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  • il y a 5 mois

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00:00Bienvenue au Cœur du Crime, un podcast issu des archives d'Europe 1.
00:11Savez-vous que plus d'un tiers des crimes et délits commis en France sont traités par la Gendarmerie Nationale ?
00:19Je m'appelle Yann Kermadek, je suis commandant de gendarmerie.
00:25Je dirige une section de recherche dont la mission essentielle est une mission de police judiciaire.
00:41L'histoire que je vais vous raconter est une histoire vraie.
00:46Tous les faits sont réels et se sont déroulés en France.
00:50Seuls les noms des personnes et des lieux ont été changés.
00:55Quand Marie et Yvan Péreux s'étaient installés dans la région, il y avait eu un sacré remue-ménage.
01:06On en avait parlé dans les Chaumières, chez les commerçants et même dans la presse.
01:09Et pas seulement dans la presse locale, mais aussi dans tous les hebdomadaires spécialisés,
01:14ceux qui racontent les histoires d'amour des princesses et des stars.
01:17Dans le village, des centaines de journalistes et de photographes étaient venus, on ne sait d'où,
01:23à l'affût des moindres faits et gestes de notre vedette nationale, Marie Péreux.
01:29Pendant plusieurs mois, il y avait eu un chantier très impressionnant,
01:33à l'emplacement de la vieille ferme des Katz, les parents de Marie.
01:38Était-ce un caprice ?
01:39Marie Péreux avait décidé de faire construire une énorme bâtisse avec piscine,
01:44comme on en voit sur la côte d'Azur,
01:46à l'endroit même où ses parents et ses arrières-grands-parents
01:49avaient, pendant des générations, sué sang et eau pour cultiver leur terre
01:55et en vivre plus ou moins chichement.
01:59C'était une sacrée revanche pour la petite paysanne
02:01qui, un beau matin, était partie tenter sa chance à Paris.
02:05La villa était spacieuse, imposante, de style hollywoodien, un peu tape à l'œil.
02:12La femme du maire trouvait que cela faisait nouveau riche,
02:15mais je crois bien que cette maison, la Louisiane, en faisait rêver plus d'un.
02:22Marie avait fait planter des quantités d'arbres, d'arbustes autour de la villa
02:26et tout cela était du plus bel effet et contrastait étrangement
02:30avec les autres propriétés du pays.
02:33Il y avait aussi une immense piscine que les enfants du village
02:36avaient vu installer les yeux pleins de convoitises.
02:42Ainsi donc, Marie Katz était devenue la star Marie Péreux
02:46et était rentrée au pays, riche, célèbre et mariée à Yvan Péreux,
02:52l'un des plus beaux playboys de la capitale.
02:55Lui, on le rencontrait au volant de sa voiture de sport,
02:58bronzé, été comme hiver, toujours aimable et galant avec les dames,
03:01dépensant sans compter chez les commerçants de la région
03:04qui bénissaient la venue de ce couple tapageur, mais bon client.
03:10Cet été, à peine la villa achevée,
03:14on avait vu arriver des voitures rutilantes avec à leur bord
03:16les invités de Marie et d'Yvan,
03:19venus pour faire la fête et qui menaient grand train.
03:23Les gamins du village allaient se poster devant l'entrée de la villa
03:25pour regarder passer les têtes connues,
03:28acteurs, metteurs en scène, animateurs de télévision,
03:31invités, privilégiés et fort bruyants.
03:35Certains enfants allaient même jusqu'à grimper aux arbres
03:38pour observer cette joyeuse compagnie
03:40plongeant dans la piscine à grand renfort de cris et de rires.
03:44Tout allait pour le mieux du côté de la villa Louisiane.
03:47Les invités avaient enfin regagné Paris
03:51quand, par un beau matin de septembre,
03:54le sous-officier de permanence de la compagnie
03:56vit se garer devant la gendarmerie
03:58la dernière décapotable flambant neuve d'Yvan Perreux.
04:03Celui-ci, décontracté mais le regard caché par d'épaisses lunettes noires,
04:09se présenta au bureau d'accueil
04:10et demanda à me parler de toute urgence.
