- il y a 5 mois
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Le carrefour de l'info sur Arabel
00:06Bonjour, bonjour à tous, bienvenue dans votre carrefour de l'information, c'est la rentrée, l'actualité oblige Gaza demain mardi le 2 septembre.
00:17Les acteurs du monde culturel feront lecture publique de 18 700 noms d'enfants morts à Gaza.
00:24Place de la monnaie de 10h à 18h, comme d'ailleurs les journalistes l'ont fait dernièrement, en hommage à leurs collègues tués dans cette guerre.
00:30Pour nous en parler, avec nous le cinéaste Mourad Boussif, qui est également membre de deux plateformes, Urgence Gaza et Gaza Arizona.
00:37Bonjour.
00:37Bonjour Tariq.
00:38Merci d'être avec nous sur Arabel.
00:40Tout d'abord, une question, disons, d'ordre général, qui sera un petit peu mobilisé pour cet événement demain mardi ?
00:47Bien, dans un premier temps, ce serait donc le monde culturel, donc c'est vraiment le monde artistique.
00:54Et notamment tous les intellectuels qui composent ce secteur, donc ce sont essentiellement des artistes, des cinéastes, des auteurs compositeurs, des directeurs de théâtre, des metteurs en scène.
01:05Donc on a vraiment une belle palette de personnes actives, donc ici au sein de la société belge, du côté francophone et néerlandophone.
01:13Et alors nous espérons notamment mobiliser la société civile, donc notamment le grand public.
01:19On espère vraiment être nombreux demain, toute la journée.
01:23Et alors, bien évidemment, pour pouvoir aussi notamment solliciter le politique, parce que nous avons...
01:29Donc la Belgique a une grande responsabilité par rapport à la situation actuelle.
01:33Et le 24 septembre, donc les Nations Unies, donc, demandent à ce que chaque pays se positionne par rapport à la reconnaissance de la Palestine.
01:42Donc c'est dans le cadre de cette reconnaissance que nous menons toutes ces actions ici à travers les prochains jours.
01:48Alors quelques mots des deux plateformes dont vous faites partie, Urgence Gaza et Gaza Arizona.
01:53Oui, alors Urgence Gaza, c'est une plateforme fédérale ici, qui est sur Bruxelles, et qui se...
02:00Et qui se... Voilà, qui...
02:01Et d'ailleurs, c'est le collectif qui sort, mais je vais couper mon GSM, et qui est donc active sur les trois régions.
02:08Et donc, voilà, ce sont des personnes de la société civile, des travailleurs sociaux, des humanitaires généralement, quelques artistes.
02:13On est une douzaine de personnes sur Bruxelles, l'équivalent dans le sud et un petit peu moins dans le nord.
02:18Et alors, donc, l'objectif, c'est vraiment mener des actions par rapport à la situation en Palestine, et pas simplement à Gaza.
02:25Et alors, Gaza-Arizona, donc là, c'est plutôt une interpellation du politique.
02:29Et nous sommes 165 personnes issues de la société civile, et voilà, qui se mobilisent pour mener des actions,
02:36notamment dans les prochaines réunions qui auront lieu au sein du gouvernement fédéral,
02:40par rapport à la reconnaissance de la Palestine, et notamment des propositions que nous proposons.
02:46Alors, une lecture publique de 18 700 noms d'enfants morts à Gaza, vous insistez pour prononcer le nom des victimes.
02:54Mourad Boussif, en quoi cette démarche humanise-t-elle différemment les victimes, selon vous ?
02:58Bien, parce que malheureusement, ces défunts, que leur âme repose en paix, sont réduites à des chiffres, au fait.
03:05Et on est tellement gavés, notamment à travers ces réseaux sociaux et la technologie d'aujourd'hui,
03:12à voir, au fait, c'est même plus des noms, c'est des chiffres, au fait.
03:18Et donc, on a tendance à baliser, au fait, l'humain.
03:22Et donc, on ne se rend même plus compte qu'il y a des êtres humains qui sont en train de mourir.
