00:00Qu'est-ce qu'un journaliste aujourd'hui ? Qui est journaliste ? Un journaliste aujourd'hui, c'est quelqu'un qui vit du journalisme.
00:07Mais un avocat, ce n'est pas quelqu'un qui vit de l'avocature, c'est quelqu'un qui a reçu un enseignement, un certain nombre de règles déontologiques.
00:14Tout le monde peut être journaliste aujourd'hui. Et puis encore autre chose, c'est les chaînes d'info continue.
00:19Moi, je suis désolé, mais j'ai passé ma vie de ministre de la Justice à dire, à tenter de démontrer, chiffre à l'appui, que la justice n'était pas laxiste.
00:29Mais cette idée de justice laxiste est une idée relayée par le Rassemblement national pour dire, puisque la justice est laxiste, elle génère de la délinquance.
00:42Et nous, quand on va arriver au pouvoir, vous allez voir ce que nous allons voir. Le débat, il est tronqué.
00:47Il y a mille crimes par an dans notre pays. Donc vous avez pour les chaînes d'info continue matière tous les jours à nous parler d'un crime.
00:55Et 50 fois dans la journée. Ce qui finit à la fois par, comment dirais-je, nous inquiéter légitimement.
01:04Et ça nourrit l'insécurité, bien sûr, pour ceux qui la vivent, pour les victimes, pour les témoins.
01:09Mais aussi, mais aussi, le sentiment d'insécurité.
01:13Et ça, on ne peut pas le nier. C'est un fait. Il existe ce sentiment d'insécurité.
01:16Eh bien, écoutez, allez dire ça à M. Pro et à ses amis, et vous verrez ce qu'il vous répondra.
01:21Il vous répondra, mais non, pas du tout. C'est vous qui êtes déconnecté.
01:25Mais non, il y a moins de meurtres aujourd'hui dans notre pays qu'en 1994.
01:30Mais à force de 6h du matin à 6h du matin de nous dire qu'il y a cette criminalité ambiante,
01:36et elle existe. Moi, je ne la nie pas.
01:38Mais ça finit par créer dans nos esprits quelque chose qui est assez délétère
01:42et qui ne nous donne pas envie d'être résolument optimiste.
01:48Voilà pourquoi le débat public, il est tronqué.
01:51Alors, d'abord, effectivement, il n'y a pas de quoi d'être optimiste dans notre société.
01:56Mais je rappelle que, manifestement, il ne sait pas exactement ce qu'est le métier de journaliste.
02:00C'est que notre métier, c'est simplement de témoigner de la réalité.
02:03Hélas, et que la réalité, elle est rude.
02:05Bon, alors, j'ai les chiffres précisément.
02:09Il dit qu'il y a moins de meurtres aujourd'hui qu'en 1994.
02:13Bon, c'est vrai. C'est tout à fait vrai.
02:15Ces chiffres sont officiels, issus de la place Beauvau.
02:17On observe une baisse des homicides passant de 1600 en 1996 à 976 en 2024.
02:24C'est donc une baisse significative.
02:26Regardons les tentatives maintenant.
02:28Mais, mais, mais, laissez-moi, évidemment.
02:31Mais, ce n'est pas ça qui est important.
02:32Sous le mandat d'Emmanuel Macron, les homicides ont fortement augmenté.
02:38De 826 à 2017, à 976 l'année dernière, soit une hausse quasi continue.
02:45Première chose.
02:46Donc, les homicides remontent sous Macron.
02:47Deuxième chose, et c'est le plus important.
02:51Il faut prendre en compte les tentatives d'homicides, qui connaissent une explosion.
02:582259 en 2016, 4290 l'année dernière.
03:04Je répète les deux chiffres.
03:072259 en 2016, 4290 l'année dernière.
03:12Tentatives d'homicides, par exemple, le compagnon d'Isabelle Piboulot, c'est une tentative d'homicides dans le tramway avec l'arme blanche.
03:21Alors, effectivement, il n'est pas mort.
03:23C'est une tentative d'homicides.
