00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours avec Gérard Carréau et Catherine Ney,
00:06et on parle avec le député du GERS, député de la majorité Jean-René Cazeneuve.
00:12Qu'est-ce que vous pensez de cet épisode où vous avez Bruno Retailleau
00:17qui qualifie Jean-Luc Mélenchon d'ingénieur en chef des esthètes de la violence
00:21et Sophia Chikirou qu'on va écouter à l'instant, député LFI de Paris
00:26qui a dit ça sur TMC, c'était hier soir.
00:30De mon point de vue, et selon les règles, moi je ne considère pas que la Chine est une dictature.
00:35La Chine est un système politique à partie, d'ailleurs il y a huit partis,
00:39donc ce n'est même pas un parti unique, mais un parti dominant qui est le Parti Communiste Chinois.
00:43Il y a un système politique où il n'y a pas un seul homme qui dirige la Chine.
00:49La critique du régime est impossible ?
00:51La critique du Parti Communiste Chinois est impossible,
00:54mais après vous pouvez critiquer des mesures qui sont prises,
00:56des propositions politiques qui sont faites.
00:59La liberté d'expression en Chine n'est pas aussi menacée à mon avis que celle qu'on a en France.
01:04Voilà ce que dit Mme Chikirou,
01:05et Jean-Luc Mélenchon a menacé les préfets de peine de prison
01:08si LFI arrivait au pouvoir, c'était lors des universités d'été le 22 août dernier.
01:14Le préfet se tait, il obéit, il sert, il ne met pas en cause les élus,
01:20au contraire, il écoute attentivement ce que les élus vont lui dire représentant le peuple,
01:26car eux représentent le peuple.
01:28Et l'administration n'est pas au-dessus du peuple, elle est au service du peuple.
01:32Tous ceux qui se seront abaissés à ces tentatives d'intimidation
01:37ne bénéficieront pas de la part d'un gouvernement insoumis de prescriptions.
01:43Nous vous mettrons en prison avant que vous nous y mettiez.
01:47Nous vous mettrons en prison avant que vous nous y mettiez,
01:49voilà donc l'ambiance.
01:50Alors ça c'était le 22 août,
01:52s'en est suivi un sondage IFOP qui donnait une projection
01:55s'il y avait des législatives dimanche dernier,
01:57on était à 11% quand même pour la France insoumise.
02:01A l'aube de cette journée de blocage le 10 et de cette grève le 18 septembre,
02:06qu'est-ce que ça vous inspire Jean-René Cazeneuve ?
02:08On comprend pourquoi le Parti Socialiste maintenant
02:11assume une rupture profonde avec la France insoumise.
02:16Jusqu'aux élections municipales ?
02:18Je ne crois pas, je ne crois pas.
02:19Je pense que là c'est irrévocable, c'est insupportable.
02:22Cette fascination pour les dictatures qu'a la France insoumise,
02:26que ce soit en Afrique du Sud, en Amérique du Sud, en Amérique latine,
02:31que ce soit en Russie, en Chine ou je ne sais où,
02:35c'est quand même absolument insupportable.
02:37Et cette haine des institutions aujourd'hui de Jean-Luc Mélenchon,
02:42c'est aussi insupportable, c'est rejeté majoritairement par les Français.
02:46Mélenchon aujourd'hui est rejeté massivement par une très très grande majorité des Français.
02:52Et c'est une bonne nouvelle.
02:53Tellement majoritairement qu'il est à 11% dans les sondages.
02:5611% par rapport à 4% pour un candidat d'hiver gauche,
03:023,5% pour un candidat reconquête.
03:04Il a bénéficié la dernière fois d'un vote utile à gauche parce qu'il était en tête des sondages.
03:10Je crois qu'effectivement, aujourd'hui, il est en dessous de 10%
03:13et c'est ce que pèse la gauche radicale.
03:15Avec Rima Hassan qui encore hier disait que les chiffres du CRIF,
03:19il fallait regarder parce que ce n'était pas tout à fait...
03:22Sur le terrain, le GER, c'est une terre comme ça, de gauche quand même.
03:29Et ils vous disent quoi de Mélenchon ?
03:32Écoutez, c'est insupportable le comportement de Jean-Luc Mélenchon.
03:38C'est ce que vous disent les gens ?
03:39Oui, il a fasciné d'une certaine manière pendant un certain temps aujourd'hui.
03:43Il effraie clairement par son comportement vis-à-vis de la police,
03:47des institutions, de la République.
03:50Et chaque occasion est une occasion de vociférer et d'appeler au chaos.
03:55On voit bien, sur le 10 septembre, ils essaient de récupérer le mouvement
04:00pour apporter le chaos dans la rue
04:01et espérer, d'une certaine manière, récupérer les ruines du pays
04:05dans cette confusion totale.
04:09Donc, non, non, ce sont vraiment, vraiment, aujourd'hui des gens dangereux.
04:12Gérard Carré.
04:12Oui, alors, en ce qui concerne M. Mélenchon et ses adeptes ou sa clique,
04:17j'ai envie de dire, autour de lui, Mme Chikirou, étant une des adeptes,
04:21elle ne voit pas en quoi la Chine pourrait être un peu totalitaire, un peu dictatoriale.
