00:00Bonsoir Aline Renaud.
00:01Bonsoir Aline.
00:02Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:04Vous étiez une proche, une très proche.
00:06Vous êtes allée tout à l'heure à Marne-la-Coquette
00:09pour lui dire un dernier adieu
00:11pour réconforter Laetitia, j'imagine ?
00:13Oui.
00:14Là, embrasser Laetitia
00:16et rencontrer ses enfants,
00:19David, Laura,
00:21et puis lui dire au revoir à lui.
00:25C'est...
00:26Comment tu as ?
00:27Moi, c'est comme si j'avais perdu un enfant.
00:30J'ai beaucoup de mal à me vivre.
00:33J'ai beaucoup hésité.
00:35Et puis, on m'a dit, il faut y aller.
00:37Donc, je viens, je vais essayer d'être forte.
00:40Je dois dire, c'est bien assez extraordinaire
00:42de voir la France.
00:45La France en pleurs.
00:48La France qui...
00:50qui a perdu la personne,
00:52je crois, qu'elle aimait le plus.
00:55Jamais j'ai vu autant d'amour.
00:56C'est de l'exceptionnel, ce que nous vivons là.
00:59Jamais quelqu'un,
01:02aussi loin que je puisse retourner comme ça dans le passé,
01:06jamais quelqu'un ici, chez nous,
01:09a été autant aimé
01:10depuis des générations.
01:13Il avait une seule chanson.
01:16Et alors nous,
01:16moi, je devais choisir parmi...
01:18on avait vu d'autres chanteurs ou chanteuses.
01:22Voilà, là, il a chanté, il est en train de la chanter.
01:24Exactement.
01:24Il avait une chanson qui s'appelait
01:25Laisse les filles.
01:27Et quand il est entré dans le studio,
01:31avant qu'il ne chante,
01:34je savais qu'on avait quelqu'un d'exceptionnel.
01:36Il est entré avec son charisme.
01:39Le charisme, il n'y a pas d'école.
01:41On l'a ou on ne l'a pas.
01:43Il en avait à revendre.
01:45Donc, il est entré là comme ça.
01:46Et quand il s'est mis à chanter,
01:49bon, tout était dit.
01:50Mais j'étais certaine d'avoir une star.
01:55Mais je n'ai jamais imaginé une carrière comme ça.
01:59Elle est unique au monde.
02:01Et vous savez, c'est drôle,
02:02parce que le lendemain de cette émission,
02:05j'ai commencé à recevoir des lettres d'un chute.
02:09Des lettres, comment vous, Ligne Renaud,
02:12vous semblez pourtant bien équilibrée.
02:14Et comment avez-vous pu présenter ce fou,
02:17ce fou qui se roule par terre avec sa guitare
02:21et l'autre moitié de la France,
02:22toute à jeunesse.
02:24Ligne Renaud, on n'a pas bien compris son nom.
02:26Pouvez-vous nous avoir une faute ?
02:27Enfin, il n'avait certainement pas créé l'indifférence.
02:31C'est sûr.
02:32Et c'était le début d'une grande aventure.
02:33Johnny, c'était un sourire, un sourire d'enfant.
02:36Des yeux bleus.
02:37Et oui, des yeux bleus, perçants, comme les vôtres.
02:39Et aussi un visage couvert de sueur.
02:42Un homme qui donnait tout sur scène, et plus encore.
02:45Il y avait une énergie folle qui se dégageait de ses shows
02:48et il ne les y n'est pas sur les moyens.
02:50Une bête de scène.
02:52Ah oui, vraiment, c'est une bête de scène.
02:54C'est aussi pour ça que, quand il a débuté,
02:56bon, les succès des disques,
02:59mais il avait déjà, c'était un enfant de la balle,
03:03il avait déjà beaucoup de scènes en lui.
03:06Il a commencé très, très jeune.
03:08Donc, non seulement, il vendait des disques,
03:12mais il ne décevait pas quand il était sur scène.
03:14Au contraire.
03:16Et Johnny, c'est tout pour son public.
03:18qu'il a un instinct fou sur sa propre carrière.
03:22Il sait ce qu'il doit faire.
03:24Il sait ce qu'il faut donner au public.
03:27Il se dit qu'il continuait à enregistrer, même malade,
03:30des chansons pour un futur album.
03:32C'est vrai ?
03:33Oui.
03:33Mais Johnny, c'est un battant.
03:35C'est pour ça que, même si on pensait que le chemin
03:41commençait à être difficile,
03:44le chemin santé, je parle,
03:46on a tellement l'habitude de miracles avec lui.
03:50Pour nous, c'est un surhomme.
03:52D'ailleurs, si ce n'était pas Johnny,
03:54il y a longtemps qu'il serait parti.
03:56Et surtout, il était très bien entouré,
03:58beaucoup d'amour autour de lui.
04:00Et ça, ça aide.
04:01L'amour, ça aide.
04:02On entend aussi que sa voix n'avait jamais été aussi belle.
04:06Oui.
04:07Quelques fois, on arrivait dans la loge,
04:10avant le spectacle.
04:12On allait le voir.
04:14Il était fatigué.
04:15Il avait tourné.
04:17On s'était couché tard.
04:18Il était fatigué.
04:20Je me disais, mais c'est pas possible.
04:21Il va pouvoir.
04:22Ça ne va pas se passer.
04:24Il entrait sur scène.
04:26C'était un géant.
04:28Un géant.
04:28Il était une force de la nature.
04:32Un être d'exception.
04:34Un bon, un gentil, un fidèle, généreux, tendre.
04:41Son public, ses fans, il les aimait.
04:45Jamais il n'aurait voulu décevoir ses fans.
04:47Jamais.
04:48On entend beaucoup parler d'un hommage national.
04:50L'Élysée n'a pas encore confirmé.
04:52Apparemment, au consul de sa famille.
04:53Est-ce que vous pensez qu'il faut un hommage national ?
04:55La France entière pleure.
04:58Alors, il y a.
05:01Il peut l'avoir.
05:02Mais il y a peut-être des règlements que nous ne connaissons pas.
05:06Et vous y êtes favorable.
05:07En tout cas, il le mérite.
05:09Merci beaucoup, Aline Renaud, d'être venue sur notre plateau.
05:12Malgré le chagrin, l'émotion, merci vraiment d'être venue nous parler.
05:16Merci beaucoup.
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