03:26En additionnant les infractions annexes, coups et blessures, violences, on constate une forte augmentation.
03:34Je n'y peux rien.
03:35Je n'y peux rien.
03:36Je témoigne de ça.
03:37Arrêtez d'en parler.
03:38Et je n'en parle pas de 6 heures du matin à 6 heures du soir.
03:41Parce qu'évidemment que s'il regardait notre émotion, nous parlons de toutes les actualités.
03:46On va parler tout à l'heure politique de Bayerou Etat.
03:48Et nous parlons aussi de ça.
03:49Il se trouve que d'autres ne parlent pas du tout.
03:52Donc, cela élise parfaitement la théorie d'Alain Bauer.
03:55Alors, Alain Bauer, peut-être il le récuse également sur la montée de l'homicidité.
04:00Ce sont les mots d'Alain Bauer qui regroupent l'ensemble de ces données.
04:04Mais moi, je n'y peux rien.
04:05Mais ce que je trouve vraiment très désapplésant, c'est d'abord qu'il nous cible, ce qui n'est pas agréable.
04:10Il nous met une cible dans le dos, ce qui n'est pas agréable.
04:12Il nous tient responsable du climat.
04:14Mais qu'il vienne là.
04:16Mais qu'il vienne là.
04:17Au lieu de parler fort à l'extérieur, sans contradiction.
04:22Là, que peut-il répondre à ce que je viens de dire ?
04:25C'est des chiffres de Laplace Beauvau.
04:27Jules Thorez.
04:28D'abord, il y a ça.
04:29Il y a ensuite, évidemment, ces chiffres-là.
04:32Et puis, moi, pour avoir fait quelques interviews de Gérald Darmanin depuis qu'il est ministre de la Justice,
04:37il dit quoi, Gérald Darmanin ?
04:39Il ne dit pas « la justice est laxiste ».
04:40Ça, pour le coup, il y a 80% des Français qui le pensent, selon un sondage CSA, qu'on avait fait il y a plusieurs semaines.
04:45Mais je l'ai interviewé Gérald Darmanin au début du mois d'août, juste avant de partir en vacances.
04:48Qu'est-ce qu'il dit ?
04:49La justice est trop clémente, elle est trop lente, et elle nourrit l'insécurité en ne sanctionnant pas assez vite et pas assez fort.
04:57Autrement dit, la justice, elle est laxiste.
04:58Et c'est le ministre de la Justice qui vous le dit.
05:00Ce n'est pas CNews.
05:01Il n'y a pas une jeune femme, aujourd'hui, qui se balade dans Paris avec une montre de luxe, avec des objets de luxe, avec un sac de luxe.
05:09Ça n'existe pas.
05:11Je n'y peux rien.
05:12Ce n'est pas CNews.
05:12On parle de quelqu'un qui a toujours...
05:14En fait, c'est un seul...
05:15Alors, oui, il est déconnecté.
05:17Première chose.
05:18Oui, il est déconnecté.
05:19Complètement.
05:20Ce n'est pas bien, évidemment, d'expliquer que c'est de la faute des chaînes infos, parce que c'est quand même un ministre de la République.
05:26Ça montre aussi la faiblesse du raisonnement.
05:28Il le fait tout le temps.
05:29Souvenez-vous sur Europe 1, quand il vous dit que la France n'est pas un coup de gore, qu'il y a un sentiment d'insécurité.
05:35D'ailleurs, ça lui a valu pendant plusieurs années le titre de ministre du sentiment d'insécurité.
05:39Mais c'est quelqu'un qui n'en a rien à faire.
05:41Et en réalité, il dit la même chose que le président de la République quand il nous accuse de brainwacher sur les derniers faits divers.
05:47C'est la même chose.
05:48Pour M. Dupond-Moretti, le réel n'existe pas.
05:51Oui, c'est vrai.
05:51Tant qu'ils ne seront pas en bas de chez eux, ça n'existe pas.
05:56Mais évidemment, dans les beaux quartiers dans lesquels il est, pour lui, il n'a pas de soucis.
06:00Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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