04:28Ah, formidable !
04:29Et la liberté de la presse, elle m'est plus grande qu'en France.
04:32Oui, il n'y a rien de pire que les gens qui ne veulent pas voir.
04:35Mais ce n'est pas tellement la question.
04:36La question, c'est que lui, Mélenchon, qui traite tout le monde de fasciste ou d'extrême droite,
04:41c'est lui, aujourd'hui, qui a un comportement de fasciste.
04:45Et je pense que le ministre Retailleau lui a répondu assez fortement, aujourd'hui,
04:49parce que, quand même, ce n'est pas rien, M. le député,
04:53de vouloir mettre en prison les préfets de la République.
04:56Les préfets, c'est l'ossature, depuis la Révolution et Napoléon,
05:00c'est l'ossature de la République.
05:02Les représentants de l'État dans tous les départements de France.
05:06vouloir les mettre en prison comme ça, comme il le propose,
05:10ce sont des actes de forfaiture, des actes de sédition,
05:13qui méritent, à mon avis, des poursuites judiciaires.
05:16M. Retailleau n'est pas allé tout à fait jusqu'aux poursuites,
05:19mais je ne serais pas étonné qu'il recherche éventuellement les possibilités de poursuivre.
05:23En tout cas, à propos de poursuites,
05:26votre place hier a été occupée par le ministre auprès du ministre de l'Intérieur, François-Noël Buffet,
05:31et c'est vrai qu'on l'interrogeait sur la sémantique utilisée par LFI,
05:34là, en l'occurrence, imaginez, il faut mettre les préfets en prison,
05:38nous vous mettrons en prison,
05:40et bien en réalité, on ne peut même pas faire un article 40,
05:42parce que derrière, le procureur ne fera rien,
05:44parce qu'il n'y a pas de base, j'allais dire, juridique solide,
05:47pour poursuivre des gens comme Jean-Luc Mélenchon,
05:50des gens comme Rima Hassan, qui mettent en doute les chiffres du CRIF,
05:53qui sont en fait les chiffres du ministère de l'Intérieur,
05:55et pas plus que d'autres.
05:57C'est quand même assez aberrant comme situation.
06:00Oui, mais j'ai compris quand même que les représentants des préfets,
06:03alors il n'y a pas de syndicat, il n'y a pas d'association,
06:05bien évidemment, ce sont de grands fonctionnaires,
06:08et je voudrais saluer leur sens de l'intérêt général,
06:11mais c'est, je crois, le préfet de région,
06:14M. Durand, d'Occitanie,
06:16qui va porter plainte au nom des préfets,
06:19contre Jean-Luc Mélenchon.
06:20Il l'a annoncé hier, et c'est une bonne chose.
06:22Je voudrais qu'on écoute Nicolas Sarkozy,
06:24il était en Belgique hier, à Bruxelles,
06:26lors d'une conférence,
06:28peu après cette longue interview qu'il a donnée au Figaro,
06:32et l'ancien président a raconté sa dernière entrevue
06:34avec Emmanuel Macron.
06:36Je lui ai dit, Bayrou va tomber,
06:39et vous allez vouloir nommer un premier ministre,
06:41et vous allez perdre encore trois mois,
06:43et plus vous attendez,
06:44plus la pression sur votre démission sera importante.
06:47Donc il faut faire la dissolution,
06:48et il fera la dissolution.
06:50Il fera la dissolution,
06:51il y aura des élections législatives,
06:53et le grand débat sera Front républicain
06:55ou pas Front républicain.
06:56Et cette fois-ci, Front républicain,
06:57ça ne marchera pas.
06:58Et on a eu cette discussion.
06:59J'ai quitté l'Elysée à 15h45,
07:02je ne pouvais plus.
07:03Et là, il m'a dit quelque chose
07:05qui m'a beaucoup inquiété le président.
07:07Il m'a dit, je crois que vous avez raison.
07:10Alors là, j'étais sûr qu'il allait faire le contraire.
07:14Voilà, c'est un extrait de cette conférence
07:16où peu avant, Nicolas Sarkozy disait
07:19qu'à chaque fois qu'il l'avait conseillé,
07:20il avait fait le contraire.
07:21Alors est-ce que, d'après les éléments qu'on a,
07:24on a l'impression de marcher sur des œufs de caille,
07:27genre des Cazeneuve,
07:28tous les quatre ici dans ce studio,
07:30on essaye de savoir finalement
07:32ce qui va se passer.
07:34Dissolution, pas dissolution,
07:36dans la tête du président,
07:39qu'est-ce qui se trame ?
07:40Pour la raison que je vous ai expliquée,
07:42j'espère qu'il n'y aura pas de dissolution.
07:44Non, mais ça, c'est ce que vous espérez.
07:45Qu'est-ce qu'Emmanuel Macron
07:46est en capacité de faire ou pas ?
07:48Il a cette capacité-là.
07:49Mais ça, c'est sur le papier.
07:51Oui, je crois.
07:51Mais qu'est-ce qu'il va faire, vous ?
