00:00La rentrée scolaire est toujours plus chère pour les étudiants en Bourgogne.
00:03C'est la sixième année d'augmentation consécutive constatée par la FEBIA,
00:07c'est la Fédération étudiante de Bourgogne Inter-Associative.
00:10Son président est votre invitée ce matin, Marie-Astrid Guégan.
00:12Bonjour Robinson Daoust.
00:14Bonjour, merci de m'accueillir.
00:15Selon votre indicateur, la rentrée coûte 3000 euros en moyenne cette année pour un étudiant non boursier.
00:20C'est 150 euros de plus que l'an dernier.
00:22Concrètement, qu'est-ce qui augmente ?
00:24Eh bien, le premier poste de dépense pour un étudiant ou une étudiante cette année encore, c'est le logement.
00:29C'est une somme qui est colossale et qui est, on va dire, 41% des frais de vie courante sur le mois de rentrée pour un étudiant ou une étudiante.
00:37C'est des frais qui sont absolument obligatoires d'être payés.
00:41On ne peut pas se permettre de vivre à la rue, bien sûr.
00:43Donc derrière, ça laisse des étudiants et étudiantes dans des situations de précarité et de grandes difficultés pour suivre leur cursus assidûment.
00:49Concrètement, ça veut dire quoi ? Dans quelle situation se retrouvent ces étudiants qui ont des difficultés de logement ?
00:54Ils sont contraints parfois à travailler à côté de leurs études pour pouvoir financer des logements qui leur permettent de vivre.
01:02Ce qui va les empêcher, concrètement, de suivre leurs études correctement.
01:08Aussi, ces étudiants peuvent parfois faire des choix contraints.
01:11C'est-à-dire, comme il n'y a pas forcément assez de logements avec tarification modérée.
01:17D'ailleurs, c'est une demande de la FEBIA, cet encadrement des loyers,
01:21qui peut exister d'ailleurs en région parisienne ou vers Bordeaux.
01:23Donc, on peut faire des choix, c'est-à-dire se positionner plus loin de son site.
01:27Et ça va donner de nouveaux coûts, comme le transport, par exemple, ou de la perte de temps, bien sûr.
01:31Vous, vous réclamez l'encadrement des loyers aussi à Dijon, comme c'est le cas à Paris, par exemple.
01:36C'est ça, c'est une mesure qu'on aimerait voir sur notre territoire.
01:39À Dijon, mais dans l'ensemble de la Bourgogne, évidemment, pour tous les sites universitaires.
01:43Oui, c'est absolument une des mesures que l'on aimerait voir.
01:46Accompagnée notamment de l'ouverture de place dans des foyers type HLM et résidence Crouse.
01:51Parce qu'il y a aujourd'hui un logement Crouse pour 10 étudiants au total.
01:57Donc, c'est pas assez, il faut le dire.
02:00Et la dernière mesure qu'on pourrait dire au niveau du logement, c'est aussi l'ouverture de davantage de logements d'urgence.
02:07Car la période de rentrée est cruciale.
02:09Et dans un entre-deux où il peut y avoir des désistements, des logements d'urgence pourraient vraiment être hésités.
02:14Parce que là, on est au moment de la rentrée, on est le 5 septembre, il y a des étudiants qui n'ont pas de logement.
02:19Encore cette semaine, on a des étudiants et étudiantes, même des parents, qui contactent la FEBIA par manque justement de solutions.
02:27Et on est contraint de devoir les rediriger vers des organismes d'aide, vraiment en urgence.
02:32Parce que voilà, c'est des gens qui sont en panique et ça se comprend totalement.
02:34L'un des autres postes de budget, c'est l'alimentation.
02:37On a entendu ce matin dans la matinale d'ici Bourgogne que l'épicerie solidaire Epicampus ferme, faute de bénévoles.
02:43Il y a aussi une épicerie solidaire de la FEBIA.
02:46Elle reste bien opérationnelle pour aider les étudiants ?
02:48En effet, l'épicerie sociale et solidaire à Gorée de la FEBIA reste ouverte, bien sûr.
02:54Mais la perte d'Epicampus est forcément à plaindre, puisque les deux épiceries étaient énormément sollicitées.
03:01Donc oui, cette épicerie, elle continue de tourner.
03:03Heureusement pour beaucoup d'étudiants et d'étudiantes, puisque ce sont des étudiants et étudiantes
03:07qui, pour une grande partie, doivent sauter des repas ou alors travailler davantage pour pouvoir se permettre de manger,
03:14ce qui est censé être un besoin primaire.
03:17Donc oui, on est sur une épicerie sociale qui est malheureusement nécessaire aujourd'hui.
03:21Parmi vos revendications, il y a aussi une réforme du système d'attribution des bourses.
03:25Pourquoi ?
03:26Eh bien parce que, notamment dans les bénéficiaires, qu'on compte au nombre de 741 sur l'année précédente,
03:33il y a énormément de personnes qui ne sont pas bénéficiaires des bourses étudiantes,
03:37puisqu'elles sont liées à l'attribution de l'argent des parents ou aussi au territoire.
03:43Nous, ce qu'on demande, c'est une réforme des bourses qui cesse ces deux principes,
03:47c'est-à-dire une réforme des bourses adaptée pour les besoins de chacun et chacune,
03:50et de manière adaptée également au territoire.
03:52Parce que ces étudiants-là qui sont un peu dans un entre-deux,
03:55c'est ceux que vous retrouvez, par exemple, dans votre épicerie solidaire,
03:57c'est ce que vous nous dites, c'est ceux qui sont en difficulté parfois encore plus,
04:01parce qu'ils n'ont pas d'aide alors qu'ils sont à la limite.
04:03Pour beaucoup, c'est ça, parce qu'on se retrouve avec des étudiantes,
04:06notamment qui ne sont pas du tout aidés par leurs parents,
04:08ou que leurs parents ne peuvent pas aider malgré des revenus qui font que la bourse n'est pas obtenue.
04:12Donc oui, la réforme des bourses est de plus en plus urgente.
04:15Elle a déjà pu être entamée en 2023 par Sylvie Rotaillot,
04:18c'était nécessaire, mais ce n'est pas suffisant.
04:20Le ministre de l'Enseignement supérieur.
04:22Oui, exactement.
04:23Et Philippe Baptiste, le ministre de l'Enseignement supérieur actuel,
04:26a évoqué que cette réforme reprendrait pour la rentrée de 2026.
04:29Nous, on l'attend vraiment de manière urgente et de manière adaptée, comme je l'ai dit.
04:31Une dernière question pour ça, pour ce que vous demandez.
04:34Il faut de la volonté politique et de l'argent.
04:36Ce n'est pas vraiment le contexte en ce moment.
04:37Comment vous voyez les choses ?
04:39Eh bien, aujourd'hui, les services publics sont sous-financés.
04:42L'université publique est sous-financée.
04:44Et c'est un problème, puisque ça palie sur l'infrastructure,
04:47mais également les usagers, que sont les étudiants et les étudiantes.
04:50Nous, ce qu'on demande, c'est que, contrairement à ce que nous disait François Bayrou,
04:54qui annonce une année blanche pour les aides sociales,
04:56nous, ce qu'on demande, c'est que des choses soient faites
04:58pour que ce ne soit pas une année blanche pour la pauvreté étudiante.
05:01Merci beaucoup, Robinson Daoust, d'avoir répondu à nos questions ce matin.
05:04Vous êtes le président de la FEBIA,
05:06la Fédération Étudiante de Bourgogne Interassociative.
05:09Merci beaucoup, Robinson Daoust.
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