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  • il y a 1 an

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00:00Bienvenue dans les récits extraordinaires de Pierre Bellemare, un podcast issu des archives d'Europe 1.
00:11Londres, le 24 décembre 1942, la veille de Noël, Christmas.
00:18Une fête dans le monde entier, mais qui en Angleterre a plus d'importance qu'ailleurs.
00:22Merry Christmas, Joyeux Noël dans ce pays humide et froid, dans le brouillard qui enveloppe les maisons et les hommes, leur donnant un aspect de légende.
00:34Christmas dans le blackout, car c'est la guerre.
00:37Il n'est pas question d'illuminer la ville menacée par les bombardements, c'est la fête tout de même, dans les immeubles protégés par des sacs de sable,
00:45derrière les fenêtres peintes en bleu pour ne pas laisser filtrer la lumière des ampoules électriques.
00:50Autour d'un arbre de Noël sont réunis des marins, des marins de la France libre.
00:57La plupart sont privés de la présence de leur famille.
01:00En regardant les guirlandes, les cheveux d'anges, ils pensent à leurs femmes, à leurs enfants restés en France occupés.
01:07Le général de Gaulle est là.
01:09Il est venu les réconforter de sa présence, leur dire quelques mots d'encouragement.
01:14Il ne reste pas longtemps.
01:16Ses occupations l'appellent à son bureau.
01:18Il sort, il regagne sa voiture, un officier s'approche et lui apprend la nouvelle.
01:25L'amiral d'Arland vient d'être assassiné à Alger.
01:31De Gaulle relate ainsi l'événement dans ses mémoires.
01:33Sortant d'une séance d'arbres de Noël de nos marins, j'appris la mort de l'amiral d'Arland.
01:43Celui qui l'avait tué, Bonnier, de la chapelle, s'était fait l'instrument des colères exaspérées
01:49qui mettait autour de lui les armes en ébullition, mais derrière lesquelles peut-être remuer une politique,
01:55décidé à liquider un expédient temporaire après l'avoir utilisé.
02:00L'expédient temporaire, c'est le mot utilisé par le président Roosevelt pour justifier,
02:09après le débarquement américain en Algérie, l'accord signé avec Darland,
02:13le chef des forces armées du gouvernement de Vichy.
02:17Quant à cette séance d'arbres de Noël de mes marins,
02:20quel joli mot, cette séance, le jour de l'assassinat d'un amiral.
02:25Une séance bien pensante, rassurante.
02:28Une œuvre de charité, oui, comme tous les arbres de Noël,
02:30mais surtout, une bonne œuvre.
02:34Les conjurés d'Alger, en tuant Darland,
02:38venaient de débarrasser la France libre d'un terrible rival.
02:50L'assassinat de l'amiral Darland est un dossier extraordinaire
03:03en raison du comportement de l'assassin
03:06et de la manière dont cet assassin a été jugé puis exécuté
03:10alors qu'il s'attendait à être félicité et probablement décoré.
03:16L'assassinat de l'amiral Darland est aussi un événement extraordinaire
03:19parce qu'il ne pouvait pas ne pas se produire.
03:23Pourtant, le hasard, et vraiment le hasard,
03:27la maladie du fils de Darland, y joue un rôle essentiel.
03:31Ainsi, parfois, l'histoire est faite de bien curieuses contradictions.
03:36Quelle était la situation en cette veille de Noël 1942 ?
03:41Hitler venait de remporter ses plus grandes victoires.
03:44Il était quasiment maître de l'Europe, sauf de l'Angleterre et de la Russie.
03:47En France, plus de zones libres.
03:50Depuis le mois de novembre, tout le territoire était occupé.
03:54Mais Noël 1942, c'est aussi le premier arrêt imposé par les alliés aux conquêtes nazies.
04:01Les Américains ont débarqué au Maroc, en Algérie.
04:04Les blindés de Rommel ont été freinés par König à Birakheim,
04:07puis stoppés par Montgomery à El Alamein.
04:10L'Afrique, le continent de l'avenir, regarde maintenant du côté de la liberté.