03:27Et ici, en l'occurrence, ce sont des enfants.
03:29Et le chiffre de 17 200, c'est le chiffre officiel.
03:34On oublie les disparus, qui sont aussi au nombre de plusieurs milliers,
03:39et notamment les adultes, pas simplement les enfants.
03:42Et donc, l'objectif, c'est vraiment de réhumaniser,
03:45et de donner un visage, une âme, à des êtres qui, malheureusement,
03:50payent très très cher la folie des hommes, voire la barbarie des hommes.
03:57Et donc, ici, c'était super important.
03:58C'est important, alors, ce sont essentiellement des enfants palestiniens, de Gaza.
04:03Et nous aussi, nous rendrons aussi hommage à des enfants israéliens.
04:06Parce que le 7 octobre, il y avait aussi 35 enfants.
04:09Nous citerons aussi leur nom demain, parmi la liste des défunts.
04:13Alors, comment, Mourad Boussi, vous percevez, justement, le rôle de l'art,
04:16votre métier, le cinéma notamment, dans ce travail de mémoire et de dignité, de conscience ?
04:21Les artistes accompagnent, depuis l'aube des temps, nos sociétés.
04:25Souvent en pleine mutation, voire de plus en plus complexe.
04:28Et donc, bien évidemment, c'est normal, je veux dire, qu'on soit sensible.
04:32Et de tout temps, notamment, les artistes ont joué un rôle, justement,
04:36et ont toujours essayé, en tout cas, d'éclairer, en tout cas, d'apporter leur modeste contribution.
04:42C'est pour cette raison, d'ailleurs, qu'ils sont souvent persécutés.
04:43On tue souvent les poètes, au fait.
04:48Et ici, il s'avère qu'on ne peut pas, bien évidemment, rester dans la réserve.
04:53Et c'est comme ça qu'avec Thierry Michel, un très très grand cinéaste
04:57qui a fait des films extraordinaires, qui s'est engagé aux quatre coins du monde,
05:00on essaie vraiment de mobiliser la société civile à travers d'autres artistes, d'autres intellectuels.
05:05Et là, nous serons donc pratiquement 182 artistes intellectuels,
05:10qui seront là demain, de 10 à 19h, pour donner vie, pour redonner vie à ces enfants qui ont été assassinés.
05:21Alors comment, qu'est-ce que vous attendez, disons, plus concrètement, de cette lecture publique prévue demain à Bruxelles ?
05:27Eh bien, qu'on soit très nombreux à la place de la monnaie, donc ici, au cœur, donc à Bruxelles, au cœur de l'Europe.
05:34C'est important de donner un signal très très fort et de dire non, nous ne sommes pas d'accord, nous n'acceptons pas ce génocide.
05:44Aujourd'hui, ce mot génocide avait un petit peu difficile à sortir de la bouche de certaines personnes.
05:50Aujourd'hui, on voit très très bien que la situation est très très claire
05:54et que le projet d'épuration ethnique, de réduire à une forme de négation un peuple est très clair.
06:02On le voit aussi, notamment, par rapport à la déportation, le projet de Trump.
06:06Donc ici, ce qui est important, c'est vraiment de descendre dans la rue et de dire non, nous ne sommes pas d'accord par rapport à la situation actuelle.
06:14Et nous, les Belges, nous allons nous positionner, notamment pour que ce peuple puisse enfin retrouver leur terre
06:20et déjà, ne fût-ce que déjà une patrie, une reconnaissance.
06:24Et notamment, j'assise vraiment, il faut vraiment que la Belgique se positionne par rapport à la reconnaissance.
06:29Je pense que c'est déjà la première chose.
06:31En plus, et puis par après, bien évidemment, il y a d'autres points.
06:33Je pense qu'il faut aussi revoir les accords.
06:36On vend des armes, on envoie des sous.
06:38Donc l'Europe envoie des sous.
06:40Il faut vraiment qu'Israël soit stoppé dans son processus génocidaire.