04:13Je le fis entrer dans mon bureau
04:16et c'est ainsi que je reçus la déposition d'Yvan Perreux.
04:23Cela va vous paraître idiot, mon commandant,
04:24mais ma femme a disparu.
04:26On a trois jours et trois nuits qu'elle n'est pas rentrée.
04:29Son frère, qui est venu passer une semaine chez nous,
04:32veut absolument que je vous signale le fait.
04:34Alors voilà, c'est sûrement un caprice de sa part,
04:37mais je vous aurais informé, n'est-ce pas ?
04:40Je me trouvais quelque peu interloqué.
04:43Les artistes sont parfois bizarres, soit,
04:45mais l'attitude de cet homme était étrange.
04:50Monsieur Perreux, vous me dites que votre femme est partie,
04:54mais partie comment ?
04:56En voiture ?
04:57Non, non, mon commandant, sa voiture est là,
05:00personne n'y a touché depuis trois jours.
05:03Monsieur Perreux, pensez-vous que votre femme ait pu prendre le train ?
05:07Ah, c'est possible, mon commandant, je ne sais pas, moi.
05:10Vous vous êtes disputé ?
05:14Autant vous le dire, oui, mon commandant.
05:17Marie n'a pas un caractère facile et nous nous sommes un peu accrochés.
05:21Alors elle a dû partir faire un petit voyage.
05:24Mais comment ça, un petit voyage, monsieur Perreux ?
05:28Quand avez-vous vu votre épouse pour la dernière fois ?
05:31Le 27 août.
05:33Je vous l'ai dit, nous étions disputés.
05:35Elle m'avait fait une scène de jalousie.
05:37Alors elle est sortie, je ne l'ai plus revue depuis, quoi.
05:41Elle est sortie comment ?
05:43À pied ?
05:45Oui, à pied.
05:46Elle a quitté la villa et elle n'est pas rentrée.
05:49Le lendemain, j'ai remarqué qu'il manquait quelques-uns de ses vêtements
05:51et peut-être même une valise.
05:53A-t-elle emporté de l'argent ?
05:57Elle a toujours son chéquier sur elle et sa carte bleue.
06:01Votre femme avait-elle l'intention de voyager ?
06:05Non.
06:06Enfin, avec elle, on ne peut jamais savoir, n'est-ce pas ?
06:10Non, expliquez-moi, monsieur Perreux.
06:13Votre femme était-elle dépressive ?
06:15Serait-il possible qu'elle ait eu envie de se supprimer ?
06:18Ah non, sûrement pas, mon commandant.
06:20Marie aime beaucoup trop la vie, non ?
06:22Je vous l'ai dit, elle a dû faire un petit voyage.
06:25Voulez-vous qu'on la fasse rechercher ?
06:27Pensez donc, mon commandant, mais non.
06:29Elle reviendra bien d'elle-même, jalouse comme elle l'est.
06:32Non, elle va bouder un peu et puis elle reviendra, j'en suis sûr.
06:34Non, je suis venu vous voir uniquement parce que
06:37Jean-Loup, mon beau-frère, a tenu à ce que je le fasse.
06:39C'est tout.
06:42Bien, monsieur Perreux.
06:44Soyez aimable de me tenir informé de son retour
06:48et si vous désirez la faire rechercher, faites-le-moi savoir.
06:51C'est cela, je vous remercie, mon commandant.
06:53Mais je préfère éviter ce genre de publicité, n'est-ce pas ?
06:56Au revoir, mon commandant, et merci.
07:01Décidément, cette histoire était bizarre.
07:04Je décidais tout de même de mener une petite enquête,
07:07le plus discrètement possible, bien sûr.
07:10Dans le village, personne n'est au courant du départ de Marie Perreux.
07:14Mais la jeune femme est tellement fantasque
07:16qu'il se pourrait qu'elle se soit offert une escapade.
07:20D'autant plus que son mari, le bel Yvan,
07:23aurait déjà dans le pays une réputation de donjouant impénitent.
07:28La pharmacienne en sait quelque chose.
07:30Enfin, c'est ce qu'on dit.
07:33Qu'est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de Marie Perreux ?
07:38L'hypothèse du suicide est écartée.
