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00:00Et ce soir dans l'Essentiel Politique, nous recevons Émilie Zapalski.
00:05Bonsoir.
00:05Bonsoir Marie.
00:06Vous êtes éditorialiste politique, conseillère en communication.
00:09Actualité très dense.
00:11C'est en ce moment même.
00:12On reviendra évidemment sur le vote de confiance prévu ce lundi à l'Assemblée Nationale.
00:16Il n'y a plus beaucoup de suspense.
00:17Le gouvernement de François Bayrou est très probablement en train de vivre ces dernières heures.
00:22En embuscade, le Rassemblement National, lui, veut accélérer la cadence.
00:26Marine Le Pen appelle à de nouvelles élections législatives pour porter son parti à Matignon.
00:30Mais sera-t-elle entendue par Emmanuel Macron ?
00:34Enfin, pendant que les politiques se déchirent, les mouvements se préparent le 10 septembre,
00:38puis le 18, deux dates qui pourraient paralyser le pays.
00:45Après des jours de tournée médiatique, François Bayrou espère donc convaincre assez de députés ce lundi pour sauver son gouvernement.
00:52Mais les oppositions s'annoncent déterminées à le faire tomber.
00:54Le vote semble plié et l'avenir de François Bayrou scellé.
00:58Écoutez, le Premier ministre, il appelle au sursaut.
01:00Aujourd'hui, dans le Média en ligne, Bruton va l'écouter.
01:03Dehors des formations qui sont membres du gouvernement,
01:07elles disent toutes qu'il faut abattre le gouvernement.
01:10Et à quoi ça sert d'abattre le gouvernement ?
01:13Voilà des formations politiques qui, non seulement, ne sont d'accord sur rien,
01:17mais bien pire que ça, sont en guerre civile ouverte les unes avec les autres et en haine les unes avec les autres.
01:28Et elles se mettent ensemble pour abattre le gouvernement.
01:31Émilie Zapelsky, est-ce que François Bayrou a encore une chance d'être sauvé ?
01:35Ça paraît quand même très, très compliqué, puisqu'on a entendu les uns et les autres
01:39qui ont dit qu'en gros, ils ne voteraient pas la confiance.
01:42Il y a encore quelques incertitudes au niveau des Républicains,
01:45mais globalement, on sent que ça ne pourra pas le faire.
01:48On a l'impression que c'est plutôt une tournée d'adieu qui se passe là, en ce moment, dans les médias.
01:54Et moi, je dirais qu'il faut que ça s'arrête,
01:56parce que là, on sent François Bayrou de plus en plus radical dans les termes qu'il utilise.
02:01Et là, on vient de l'entendre en parlant de guerre civile, en parlant des oppositions.
02:04Je trouve que c'est quand même assez peu propice.
02:07Enfin, ce n'est pas bien d'utiliser ce terme-là, d'essayer de dramatiser.
02:11Il l'a fait sur la dette.
02:12Il essaie de le faire en disant que les oppositions ne veulent pas, ne sont pas responsables.
02:16Je pense que là, il faut que ça se termine.
02:18On sent bien qu'il ne peut pas convaincre.
02:21Ça devient un peu ridicule.
02:22Concrètement, c'est une erreur stratégique qu'il a faite de décider de ce vote de confiance ?
02:26Il le regrette ou le pensait ?
02:27Je ne sais pas s'il le regrette,
02:29parce que globalement, il savait qu'il courait à l'échec, finalement, avec ce budget.
02:34Donc, c'était une manière de dire, peut-être, de sortir par le haut en disant
02:38« J'aurais essayé de convaincre tout le monde, les parlementaires, les citoyens, tout le monde, mais je n'y arrive pas. »
02:45Donc, vous voyez bien, moi, je suis responsable.
02:47Les autres ne le sont pas.
02:48Ça tourne un petit peu contre lui, là, on dirait.
02:50Plus ça se prolonge, plus ça tourne contre lui.
02:53Je ne suis pas sûre qu'il le regrette.
02:54C'était une mission impossible, de toute façon.
02:57Mais en tout cas, il a précipité la crise.
02:59Et on voit bien que la rentrée s'annonce très, très agitée,
03:02ne serait-ce qu'avec ce vote de confiance qu'il risque de ne pas avoir.
03:06Et puis, une des agitatrices, c'est Marine Le Pen.
03:09Elle a fait sa rentrée politique aujourd'hui dans son fièvre des Nîmes-Beaumont,
03:12avec un discours très offensif, très dur, notamment contre Emmanuel Macron.
03:16Elle se dit prête à se sacrifier pour permettre l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir.
03:20Et ce, alors que son procès en appelle pour l'affaire des assistants parlementaires se profile.
03:25On va l'écouter.
03:26Il a cru que nous ne prendrions pas le risque d'une dissolution,
03:31sachant qu'en raison de la scandaleuse décision me frappant d'inéligibilité avec exécution provisoire,
03:40je ne pourrais peut-être pas me représenter.
