L'église Saint-Pierre de La Bâtie-Divisin un trésor byzantin au cœur du Dauphiné film Jean-Claude Guerguy by Ciné Art Loisir
Ciné Art Loisir présente « Balades et découvertes » Relief de France, les églises catholiques l'église Saint-Pierre de La Bâtie-Divisin Au cœur du Dauphiné, l'église Saint-Pierre de La Bâtie-Divisin (Isère) se dévoile comme un joyau inattendu. Reconstruite en 1894 avec l'aide des Chartreux, elle étonne par son style néo-byzantin : coupoles étoilées, fresques colorées, vitraux éclatants, autels sculptés... Chaque détail dit la foi et la générosité d'un village qui voulait, à la fin du XIXᵉ siècle, bâtir un sanctuaire digne des grandes cités.
Ce film de 15 minutes n'est pas seulement une visite : c'est une immersion dans la lumière des vitraux, dans le silence des coupoles bleues, dans la ferveur d'une pietà ou d'un chemin de Croix. L'église Saint-Pierre est ici montrée comme un véritable trésor spirituel et patrimonial, où l'art et la foi se rejoignent.
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🎬 Montage et réalisation : Jean-Claude Guerguy 🖋 Texte et narration : Frère Toussaint, mb 📽 Production : Association Ciné Art Loisir 🌐 Site Internet : www.cine-art-loisir.com 📂 Série générale : « Balades et découvertes » 🏛 Collection : « Relief de France, les églises catholiques » 🎵 Musique : Relaxing Sleep Music Calm Ambient Meditation & Peaceful Sounds
00:24À travers les champs et les routes qui conduisent au village de la bâtie d'Ivisin,
00:28l'Église Saint-Pierre se dévoile peu à peu.
00:38Son clocher élancé se dresse au milieu des toits,
00:42comme un repère familier reliant les maisons au ciel et aux horizons du Dauphiné.
00:48Depuis la fin du XIXe siècle,
00:59l'Église Saint-Pierre de la bâtie d'Ivisin
01:01se dresse au-dessus d'un cimetière resté fidèle à son emplacement d'origine,
01:07tout contre l'Église.
01:08Alors que beaucoup de villages, après le décret impérial de 1804,
01:15ont déplacé leur cimetière à l'écart pour des raisons de salubrité,
01:19ici il a été conservé.
01:23Ainsi demeure vivant le lien discret entre la mémoire des ancêtres et la vie du village.
01:28Juste en face, une maison raconte une autre histoire,
01:36celle du quotidien villageois.
01:39Sur son mur, une fresque en trompe-l'œil fait surgir une vache depuis les tables
01:44et déroule comme un herbier mural les noms des villages alentours.
01:49Entre le sacré et le profane,
01:53entre l'Église et ce décor paysan,
01:56s'installe un échange discret,
01:58mémoire spirituelle d'un côté,
02:00mémoire rurale de l'autre.
02:02Cette église n'est pas la première du lieu.
02:23Elle fut reconstruite en 1894,
02:27grâce notamment au soutien financier des Chartreux,
02:29qui participèrent largement à son édification.
02:32Le clocher, simple et sans fioritures,
02:37ne cherche pas à dominer, mais à accompagner le paysage.
02:42Sa façade néo-romane est volontairement sobre.
02:45Ici, l'accent n'a pas été mis sur l'extérieur,
02:48mais sur la richesse intérieure.
02:53Dès que l'on franchit le seuil,
02:55on perçoit la singularité de l'Église Saint-Pierre.
02:58Alors que l'on s'attend à la rigueur d'une nef romane,
03:01on découvre un espace rythmé de coupoles.
03:06C'est le choix audacieux de l'architecte Girard,
03:09introduire dans une petite église dauphinoise
03:12une inspiration venue de l'art byzantin.
03:17Ces coupoles, décorées de fonds bleus semés d'étoiles
03:20et de compartiments floraux et géométriques,
03:22transforment la nef en une succession de ciels intérieurs.
03:37Puis le regard se pose sur le maître-hôtel
03:40et son tabernacle doré, le cœur de l'Église.
03:55L'autel est orné d'un agneau sculpté,
03:59figure du Christ qui s'offre pour le salut des hommes,
04:01entouré de gerbes et de pampres
04:04qui rappellent le pain et le vin de l'Eucharistie.
04:12De chaque côté, deux reliquaires dorées
04:15abritent des fragments de saints,
04:17rappelant la tradition ancienne
04:19d'associer le sacrifice du Christ
04:21à celui de ses témoins les plus proches.
04:31Tout près du maître-hôtel,
04:33deux retables en bois sculpté se dressent,
04:36ornées de colonnettes torsadées
04:38et de motifs dorés.
