00:00Et la cloche ne va pas tarder à sonner pour notamment les collégiens et les lycéens.
00:04D'ici un bon quart d'heure, la rentrée se poursuit, retour en classe pour plus de 72 000 élèves bérichons.
00:09Et pour leurs professeurs, nous sommes avec l'une de leurs représentantes enseignantes au lycée Blaise Pascal,
00:15membre du syndicat FSU dans l'Indre. Bonjour Coralie Ravouf.
00:18Bonjour.
00:19On va détailler évidemment les différents enjeux pour vous de cette rentrée,
00:22mais d'abord un mot pour qualifier l'état d'esprit des enseignants, comment se sentent-ils ?
00:27Blasés par toutes les réformes qui se succèdent, on se demande laquelle qu'on va avoir cette année.
00:32La ministre de l'Éducation, Elisabeth Borne, a reconnu hier qu'il manquait l'équivalent de 2500 professeurs en France,
00:37ça veut dire des cours qui ne seront pas toujours assurés.
00:39Qu'en est-il dans l'Indre ? Est-ce qu'on est aussi concerné par ces problèmes d'effectifs ?
00:43Oui, on est aussi concerné, on ne fait pas exception.
00:46Alors, ce qui est un peu particulier dans l'Indre, c'est qu'on a des principaux et des proviseurs qui ont les ressources humaines,
00:52mais qui ne sont pas encore affectés par l'Ectorat, parce qu'en fait, on a un nombre croissant de contractuels dans l'éducation nationale
00:59et dans l'Académie d'Orléans-de-Tours aussi, il faut affecter toutes ces personnes.
01:03Alors, ça met plus de temps et on a encore aujourd'hui des personnes qui ne sont pas affectées,
01:09qui veulent bien travailler dans l'éducation nationale, mais qui ne sont encore pas affectées.
01:11Mais ça veut dire quoi très concrètement ? Des élèves qui vont peut-être se retrouver privés de cours, en tout cas là, sur les premières semaines ?
01:16Voilà, sur peut-être les 15 premiers jours du mois de septembre, sachant que l'année est courte à la longue et courte à la fois
01:25et que toutes les heures sont bonnes d'apprendre pour finir les programmes.
01:28Il y a des spécialités qui sont plus concernées que d'autres ?
01:31Alors, il y a les lettres où on peine à recruter.
01:35Monsieur Agristi, notre acteur, l'a encore dit hier sur France 3.
01:39Donc, les lettres, et on a aussi certaines spécialités de lycée professionnel bien particulières où on a du mal à recruter.
01:46Et là, on n'a encore pas du tout les ressources humaines dessus.
01:51Cette rentrée, elle s'est faite dans l'incertitude pour certains élèves, parents et profs.
01:55Je pense à ceux qui sont concernés par des fermetures conditionnelles de classe.
01:59Il y a trois établissements qui sont concernés dans l'Indre.
02:02En gros, pour résumer, pour ceux qui nous regardent et qui nous écoutent,
02:05ça dépendait des effectifs de cette rentrée.
02:07Elle pouvait être maintenue ou pas en fonction de ça.
02:10Est-ce qu'on a une idée aujourd'hui de ce que vont devenir ces trois classes ?
02:13Alors, pour l'instant, non.
02:14Les services de la DSDN ont fait des comptes hier lors de la rentrée.
02:19Et on a une réunion demain où on pourra vous dire un peu plus.
02:23Là, pour l'instant, on attend ce qu'il en est de la rentrée.
02:29Pour préciser, il s'agit des établissements d'Ambro, du pont Chrétien-Chabnet et du RPI de Boisse-Monnaie-Tendu.
02:35Pour pouvoir préciser les choses,
02:37le directeur académique des services de l'éducation nationale dans l'Indre
02:40fait de la sécurité l'une de ses priorités.
02:43Il l'a dit ce matin sur notre antenne,
02:45avec des fouilles de sacs qui sont encore annoncées,
02:47mais aussi des interventions auprès des jeunes.
