00:00C'est la première fois que j'arrive pas à savoir si j'ai aimé un film ou pas.
00:03J'ai vu Alpha de Julia Ducourneau mardi soir en avant-première
00:06et ça fait deux jours que j'arrête pas de penser à ce film H24.
00:09Vraiment, ça m'obsède parce que j'arrive pas à savoir quoi en penser.
00:13Je sais pas où me positionner.
00:14En vrai, ça m'obsède et ça m'agace
00:16parce qu'autant je trouve qu'il y a des moments dans ce film qui sont touchés par la grâce
00:19et d'autres moments assez bof.
00:21Et ça nous questionne.
00:22Moi, j'avais beaucoup aimé Grave, j'avais encore plus aimé Titan
00:24et là, en regardant toutes les interviews de la réalisatrice sur Alpha,
00:27je trouve ça tellement intéressant ce qu'elle dit
00:29et hyper fascinant ce qu'elle a voulu raconter sur le film.
00:33Mais en même temps, hmm...
00:35Alpha, c'est une jeune fille de 13 ans qui rentre de soirée avec un tatouage sur le bras
00:38et sa mère, médecin, elle s'inquiète.
00:40L'aiguille était-elle propre ?
00:42Alpha est-elle contaminée par le virus qui circule en ce moment
00:45et qui transforme les gens en marbre ?
00:47Et quelques temps après, il y a l'oncle d'Alpha, Amine,
00:50qui va arriver au sein du domicile.
00:52Et Amine, c'est un toxicomane.
00:53Alpha, c'est un film qui parle de la transmission
00:55et au-delà de la transmission du virus,
00:57c'est pour moi la transmission des croyances
00:59et j'entends par là les peurs et les craintes qu'on associe à ce virus
01:02où on pensait qu'on pouvait le transmettre par un simple contact physique.
01:05Du coup, ça crée une espèce de paranoïa chez les gens quand ils doutent
01:08et c'est ce qui va se passer évidemment pour Alpha.
01:10Ça parle aussi du deuil, le deuil d'une mère qui refuse de l'accepter,
01:13le deuil de ceux qu'on aime
01:15et le deuil d'une situation qui est presque irréversible.
01:18Pour moi, il y a deux choses brillantes dans ce film.
01:20Ta Raim, pour commencer, qui fait une prestation vraiment dingue.
01:24Et la deuxième chose brillante dans ce film pour moi,
01:26c'est l'idée que les gens qui sont infectés par le virus
01:28se transforment en statues de marbre.
01:30C'est brillant, visuellement, ça fonctionne parfaitement
01:32et moi, ça m'a vraiment glacé le sang à plusieurs reprises.
01:35C'est sublime et c'est surtout de lourde sens
01:37dans l'idée de représenter à la fois la vie et la mort au même endroit.
01:41L'idée que la vie et la mort cohabitent toujours finalement.
01:43Et pareil, il y a toute la symbolique autour de l'aiguille,
01:45l'aiguille du tatouage, mais aussi l'aiguille des piqûres de Amine,
01:48l'oncle d'Alpha.
01:49Toute cette idée, justement, de transmission du mal,
01:52transmission de la mort, c'est génial.
01:54Mais le problème, selon moi, le plus gros problème, c'est la forme.
01:57J'ai beaucoup de réserves sur la forme
01:59qui, pour moi, annihile à plusieurs moments tout le propos du film.
02:02Notamment à cause de la musique,
02:03je trouve qu'il y a beaucoup trop de musique dans ce film
02:06et que ça casse énormément de moments.
02:08On n'avait pas besoin pour ressentir toute la gravité
02:10et l'intensité du moment.
02:12Mais ce n'est pas le cas tout le temps.
02:12C'est ça le problème, c'est qu'il y a des moments où il n'y a pas de musique
02:14et les scènes, elles sont parfaites
02:16parce qu'on ressent justement toute cette peur,
02:17toute cette crainte, toute cette tension.
02:19Mais pour moi, le plus gros point noir du film,
02:21c'est les dialogues qui décrédibilisent à plusieurs moments
02:24tout le propos du film.
02:25Je pense à la scène avec le proviseur d'Alpha,
02:28je pense à la scène dans la salle d'attente,
02:30je pense même à la scène dans le cours d'anglais.
02:33Parce que c'est des moments où on ressentait pleinement
02:34la peur, la tension, la crainte
02:36et je trouve que les dialogues ont un peu brisé tout ça.
02:39Le problème que j'ai, c'est que j'aime le film
02:40dans ce qu'il raconte et je trouve ça brillant.
02:42Il y a des idées de mise en scène brillantes,
02:45mais je n'aime pas la manière dont il le raconte.
02:47Mais j'ai vraiment envie qu'on en débatte
02:49parce que pour moi, c'est le propre des films
02:51de Julia Ducourneau,
02:51c'est que ça donne lieu à des débats hyper intéressants.
02:54Donc parlons-en, je vous en supplie.
02:55C'est fou que ce film m'obsède à ce point.
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