Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 mois
Jérôme Amicel, secrétaire départemental Snes-FSU du Gard

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Ici Gare Lozère, le réveil 100% local.
00:05Ici Matin.
00:077h47, Quentin Pérez de Tudela, il manque toujours des enseignants à une semaine de la rentrée.
00:11Mercredi dans les collèges, jeudi dans les lycées.
00:14Le premier syndicat du second degré tient la sonnette d'alarme ce matin, Quentin, sur l'antenne de Ici Gare Lozère.
00:19Oui, le SNES FSU, donc vous êtes le secrétaire dans le Gard.
00:23Bonjour Jérôme Amiciel.
00:24Bonjour.
00:24Et merci beaucoup d'être avec nous.
00:26Une question toute simple donc pour commencer.
00:28Est-ce qu'il y aura dans le Gard un prof devant chaque classe la semaine prochaine ?
00:33C'est une vraie question dans la mesure où de toute façon la crise de recrutement continue.
00:38Il y a un poste sur 10 derrière les concours de l'enseignement qui n'ont pas trouvé preneur lors du premier semestre 2025.
00:47Donc la crise de recrutement demeurant, de toute façon, va se retrouver avec des difficultés d'affectation d'enseignants devant chaque classe.
00:55Donc dans chaque matière dans le second degré.
00:59On a des matières particulièrement sinistrées.
01:02Les mathématiques par exemple, où un poste sur quatre au concours n'a pas été pourvu.
01:06En technologie, mais en fait maintenant on peut dire que ça touche quand même toutes les disciplines.
01:10Pas pourvue par manque de candidats ?
01:11Alors manque de candidats d'une part, parce que c'est pas intéressant aujourd'hui.
01:16Pour beaucoup d'étudiants, c'est pas intéressant d'être enseignant.
01:18On n'est pas bien payé, les conditions de travail ne sont pas bonnes.
01:21Oui, on va en reparler.
01:23Il pourrait en manquer combien d'enseignants dans le Gard la semaine prochaine ?
01:26Alors ça c'est difficile à juger, parce qu'il y a tellement de disciplines.
01:29Des petites et grandes, donc ça c'est un peu compliqué.
01:32Alors a priori, ce qu'on peut envisager, c'est comme les autres années, une rentrée qui se passe à peu près correctement.
01:38En mobilisant l'intégralité des contrats actuels disponibles pour l'électorat de Montpellier
01:44et l'intégralité de ce qu'on appelle les titulaires sur zone de remplacement,
01:47qui sont des professeurs titulaires, mais dont la mission est de remplacer les professeurs absents.
01:51Mais par contre, on sait qu'en cours d'année, très rapidement, avec les congés maternité,
01:55parce que les professeurs sont majoritairement des femmes,
01:59avec les congés maladie, avec éventuellement aussi des congés obtenus par certains collègues auprès du rectorat,
02:05on va se retrouver que ce soit avec la même situation qui était celle d'après des vacances de Noël dans le Gard,
02:12c'est-à-dire des professeurs qui ne sont pas remplacés,
02:15parfois sur des classes stratégiques comme la première, par exemple, pour l'en français,
02:20parce qu'il y a une bac de français, voire en terminale, pour des épreuves de fin d'année de terminale.
02:25Et alors ce manque de profs, il est toujours lié au même problème ?
02:28C'est-à-dire que le métier ne fait plus rêver ?
02:31D'abord, en fait, oui, c'est un métier, c'est important de le dire,
02:36donc ça veut dire que les gens qui pratiquent ce métier le font parfois par vocation,
02:40ils ont envie de faire ça parfois, parce que simplement, il faut un métier pour faire bouillir la mermite,
02:45et qu'aujourd'hui, si on est enseignant, on sait qu'on n'est pas suffisamment payé par rapport à l'échelle des salaires en France.
02:53Attendez, il y a eu des mesures, non, qui ont été prises ou au moins annoncées pour revaloriser justement le métier d'enseignant ?
02:58Et si vous voulez, comme on a perdu quand même un cinquième de pouvoir d'achat en un peu plus de 20 ans,
03:05de toute façon, le rattrapage est considérable.
03:07Attendez, il y avait plus de 100 euros net d'augmentation, je crois, qui vous avaient été promis,
03:12il y avait aussi des missions supplémentaires rémunérées qui avaient été évoquées ?
03:16Oui, mais le problème des missions supplémentaires rémunérées, c'est que c'est de l'indemnité,
03:18c'est-à-dire que c'est un enseignant qui tombe malade, tout ça, il ne le touche pas.
03:21Donc en réalité, si on veut un salaire stable, on va voir ailleurs.
03:26Voilà, il ne faut pas payer les gens à coups de lance-pierre,
03:29il faut les payer avec un salaire fixe, stable et conséquent.
03:33Donc pour les remplacer, on trouve des bouts de ficelle, puisqu'effectivement, on n'a plus assez de profs.