04:17Et Alger ?
04:18Alger est libre.
04:20Alger, en 1942, c'est encore la France.
04:22Une armée préservée par le général Végan est prête à rentrer dans la guerre.
04:25Elle débarquera bientôt en Italie, aux côtés des Américains.
04:29Or, qui commande à Alger ?
04:31Les Américains ? Non.
04:33Ils ont voulu laisser le pouvoir aux Français sur leur territoire.
04:35Alors, les Français libres ? Le général de Gaulle de Londres ? Non plus.
04:41Le chef à Alger, celui avec lequel se sont entendus les Américains,
04:46c'est l'amiral d'Arland,
04:48chef des forces armées du gouvernement de Vichy,
04:51dauphin du maréchal Pétain.
04:54Une situation que certains jugent intolérable,
04:57qui va conduire à la préparation, puis à l'exécution,
05:01de l'assassinat de l'amiral.
05:02Que fait le général de Gaulle quand il apprend le 24 décembre
05:06la mort de Darlan ?
05:10Il envoie immédiatement un télégramme au général Giraud,
05:14désormais le chef à Alger,
05:15en lui demandant de le rencontrer le plus vite possible.
05:18Réponse de Giraud,
05:20non, la présence du général de Gaulle
05:22n'est pas souhaitée à Alger.
05:26Comment en est-on arrivé là ?
05:30Eh bien, par une succession de faits inouïs.
05:32Un drame familial d'abord absolument étranger à la politique,
05:37une conspiration ensuite,
05:39je devrais dire plutôt deux ou peut-être trois complots,
05:44un meurtre enfin auquel se mêle une intrigue policière.
05:49Cela commence le 13 octobre 1942.
05:52Ce jour-là, Alain Darlan, le fils de l'amiral, se sent fiévreux.
05:59Il est inspecteur d'assurance et arrive de Bizerte.
06:02Il loge chez un ami de son père,
06:04l'amiral Fénard,
06:05Villa Sidi-Aloui,
06:07Alger.
06:09Il se couche de bonne heure,
06:10pensant à une indisposition passagère.
06:12La fièvre monte, dépasse 40,
06:14on appelle le médecin,
06:15diagnostique poliomyélite.
06:19Il faut le transporter d'urgence à l'hôpital
06:21et lui donner du sérum.
06:24Le traitement paraît efficace.
06:27Bien qu'il ait ses deux jambes paralysées,
06:29Alain Darlan semble hors de danger.
06:31Ses parents, qui habitent Vichy,
06:33sont accourus à son chevet.
06:34Et sa mère est restée près de lui.
06:36Son père, en raison de ses hautes responsabilités,
06:39est repartie sur les bords de la lit.
06:42Le 3 novembre, brusquement,
06:44l'état du malade empille.
06:45Le 4, l'amiral Fénard prévient son père
06:48par le fil direct de la marine.
06:51« Excuse-moi de te déranger personnellement,
06:52mais Alain ?
06:54Oui, ça ne va pas ?
06:55Il fait une rechute ?
06:57Je crois qu'il faudrait que tu viennes.
06:59Écoute, dis-moi la vérité, qu'est-ce qui se passe ?
07:02Je te dis, ça ne va pas bien.
07:04Ta femme et moi, nous pensons que ta présence...
07:06Mais qu'est-ce qui se passe exactement ?
07:09Depuis ce matin, il est dans le coma.
07:13Quelques instants plus tard,
07:14un officier du cabinet téléphone au colonel Chassin
07:16pour lui demander de mettre un avion
07:18à la disposition du chef des forces armées.
07:21Dans les milieux bien informés,
07:22on parle d'un convoi américain
07:24qui, sur l'Atlantique,
07:26se dirige vers l'Afrique.
07:28Le colonel Chassin pense donc à tort
07:30que le voyage de Darlan
07:31est lié aux événements en cours.
07:33Il s'arrange pour piloter lui-même l'avion
07:36afin de pouvoir y participer.
07:39Darlan, lui, ne pense qu'à son fils mourant.