07:41La belle actrice aime trop la vie, son travail, sa gloire toute récente
07:45et tous les plaisirs qu'elle peut s'offrir aujourd'hui.
07:48Aujourd'hui qu'elle est riche.
07:52Je décide de rendre visite à Yvan Perreux dans sa belle villa.
07:56Mais je veux qu'il me précise certains détails,
07:59et notamment la façon dont Marie était habillée
08:01et ce qu'elle a pu emporter.
08:03Mais M. Perreux n'est guère locasse,
08:08et je repars avec très peu de renseignements.
08:13Le lendemain, Jean-Loup Katz, le frère de Marie,
08:17se présente à mon bureau.
08:20C'est moi, mon commandant, qui a envoyé Yvan
08:21signaler la disparition de ma sœur.
08:24Sans ça, il continuerait de vivre sans s'inquiéter.
08:26Pour lui, tout va bien.
08:28Farniante, piscine, un frécoq en pâte, quoi.
08:30Mais moi, je ne crois pas que Marie soit partie.
08:34Où est-ce qu'elle irait, hein ?
08:35Elle a bien trop peur que son chigolo la trompe
08:38dès qu'elle aura le dos tourné.
08:40Moi, elle le connaît bien, allez.
08:42Il faut le surveiller comme le lait sur le feu, celui-là.
08:45D'ailleurs, ces derniers temps, ma sœur le soupçonnait
08:48de rencontrer en cachette une jeune femme du village,
08:52la pharmacienne, à ce qu'on dit.
08:56Mais voyons, M. Katz,
08:58votre sœur n'est pas n'importe qui.
08:59Tout le monde s'intéressait, elle et ses moindres faits et gestes,
09:03ainsi que ceux de son mari, donnent lieu à des commentaires.
09:08Mais mon commentant, si Marie était partie,
09:10elle aurait pris sa voiture.
09:11Oui.
09:15M. Katz, votre sœur était-elle dépressive ?
09:20Non, mon commentant.
09:22Ni dépressive, ni suicidaire, ni troquée, pas même alcoolique.
09:25Ma sœur dévore la vie à pleines dents.
09:28Elle a une passion pour son métier.
09:31Elle a beaucoup travaillé ces derniers temps.
09:33Elle a bien mérité les vacances qu'elle vient de passer ici.
09:37En plus, elle a un projet très important pour le mois d'octobre,
09:40un tournage en Italie.
09:42Non, non, non, non, non, non, non, non, je vous le répète,
09:44elle déborde d'enthousiasme.
09:46Elle est incapable de se suicider.
09:48Alors, que pensez-vous de la disparition de votre sœur, M. Katz ?
09:55Je ne sais pas, mon commentant.
09:58Pour vous dire la vérité,
10:00je suis même allé voir dans le puits au fond du chardin.
10:04Yvan, mon beau-frère, lui, il ne s'en fait pas.
10:06Il se prélasse au soleil comme une pin-up de macacine.
10:11Il y a des vêtements qui manquent dans la carte-robe de Marie,
10:14mais très peu.
10:16Je ne comprends pas.
10:18Faites-la rechercher, mon commentant, je vous en prie.
10:23Pour ma part, je reste en liaison avec son impresario à Paris et ses amis.
10:27Et je vous tiendrai informé.
10:32Cette affaire n'est décidément pas simple.
10:35De plus, dès que la disparition de la star sera connue,
10:40une nuée de journalistes va s'abattre sur le village
10:43comme des abeilles sur du miel.
10:44Je lance tout de même un message de recherche
10:49concernant la disparue.
10:52L'éternelle question revient toujours.
10:56Pourquoi est-elle partie ?
10:59Où est-elle partie ?
11:00C'est ce que vous saurez dans quelques instants.
11:12De retour au pays, la star de cinéma Marie Perreux
11:16a fait construire dans son village natal
11:19une villa hollywoodienne
11:21où elle a passé les vacances d'été avec son mari Yvan
11:24et les amis de celui-ci une bande de joyeux fêtards.
11:28Les vacances sont terminées
11:30et les amis sont repartis.
11:34Le 1er septembre,
11:35Yvan Perreux,
11:37l'époux volage de la star,
11:39vient signaler la disparition de sa femme.
