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  • il y a 11 mois

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00:00Ici matin, 7h46, notre invité ce matin, Simon Colboc, le maire de Perpignan.
00:05Bonjour Louis Alliot, bonjour, on va parler dans un instant de la fin programmée du gouvernement François Bayrou,
00:10mais d'abord, les dates du procès en appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens du FN.
00:16A l'époque c'était le FN, on devrait connaître les dates de ce procès en appel.
00:20Aujourd'hui, vous êtes évidemment directement concerné en première instance,
00:23on rappelle que vous avez été condamné Louis Alliot à 18 mois de prison,
00:25six mois fermes pour détournement de fonds publics, trois ans aussi d'éligibilité.
00:30Vous avez donc fait appel de cette décision, d'où ce deuxième procès qui arrive.
00:34Le procès pourrait tomber avant les élections municipales de mars prochain.
00:38Est-ce que ça vous inquiète ? Est-ce qu'on peut faire en même temps campagne et en même temps se défendre ?
00:43Écoutez, je vais vous dire oui, puisqu'on n'a pas le choix, si tel est le cas.
00:48Oui, ça vous inquiète ?
00:50Non, que ce soit possible.
00:51Mais est-ce que ça vous inquiète ?
00:52Ça vous inquiète, moi je serai en campagne électorale, donc je l'expliquerai aux Perpignanais
00:55qui connaissent déjà beaucoup cette affaire, qui dure depuis dix ans quand même,
00:59les tenants et les aboutissants, et puis je ne suis pas tenu non plus d'être aux audiences en permanence,
01:06et j'irai me défendre au moment où mon cas, dont je rappelle qu'il est le plus petit cas
01:11de l'ensemble de l'affaire, sera discuté au tribunal.
01:16Mais est-ce qu'il y a de quoi pourrir votre campagne ?
01:19Je suppose que mes adversaires vont s'en donner à cœur joie, mais enfin, vous savez,
01:24je crois que les Français aujourd'hui et les Perpignanais ont dépassé cette affaire-là,
01:30ils savent très bien à quoi s'en tenir, c'est pour une affaire en plus qui ne concerne pas
01:34la mairie de Perpignan et mon mandat de maire.
01:38Donc je les trouve très détachés de tout cela, et ils ont considéré d'ailleurs que ce jugement de première instance
01:45était très sévère, et à la limite, au regard des attendus du jugement, politiquement très engagés.
01:55Alors le procès avant ou après les municipales, on le saura aujourd'hui,
01:58la décision des juges, ça en revanche c'est une certitude,
02:00elle sera rendue après les élections municipales.
02:03Ça veut donc dire, Louis Alliot, qu'il va vous falloir convaincre les Perpignanais de voter pour vous,
02:07en sachant que si vous gagnez l'élection, et que si vous êtes condamné,
02:11vous pourriez être amené à démissionner.
02:13Oui, mais il y a encore des voies de recours, éventuellement.
02:15Et très honnêtement, je ne crois pas qu'en appel, nous aurons la même décision qu'en première instance.
02:20Pourquoi ?
02:21Parce qu'on va juger sur le droit, et pas sur des considérations fumeuses et politiques,
02:27parce que le jugement est très politique,
02:29là on va s'en tenir à des questions de droit,
02:32et sur le droit, je pense que certains de nos arguments
02:36ont quand même une capacité à réformer le jugement de première instance.
02:39Votre ligne de défense, la vôtre, celle de Marine Le Pen notamment,
02:42avait été très critiquée lors du premier procès, vous allez en changer ?
02:45Écoutez, vous verrez bien au moment du procès.
02:48J'imagine que vous allez en parler déjà avec votre avocat.
02:50Vous savez que c'est un catalan qui mène la défense, j'allais dire, de Marine et du groupe,
02:57puisque c'est maître Rodolphe Bosslu.
02:59Et entre parenthèses, lui aussi sera candidat à l'élection, je crois, fonds Romeux.
03:03Donc j'espère que la cour à Paris tiendra compte aussi
03:08de l'engagement des prévenus et des avocats
03:12pour les élections municipales à venir, pour tenir compte de la date de l'audience.
03:16Dans ce procès, votre ancien assistant parlementaire, quand vous étiez eurodébuté,
03:21est décédé, lui, cet été. Laurent Salle a mis fin à ses jours.
03:24Vous n'avez rien communiqué le concernant, pas même un hommage.
03:28Pour quelles raisons ?
03:29Parce que c'était un garçon discret, avec qui est encore sa maman,
03:34et j'ai réservé, si je puis dire, mes sentiments plutôt à sa mère qu'au grand public.
03:42Je n'aime pas trop, moi, discuter de ces choses-là.
03:45Sa décision a été brutale, triste, et je ne voulais pas en rajouter.
03:51Votre liste pour les élections municipales, est-ce qu'elle est déjà bouclée ?
03:56Non, une liste n'est jamais bouclée jusqu'au dernier moment.