07:42D'ailleurs, les renseignements qu'il possède
07:43sur le fameux convoi américain sont faux.
07:46Le service secret des États-Unis
07:47a trompé tout le monde,
07:48les Allemands, les Alliés
07:49et même ses propres troupes.
07:51Et de trois façons,
07:52en préparant l'installation d'une base en Gambie
07:54avec distribution aux soldats
07:56de vêtements de style équatorial,
07:57puis par l'opération Solo One
07:59destinée à faire croire
08:01à une invasion de la Norvège,
08:02enfin par Solo Two
08:03avec l'occupation de Dakar.
08:06L'amiral, donc à peine arrivé à Alger,
08:07se rend directement à l'hôpital
08:09auprès de son fils
08:09sans voir aucune personnalité militaire ou politique.
08:13Trois jours plus tard,
08:15le 8 novembre à l'aube,
08:17la 34e division d'infanterie américaine
08:19débarque sur la plage
08:20de Sidi-Ferruche près d'Alger.
08:23On a souvent affirmé
08:24que Darlan était venu
08:25pour retourner sa veste.
08:26Erreur !
08:27Son fils Alain, une seconde fois sauvé,
08:29part à New York s'y faire soigner.
08:30L'amiral écrit au président Roosevelt
08:32pour le remercier de l'accueillir.
08:34« Je vois l'intervention de la Providence
08:37dans la maladie de mon fils sans elle.
08:39Je n'aurais pas quitté la France
08:40et je serai probablement aujourd'hui
08:43prisonnier des Allemands. »
08:46Le 13 novembre,
08:47après cinq jours de négociations compliquées
08:50entre les chefs militaires français
08:51et les américains,
08:52l'amiral Darlan,
08:54à l'issue d'une conférence
08:55à l'hôtel Saint-Georges,
08:56est nommé haut-commissaire
08:58pour l'Afrique du Nord.
08:59Il prend le pouvoir.
09:03Eisenhower débarque
09:03d'une forteresse volante
09:05pour ratifier les accords
09:06qui viennent d'être conclus.
09:09La nouvelle fait l'effet
09:10d'une bombe.
09:11Quoi ?
09:12C'est le dauphin du maréchal Pétain,
09:14le maître à Alger ?
09:16En accord secret
09:16avec le maréchal, sans doute.
09:18La France,
09:19sur les ordres de Darlan,
09:20rentre dans la guerre
09:21aux côtés des Alliés.
09:24Serait-ce la fin
09:24de De Gaulle à Londres ?
09:27C'est en tout cas
09:27le début des complots
09:29à Alger.
09:36Les récits extraordinaires
09:38de Pierre Belmar,
09:39un podcast européen.
09:41La France a trois amiraux.
09:43Esteva,
09:43qui n'a jamais connu l'amour,
09:45Darlan,
09:46qui n'a jamais connu la mer,
09:47et le vrai loup de mer,
09:49qui a bourlingué
09:50toute sa vie,
09:50et n'a jamais connu Darlan.
09:52Voilà l'histoire qu'on raconte.
09:54Darlan,
09:55amiral de la flotte
09:56en 1940,
09:56à 59 ans,
09:57est un homme politique.
09:58On le dit de gauche
09:59et franc-masse.
10:00En 1941,
10:02il est vice-président
10:02du conseil
10:03des ministres de Vichy.
10:04Au début de 1942,
10:06ayant renoncé
10:07à la collaboration,
10:07il a été remplacé
10:08par Laval.
10:09La France combattante
10:10le déteste.
10:12Son intronisation,
10:13écrit Soustel,
10:14nous atteignait
10:15comme un soufflé
10:16au visage.
10:17Dans un café d'Alger,
10:19des résistants sont attablés.
10:21L'un d'eux lève son verre.
10:22À ta santé,
10:23à la tienne,
10:24à la mort de Darlan.
10:25Oui,
10:25l'amiral à la flotte.
10:27On trinque
10:28et voilà les surnoms
10:29qu'on lui donne.