06:46On revient à cette lecture publique.
06:48Mourad Boussif, comment, disons, allier, respect de la douleur individuelle, prononcer un nom, raconter une histoire,
06:56les résistances aux logiques statistiques, voire anonymes, qui tendent un petit peu, disons, à banaliser les victimes ?
07:01Ce n'est pas évident.
07:02La plupart des artistes et des intellectuels qui seront là demain, plusieurs hésitaient.
07:09Pas par rapport à leur engagement, parce que généralement, la majorité sont plutôt lucides,
07:14même si on a eu certains refus, qui sont un peu incompréhensibles.
07:17Mais de façon générale, on a eu vraiment beaucoup d'empathie et de soutien.
07:22Mais la réserve, elle était plutôt de cet ordre-là, en fait, qui touche la pertinence de votre réflexion,
07:28à savoir, ce n'est pas évident de rendre hommage à des enfants,
07:34des êtres innocents, majoritairement, qui ont été massacrés dans des conditions extrêmes,
07:42mais vraiment extrêmes.
07:44Et je n'ai pas vraiment de réponse à votre question.
07:48Je pense que demain, oui, ça va être très, très difficile.
07:51Et pour tout le monde, pour la plupart des personnes qui monteront sur scène
07:55pour donner, comment dire, pour redonner une âme à ces enfants.
08:02– Alors, vous parlez un petit peu de votre filmographie de Camel à la couleur du sacrifice
08:07où les hommes d'argile, on perçoit une attention au visage et des voix invisibilisées.
08:11Comment, justement, cette intention s'articule avec l'idée de, disons, entre guillemets,
08:15de donner un nom aux victimes ?
08:18– Oui, je disais, les artistes ont toujours pris une place très, très importante
08:25au sein de nos sociétés.
08:26Et les cinéastes, nous, les cinéastes, bien évidemment, nous avons une place encore peut-être
08:34plus importante aujourd'hui à l'heure des multimédias.
08:38Voilà, maintenant, c'est très compliqué.
08:41Ce n'est pas évident d'être soutenus.
08:45On est dans des mondes, malheureusement, on n'échappe pas aux contextes
08:48qui ont tendance un peu à polariser.
08:51Et donc, voilà, c'est souvent des combats.
08:54Et des combats très, très durs qui sont portés souvent au prix de lourds sacrifices.
09:04Mais voilà, ce sont un peu nos trajectoires et un peu à l'image de demain.
09:08Je suis vraiment très content.
09:11C'est clair que c'est super compliqué, mais c'est fort de se dire, voilà,
09:15que… et c'est un appel que nous, les artistes, on lance souvent
09:19et que j'ai envie de lancer aussi ici à l'instant,
09:21c'est de se dire que, à l'image de la situation actuelle
09:24qui se passe au Proche-Orient, notamment à Gaza,
09:29comment on va dire, un monde plutôt crépusculaire, mais vraiment horrible,
09:33vraiment, que des images… une situation qui est insoutenable.
09:39Et en parallèle, c'est de se dire aussi qu'on a cette capacité d'agir, d'action.
09:44Et qu'on a tous cette capacité d'action, pas simplement des artistes, des intellectuels.
09:49Certes, peut-être parce qu'on a aiguisé, on a…
09:52mais on a tous cette possibilité d'agir.
09:56Et quand on a compris cela, eh bien, du coup, on peut vraiment contribuer, participer.
10:02Et ça, c'est un peu le message que nous, artistes, qu'on a envie de donner,
10:05notamment ici, publiquement, c'est de se dire, voilà,
10:09c'est un peu à l'image d'un écosystème, en fait,
10:12où on a tous une place à prendre.
10:14Et attention, parce que souvent, on se dit, oui, mais c'est bien ce que tu fais,
10:17tu as réalisé un film, voilà, qui mobilise, qui s'en sévise, c'est super bien.
10:21Mais, voilà, je pense qu'il est important, c'est de se dire
10:23qu'on a tous vraiment une responsabilité collective.
