00:00Europe 1 Soir Weekend, 19h21, Stéphanie Demureux.
00:04Merci de nous rejoindre sur Europe 1 Soir Weekend en compagnie de mes deux débatteurs de la première heure.
00:09Véronique Jacquier, Alexandre Malafaille, on était il y a quelques instants avec Constance Lecrippe et Mickaël Taverne.
00:16Deux députés qui sont déjà peut-être en train de repartir en campagne, de faire leur carton.
00:21Du moins ils le souhaitent puisque, en tout cas, Mickaël Taverne lui souhaite une dissolution.
00:25Vous avez certainement suivi aujourd'hui Bruno Retailleau qui clôturait la rentrée des LR.
00:33C'était à Port-Marly, le patron des LR qui proposera un accord de gouvernement au prochain Premier ministre.
00:39Si François Meyrou tombe demain, assurant que la droite ne veut pas rester au sein de l'exécutif à n'importe quelles conditions.
00:47Et là, il a clarifié les choses Bruno Retailleau parce que lui, ce sera sans les socialistes,
00:51contrairement à ce qu'avait sous-entendu Laurent Wauquiez.
00:54En tout cas, il y aura deux priorités pour lui qui sont le budget et la partie régalienne.
01:00Est-ce qu'il a raison Bruno Retailleau, Alexandre Malafaille ?
01:03Après, c'est de la cuisine électorale ou arithmétique à l'Assemblée Nationale.
01:07Je ne sais pas s'il a raison ou il a tort.
01:09S'il veut rester au gouvernement et s'il souhaite qu'il y ait un Premier ministre de droite issu des Républicains,
01:15il faudra quand même qu'il réussisse à convaincre le parti d'Emmanuel Macron, Gabriel Attal,
01:20et en même temps qu'il s'assure la neutralité du Rassemblement National.
01:23Donc ça veut dire trouver un espace d'action dans ce cadre-là.
01:26Puisque là, pour le coup, je pense que compte tenu de sa posture via des socialistes,
01:29il n'aura aucun cadeau à attendre du parti socialiste à l'occasion d'un vote de budget ou autre chose,
01:33ou d'une motion de censure, encore moins bien sûr des insoumis.
01:36Donc c'est dans cet espace-là qu'il faut naviguer.
01:38Est-ce qu'il peut trouver un chemin ou est-ce qu'un Premier ministre qui serait issu de ses rangs peut trouver un chemin ?
01:41Ce n'est pas impossible.
01:43Après, on est quand même dans un contexte où est-ce que le RN a envie de tenter cette aventure-là,
01:51ou a plutôt envie de pousser à la dissolution ?
01:53C'est ça aussi qui est très intéressant.
01:55Il y a un moment où, pourquoi pas, la dissolution pourrait finalement apparaître une opportunité pour un certain nombre de formations politiques.
01:59Le RN, parce qu'il peut peut-être faire meilleur score.
02:02A priori, même Marine Le Pen dit tant pis pour moi, allez-y sur moi, voilà.
02:06Et les socialistes, eux aussi, sur cette logique-là, ils pourraient profiter de la séquence pour se désarimer d'LFI
02:11et essayer de retrouver une forme d'indépendance politique, ce qui pour eux serait un gage de meilleure réussite pour 2027.
02:16Donc il y a peut-être un moment qui milite en faveur de ça.
02:19Vous avez déjà, les socialistes, déjà sur les circonscriptions en cas de législative,
02:23ils sont déjà en train de préparer une forme d'accord quand même au cas par cas.
02:27Véronique Jacquet, c'est vrai que là, il y a beaucoup de partis qui sont sur une ligne de crête.
02:33Bruno Retailleau, notamment les LR, il va falloir la jouer très fine.
02:38Oui, c'est quand même de la tombouille façon 4ème République.
02:41Alors c'est compliqué parce que quand j'entends Alexandre Malafaille, effectivement,
02:44parler de ce qui pourrait être la meilleure des solutions pour Bruno Retailleau et son parti,
02:50ou la moins pire plutôt, on voit que Bruno Retailleau est sur une ligne de crête
02:55parce qu'il pense aussi à son avenir personnel.
02:57Aujourd'hui, quand il s'est exprimé à Port-Marly, il a parlé comme un futur candidat
03:02qui se positionne pour 2027.
03:04C'est évident, il veut jouer sa carte.
03:06Il ne faut pas se sortir du champ, c'est un risque pour lui.
03:07Il se met dans les pas de François Fillon.
03:09François Fillon, vous savez, c'était quand même son plus fidèle lieutenant.
03:11Il n'a pas réussi à aller jusqu'au bout.
03:13Enfin si, il a quand même fait 20% au premier tour, pardon.
03:15Mais ce que je veux dire, c'est qu'il a raté la dernière marche et on sait pourquoi.
03:20Bruno Retailleau, donc lui, il se dit, ce serait bien que je reste au gouvernement
03:27comme ministre de l'Intérieur ou autre parce que moi j'ai prévu dans mon calendrier...
03:32C'est ce que souhaite la grande majorité des sympathisants à l'air en plus.
03:35Après les municipales, pour être en pôle position, pour être un candidat monétisable
03:39pour bon nombre de personnes à droite.
03:43Donc évidemment, il flatte son électorat ou plutôt il le rassure.
03:47Et puis de l'autre côté, vous avez quand même Marine Le Pen.
03:48Alors elle, c'est compliqué aussi parce que quand j'entends dissolution, dissolution, dissolution...
03:53Oui, alors ça veut dire qu'on flatte la plus grande partie de son électorat qui veut le dégagisme absolu.
03:59C'est-à-dire que quand vous entendez les députés RN, dans leur circonscription, c'est l'horreur.
04:05Plus personne ne veut de n'importe qui dans la classe politique, hormis le RN.
04:10Donc il y a vraiment une colère sourde dans le pays.
04:14Mais en même temps, si elle joue la carte de la dissolution et on fait tout pour aller jusqu'au bout de la dissolution,
04:20elle grille quand même sa cartouche de devenir fréquentable avec une partie de la droite
04:27qui pourrait éventuellement voter pour elle à la prochaine présidentielle ou pour Bardella d'ailleurs.
04:32C'est-à-dire cette droite qui lui manque, cette droite de gens bien élevés,
04:36cette droite un petit peu CSP+, retraités, qui sont encore chez les LR.
04:40Donc il y a ce côté dégagisme, ça marche d'un côté, ça ne marche pas de l'autre.
04:44Donc moi je crois que franchement là on est en plein brouillard pour tout un championnat.
04:47Oui ça ça je crois.
04:48Et puis surtout c'est de la tombouille digne des petits partis politiques.
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