10:30La planche pourrie,
10:31le putois puant
10:33des Anglais,
10:34la bête noire
10:34des conjurés,
10:35le vichiste des vichistes,
10:37le diable,
10:37le traite,
10:38Alice au pays des merveilles.
10:40Mais il y a plus sérieux
10:42que les propos de café.
10:43Les complots se préparent
10:44et se discutent
10:45à voix basse
10:45et en petits comités
10:46incognitos.
10:49Le comte de Paris
10:50a reçu la lettre.
10:51Je pense.
10:52On l'a lui apportée
10:53il y a deux jours
10:54à Rabat.
10:55Il n'y a qu'à attendre.
10:56Vous savez ce qu'écrivent
10:57les présidents des conseils généraux
10:59à Darlan ou rien ?
11:00Oh, je ne suis pas de cet avis.
11:01Laissez-moi parler.
11:03Cette lettre d'accord,
11:04elle est mal faite,
11:04embrouillée.
11:05Elle prouve tout de même
11:06qu'il y a dans ce pays
11:07une majorité
11:08pour obtenir la démission
11:09de Darlan
11:10et son remplacement.
11:12Alors,
11:12le prince ?
11:14Pourquoi pas ?
11:15Le comte de Paris répond.
11:17Si on fait appel à lui,
11:18il ne se dérobera pas,
11:20mais sans poser
11:21la question du régime,
11:22sans faire œuvre
11:24de prétendant.
11:26Le 1er décembre,
11:27il envoie un délégué à Alger
11:28qui rencontre
11:28le chef des conjurés,
11:30Henri d'Astier,
11:31des policiers
11:32qui souhaitent
11:32l'instauration
11:33d'un régime d'ordre
11:34et même le vénérable
11:36de la loge
11:36sans compter
11:37quelques Israélites
11:38groupés autour
11:38d'un certain Alexan.
11:41Le prince peut-il
11:41se rendre lui-même
11:42à Oujda ?
11:43Évidemment.
11:44Le 10,
11:45ce n'est pas trop tôt.
11:46Je pense que c'est possible.
11:47Comment passera-t-on
11:48la frontière ?
11:49Nous aurons
11:50de faux papiers
11:51pour vous.
11:52Et arrivé à Alger,
11:53ne vous inquiétez de rien,
11:54nous nous occupons de tout.
11:56Nous avons
11:56un permis de circulation.
11:58Vous serez logés
11:58en ville
11:59par des amis.
12:01Cela paraît
12:02rocambolesque.
12:03Henri d'Astier,
12:03pourtant,
12:04disposait de moyens.
12:05Un corps franc
12:06de 300 jeunes gens
12:07aventureux,
12:08décidés à tout,
12:09et l'appui de son frère,
12:10le général
12:11François d'Astier
12:11de la Vigerie,
12:12chef d'état-major
12:13du général de Gaulle
12:14à Londres,
12:14qui, le 19 décembre,
12:16lui a porté
12:1735 000 dollars
12:18dans une valise.
12:19Cela pouvait
12:20toujours servir.
12:22Seulement voilà.
12:23L'amiral Darland
12:24donne des ordres
12:25pour que le général
12:26reparte d'ardard
12:26en Angleterre.
12:27Les présidents
12:28des conseils généraux
12:29qui devaient mettre
12:30Darland en demeure
12:31de se retirer
12:31font la sourde oreille.
12:33Enfin, surtout,
12:35le comte de Paris
12:36veut consulter
12:37Eisenhower,
12:38évidemment défavorable
12:39à cette entreprise
12:40pour le moins risqué.
12:43L'affaire étant manquée,
12:44le prince
12:44prit prétexte
12:45d'une atteinte
12:45de paludisme
12:46pour retourner au Maroc.
12:48Les conjurés
12:49ne s'avouent pas vaincus.
12:51Si on ne peut pas
12:52se débarrasser
12:53de Darland
12:53en obtenant sa démission,
12:55en lui forçant la main,
12:56eh bien tant pis,
12:57on emploiera
12:58les grands moyens.