11:42A la suite d'une dispute,
11:44Marie est partie à pied
11:46et n'a pas reparu depuis 4 jours.
11:50Jean-Loup Katz,
11:51le frère de Marie,
11:52est très inquiet
11:53et me demande instamment
11:55de faire des recherches.
11:58Cette fois,
11:59l'enquête est ouverte.
12:01On interroge les habitants du village.
12:03Qui a vu Marie Perreux
12:05depuis le 27 août
12:06à 17h ?
12:08Personne.
12:09Pourtant,
12:12la jeune femme ne passe pas inaperçue.
12:15Et soudain,
12:16un espoir.
12:17Un témoin
12:18affirme avoir vu Marie
12:19le 27 au soir,
12:20c'est-à-dire
12:20quelques minutes
12:22après son départ de la villa.
12:24Ce témoin,
12:25c'est le secrétaire de la mairie.
12:28Il est formel
12:28et absolument certain
12:29de la date.
12:30Le 27 au soir,
12:32il a rencontré Marie Perreux
12:33à Broutière,
12:34à quelques kilomètres d'ici.
12:37Quant aux proches voisins
12:38de la villa,
12:39ils n'ont rien remarqué.
12:42Le chef de gare,
12:44le chauffeur de taxi
12:45non plus pourtant.
12:46Ils la connaissent
12:46et s'ils l'avaient vue,
12:48ça se saurait.
12:51À Paris,
12:52son impresario,
12:53ses amis intimes
12:53n'ont reçu
12:54aucune nouvelle d'elle.
12:56Rien non plus
12:57à son domicile parisien.
13:00En fait,
13:01mis à part
13:02le secrétaire de la mairie,
13:04personne ne l'a vue
13:05le 27 août,
13:07date de sa disparition.
13:09Je décide
13:11de faire fouiller
13:12les bois
13:12et les champs
13:13environnants.
13:15Rien.
13:18Jean-Luc Katz,
13:19son frère,
13:20est de plus en plus inquiet.
13:23Marie a disparu
13:24depuis maintenant
13:25une semaine.
13:26Jean-Luc Katz
13:29revient me voir.
13:32Mon commentaire,
13:34mon beau-frère
13:35est un fiéfé coquin,
13:36vous savez.
13:37Il n'a aucune pudeur.
13:38Il reçoit
13:39sa pharmacie
13:39en la ville,
13:40là,
13:40comme si de rien n'était.
13:42Hier,
13:42il faisait des plonchons
13:43dans la piscine
13:44en riant au séclat.
13:45Que c'en est une honte.
13:48L'enquête continue.
13:50Toutes les sources
13:51de renseignements possibles
13:52sont exploitées.
13:53Le directeur de la banque
13:55nous précise
13:56qu'aucun règlement
13:56par chèque ou carte bleue
13:58n'a été fait
13:58par Marie Perreux
13:59depuis le 27 août.
14:02Et depuis le 27 août,
14:04personne n'a vu
14:05la jeune femme,
14:06à l'exception
14:07du secrétaire de la mairie
14:08qui persiste
14:09dans ses affirmations
14:10et qui confirme
14:11le signalement de Marie
14:12qui est le même
14:13que celui donné
14:14par Yvan Perreux,
14:15son mari.
14:16Et pour ce qui est du jour,
14:18c'est bien le 27 août
14:19au soir.
14:20Et si,
14:23malgré sa bonne foi,
14:26cet homme se trompait ?
14:29Néanmoins,
14:29je ne néglige pas
14:30ce témoignage.
14:32C'est-on jamais ?
14:34Puis,
14:34je décide
14:35une nouvelle visite
14:36à la villa.
14:38Tout comme Jean-Loup Katz,
14:40le frère de la vedette,
14:41cela me paraît bizarre
14:42que Mlle Dosia,
14:44la pharmacienne,
14:46reste aussi longtemps
14:46le soir
14:47à la Louisiane.
14:49On pourrait croire
14:50qu'Yvan est sûr
14:52que sa femme
14:53ne reviendra pas.