10:26Et c'est à chacun de trouver sa place, au fait.
10:29– Avant de poursuivre, est-ce que vous pouvez évoquer, disons,
10:32un souvenir marquant, ou donner un nom dans votre travail,
10:35ou dans un documentaire qui a transformé le propos bien au-delà des chiffres ?
10:41Je sais que vous avez pas mal d'exemples, mais bon, citez un.
10:43– Bien au-delà des chiffres, les exemples sont très, très nombreux.
10:51J'ai beaucoup travaillé, dernièrement, ici, pendant une quinzaine d'années,
10:54sur l'apport de nos aïeux durant la Seconde Guerre mondiale.
10:58Et parce que j'estimais que c'était vraiment scandaleux,
11:00que malheureusement, dans chaque commémoration,
11:03on ne parle pas de ces hommes venus d'ailleurs,
11:06des fameuses colonies françaises et anglaises.
11:08Et là, en plus, il n'y a pratiquement pas de chiffres officiels,
11:14parce qu'ils faisaient partie, donc ces hommes, ces jeunes hommes,
11:17faisaient partie des troupes anglaises, britanniques et françaises.
11:21Et en faisant des recherches, j'ai trouvé des historiens,
11:23des scientifiques qui m'ont donné des chiffres.
11:26Et sur les troupes britanniques et françaises,
11:29on arrive facilement à 2,5 millions, 950 000, plus ou moins,
11:34des troupes françaises, donc Afrique, île du Pacifique et Asie.
11:38Et les troupes britanniques étaient beaucoup plus grandes, bien sûr,
11:40avec l'Orient et l'Asie.
11:43Et du coup, ce chiffre n'existe pas.
11:46Et ce qui est encore plus fort, c'est quand on arrive,
11:48non seulement à retrouver ces chiffres,
11:52mais notamment donner de la vie et de la chair,
11:54notamment à travers des œuvres artistiques.
11:56Donc c'est une façon de leur redonner vie
12:01et surtout de ne pas les oublier dans l'oubli,
12:05et surtout dans une forme de négation.
12:07Alors justement, quelle forme artistique, fiction, documentaire,
12:11vous semble la plus adaptée pour personnifier cette tragédie ?
12:15Pourquoi ? Si vous devez faire un choix.
12:18C'est compliqué parce que quand vous avez un enfant qui arrive,
12:23on ne sait jamais comment il va arriver,
12:24le poids qu'il aura, la couleur de ses yeux, la taille.
12:29Et voilà, c'est une métaphore, mais c'est un peu ça, le monde de la création.
12:33Parce qu'on est aussi dans une forme de création,
12:35même si je ne fais pas de comparaison,
12:37mais en tout cas indirectement, oui.
12:40Et donc, ce qui est intéressant, c'est de laisser un peu cette création arriver.
12:47Et demain, notamment, nous aurons en parallèle à cette mobilisation,
12:53un film, un docu-fiction.
12:57Enfin, c'est plutôt plus un docu, mais en même temps,
12:59qui sera un petit peu orchestré,
13:00où nous allons immortaliser ce moment fort,
13:04où nous allons avoir 182 personnalités
13:07qui vont rendre hommage à ces enfants.
13:10Et nous en ferons un docu-fiction
13:13qui pourra être partagé avec un plus large public
13:15dans les prochains jours.
13:17Alors, Morad Boussif, ne bougez surtout pas.
13:19On marque une courte pause et on se retrouve juste après.
13:22Le carrefour de l'info sur Arabel.
13:25Et on retrouve notre invité du jour, Morad Boussif.
13:31Est-ce que nommer peut parfois être perçu comme une instrumentalisation
13:35ou appropriation de ces enfants et de leur histoire ?
13:39Et comment, justement, on peut éviter tout cela ?
13:42C'est leur donner vie, en fait.
13:43C'est humaniser un petit peu des personnes
13:46qui ont été réduites à un chiffre.