12:58Le 20 décent,
13:02rue Charas,
13:03une rue de la Ville Blanche
13:05où la vie et le soleil
13:06se donnent rendez-vous
13:06même l'hiver,
13:08des jeunes gens
13:09du Corfran sont réunis.
13:12L'un d'eux
13:12prend la parole,
13:13debout,
13:14pour être plus convaincant.
13:16L'amiral a collaboré
13:17pendant deux ans
13:18avec l'Allemagne.
13:19Il n'est pas qualifié
13:20pour occuper le poste
13:21qui lui est attribué.
13:22Après ce qui vient
13:23de se passer,
13:23j'ai compris.
13:25Il s'installe pour durer,
13:26il faut le détruire.
13:27Un silence suit
13:29cette déclaration.
13:30Son auteur a 20 ans.
13:32C'est un étudiant en droit,
13:33le teint mate,
13:33les yeux brûlants.
13:34Sa mère est italienne
13:35et vit à Gênes,
13:37la Signora della Cappella.
13:39Son père,
13:41Monsieur Bonnier,
13:42est journaliste à Alger.
13:44Il a réuni
13:45les deux noms
13:46de ses parents
13:46pour en avoir un,
13:48bien à lui,
13:48un nom de guerre,
13:49un nom de héros,
13:50Bonnier de la Chapelle.
13:52Mais qu'est-ce que tu as
13:53l'intention de faire ?
13:54C'est très simple.
13:55Nous allons tirer au sort
13:57un exécuteur.
13:59Deuxième silence.
14:01Il ne s'agit pas là
14:02d'une réunion de gangsters
14:03préparant un mauvais coup,
14:04combinant une affaire
14:05qui rapportera de l'argent.
14:06Il s'agit de conjurés,
14:07jeunes,
14:08beaux,
14:08purs.
14:09Une réunion du sacrifice.
14:12On tire au sort.
14:14Un premier garçon
14:15est désigné,
14:17il se récuse.
14:19On recommence.
14:21Un deuxième garçon
14:22est désigné,
14:23il se récuse.
14:24On recommence.
14:27Un troisième garçon
14:28est désigné.
14:30Il accepte.
14:32C'est Fernand Bonnier
14:33de la Chapelle.
14:37Le voici maintenant
14:37embrassant sa fiancée,
14:38lui disant
14:39« À bientôt ».
14:40Cette jeune fille
14:41habite le même immeuble
14:42qu'Henri d'Astier.
14:44En sortant,
14:45le jeune homme croise
14:45un abbé,
14:46l'abbé Cordier,
14:47un des collaborateurs
14:48de D'Astier
14:48qui loge chez lui.
14:49En fait,
14:50cet abbé mobilisé
14:51est lieutenant
14:52et travaille
14:53pour les renseignements généraux.
14:55Je voudrais vous parler,
14:56mon lieutenant,
14:57mais quand vous voudrez,
14:58mais maintenant,
14:58je suis assez pressé.
14:59J'aurai besoin
15:00d'un entretien avec vous
15:01pour mettre en ordre
15:02ma conscience.
15:04Eh bien,
15:06accompagnez-moi
15:06jusqu'au bureau
15:07de la police.
15:07Nous ne saurons
15:10évidemment jamais
15:11ce que se sont dit
15:13chemin faisant
15:13cet abbé militaire
15:16et bonnier
15:16de la chapelle,
15:19secret de la confession.
15:21En 1945,
15:22le Figaro a publié
15:23un témoignage
15:23accusant l'abbé
15:24d'avoir fourni
15:26le revolver
15:26à un Bubi automatique
15:27765
15:28après en avoir essayé
15:30un autre
15:30qui s'enrayait.
15:32Cordier a démenti
15:32formellement.
15:34On peut en tout cas
15:35imaginer que le prêtre,
15:36après avoir entendu
15:37les aveux,
15:38aveux anticipés
15:39bien sûr du jeune homme,
15:41lui a donné
15:41par avance
15:42l'absolution.