04:41Dans leur niche,
04:42des personnages se tiennent debout,
04:45certains avec un livre,
04:47d'autres avec un instrument.
04:49Ils semblent représenter, d'un côté,
04:53les prophètes de l'Ancien Testament
04:54et de l'autre,
04:56les apôtres du Nouveau Testament.
05:00Cette mise en regard
05:02de la promesse du salut avec sa réalisation
05:04est une tradition ancienne.
05:12Les vitraux complètent cet ensemble,
05:15attribué en partie
05:16à l'atelier Bessac de Grenoble,
05:19il déploie un véritable catéchisme en images.
05:22L'autel de Saint Joseph le représente protecteur et attentif.
05:40Autour de lui,
05:41des anges se tiennent en prière.
05:45Cet autel,
05:46sculpté dans le marbre clair,
05:48est un hommage à la figure du Père,
05:51modèle de confiance et de fidélité.
06:04En face,
06:06l'autel de la Vierge déploie
06:07autour d'une statue de la Vierge à l'enfant
06:09plusieurs représentations
06:11de ses apparitions.
06:12Cet ensemble rappelle
06:15combien le XIXe siècle
06:17fut marqué
06:18par les révélations mariales,
06:20de la Salette à Lourdes,
06:22et combien ces images
06:23ont nourri la piété populaire.
06:29Ici se lit la confiance
06:30d'un peuple qui voyait en Marie
06:32la mère de Dieu
06:33et la mère des hommes,
06:35associée intimement
06:36à l'œuvre de rédemption du Christ.
06:38Sur les murs,
06:51un grand crucifix
06:52domine la nef.
06:54Le chemin de croix
06:55déroule sa méditation,
06:57station après station.
07:00L'auteur reste inconnu,
07:03comme souvent dans ses églises rurales.
07:06Il s'agit probablement
07:07d'un travail d'atelier régional
07:09réalisé à la fin du XIXe siècle,
07:12à l'époque de la reconstruction.
07:13Un vitrail représente
07:31Notre-Dame de la Salette,
07:33si chère aux églises d'Isère
07:35depuis les apparitions de 1846.
07:39Marie, dans son manteau lumineux,
07:41se révèle ici
07:42aux deux enfants
07:43du village montagnard,
07:45scène gravée
07:46dans la mémoire
07:47de tout le Dauphiné.
07:50Le confessionnal
07:51en bois sculpté
07:52est un petit chef-d'œuvre
07:53d'artisanat.
07:55Colonnette finement travaillée,
07:58feuillage décoratif
07:59et surtout
08:00l'agneau pascal
08:01gravé sur la porte
08:02rappelle que le pardon
08:04reçu ici
08:05prend sa source
08:06dans le sacrifice du Christ.
08:08La piéta ne montre pas seulement
08:19la douleur d'une mère
08:20devant son fils défunt.
08:22Elle est aussi
08:23une image théologique.
08:25Debout au pied de la croix,
08:27la Sainte Vierge
08:27s'unit au sacrifice
08:28rédempteur du Christ.
08:31Assise,
08:32tenant dans ses bras
08:32le corps de Jésus mort,
08:35elle est l'image
08:35des prêtres
08:36qui, en célébrant la messe,
08:38offre à Dieu le Père
08:39pour le salut du monde
08:41le sacrifice du Christ.
08:44À l'intersection des coupoles,
08:46dans le style
08:46de la fin du XIXe siècle,
08:48narratif et pédagogique,
08:50pensé pour être compris de tous,
08:53des médaillons peints
08:54racontent des épisodes sacrés.
08:58L'un d'eux rappelle
08:59les martyrs de Lyon,
09:00probablement Saint-Potin
09:02et Saint-Atal,
09:04un lien entre le christianisme
09:06des premiers siècles
09:07et la foi vécue
09:08dans ce coin d'Isère.
09:17Le banc de communion,
09:19en marbre sculpté,
09:21est l'endroit
09:21où les fidèles
09:22viennent s'agenouiller
09:23pour recevoir l'Eucharistie.
09:25On l'a donc voulu
09:26le plus beau possible.
09:29Entre les motifs floraux
09:30et les symboles de la Passion,
09:32on distingue des initiales.
09:34D'un côté,
09:35SJ,
09:36pour Sanctus Joseph,
09:38de l'autre,
09:39un M,
09:40pour Maria.
09:43Ainsi,
09:44au moment de communier
09:45et de recevoir Jésus,
09:47le fidèle se savait entourer
09:49et porter par la prière
09:50de Joseph et de Marie.
09:51La chair en marbre polychrome
10:06est ornée de peintures bibliques
10:08et de délicates sculptures.