13:48Et aujourd'hui, quand on voit la façon dont on traite,
13:52quand on analyse un petit peu l'information,
13:54notamment à Gaza,
13:56je trouve ça vraiment scandaleux.
13:58On ne donne même plus de noms.
13:59On a ces morts qui nous parviennent à travers notre téléphone.
14:03Ce sont souvent des corps qui sont déchiquetés
14:06et qui n'ont même plus de noms, d'identité.
14:08Je trouve ça une forme de banalisation de la violence,
14:12voire même du mal.
14:13Ça me fait penser un peu à Hannah Arendt.
14:14C'est un peu les plus grandes thèses des plus grands philosophes.
14:19Et c'est vraiment contre cela.
14:21C'est vraiment se dire, non, nous, aujourd'hui,
14:22cette barbarie, on ne l'accepte pas.
14:25On ne peut pas la refuser.
14:27Et il en est hors de question.
14:28Et c'est pour cette raison qu'on va essayer, nous, modestement,
14:31essayer de dire non, stop,
14:34et qu'on n'accepte pas de réduire ces enfants,
14:36notamment ici, en l'occurrence, à des chiffres.
14:39Justement, dans le cadre de cette guerre,
14:42à Gaza, où l'ONU a officiellement déclaré la famine,
14:44ou des milliers de victimes, dont beaucoup d'enfants,
14:46restent des statistiques.
14:48Alors, en quoi cette lecture des noms peut-elle jouer un rôle politique
14:52ou un rôle éthique aussi ?
14:53Parce que, voilà, le monde politique, malheureusement,
14:56un peu partout, ce n'est pas simplement ici en Belgique,
14:58mais ne fait rien, je veux dire.
15:00Et c'est quelque chose qui est inacceptable,
15:02parce que l'avant-dernier siècle a été très très dur,
15:05traumatisant, on a vécu des moments extrêmement durs.
15:09Nous avons tiré des enseignements,
15:10nous avons des mécanismes juridiques internationaux
15:15qui fonctionnent super bien.
15:17Et on l'a vu ici, notamment, avec la CPI,
15:19notamment, qui a lancé des mandats d'arrêt internationaux.
15:22Mais ce n'est pas normal que certains pays refusent de...
15:26Alors, c'est fou, parce qu'on a 120 pays
15:29qui ont ratifié ici ces accords, donc, de la CPI.
15:33Mais certains pays, comme la France,
15:37la Grèce et l'Italie ne respectent pas.
15:39Et d'autres pays, notamment.
15:41Et donc, c'est aussi de se dire, voilà,
15:43que c'est le fameux « plus jamais ça ».
15:46Si on veut vraiment que nos enfants vivent
15:48dans des mondes plus justes et égalitaires,
15:51et qu'on ne reproduise pas les erreurs du passé,
15:53il faut descendre dans la rue.
15:55Et ça, il faut qu'on descende tous dans la rue.
15:57Alors, malheureusement, le politique, aujourd'hui,
16:00il ne prend plus ses responsabilités.
16:02Et on le voit ici, par exemple, à l'image du gouvernement.
16:05Il y a deux semaines, il y avait une commission ici,
16:08au niveau fédéral.
16:09C'est vraiment scandaleux que l'indignation n'est pas là.
16:14Oui, dans la presse, on annonce un tweet ou un post Facebook.
16:19Mais concrètement, dans certains pays,
16:22il y a des ministres qui démissionnent.
16:24Aux Pays-Bas, vendredi passé,
16:26le ministre des Affaires étrangères a démissionné.
16:28Parce qu'il estimait que c'était scandaleux
16:30et qu'il ne se retrouvait plus dans ce gouvernement.
16:32Donc, je pense que nous,
16:34on a aussi à interpeller le politique
16:35et surtout à les rappeler à leur responsabilité
16:39par rapport à cette situation qui est...
16:42Même les mots peinent à s'exprimer.
16:44On n'arrive même plus à trouver les mots
16:46par rapport à ce qui se passe aujourd'hui à Gaza.