15:44Bonnier de la chapelle
15:45avait besoin
15:46d'autre chose.
15:48Le plan du palais
15:49d'été
15:50où se trouvait
15:50le bureau de l'amiral.
15:53Version d'un témoin,
15:55le plan lui a été donné
15:56gribouillé
15:57sur un papier
15:58chez Dastier.
16:00Le 24 décembre,
16:02celui-ci déjeunait
16:03au restaurant Le Paris
16:04en compagnie
16:05de son fils
16:06et d'un jeune
16:07engagé du Corfran
16:08au fèvre
16:09au premier étage
16:10au rez-de-chaussée
16:11déjeuner Cordier.
16:14Fèvre dit à Astier,
16:16vous savez que
16:16j'exploite une ferme
16:17dans les environs,
16:18ça vous ferait plaisir
16:18d'avoir une dinde
16:19pour Noël ?
16:20Ah, ça ne s'en refuse pas ?
16:21Ben, si vous voulez,
16:23après le café,
16:23allons-y.
16:25Merci,
16:25je ne suis pas libre,
16:26mais mon fils
16:26peut vous accompagner.
16:27En sortant du restaurant,
16:30Fèvre rencontre
16:31Bonnier.
16:32Où vas-tu ?
16:33Au palais d'été.
16:34Monte,
16:35je te déposerai
16:35en passant.
16:37Les trois jeunes gens
16:38embarquent dans la citroïenne
16:40noire de Fèvre
16:40qui bientôt
16:41stoppe devant le palais.
16:43C'est,
16:44a-t-on prétendu ensuite,
16:45la preuve
16:46qu'Henri d'Astier
16:46ignorait l'attentat
16:48qui se préparait.
16:48Il était 14h30.
16:52Fernand Bonnier de la Chapelle
16:53se présente devant l'huissier.
16:55Je voudrais voir
16:56M. Jox.
16:57Il n'est pas arrivé,
16:58si vous voulez entrer
16:59dans le salon d'attente.
17:01Bonnier y entre,
17:02puis en ressort.
17:04Il gagne le hall
17:05afin de surveiller
17:06l'arrivée de l'amiral.
17:0915h15,
17:11voici Darland.
17:13Le jeune homme tire sur lui
17:14à bout portant.
17:17L'amiral tombe
17:18sans dire un mot.
17:22On accourt,
17:22on se précipite sur Bonnier.
17:24Celui-ci tire
17:25pour protéger sa fuite.
17:26Il blesse un officier.
17:27Le commandant Ourka
17:28décrit
17:28« Je me rends ! »
17:31Ensuite,
17:31tout va très vite.
17:32Trop vite.
17:35Un policier
17:36que nous appellerons
17:37M. G.
17:38en raison de son attitude
17:40interroge le meurtrier.
17:42Je tiens à préciser
17:43que j'ai agi
17:44complètement seul.
17:46Qui
17:46vous a remis
17:47le plan du palais ?
17:48L'abbé Cordier
17:49et le pistolet.
17:50Cordier.
17:52Et M.
17:52Dastier ?
17:52M. Dastier n'a jamais été
17:54au courant
17:55de mon action personnelle.
17:56Je sais seulement
17:57qu'il a rencontré
17:57récemment le comte de Paris.
18:00C'est l'aveu
18:00du complot monarchiste.
18:03M. G.
18:04dresse ce procès-verbal.
18:06Il songe
18:07qu'un tel document
18:08pourra plus tard,
18:09si un putsch
18:10réussissait,
18:11si Henri Dastier
18:12devenait ministre
18:12de l'Intérieur,
18:14être utile
18:14à sa carrière.
18:15Alors M. G.
18:16enferme le procès-verbal
18:17dans un coffre
18:18sans le montrer
18:19à personne.
18:20Dans sa prison,
18:21Bonnier de la Chapelle
18:21s'inquiète.
18:23Pourquoi ne vient-on
18:23pas le délivrer ?
18:24On le lui avait promis.
18:26En quelque sorte,
18:26il se considérait
18:27en service commandé.