10:09Sur son pilier,
10:33une inscription discrète
10:35garde la mémoire d'un donateur,
10:36signe que cette église
10:39fut dès l'origine
10:40l'œuvre collective d'un village.
10:54Chaque pièce raconte donc
10:56la générosité des paroissiens
10:58qui, en 1894,
11:01ont voulu offrir à leur village
11:03un sanctuaire digne des grandes cités.
11:06Cette fresque représente sans doute
11:22le retour d'Égypte,
11:24lorsque la Sainte Famille
11:25revient s'établir à Nazareth
11:27après des années d'exil.
11:30Marie, assise,
11:32accueille le geste confiant
11:34de l'enfant Jésus
11:35qui lui prend la main
11:36tout en désignant la route à suivre.
11:40Joseph, appuyé sur son bâton,
11:42semble remercier Dieu
11:43de la protection reçue.
11:47L'âne chargée
11:48témoigne encore du voyage,
11:50mais tout dans la Seine
11:52respire l'apaisement.
11:54C'est la fin d'une épreuve
11:55et le commencement d'une vie simple
11:57cachée à Nazareth.
11:58Par l'huile des vitraux,
12:09on distingue encore
12:10Saint-François d'Assise.
12:25Notre-Dame de Lourdes,
12:26la Sainte Vierge enfant,
12:35entourée de ses parents,
12:37Sainte Anne et Saint Joachim.
12:45Sainte Jeanne d'Arc,
12:47recevant l'inspiration
12:48de ses trois guides spirituels,
12:50Saint-Michel-Archange,
12:51Sainte Catherine d'Alexandrie
12:53et Sainte Marguerite d'Antioche.
12:55...
13:04...
13:18Et enfin, Sainte Marguerite Marie contemplant le Sacré-Cœur.
13:45Autant de figures familières ou fidèles de la fin du XIXe siècle qui voyaient dans ces images des modèles de foi et de courage.
14:15Dans cette fresque, c'est le mystère de l'Assomption qui s'élève sous nos yeux.
14:27Marie, toute de blanc et de bleu vêtue, est portée au ciel par des anges aux draperies éclatantes.
14:34Son visage, emprunt de douceur et de confiance, s'abandonne à cette élévation.
14:40En contrebas, les regards des fidèles et des âmes du Purgatoire se tournent vers elle, implorant son intercession.
14:51Dans ce décor du XIXe siècle, à la fois narratif et solennel, la piété mariale s'exprime dans toute sa force.
14:59Marie est la première sauvée, la première transfigurée, celle qui entraîne à sa suite l'humanité vers la gloire promise.
15:08Depuis l'extérieur, les vitraux apparaissent comme de simples ouvertures, sombres, presque opaques.
15:17Mais la pierre taillée qui les encadre les transforme déjà en ornements, comme des promesses de lumière cachée.
15:25De l'intérieur, tout change. La clarté du jour les traverse et les embrase.
15:31Les silhouettes des saints s'animent, les couleurs se déploient en éclats de rouge, de bleu et d'or.
15:38Ce qui semblait muet à l'extérieur devient un récit vivant, une prière en image.
15:45Ainsi, les vitraux rappellent que la foi se révèle de l'intérieur.
15:52Vue de loin, elle peut sembler obscure.
15:56Mais lorsque la foi est une adhésion de l'âme aux vérités divines, celle-ci resplendit de lumière.
16:03Ce vitrail illustre la rencontre entre saint Hugues, évêque de Grenoble, et saint Bruno, le futur fondateur de l'Ordre des Chartreux.
16:19A genoux, auréolé, saint Bruno reçoit cette bénédiction entourée de ses premiers compagnons.
16:28A l'arrière-plan, les montagnes rappellent le vallon solitaire de Chartreuse, que saint Hugues leur donna en 1084 pour y établir leur ermitage.
16:38Par cette scène, le vitrail souligne le lien profond entre la Grande Chartreuse et les églises dauphinoises, dont celle de la bâtie d'Ivisin.
16:48Un lien fait de prière, de silence et de soutien concret, jusque dans la construction de ce sanctuaire.
16:55Ici, saint François de Sales et saint John de Chantal apparaissent côte à côte.
17:23Lui, évêque de Genève au début du XVIIe siècle, ardent prédicateur de la douceur évangélique et de la foi catholique face aux protestants.
17:35Elle, fondatrice de l'Ordre de la Visitation, femme de prière et d'action, toutes tournées vers la miséricorde.
17:46Ces deux figures, associées dans le vert coloré, rappellent que la foi s'incarne toujours dans des visages, dans des amitiés, dans des vies données.
17:58À travers eux, c'est tout un héritage spirituel de la Savoie et du Dauphiné qui rayonne encore dans cette petite église de village.
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