16:48Alors, est-ce que vous voyez aussi un lien
16:50entre cette démarche et d'autres actions culturelles
16:53ou humanitaire, pardon,
16:55qui visent à redonner une identité aux victimes ?
16:57Je pense à des témoignages,
16:58à de l'art engagé, par exemple.
17:00Tout à fait.
17:01Il y a une multitude de dynamiques
17:03qui sont extraordinaires et partout dans le monde.
17:06Et ça nous donne de l'espoir.
17:07Il y a notamment la flottille
17:09qui est partie hier
17:10avec près de 200 bateaux,
17:1240 pays, donc pas mal de Belges.
17:15Et notre ami, notamment Alexis Desoif,
17:17notre juriste militant extraordinaire
17:19qui fait partie de l'aventure.
17:21Et les dynamiques artistiques, intellectuelles
17:24sont très, très, très nombreuses.
17:26Et on voit bien que, de façon générale,
17:29tout le monde redescend dans la rue.
17:31Les artistes s'impliquent,
17:33les intellectuels écrivent.
17:34Et donc, ça nous donne de l'espoir.
17:37Et ici, l'objectif, c'est de se dire,
17:38voilà, c'est qu'on est tous ensemble.
17:39Mais il faut vraiment que le monde politique,
17:42voilà, prenne nos responsabilités.
17:45Et parce que nous vivons
17:46dans un système démocratique, plus ou moins.
17:49Et donc, si on veut préserver
17:51nos systèmes démocratiques,
17:53notamment, il faut que, voilà,
17:55que nos élus puissent entendre le peuple
17:57et surtout, assument leurs responsabilités.
18:00Les politiques doivent assumer leurs responsabilités.
18:02Quelle responsabilité aussi,
18:04vous semble, peser aujourd'hui
18:05sur les artistes, les metteurs en scène,
18:07les cinéastes, lorsqu'ils affrontent
18:08des tragédies collectives comme celle-ci ?
18:10Elle est immense, bien évidemment.
18:12On ne peut pas, je veux dire,
18:13on ne peut pas...
18:14Je veux dire, bien évidemment,
18:18encore ce matin, on était à plusieurs,
18:19on a eu une grande réunion très importante.
18:22Et on sent que la priorité,
18:24l'urgence est là.
18:25Et parce que nous, les artistes,
18:28voilà, nous avons fait un choix,
18:29nous, les intellectuels,
18:30nous avons pris un choix d'engagement.
18:32Et on ne peut pas sélectionner
18:34nos causes humanitaires.
18:36Et c'est triste de voir que certains,
18:39parfois, souvent,
18:40parce que financement oblige,
18:44ont un peu difficile.
18:45Et donc, voilà, c'est aussi de se dire
18:47que l'objectif, c'est d'être un peu le premier,
18:51en fait, les premiers sur le terrain.
18:54Et de se dire, voilà,
18:54qu'on ne peut pas ne pas se positionner.
18:58On ne peut pas s'enfermer chez soi.
19:01Il y a vraiment une situation
19:02qui est catastrophique
19:04et qui aura une incidence
19:07sur l'avenir de nos enfants.
19:09Et nos enfants, d'ailleurs,
19:09nous questionneront.
19:11Ils nous diront,
19:12papa, vous étiez où ?
19:13Vous étiez où ?
19:15Qu'est-ce qui s'est passé ?
19:16Et donc, on a vraiment
19:17une responsabilité qui est immense.
19:19Et peut-être encore plus,
19:20les artistes.
19:21Alors, encore une question,
19:23si vous voulez bien.
19:24La mobilisation de demain,
19:26il faut le rappeler,
19:26c'est en prélude à la prochaine
19:28grande manifestation nationale
19:29du 7 septembre.
19:30Tout à fait.
19:31Donc, une grande manifestation nationale
19:32qui est en train de même
19:33de devenir, même,
19:34internationale,
19:35parce qu'on a pas mal
19:36de pays frontaliers
19:37qui nous rejoignent.