07:53Moi, je crois qu'il va nommer un Premier ministre
07:57et que ce Premier ministre va devoir faire
08:00un peu l'équivalent de la séquence
08:02Barnier-Bayrou.
08:03Donc, on continue alors que les Français n'en veulent plus.
08:06Écoutez, on a quand même voté
08:07en début d'année
08:08un budget pour 2025.
08:11Bon, on a réduit le déficit
08:13en 2025.
08:14On a voté un certain nombre de lois en 2025.
08:16Comment ça vous avez réduit le déficit ?
08:17Ben oui, on a réduit le déficit en 2025
08:19par rapport à 2024
08:21de 0,4 points.
08:22Mais ce n'est pas merveilleux.
08:23Oui, d'accord.
08:24Il y a un budget...
08:25Mais en attendant, les prix augmentent.
08:26Donc, là, sur les 1700 milliards
08:29de dépenses chaque année...
08:30Ah, ben, la dette augmente.
08:31C'est pour ça qu'il faut...
08:32Vous allez faire une économie de 40 milliards.
08:34Si on y arrive,
08:36ce sera peut-être 20 sur 40 milliards.
08:37C'est comme si on ne faisait rien.
08:39Et les taux d'emprunt...
08:39Les dépenses continuent.
08:41Et les taux d'emprunt sont maintenant
08:42à 4,5 sur 30 ans.
08:43Non, mais écoutez, une fois de plus.
08:45Moi, je veux bien qu'on revote
08:47jusqu'à ce que le Rassemblement National
08:48gagne des élections législatives.
08:50Ah ben, ils n'ont pas la majorité.
08:52Zut, il faut revoter, etc.
08:54Bon, mais c'est pas...
08:55C'est pas comme ça que je vois...
08:56Je vais vous poser la question autrement,
08:58Jean-René Casave.
08:59Qu'est-ce que ça change
09:00pour la stabilité du pays
09:01qu'on attende 27
09:03avec des élections au suffrage universel
09:05qui sont de toute façon prévues
09:07ou qu'on fasse ça maintenant,
09:09qu'on fasse une clarification maintenant
09:10alors que...
09:11Parce que nous ne sommes pas certains
09:12d'avoir une clarification.
09:13Mais oui, mais enfin,
09:14on n'est jamais certain.
09:15On n'est jamais certain
09:16d'avoir son examen.
09:17On n'est jamais certain
09:18d'avoir son permis de conduire.
09:19On n'est jamais certain
09:20de pouvoir épouser celle qu'on aime.
09:22On peut essayer, tout de même.
09:24On a déjà essayé en 2024,
09:26je vous rappelle.
09:27On a essayé en 2024.
09:28Et alors, ça veut dire
09:29qu'on arrête d'essayer ?
09:30Bon, ben, on réessaye, alors.
09:31Écoutez...
09:31C'est comme si on disait, écoutez,
09:33on va attendre...
09:33Pardonnez-moi,
09:34je ne sais pas contre vous,
09:35mais je trouve ça aberrant.
09:36Si on disait,
09:36on va attendre
09:37d'avoir un bon président de la République,
09:39et en attendant,
09:40on va garder le président de la République,
09:42Ad Vietnam, Eternam.
09:43Ce n'est pas possible.
09:44On n'est jamais sûr
09:45des élections et de leurs résultats.
09:47Et on a eu beaucoup de surprises en France.
09:49Il suffit de reprendre l'histoire de France.
09:51Donc, il n'y a pas de...
09:52Je pense que c'est normal
09:54de consulter le peuple
09:55à un moment donné.
09:56Et puis c'est tout, on verra.
09:58Mais on a voté il y a un an !
09:59Oui, oui.
09:59Vous êtes...
10:00Vous le savez.
10:02Quand, dans l'histoire
10:02de la fin de la République,
10:03on a voté trois fois
10:04aux élections administratives
10:05en trois ans ?
10:06Jamais !
10:07Et en espérant...
10:07Rien ne l'empêche.
10:08Mais combien il y a eu de régime
10:09au XIXe siècle ?
10:11Il faut respecter le vote des Français.
10:13Rien ne dit que dans la Constitution
10:14qu'ils le font l'élection du vote.
10:14Mais vous ne respectez pas
10:15le vote des Français.
10:16Si je peux me permettre
10:17tout le respect que j'ai pour vous
10:19et l'admiration que j'ai pour votre carrière.
10:20Mais vous ne respectez pas
10:22le vote de Français
10:22en disant
10:23vous avez mal voté il y a un an ?
10:25Re-votez !
10:26Et d'ailleurs,
10:27on va vous expliquer
10:27ce qu'il faut voter, c'est ça ?
10:28On a réexpliqué
10:29les conditions du vote 2024.
10:32Mais ce sont les Français
10:33qui ont voté.
10:33Moi, je respecte le vote des Français.
10:35La France est éclatée aujourd'hui.
10:36La France est divisée.
10:38La France est balkanisée.
10:39Hélas !
10:39Pourquoi on serait le seul pays
10:41en Europe
10:41pas capable
10:42de trouver les moyens
10:43de travailler sous une forme
10:44en regard de condition ?
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