03:37On n'a plus assez de professeurs et de toute façon, même...
03:39On fait appel aux contractuels.
03:40Oui, mais même les contractuels ne sont pas suffisamment nombreux,
03:43c'est-à-dire qu'en gros, le rectorat a une liste de contractuels qu'il peut mobiliser dès la rentrée,
03:50mais il se trouve qu'une fois qu'il a mobilisé cette liste,
03:53c'est compliqué après de trouver d'autres contractuels.
03:55Le premier syndicat du second degré de l'enseignement, notre invité dans le Gard ce matin, Quentin.
03:59Oui, Jérôme Amicel, donc on parlait des contractuels.
04:03Il y a le profil et en fait surtout le niveau de ces contractuels qui pose question.
04:08Il est souvent pointé du doigt.
04:09Ah, ça c'est difficile parce que quand même, globalement,
04:12les collègues contractuels qui viennent dans les établissements font le travail.
04:17La difficulté qu'on a, je dirais, depuis quelques années, c'est que...
04:20Mais il faut quoi par exemple pour être recruté, pour devenir contractuel ?
04:23Vous avez une plateforme du rectorat de Montpellier.
04:25Il suffit...
04:26Mais attendez, il faut quand même des diplômes, il faut une licence.
04:28Il faut une licence dans la discipline.
04:30Le problème, c'est qu'on ne trouve plus assez de candidats.
04:32Mais pour être prof, normalement, il faut un master.
04:34Donc il faut deux ans de plus d'études.
04:35Voilà, mais normalement, en fait, le diplôme qui historiquement permet d'enseigner,
04:41c'est la licence.
04:42Et donc, il faut avoir une licence dans la discipline.
04:44Encore faut-il avoir suffisamment de candidats avec suffisamment de licences,
04:47si vous voulez ce que je veux dire.
04:48Et on se retrouve avec des études en situation où, par exemple,
04:51on a...
04:51Moi, j'ai eu le cas d'une collègue qui est devenue...
04:54Enfin, qui a passé le concours plus peu après,
04:56qui a enseigné une discipline dans un lycée de Montpellier, en l'occurrence,
05:01dans laquelle elle n'a jamais été formée.
05:03Voilà, mais simplement,
05:05voilà, on fait du bouche-trou.
05:07Enfin, le rectorat fait...
05:07Elle n'a jamais été formée, vous dites ?
05:09Non, tout à fait.
05:10Voilà, bon, je ne dirais pas qui c'est, je n'ai pas la discipline.
05:12Non, non, mais sans pointer du doigt, bien sûr.
05:14Mais voilà, donc...
05:16Mais oui, donc on se retrouve avec des études en situation.
05:17Mais quand vous avez en parlé de tout ça au rectorat,
05:20il vous dit quoi ?
05:21Et qu'est-ce qu'il vous dit aussi sur le manque de professeurs
05:26et sur l'impératif de les remplacer ?
05:29Ben, il nous dit qu'il ne trouve pas de candidats, tout simplement.
05:32Et qu'est-ce que vous demandez ?
05:33Enfin, j'allais vous dire qu'est-ce que vous demandez au gouvernement,
05:35mais on ne sait plus très bien s'il va donner le tenir.
05:38Voilà, pour le moment, on a le gouvernement.
05:40Bon, de toute façon, pour nous,
05:43on sait qu'il y a trois leviers importants
05:47pour rendre le métier plus attractif.
05:50Il y a les salaires,
05:52il y a les conditions de travail,
05:53c'est-à-dire en fait le nombre d'élèves par classe,
05:54et ça, ça concerne aussi, de toute façon,
05:56le confort des élèves dans les classes,
05:57pas que celui des enseignants.
05:59Et enfin, il faut arrêter de valser
06:04entre les réformes tous les quatre matins.
06:06On a besoin de, comme tous les gens qui travaillent,
06:08on a besoin de stabilité pour travailler correctement.
06:10Oui, là, c'est les gouvernements qui valcent.
06:12Est-ce qu'il y aura un petit peu plus compliqué ce problème ?
06:15Ça ne remplit pas de réformer tous les quatre matins
06:17l'éducation nationale.
06:18Oui, de manque d'enseignants.
06:19Pas quand je retiens ce que vous nous avez dit,
06:20a priori, il n'y aura pas de problème pour la rentrée,
06:23en tout cas la semaine prochaine.
06:24Tout se passe comme les années précédentes.
06:25C'est après, au fil de l'année,
06:27que la situation risque de se détériorer.
06:29Je vous remercie beaucoup, en tout cas,
06:30Jérôme Amiciel d'avoir été avec nous ce matin
06:31sur l'antenne de Ici Gare Lozère.
06:33Je rappelle que vous êtes le secrétaire
06:35dans le Gard du SNES-FSU,
06:36principal syndicat d'enseignants en collège-lycée.
06:38Merci, au revoir.
Commentaires

Recommandations