03:42A lui et aux autres, je dis.
03:47Je suis prête à sacrifier tous les mandats de la Terre
03:50pour vous empêcher de massacrer les Français avec vos politiques absurdes.
03:55Ce dont notre pays a besoin, c'est d'une alternance pragmatique et déterminée.
04:01Maintenant, le Rassemblement national, je le répète encore,
04:05est plus que jamais prêt à assumer cette immense et haute responsabilité.
04:08Voilà Marine Le Pen qui appelle à l'alternance, à la dissolution.
04:14Donc cette posture de sacrifice qu'elle veut incarner,
04:19c'est de bon ton, ça peut renforcer son image ?
04:23Au-delà du sacrifice, moi je pense que c'est le ton très offensif ce qui a changé.
04:27Marine Le Pen, le RN était plutôt en retrait ces derniers temps.
04:30Et là, il y a quelque chose qui s'est passé avec l'été
04:32et avec cette décision du vote de confiance de François Bayrou.
04:35D'abord, je pense qu'elle n'a pas aimé être mise de côté.
04:38Pas de réponse à sa lettre pendant l'été.
04:41On dit qu'ils sont en vacances.
04:42Donc il y a eu un espèce de mépris de la part de François Bayrou
04:44qu'elle n'a pas apprécié alors que, habituellement,
04:46ces deux animaux politiques se regardaient en se respectant.
04:49Donc il y a déjà ça.
04:50Et puis je pense qu'il y a la base, il y a les militants,
04:52il y a les gens et les électeurs qui veulent en découdre
04:55et qui veulent voir le RN gouverner.
04:58Et donc elle entend...
04:58Elle suit l'air du temps.
04:59Elle suit l'air du temps.
05:00Elle se dit que c'est le moment de montrer qu'on peut gouverner.
05:03Et elle pousse aussi, elle propulse Jordan Bardella au premier rang,
05:07donc en tant que Premier ministre.
05:09Elle l'a dit plusieurs fois dans son discours ce matin.
05:11Alors que lui, on l'a senti hésitant.
05:13Ils ont fait un bureau exécutif en début de semaine.
05:16Il en était à...
05:16On va essayer d'être prêt pour les législatives
05:19s'il y avait une éventuelle dissolution.
05:20Non.
05:21Elle dit qu'il est prêt.
05:22Ça sera le Premier ministre s'il y a dissolution
05:24et s'il y en a la majorité.
05:26Donc on voit que ce ton est vraiment beaucoup plus offensif
05:28de la part de Marine Le Pen.
05:29Et je pense qu'elle ne lâchera pas le morceau.
05:32Après, bon, ils ont dit qu'ils ne gouvernaient pas
05:34s'ils n'avaient pas la majorité absolue.
05:36Donc après, on est dans des hypothèses
05:38qu'on ne maîtrise pas au jour d'aujourd'hui.
05:40Ce qu'ils ne maîtrisent pas, c'est la décision d'Emmanuel Macron.
05:43Est-ce qu'il peut vraiment envisager
05:46de dissoudre l'Assemblée nationale ?
05:47Pour le moment, on sent bien qu'Emmanuel Macron
05:49veut éviter la dissolution
05:51qui n'éclaircirait probablement pas beaucoup les choses.
05:54Mais évidemment, si les premiers ministres se succèdent encore,
05:58va se reposer la question de la dissolution.
06:01Éventuellement aussi, les regards vont se porter sur Emmanuel Macron.
06:04On a des Jean-Luc Mélenchon qui demandent sa destitution.
06:07On a deux mouvements sociaux qui se profilent le 10 et le 18 septembre.
06:12S'il n'y a pas de Premier ministre
06:14ou s'il y a encore des successions,
06:17ça risque d'être compliqué pour Emmanuel Macron
06:18de ne pas dégainer soit une dissolution, soit quelque chose de plus grave.
06:21Quel est le bon calcul ?
06:23Quels sont les noms qui circulent en ce moment ?
06:25On sait que le socialiste Olivier Faure
06:27se dit prêt à devenir Premier ministre.
06:29Est-ce que c'est envisageable, ça, pour le président français ?
06:31A priori, ce n'est pas ce que propose l'Elysée.
06:34Emmanuel Macron ne souhaiterait pas ça.
06:36Il serait plutôt pour quelqu'un
06:37qui soit compatible avec les Républicains,
06:39pour garder les Républicains avec le socle commun.
06:42Mais il faut aussi ne pas perdre les socialistes.
06:43Mais quelqu'un qui dialogue avec le Parti socialiste,
06:45puisque c'est le Parti socialiste
06:46qui fait un petit peu l'arbitre pour le moment.
06:48Maintenant, moi, j'ai un peu des doutes aussi sur ça,
06:50parce qu'en gros, ça serait un Bayrou 2, finalement.
