00:00Lors du Conseil des ministres du 12 août, le gouvernement a affiché son intention d'investir massivement dans les infrastructures routières, le logement, le foncier, l'éducation ou encore l'agriculture.
00:12Mais selon le cadrage macroéconomique 2026-2028, les investissements publics se ressourcent propres, plafonneront 314,1 milliards de francs CFA par an, loin des 775 milliards annoncés par la Banque africaine de développement.
00:24Ce montant déjà modeste se heurte à une autre contrainte majeure, le service de la dette publique estimé à 256,8 milliards de francs CFA par an.
00:33Autrement dit, presque autant d'argent sera consacré au remboursement des emprunts qu'aux investissements financés sur ressources internes.
00:40Dans ce contexte, la capacité de l'État à concrétiser tous les chantiers annoncés paraît limitée.
00:45La situation est d'autant plus préoccupante que ce n'est pas une première.
00:48En 2023, le taux d'exécution des investissements sur ressources propres n'a atteint que 45%.
00:53Le cadrage souligne ainsi une faiblesse dans la maturation des projets et la disponibilité des financements internes,
00:59révélant que même lorsque les crédits sont prévus, ils ne se traduisent pas automatiquement en infrastructures réelles.
01:05Le problème s'enracine dans les limites structurelles des recettes hors pétrole.
01:08Le document budgétaire prévoit que la pression fiscale resterait autour de 11% du PIB, en deçà de la norme CEMAC de 17%.
01:16Cette faiblesse prive l'état de ressources supplémentaires contraignant le financement des projets structurants à dépendre largement de bailleurs extérieurs.
01:23Mais ce recours au financement extérieur alourdit la dette et fragilise la souveraineté budgétaire.
01:27Les délais de décaissement imposés par les partenaires combinés aux conditions financières réduisent la marge de manœuvre du gouvernement
01:33et accroissent la vulnérabilité face aux aléas économiques.
01:37Enfin, le cadrage reconnaît que les investissements publics sur ressources propres sont structurellement contraints
01:41par la dynamique de la masse salariale et du service de la dette.
01:44Ces deux charges fixes absorbent une part croissante du budget, bloquant mécaniquement l'espace pour investir.
01:50À moins de réformes fiscales profondes et d'une meilleure capacité d'exécution des projets,
01:55l'ambition affichée dans le leadership régional risque de rester au stade d'annonce politique.
01:59Derrière les promesses d'infrastructures, le réel défi pour le Gabon reste la soutenabilité budgétaire
02:03et la transformation de la parole publique en réalisation tangible.
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