14:55Un plan détaillé
14:56de la villa
14:57et de ses dépendances
14:58est dressé
14:59avec toutes les caches
15:00possibles
15:00et,
15:01à leur convenu,
15:03je me présente
15:03accompagné
15:04de Jean-Loup Katz,
15:06le frère de Marie Perreux,
15:07du chef Beauvais,
15:08technicien
15:09des investigations criminelles
15:10et de deux de mes hommes,
15:11les gendarmes
15:12La Rue et Porte.
15:13Mademoiselle Dosia,
15:16la pharmacienne,
15:16est là,
15:17installée comme chez elle,
15:18dans un fauteuil
15:19du salon.
15:21Jean-Loup Katz
15:22fulmine,
15:22il est au bord
15:23de l'explosion.
15:25Yvan Perreux
15:25se précipite vers lui.
15:27Mais calme-toi,
15:27Jean-Loup,
15:28je ne fais rien de mal,
15:28voyons,
15:29je n'ai pas le moral
15:29en ce moment
15:30avec cette histoire.
15:31Alors,
15:31Mlle Dosia est venue
15:32me tenir compagnie,
15:33quoi.
15:34En plus,
15:34je suis harcelé
15:35au téléphone
15:36par les journalistes
15:37qui me posent
15:37les questions
15:37les plus insensées
15:39qui veulent photographier
15:40les lieux,
15:40etc.,
15:41etc.,
15:41etc.,
15:42vas-tu.
15:44M. Perreux,
15:46nous devons retrouver
15:46votre épouse
15:47par tous les moyens.
15:49Il est normal,
15:50en premier lieu,
15:51de voir chez elle
15:52si elle ne s'y est pas
15:53suicidée
15:54ou...
15:56Yvan Perreux
15:57m'interrompt
15:58d'un air jovial
15:58et nous invite
15:59à visiter la maison
16:00et ses dépendances.
16:04L'intérieur de la villa
16:05est parfaitement net.
16:07Nous visitons
16:08une à une
16:09toutes les pièces
16:11plus luxueuses
16:12les unes que les autres.
16:14Chaque salle de bain
16:14est soigneusement inspectée,
16:16chaque mur,
16:17chaque plancher,
16:18le moindre cagibi
16:18est examiné,
16:20le grenier
16:20et la cave
16:21passés au peigne fin.
16:23Rien.
16:25Absolument rien.
16:28On fouille
16:28le jardin,
16:29on inspecte
16:30la piscine.
16:32Toujours rien.
16:35Yvan Perreux
16:35nous observe
16:36d'un air goguenard.
16:38Vous voyez bien
16:39qu'elle n'est pas là,
16:40mon commandant.
16:41Est-ce que je vous dis
16:41qu'elle est partie ?
16:42Vous savez bien
16:43qu'elle a été vue
16:44par un témoin.
16:45Elle est allée
16:46Dieu sait tout.
16:47En Italie, peut-être.
16:49Elle doit y tourner
16:50un film au mois d'octobre.
16:51Elle est peut-être
16:51en train de jouer
16:52la Dolce Vita à Rome
16:53pendant que vous
16:54les cherchez ici.
16:56M. Perreux,
16:57si votre femme
16:58était partie pour Rome,
17:00elle aurait pris le taxi
17:01jusqu'à l'aéroport.
17:03Or, ni le taxi
17:04du village,
17:05ni le chauffeur du car,
17:06pas plus qu'aucun
17:06automobiliste,
17:07n'a transporté
17:08Marie Perreux.
17:10Mais elle s'était
17:10peut-être grimée,
17:11mon commandant,
17:12à kiffée,
17:12de manière à ce qu'on
17:13ne puisse pas la reconnaître.
17:15Et si elle s'était
17:16faite enlevée ?
17:18Ah !
17:19Personne n'a pensé
17:20à cette horrible éventualité.
17:22Marie est riche,
17:23mon commandant,
17:24très riche.
17:27Nous sortons de la villa
17:29sans avoir trouvé
17:30l'ombre d'une piste.
17:31Dehors,
17:33les quotidiens
17:34s'étalent déjà
17:35aux devantures
17:36des marchands de journaux.
17:38Une star disparaît.
17:40La photo de Marie,
17:41en page 1,
17:42nous regarde en souriant.
17:45Je retourne à mon bureau.