02:48Vous en pensez quoi ?
02:49Alors, la sécurité, fouilles de sacs, comme elles sont faites,
02:53c'est juste de la communication.
02:58Parce qu'on va regarder les sacs,
02:59mais c'est rien d'interdit d'avoir certains...
03:02Ils ne vont pas tout faire voir.
03:03On va leur dire, est-ce que vous avez un couteau dans votre sac ?
03:05Évidemment, vous allez lui dire, oui, j'ai un couteau.
03:08Non, les personnes le cachent bien et ne vont pas le présenter.
03:11Et en plus, on a entendu aussi mettre des portiques
03:16dans les entrées des établissements,
03:19mais c'est illusoire.
03:21Un couteau de cantine est tout à fait transformable, si on veut.
03:25Nous, dans les sections professionnelles,
03:27ils viennent avec du matériel.
03:30Les portiques vont toujours sonner tous les matins.
03:32Donc, ce n'est pas non plus une solution.
03:34La sécurité est compliquée, je l'accorde,
03:37mais c'est en fait de l'humain qu'on a besoin.
03:40C'est des assistants d'éducation pour surveiller
03:42et pour faire de la prévention.
03:44Et ça, il en manque dans l'Indre, notamment ?
03:46Il en manque partout.
03:48L'un des grands changements de cette rentrée,
03:50dans le second degré, en tout cas,
03:51ça concerne les mathématiques,
03:52avec le retour d'une épreuve en première.
03:54Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qui change ?
03:56Alors, en fait, avec la réforme Blanquer,
03:59les mathématiques avaient été supprimées
04:01de certaines...
04:03Du fond commun, en fait.
04:04Du fond commun, voilà.
04:06Et elles ont été rajoutées un an après,
04:08parce qu'on s'est rendu compte que les mathématiques
04:10étaient essentielles à peu près partout
04:11et au niveau des universités, ça posait problème.
04:14Donc, on a rajouté les mathématiques,
04:16mais il n'y avait pas d'épreuve particulière des mathématiques,
04:19c'était que du contrôle continu.
04:21Et donc, cette année,
04:23a été décidé de rajouter une épreuve
04:25de mathématiques en première.
04:27C'est là où, pour nous, il y a un souci,
04:30c'est que c'est en première et pas en terminale,
04:32et qu'il y a quand même dans le tronc commun
04:34des mathématiques jusqu'en terminale.
04:36Et est-ce que les...
04:37Surtout, notamment en technologie.
04:40Et est-ce que les élèves vont s'investir
04:42après avoir fait l'épreuve en terminale ?
04:44C'est la question.
04:45Vous avez peur, pour le dire plus clairement,
04:47qu'en terminale, ça n'agit plus vraiment...
04:50Oui, voilà.
04:52Est-ce que c'est contradictoire avec cette volonté
04:54qui a été pourtant édictée par le gouvernement
04:55de vouloir faire des filières mathématiques,
04:57une voie d'avenir, notamment pour les filles ?
05:00Bien sûr, c'est contradictoire.
05:01Si on veut vraiment s'investir dans les mathématiques,
05:04il faudrait déjà mettre beaucoup plus de mathématiques
05:06dans le tronc commun,
05:07parce que c'est illusoire ce qu'il y a actuellement,
05:09et vraiment faire de la promotion, entre guillemets,
05:14des mathématiques.
05:16Et les filles vont aussi dans l'esprit mathématique,
05:19mais elles ne se dirigent pas forcément
05:20vers ce qu'elles voudraient,
05:22c'est-à-dire vers la filière ingénieure.
05:25Elles se dirigent plus vers tout ce qui est médical et paramédical.
05:28D'accord, donc des filières qui ne sont pas forcément
05:30les mêmes que celles des garçons.
05:31Voilà, c'est ça.
05:32Merci beaucoup Coralie Ravaud d'avoir été notre invitée ce matin.
05:34Je rappelle que vous êtes enseignante au lycée Blaise Pascal de Châteauroux
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