03:59Donc on est encore sur la gestion de la ville par l'équipe actuelle,
04:06et dans tous les cas de figure, l'équipe actuelle sera l'ossature de l'équipe d'après.
04:10Donc je ne suis pas très inquiet pour cela.
04:12Vos principaux adjoints repartent ?
04:14Oui, je suppose qu'ils repartent.
04:16Vous supposez ? Ils ne vous ont pas dit, monsieur le maire, je souhaite continuer ?
04:19Moi, j'ai une méthode, je leur ai demandé qu'est-ce qu'ils souhaitaient pour l'avenir,
04:25comment ils considéraient le mandat qu'ils venaient de passer,
04:27et à partir de là, on va élaborer la stratégie d'après.
04:30Mais je pense que tout ça, on a encore le temps.
04:31Vous savez, on est au mois de septembre, les élections sont au mois de mars,
04:35et d'ici là, il va se passer beaucoup de choses dans le pays.
04:37L'autre actue du jour, et ce qui pourrait se passer effectivement dès aujourd'hui,
04:40c'est la chute annoncée du Premier ministre François Bayrou,
04:43le vote de confiance à l'Assemblée nationale, en lien avec le budget 2026.
04:46Toutes les oppositions, et notamment l'ERN, ont prévu de voter contre.
04:50Si c'est effectivement le cas, François Bayrou va devoir partir.
04:53Vous dites quoi ce matin ? Bon débarras ?
04:55Peut-être pas bon débarras, mais il n'a pas su tout simplement incarner la fonction
04:58et les attentes que les Français attendaient de lui.
05:02Donc il va retourner à Pau et continuer son mandat de maire.
05:07Mais c'est vrai que, pendant sa responsabilité, il n'a pas fait grand-chose.
05:13C'est assez incompréhensible d'ailleurs, parce que c'est un homme quand même
05:16qui a beaucoup d'idées en général et qui les exprime.
05:20Et là, il a été, dans son expression orale, catastrophique,
05:23et dans sa manière de gouverner, absolument transparent.
05:28Et sa dernière saillie hier, concernant les contrôles au faciès par la police nationale,
05:33est délirante, parce qu'il met en danger la police nationale et tous les policiers
05:38et les forces de sécurité, alors qu'il ne se base sur rien.
05:43Et je trouve ça assez pathétique de sa part.
05:45Mais en votant contre la confiance, est-ce que vous ne craignez pas
05:48que l'ERN participe finalement à la bordélisation de la vie politique que vous dénoncez ?
05:53Parce qu'après François Bayrou, on va rentrer dans une période d'incertitude, évidemment.
05:57Oui d'accord, mais si c'est pour continuer avec la médiocrité
06:00et des mesures qui portent atteinte aux classes populaires
06:04ou aux classes moyennes basses, aux pouvoirs d'achat,
06:06qui ne servent pas les entreprises, les commerces, les artigains, etc.,
06:09il ne faut pas continuer dans la mauvaise direction.
06:12Et puis encore une fois, la Ve République, c'est le lien entre le peuple et ses dirigeants.
06:16On voit bien qu'il n'y a plus de lien, ni avec M. Bayrou,
06:19et encore moins avec M. Macron.
06:20Donc c'est normal, je pense, que M. Bayrou soit, on va dire, censuré aujourd'hui.
06:29Et je pense que la question d'après, ce sera M. Macron, qu'il faudra qu'il se la pose.
06:33Sauf qu'Emmanuel Macron ne compte pas démissionner.
06:35Oui, bien sûr, mais il faut que la France soit gouvernée.
06:39Donc il va nommer un autre Premier ministre.
06:41Si l'autre Premier ministre continue avec une politique
06:43qui était celle de M. Bayrou, de M. Barnier et de tous les autres...
06:48Pardon ?
06:48Il faut dissoudre, de nouveau ?
06:50Nous, on est pour la dissolution, évidemment,
06:52parce que c'est la seule manière de renouveler
06:54la légitimité des représentants du peuple au sein de l'Assemblée nationale.
06:58Alors on dit, ça va coûter cher et ça va prendre du temps.
07:02Mais enfin, c'est la démocratie.
07:04Et la France, elle est gouvernée.
07:06Il y a la continuité des services publics, la continuité de l'État.
07:09Et je ne vois pas les raisons qui poussent aux gens de dire
07:11« Oups, attention, il ne faut rien toucher,
07:13parce que sinon on va droit dans le mur. »
07:14Mais on y va de toute façon droit dans le mur.
07:16Donc il faut bien changer les choses.
07:17Et nous, nous pensons qu'il n'y a qu'une seule solution,
07:19c'est le retour aux urnes.
07:21Merci beaucoup, Louis Alliot.
07:22Je rappelle que vous êtes le maire de Perpignan
07:24et candidat à un nouveau mandat dans six mois.
07:26Bonne journée à vous, monsieur le maire.
07:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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