17:47Je veux revoir
17:47tout le dossier.
17:49Je reprends
17:49le plan de la villa.
17:52Et tout à coup,
17:53il me vient une idée.
17:55Je téléphone
17:56à Jean-Luc Katz,
17:57le frère de Marie.
17:58Alors,
17:59M. Katz,
18:00je suis en train
18:00d'étudier à nouveau
18:01le plan de la propriété
18:02de votre sœur.
18:04Je voulais vous demander
18:04à qui appartient
18:06le terrain voisin
18:07côté nord ?
18:09À Marie,
18:10mon commandant.
18:11Elle venait de l'acheter
18:12pour y installer
18:12un cours de tennis.
18:15Et la maison
18:15qui se trouve
18:16sur le terrain
18:16est inhabitée,
18:17à ce que j'ai pu remarquer.
18:19Oui, oui, oui,
18:19mais je suis échale
18:20et il fait un tour,
18:21mon commandant.
18:23Je viens immédiatement,
18:24M. Katz.
18:25Je suis sûr
18:25que je n'ai pas vu
18:26tout ce que je voulais voir.
18:28Quelques minutes plus tard,
18:31avec le chef Beauvais
18:33et les gendarmes
18:33la rue et porte,
18:35je sonnais de nouveau
18:36à la Villa Louisiane.
18:39Cette fois,
18:41le bel Yvan Perreux
18:42nous reçoit
18:42d'une manière
18:43beaucoup moins aimable.
18:45Qu'est-ce que vous voulez
18:46encore, mon commandant ?
18:48Vous avez déjà
18:48tout remué par ici.
18:49Qu'est-ce que vous voulez
18:50de plus ?
18:52Mais vous ne m'avez pas
18:53montré la dernière acquisition
18:54de votre épouse,
18:55M. Perreux.
18:55cette ancienne ferme
18:57sur laquelle
18:58elle a l'intention
18:59d'installer un tennis.
19:01Mais la maison
19:01est complètement délabrée,
19:03mon commandant.
19:03Je ne vois vraiment pas
19:04l'intérêt.
19:05Si vous y tenez...
19:07Oui, M. Perreux.
19:09J'y tiens.
19:12Armés de torches électriques,
19:15nous parvenons
19:15jusqu'à la ferme abandonnée.
19:18Nous examinons
19:19tous les coins
19:20et les recoins.
19:20Rien.
19:24Yvan Perreux
19:25laisse exploser
19:25sa mauvaise humeur.
19:27Mais vous voyez bien
19:27qu'il n'y a rien,
19:28mon commandant.
19:29Je commence
19:29à en avoir assez
19:30de vos insinuations.
19:32Faut mieux
19:32d'aller vous coucher.
19:33Allez,
19:33la nuit porte conseil,
19:35comme on dit.
19:37Nous sortons de là,
19:39bredouille,
19:41une fois de plus.
19:43Tout à coup,
19:44je m'arrête.
19:46La rue.
19:47Vite,
19:47la torche électrique.
19:48M. Perreux,
19:50qu'est-ce que c'est que ça ?
19:52Ça ?
19:53C'est la fosse
19:55à purin de la ferme.
19:58La rue,
19:59porte.
19:59Aidez-moi à l'ouvrir.
20:02Apparemment,
20:03la dalle de couverture
20:04de la fosse
20:05ne semble pas
20:06avoir été bougée
20:06depuis longtemps.
20:08En effet,
20:08de la terre
20:09et du fumier tassé
20:10garnissent
20:10les joints
20:11du revêtement.
20:13Le chef Beauvais
20:14prend une tenaille
20:15et soulève
20:16la petite trappe
20:17de vidange.
20:18Je regarde
20:20le visage
20:20imperturbable
20:22d'Yvan Perreux
20:22et il me semble
20:24déceler
20:25une lueur
20:27d'inquiétude
20:27dans son regard.
20:30La rue,
20:31allez chercher
20:31un projecteur portable
20:32et une fourche.
20:34Je veux examiner
20:34le contenu
20:35de cette fosse.