19:38Et donc,
19:39Urgence Gaza fait partie
19:41de la coalition.
19:43On co-organise
19:45avec 13 ONG,
19:47les plus importantes,
19:48telles que la BP 1111
19:50à Nice International,
19:52les plus grandes ici,
19:53généralement actives.
19:55Et oui,
19:55l'objectif,
19:56c'est qu'on soit très,
19:57très nombreux.
19:58Le 7,
19:58il faut vraiment...
19:59Alors, c'est vrai
19:59que c'est une période
20:00un peu particulière
20:01ici,
20:02cette fin de mois d'août,
20:04début de mois de septembre.
20:05Mais il faut vraiment
20:06qu'on soit très nombreux
20:07parce qu'il faut envoyer
20:08un signal très,
20:09très fort
20:10au monde politique
20:11et pas simplement
20:12à la classe politique
20:13mais aussi au monde
20:14parce que Bruxelles,
20:15c'est quand même
20:15la capitale de l'Europe.
20:17Et on a tous vu
20:19les images extraordinaires
20:21dans d'autres pays,
20:22dans les plus grandes villes,
20:24parfois même des petites villes
20:25où des centaines de milliers
20:27de personnes
20:27descendaient dans les rues,
20:28parfois proches du million même,
20:30notamment dans des pays
20:31en Asie,
20:33en Orient.
20:34Et alors,
20:35il y a une mobilisation
20:36qui m'a vraiment impressionné.
20:38C'est celle en Australie,
20:39notamment à Sydney,
20:39sur un pont
20:40où vous aviez 300 000 personnes.
20:43Il faut savoir
20:43qu'en Australie,
20:44c'est l'hiver.
20:44Il faisait 6,
20:467 degrés à ce moment-là.
20:47avec une drache,
20:48une pluie très intense
20:49et vous aviez 300 000 parapluies.
20:52C'est quand même fort.
20:53Voilà,
20:53donc je pense qu'il faut
20:54que le 7,
20:54on soit très très nombreux.
20:56Le démarrage,
20:56donc Gare du Nord,
20:57ce dimanche 7.
20:59Et moi,
20:59j'invite vraiment
21:00tous les auditeurs
21:01qui nous écoutent
21:02à se mobiliser,
21:04à venir en famille
21:05et notamment
21:06à passer le message.
21:07N'hésitez pas,
21:08à travers les réseaux sociaux,
21:09à passer l'info
21:10ce dimanche 7.
21:12D'ailleurs,
21:13il y a pas mal
21:13de visuels
21:14qui circulent.
21:15N'hésitez pas
21:15à forwarder,
21:16à partager
21:17pour qu'on soit
21:17le plus nombreux
21:18ce dimanche 7,
21:207 septembre
21:21dans les rues de Bruxelles,
21:22notamment à la Gare du Nord.
21:23Alors,
21:23d'ici là,
21:24demain,
21:25rendez-vous,
21:25peut-être nous rappeler
21:26l'horaire et le lieu.
21:28Oui,
21:28alors demain,
21:28donc de 10 à 19h,
21:29place de la Monnaie,
21:30donc au centre-ville.
21:31nous commençons à 10h,
21:33pour un événement
21:34un peu particulier.
21:35On vous invite vraiment
21:36à venir très très nombreux,
21:37notamment en famille,
21:39peut-être après
21:39les horaires scolaires.
21:41Voilà,
21:41c'est important aussi
21:42d'être nombreux
21:43pour nous soutenir
21:44parce que ça ne sera pas évident
21:46de rendre hommage
21:47à tous ces enfants
21:48qui ont été assassinés
21:49dans des conditions difficiles.
21:51Voilà,
21:51c'était donc la conclusion
21:52de Mourad Boussif.
21:54Merci d'avoir été avec nous
21:55sur Arabel.
21:55Merci Tarek
21:56et merci à toute l'équipe d'Arabel.
21:57On se retrouve dans quelques instants
21:58pour la suite
21:59de votre cafard de la faux.
Écris le tout premier commentaire