18:29Il rédige une carte
18:30de visite
18:31qu'il demande
18:31à M. G.
18:32de porter à Cordier
18:33chez Henri Dastier
18:34de rue Lafayette.
18:36Intervenez tout de suite.
18:38Je sais que c'est
18:39absolument nécessaire.
18:40J'ai plein de confiance
18:40en vous.
18:41Il faut agir vite.
18:43Très vite.
18:44D'accord, d'accord,
18:45promet M. G.
18:46Je l'envoie à l'instant.
18:48Mais la carte
18:49rejoint le procès-verbal
18:52dans le coffre
18:54du policier.
18:56Le lendemain,
18:57jour de Noël,
18:59le tribunal militaire
19:00permanent d'Alger
19:00se réunit.
19:03Les avocats de Bonnier
19:04demandent un supplément
19:04d'information.
19:05Demande rejetée.
19:07Fernand Bonnier
19:08de la Chapelle
19:09est condamné à mort.
19:12Il signe un recours
19:12en grâce.
19:13Mais qui était qualifié
19:15pour se prononcer ?
19:15Le général Noguès,
19:18membre du conseil impérial ?
19:20Le général Giraud ?
19:22Noguès décide
19:23de rejeter
19:24le recours en grâce.
19:27Dans la nuit
19:27de sa cellule,
19:28Bonnier hurle.
19:30Mais j'ai accompli
19:30mes promesses !
19:32Qu'on tienne
19:32celles qu'on m'a faites !
19:34À l'aube,
19:36le Mounier se présente.
19:39Fernand Bonnier
19:39de la Chapelle
19:40comprend.
19:42Il est abandonné
19:43de tous.
19:43Il tombera
19:46sous les douze balles
19:47réglementaires
19:48du peloton d'exécution.
19:51Dans la matinée,
19:52fénéraille de l'amiral
19:53d'Arland.
19:55Le général Giraud,
19:56son successeur,
19:58s'agenouille
19:58devant la dépouille
19:59de l'amiral.
20:01Le comte de Paris
20:02fait savoir
20:02au conseil impérial
20:03qu'il se met
20:04à sa disposition
20:05pour occuper tel poste
20:06qu'on croirait pouvoir
20:07lui confier
20:08dans le gouvernement.
20:09Il n'en est plus question.
20:13Le 10 janvier 1943,
20:15Henri d'Astier,
20:16l'abbé Cordier
20:17et M. G,
20:18dont on a découvert
20:18la complicité,
20:19sont arrêtés.
20:21À l'arrivée
20:22du général de Gaulle
20:22en Afrique,
20:24Henri d'Astier
20:24est libéré
20:25et reçoit
20:25la croix de guerre
20:26avec palme
20:26la médaille de la résistance
20:27puis il est nommé
20:28membre
20:29de l'Assemblée consultative.
20:31L'abbé Cordier,
20:31libéré également,
20:32reçoit la croix de guerre
20:33assortie d'une punition
20:34de 60 jours
20:35d'arrêt de rigueur.
20:36M. G,
20:38pour crime de forfaiture
20:39et mise à la retraite.
20:42Enfin,
20:42le 21 décembre 1945,
20:45la cour d'appel
20:46d'Alger
20:46annule
20:47la condamnation
20:48à mort
20:49de Fernand Bonnier
20:51de la Chapelle.
20:53Quatre jours
20:53avant ce nouveau Noël.
20:57Trois ans
20:58après son exécution.
21:00Vous venez d'écouter
21:20les récits extraordinaires
21:22de Pierre Bellemare.
21:23Un podcast
21:24issu des archives
21:25d'Europe 1.
21:27Réalisation et composition musicale
21:29Julien Tarot
21:30Production
21:31Estelle Lafon
21:32Patrimoine sonore
21:34Sylvaine Denis
21:35Laetitia Casanova
21:37Antoine Reclus
21:38Remerciements
21:39à Roselyne Bellemare
21:40Les récits extraordinaires
21:42sont disponibles
21:43sur le site
21:44et l'appli
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