nom.
00:33C'est d'ailleurs ce qu'il aurait dû faire juste après la dissolution l'an dernier,
00:36puisqu'il n'y avait déjà aucune majorité.
00:39Mais là, c'est d'autant plus nécessaire que la situation est pire.
00:43Et ça s'est vu dans les chiffres du vote hier.
00:46364 voix contre le front du refus s'est manifestement encore élargi.
00:51Alors, il y a des raisons à cela.
00:53La possibilité de nouvelles législatives, la proximité des municipales,
00:56sans compter la présidentielle qui approche quand même.
01:00Tout cela favorise les postures du refus, les lignes rouges.
01:03L'atmosphère se durcit et l'espérance de vie d'un nouveau Premier ministre
01:07qui serait nommé souverainement par Emmanuel Macron est faible, voire très faible.
01:12Les municipales, ce sera au mois de mars.
01:14Mais en quoi la mise en retrait du chef de l'État rendrait un compromis plus facile, Étienne ?
01:18Mais parce que lui-même est un motif de refus supplémentaire.
01:22Dire non à Emmanuel Macron, c'est une posture confortable.
01:26Il est très impopulaire.
01:27Lui répondre que la dette est en partie de sa faute,
01:30eh bien c'est facile, c'est d'autant plus facile que c'est vrai.
01:32Et à l'inverse, s'il se met en retrait, cela prive d'un repoussoir commode.
01:37Tous ceux qui n'attendent que cela, cela met les députés devant leurs responsabilités.
01:42Bon, on va dire quand même que ce n'est pas trop sa nature, Emmanuel Macron, de se mettre en retrait.
01:45Mais est-ce que cela pourrait vraiment fonctionner, selon vous ?
01:47Alors, rien n'est sûr, mais après tout, ça a déjà marché.
01:51Souvenez-vous de l'été 2024.
01:53Les députés ont bien élu une présidente de l'Assemblée, tout seul, sans la tutelle d'Emmanuel Macron.
01:59Et ils ont élu Yelbon-Pivet, qui n'avait pas de majorité,
02:02mais qui se trouve à peu près au centre de gravité de l'hémicycle.
02:06Alors, évidemment, vous l'avez dit, pour Emmanuel Macron, cela demanderait un certain effort sur lui-même.
02:11Cela reviendrait pour lui à se priver en partie du pouvoir de munition que lui confère la Constitution, bien sûr.
02:17Cela le priverait aussi, et peut-être même surtout, de l'attention générale que suppose ce pouvoir.
02:22Vous savez, ce moment où tout le monde guette la parole du souverain.
02:26C'est, disons-le, un exercice de modestie qui peut être douloureux.
02:30Et c'est ce que disait de manière assez cruelle, tolérant, à propos de Chateaubriand.
02:33« Il croit qu'il devient sourd parce qu'il n'entend plus parler de lui. »
02:38Fin de citation.
02:38Emmanuel Macron devrait, oui, accepter d'entendre un peu moins parler de lui.
02:43Ça marche aussi dans la vie médiatique, ça.
02:44Il croit qu'il devient sourd parce qu'il n'entend plus parler de lui.
02:46Il n'y a pas de pénurité d'égaux dans notre métier.
02:48Merci beaucoup, Étienne Jernel.
02:49C'est le direct.
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