20:37En quelques secondes,
20:38les gendarmes
20:39ont éclairé
20:39l'intérieur
20:40de la fosse
20:40et,
20:41allongés
20:42à même le sol,
20:43ils fouillent
20:43son contenu
20:44noirâtre
20:45et nauséabond.
20:46soudain,
20:50quelque chose
20:50de blanc
20:51apparaît
20:52tout au fond,
20:54flottant
20:54entre l'épais
20:55liquide
20:56et la dalle.
20:58Qu'est-ce que c'est
20:59que ça,
21:00monsieur Perreux ?
21:01Hein ?
21:02Que voulez-vous
21:03que ce soit ?
21:04Probablement
21:05des détritus
21:06qui surnagent.
21:08On ne s'est pas
21:08servi de cette fosse
21:09à Purin
21:09depuis des mois,
21:10vous le voyez bien,
21:11enfin.
21:11Jean-Loup,
21:12tu ne crois
21:12tout de même
21:13pas que ta sœur
21:13est là-dedans ?
21:16Jean-Loup Katz
21:17ne répond pas.
21:19Comme frappé
21:20de paralysie,
21:22il regarde
21:22le trou béant.
21:26Je veux en avoir
21:26le cœur net.
21:27Je m'allonge
21:28à mon tour
21:28sur le sol
21:29et je me penche
21:30à mi-corps
21:31au-dessus de la fosse
21:32en laissant
21:33doucement glisser
21:34le projecteur.
21:35Non,
21:38ce ne sont pas
21:39des détritus,
21:40monsieur Perreux,
21:42et vous le savez bien.
21:45Yvan Perreux
21:46est d'une pâleur mortelle
21:47et de ses lèvres
21:48décolorées.
21:50La réponse arrive.
21:53Glacial.
21:56Oui,
21:57c'est Marie.
21:59Je l'ai étranglée.
22:03Jean-Loup Katz
22:03ne peut réprimer
22:04un cri d'horreur
22:04pendant qu'Yvan Perreux
22:06se laisse entraîner
22:06menottes au poignet.
22:09Quelques instants plus tard,
22:11il signera
22:12ses aveux.
22:15Il a tué sa femme
22:15le 27 août
22:16à 17h,
22:17après qu'elle lui ait
22:18fait une scène
22:19de jalousie
22:19à propos de sa liaison
22:21avec la pharmacienne.
22:24Après l'avoir étanglée,
22:25il a transporté son corps
22:26jusqu'au terrain voisin
22:27et l'a jetée
22:28dans la fosse à Purin.
22:31Le secrétaire de la mairie
22:32qui prétendait avoir
22:33rencontré Marie
22:34au soir du 27 août,
22:36s'était tout bonnement
22:36trompé de jour.
22:38En fait,
22:38c'était le 26 août
22:39qu'il l'avait vu
22:40et ce témoignage
22:42avait bien arrangé
22:44l'assassin.
22:47Marie Perreux
22:47avait décidé
22:48de divorcer
22:49et elle venait
22:50d'en informer
22:50son époux.
22:52Elle s'était rendue
22:53compte un beau jour
22:54que, riche,
22:55célèbre,
22:56intelligente,
22:56adulée,
22:57elle vivait
22:58avec un bon à rien,
22:59coureur de jupons,
23:01incapable
23:01de la rendre heureuse.
23:03Yvan Perreux,
23:06qui s'était habitué
23:07au luxe
23:07et à la vie facile
23:08que lui procurait
23:10l'argent de sa femme,
23:12n'a pas pu supporter
23:13l'idée
23:13de tout perdre
23:14et de retourner
23:15à la médiocrité
23:16qui était la sienne
23:17avant son mariage.
23:18Il a commis
23:20l'irréparable
23:21perdant du même coup
23:23et à tout jamais
23:24l'argent,
23:27la liberté
23:27et la paix
23:30de l'âme.
23:30Vous venez d'écouter
23:38Au cœur du crime,
23:39un podcast
23:40issu des archives
23:41d'Europe 1.
23:42Réalisation,
23:43Julien Tarot.
23:44Production,
23:45Estelle Laffont.
23:46Patrimoine sonore,
23:47Sylvaine Denis,
23:48Laetitia Casanova
23:50et Antoine Reclut.
23:51Promotion,
23:52Marie Corpé.
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