06:53Quelqu'un qui parle au LR et qui parle au PS.
06:55Ça n'a pas réussi.
06:57Et on sent bien qu'il y a beaucoup de difficultés
06:58de la part d'Emmanuel Macron
06:59d'infléchir sa politique, notamment économique,
07:02et donc de donner suffisamment de gages
07:04et de garanties au PS
07:05pour qu'il puisse accorder au moins une non-censure,
07:09comme ça avait été négocié avec François Bayrou
07:11lors du budget 2025.
07:13On sent encore beaucoup de difficultés d'Emmanuel Macron.
07:15On lui connaît aussi un certain temps
07:17pour nommer les ministres.
07:19Donc, on risque d'entrer dans un tunnel
07:21après demain soir.
07:22S'il y a donc le non-vote de confiance,
07:25ça risque de durer un peu.
07:27Et pendant ce temps-là, la France,
07:28elle est un petit peu à l'arrêt.
07:29La France, elle veut, malgré tout,
07:31avoir son mot à dire.
07:32Le 10, puis le 18 septembre,
07:34plusieurs syndicats appellent à bloquer le pays,
07:36notamment pour protester contre le budget 2026.
07:39et puis peut-être plus généralement
07:41contre cette classe politique
07:42qui ne...
07:43Les Français ne se sentent plus représentés,
07:45en tout cas, ne font plus confiance
07:46dans leur classe politique.
07:49Cette mobilisation, elle a intervient
07:50au pire moment pour l'exécutif
07:52qui est déjà faibli.
07:54Est-ce qu'on va vers un automne
07:55de tous les dangers ?
07:56On va vers un automne très compliqué, oui,
07:57parce que pas de budget
07:58ou un budget qui va être très tardif.
08:00C'est deux événements
08:01qui sont un peu de format différent,
08:03mais qui vont agréger quand même
08:04toute une colère qui est toujours là.
08:06Et comme vous l'avez dit,
08:07les Français, les Françaises,
08:08ils ne se sentent pas entendus,
08:09ils ne se sentent pas écoutés.
08:10Là, c'est des micmacs,
08:11c'est des tactiques entre partis politiques
08:13et eux, ils disent,
08:14mais moi, mes préoccupations quotidiennes,
08:16personne ne s'en occupe,
08:17personne ne s'occupe des services publics,
08:19de la santé.
08:20Voilà, il y a cette défiance
08:21et ce ras-le-bol, en quelque sorte.
08:24Il y a eu aussi un espèce de déni démocratique,
08:27finalement, puisque au lendemain
08:28des élections de 2024,
08:30Emmanuel Macron n'en a fait qu'à sa tête
08:31par rapport aux résultats.
08:33Donc oui, ça risque d'être compliqué.
08:34C'est une façon pour les Français
08:36de dire, bon, on existe,
08:38on a besoin que les politiques
08:39pensent à nous.
08:40Et pour l'instant,
08:41ils n'ont vraiment pas l'impression
08:42que les politiques
08:43soient vraiment cibles
08:46de leurs préoccupations quotidiennes.
08:47Et elle peut vraiment peser la rue
08:49avec ces mouvements,
08:50bloquons-tout
08:51et la manifestation du 18 septembre ?
08:54C'est difficile à dire,
08:55parce que le 10 septembre,
08:56c'est compliqué.
08:57Il y a de l'extrême gauche,
08:58il y a de l'extrême droite,
08:59il y a des mouvements de réseaux sociaux,
09:00il peut y avoir des violences,
09:01on ne sait jamais.
09:02Le 18 septembre,
09:03c'est plus officiel,
09:04puisque c'est les syndicats
09:05qui rentrent de la danse.
09:06On va voir, en fait,
09:07quelles sont les prolongations
09:08qu'il va y avoir.
09:09Est-ce que ça se prolonge
09:10après le 10,
09:11après le 18 notamment ?
09:12Est-ce qu'il y a des rendez-vous
09:14qui sont fixés ?
09:15C'est ça qui va dessiner ou pas
09:16un énorme mouvement social
09:18qui pourrait embarquer
09:19les prochains gouvernements
09:21et poser de grosses difficultés
09:23à Emmanuel Macron.
09:23Merci beaucoup,
09:25Émilie Azapaski,
09:25d'avoir été notre invitée.
09:27On comprend,
09:28il y aura des choses à dire
09:29dans l'essentiel politique
09:30chaque dimanche.
09:32Vous l'avez dit,
09:33c'est peut-être sur le temps long
09:34que va se faire la nomination
09:36d'un nouveau gouvernement
09:37en France.
09:37Merci à vous
09:38d'avoir suivi cette émission.
09:40Tout de suite,
09:40vous allez retrouver Fatima Tawan
09:42pour le journal de l'Afrique
09:43et on se donne rendez-vous
09:44juste après pour un nouveau journal.
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